L’atmosphère était froide et silencieuse, à un point où cela en donnait la chair de poule.
L’air était humide et, à part les pierres qui constituaient les murs, il n’y avait presque rien dans cette immense salle. Les anciennes torches qui éclairaient les lieux donnaient l’impression que ces pierres avaient vécu de nombreuses années.
Les soldats venaient d’entrer dans un donjon qu’ils n’avaient encore jamais vu.
Avançant en étant sur leurs gardes, aucun ne voulait parler. Même le capitaine restait silencieux.
Ils observaient tous la statue qui dominait la salle dans un silence pesant. Mais ce silence finit par être brisé par l’un des plus jeunes soldats de la cohorte.
— Capitaine… c’est le monstre du donjon ? demanda-t-il nerveusement en restant sur ses gardes.
— Non, impossible. C’est juste une statue ancienne. Vous n’aviez pas remarqué qu’il n’y avait aucun monstre ?
Puis, d’un coup, le capitaine s’avance jusqu’à l’un des gardes portant un bouclier et le pousse en avant.
— Soldat, va voir s’il est vivant ou pas.
Il le regarde froidement.
Avançant de quelques pas — ne s’attendant pas à se faire pousser — le soldat se remet en équilibre et se tourne aussitôt vers son supérieur.
Il le regarde d’un air perdu.
Puis il tourne son regard vers son groupe.
Tous baissent les yeux, sûrement pour éviter de croiser son regard de détresse.
Aucun ne réagit à cet acte.
— Avance, soldat ! dit le capitaine sans le lâcher du regard.
N’ayant pas d’autre choix, le soldat avance d’un pas nerveusement puis l’autre, ensuite un autre. Et il continue ainsi.
Restant fermement sur ses gardes, il avance jusqu’à arriver devant les premières marches.
S’arrêtant devant celles-ci, il regarde nerveusement chaque marche menant jusqu’au trône.
Il se tourne une dernière fois vers ses camarades. Puis il pose un pied sur la première marche. Une marche. Puis deux. Il continue ainsi jusqu’à arriver devant la statue assise.
L’homme devait lever la tête pour regarder son casque.
C’était à cet instant qu’il comprit à quel point Clève… ou plutôt le Chevalier Déchu, était grand.
L’observant pendant un moment, il lève doucement sa main et le salue.
— Hmm… c’est donc une vraie statue.
Alors qu’il se retourne avec une expression légèrement joyeuse pour leur annoncer qu’il n’y avait aucun risque, son groupe l’observe silencieusement.
Puis, soudain, ils commencent tous à agiter rapidement leurs bras.
N’arrivant pas à comprendre ce qu’ils veulent lui dire, le soldat lève un sourcil.
Puis leurs voix étouffées lui parviennent.
— Hein ? Qu’est-ce que vous dites ?
Alors qu’il les regarde, il sent soudain une pression énorme derrière lui.
Il se retourne lentement.
Son visage se fige…
La statue se tient désormais debout face à lui.
— Non… s’il vous pl…
Il n’a même pas le temps de terminer sa phrase. Que le poing du Chevalier Déchu percute brutalement son corps et l’envoie voler à plusieurs mètres.
Son corps heurte violemment le sol avant de rebondir une dernière fois. Puis plus rien.
L’homme ne se relève pas… Il est mort sur le coup.
Sous le regard horrifié de ses compagnons, ils commencent tous à reculer. Mais derrière eux, la gigantesque porte commence lentement à se refermer.
Le lourd mouvement de la porte résonne dans toute la salle.
— Merde… mettez-vous en garde ! Vite !
À la suite de cet ordre, les soldats l’exécutent sans hésitation.
Ils reprennent leur formation.
Les boucliers devant, les attaquants derrière eux et les archers tout au fond.
Se mettant en garde, ils attendent la suite.
Tous sont sous tension. Aucun ne lâche du regard le chevalier sombre.
Alors qu’ils essaient tant bien que mal de garder leur calme… Le Chevalier Déchu pose lentement une jambe en avant.
Tous, même le capitaine, reculent d’un pas.
Dans la terreur, le Chevalier Déchu commence à avancer. Chaque mouvement de son armure de pierre résonne dans la salle tandis qu’il descend lentement les marches.
Le bruit de ses pas se répand dans toute la pièce.
Alors qu’il commence à atteindre le bas des marches, le groupe de mercenaires se retrouve déjà collé contre la porte.
Ils ne peuvent plus reculer.
« Formation, vous dites… »
Clève soupire intérieurement.
— Qu’est-ce qu’on fait, capitaine ? demande l’un des soldats.
Mais, à la grande surprise de tous, le capitaine avait repris son sang-froid.
— Fermez-la ! Le monstre devant nous est de bas niveau, alors que nous, on le dépasse tous !
Même si ce bref discours était rapide, les soldats se calment légèrement et regagnent leur confiance.
Ils comprennent que le monstre n’est peut-être pas aussi dangereux qu’ils le pensaient.
Même si une certaine peur demeure. Après tout, ils viennent de voir leur frère d’armes mourir en quelques secondes.
Sous leur regard impuissant…
— En avant !
« C’est parti ! »
Les trois soldats lourds s’engagent devant avec leurs boucliers aussi résistants que de l’acier.
Marchant doucement, les deux soldats placés à proximité font un pas de travers et se séparent légèrement.
Au même moment, les trois épéistes se mettent en garde et passent devant les soldats lourds.
Ils s’approchent prudemment du chevalier.
Dès que le Chevalier Déchu leur fait comprendre qu’il les a remarqués, les archers se déplacent déjà vers des angles morts derrière les piliers.
Au milieu de toute cette formation, le capitaine reste derrière eux, posté pour observer.
Voyant que tout fonctionne correctement…
Clève les observe.
« Elle est nulle, votre formation… »
Clève lève Excro et pointe sa lame vers l’épéiste situé à sa droite.
Sans la moindre hésitation, il se précipite sur lui.
Voyant le Chevalier fondre sur lui, l’épéiste lève son sabre, prêt à attaquer.
Ses muscles se contractent alors qu’il lance un puissant coup horizontal.
Mais Clève ne lui laisse pas le temps d’achever son mouvement. Qu’il est déjà à portée de sa lame.
Le sabre frappe violemment l’épaule de son armure.
Une gerbe d’étincelles jaillit au moment de l’impact, mais l’attaque s’arrête net contre la pierre.
Profitant de cette net ouverture, Clève redresse aussitôt la pointe d’Excro. Il resserre sa prise sur la poignée et enfonce la lame droit vers le casque de son adversaire.
La lame traverse le casque avec une facilité terrifiante.
Comme s’il ne s’agissait que d’une simple feuille.
[ félicitations vous avez tué… ]
Le Chevalier Déchu ne s’arrête pas là et enchaîne directement avec une seconde attaque.
Cette fois, il vise l’homme au bouclier qui se trouve juste derrière lui.
Saisissant le corps sans vie de l’épéiste, il le projette en plein sur le soldat. Le corps s’écrase contre son bouclier et le déséquilibre.
À cet instant précis, Clève lui envoie un puissant coup de pied qui le projette loin de lui.
Alors qu’il vient de dégager le deuxième soldat, il se rue directement vers les autres épéistes.
Pendant ce temps, loin du conflit, un archer se tient à distance.
Serrant de toutes ses forces la corde de son arc, il vise difficilement le monstre qui ne cesse de bouger.
Ayant enfin une bonne ligne de tir…
Il relâche la corde.
La flèche fend l’air à une vitesse que même Clève n’arrive pas à suivre du regard.
Étonnamment, elle s’enfonce profondément dans son armure.
Clève ressent alors une douleur qu’il n’aurait jamais imaginé pouvoir ressentir en étant devenu un monstre de pierre.
Se figeant quelques instants pour comprendre ce qui vient de se passer, il ne remarque pas immédiatement l’épéiste qui devait le combattre.
Celui-ci profite de cette ouverture. L’épéiste serre les dents. Et dirige sa pointe vers lui, il charge.
Une occasion comme celle-ci est rare dans un combat à mort. La saisir, c’est presque offrir la victoire.
Alors qu’il pense l’avoir obtenue, il se rue sur Clève. Serrant tous ses muscles, il pousse une attaque puissante.
Mais Clève pare l’épée.
Aussitôt qu’il vient de la bloquer avec son avant-bras, il effectue une rotation complète.
Profitant de l’élan de son mouvement, Excro suit sa trajectoire et décapite l’épéiste.
La tête quitte son corps avant même que celui-ci ne puisse réagir.
Une scène d’horreur pour leurs compagnons.
— NON !
L’un des soldats hurle.
Finissant sa rotation, Clève en profite pour saisir le corps et le jeter dans la direction d’où est venue la flèche.
Puis il bondit sur le soldat au bouclier, désormais seul.
Saisissant puissamment sa manche, le Chevalier Déchu lève sa lame vers le haut.
Il s’arrête net devant lui.
Puis, dans le même instant, il abat Excro avec une puissance monstrueuse.
La lame traverse le bouclier avant de continuer sa course à travers le soldat qui le tenait.
Deux hommes en moins de dix secondes… Clève se redresse.
Il sent alors deux nouvelles flèches s’enfoncer dans son armure.
Il cherche immédiatement leur provenance.
Tournant la tête vers la direction d’où l’une d’elles est venue, il remarque une nouvelle flèche lui percer la cuisse.
« Pu… »
Cette fois, il parvient à en voir une arriver et la bloque.
« Je t’ai trouvé ! »
L’archer qu’il vient de repérer se trouve derrière l’un des trois piliers situés à sa droite. Plus précisément, celui qui se trouve près des escaliers menant au trône.
Commençant à saisir sa lame comme une lance, Clève concentre une pression énorme dans son bras.
Puis il projette Excro directement vers le pilier.
La lame traverse l’air avant de s’écraser contre la pierre. Détruisant le piliers mais heureusement que le pilier tenait aussi le plafond. Sinon il serait effondrer sous l’impact.
L’archer qui se trouvait derrière est également frappé par l’attaque.
[ félicitations vous avez tué… ]
Clève vient pourtant de réaliser une action qu’il va regretter.
Certes, il a tué l’archer… Mais sa lame se trouve désormais loin de lui.
« Bon… pas le choix ! »
Se précipitant sur l’épéiste restant, il bondit en avant.
Dans les airs, il pivote son corps afin de rendre son attaque de jambe encore plus destructrice.
Et il n’avait pas tort.
Son pied percute violemment l’épée.
La lame se brise sous la puissance du choc tandis que l’épéiste est projeté en arrière.
Clève fonce alors directement sur l’un des soldats au bouclier et lui envoie plusieurs coups de poing.
Les impacts résonnent contre le bouclier, qui commence à se déformer. Serrant davantage son poing, Clève concentre toute sa force.
Puis il frappe.
Son bras traverse le bouclier et saisit directement l’homme par le cou.
Le soulevant du sol, il lui brise le cou avant de le relâcher.
Le corps retombe lourdement.
C’était une véritable scène de massacre.
Le dernier archer, épéistes et le dernier soldat au bouclier restent figés de peur, hésitant à avancer.
Mais au milieu de ce massacre, le regard de Clève tombe sur le capitaine.
Celui-ci observe la scène avec une expression mélangeant neutralité et regret.
Comme s’il regrettait déjà d’être venu ici.
Leurs regards se croisent une dernière fois.
Puis les deux hommes s’élancent l’un vers l’autre. Aussitôt qu’ils commencent à courir, le capitaine sort son épée de son fourreau et la tient devant lui.
L’un prépare un coup qui semble devoir être dévastateur.
L’autre resserre sa prise sur la manche d’Excro, tout en abaissant légèrement la pointe de sa lame pour rendre son attaque plus précise.
Ils s’approchent dangereusement.
Clève lança sa lame à toute vitesse. Le Capitaine se pencha juste à temps : la lame frôla son visage dans un sifflement. Les yeux rivés sur Clève, son attaque s’est fut une échec, il serra violemment son poing.
Abattant son poing à une vitesse telle qu’un sifflement aigu traverse l’air.
Au même instant, le capitaine dévie littéralement son avant-bras sa lame glissa à toute vitesse jusqu’à transperce son épaule.
Le poing de Clève, lui, frappe brutalement le sol.
Une onde de choc se propage dans la pierre, fissurant le sol et repoussant le capitaine. Pour la première fois, le sol à été détruit.
Jetant un œil à sa blessure, Clève remarque qu’il lui a arraché un petit morceau de son armure de pierre.
Se reconcentrant sur le combat, Clève saisit des morceaux de pierre et les projette violemment sur le capitaine.
Celui-ci esquive certains projectiles, mais d’autres l’obligent à se déplacer sur les côtés.
S’approchant de l’un des piliers, il se couvre derrière celui-ci et hurle à ses soldats :
— Remettez-vous en GARDE !
Reprenant son souffle, il continue.
— Truna ! L’arc !
Aussitôt qu’elle entend son nom, l’archère Truna saisit fermement son arc et se prépare à tirer.
— Maintenant !
Elle relâche la corde.
La flèche fend l’air dans un sifflement aigu.
Clève pivote rapidement.
Serrant son poing, il frappe la flèche en plein vol et la brise sous l’impact. Sous le choc, l’archère se replie derrière le pilier.
Hélas pour elle… Le Chevalier Déchu l’avait vue.
Courant à toute vitesse vers le pilier, Clève bondit en avant.
Arrivant devant celui-ci, il enfonce ses doigts dans la pierre.
Sa force lui permet de prendre appui sur la surface tout en poursuivant son mouvement.
Il pivote autour du pilier sans ralentir.
Apparaissant devant elle, il saisit brutalement sa tête et l’écrase contre la pierre.
L’impact est si violent que le corps de l’archère s’effondre immédiatement.
« Un de moins… Il m’en reste trois. »
Voyant qu’Excro se trouve assez près, il part le récupérer.
Au même moment…
Le capitaine avait regroupé les deux derniers soldats.
L’un était l’épéiste et l’autre le dernier soldat au bouclier.
Les trois étaient cachés derrière un autre pilier pour ne pas se faire repérer.
— Capitaine, comment vous voulez faire face à lui ?
— Ferme-la. Tarot, toi, tu vas l’attaquer avec ta lame. Et toi, Gayo, tu vas le couvrir.
Puis il continue à discuter rapidement avec eux.
Alors qu’ils viennent de créer un plan, les deux soldats hochent la tête ensemble. Ils font alors ce qu’ils doivent faire.
Clève commence à s’approcher calmement du centre de la salle.
Les deux derniers soldats sortent de leur cachette.
Clève reporte immédiatement son attention sur eux.
Se mettant en garde, l’épéiste avance doucement.
Puis, soufflant une dernière fois, Tarot bondit sur lui.
Au même moment, Clève lève Excro et attend le bon moment pour abattre sa lame.
Il reste parfaitement immobile, la pointe de son épée dirigée vers le haut.
On pourrait réellement le prendre pour une statue.
« Maintenant. »
Resserrant sa prise sur la manche, il enfonce Excro en ligne droite.
Alors que la lame allait toucher Tarot, un bouclier vient heurter Excro et dévie sa trajectoire.
Clève ne t’attendons pas à cela pose un genoux à terre. L’épéiste ouvre grand les yeux.
Puis, profitant de cette occasion, il envoie sa lame aiguisée droit vers le cou. Étant trop grand pour eux, c’était la seule partie qu’ils pouvaient réellement atteindre.
L’épée frappe. L’homme au bouclier surgit aussi.
L’impact remonte jusqu’aux épaules d’épéiste et engourdit ses bras. Mais serrant davantage les dents et bondit en avant en enfonce encore plus profondément sa lame.
Clève n’arrive pas à croire qu’il vient de se faire transpercer aussi facilement.
Lâchant Excro, il saisit rapidement l’un des bras de l’épéiste et envoie un puissant coup de pied au soldat au bouclier.
Au même moment, l’épéiste parle.
— Maintenant !
Une silhouette sort rapidement de l’obscurité et bondit sur le Chevalier Déchu.
Atterrissant sur son dos, le capitaine envoie quatre coups de lame qui s’enfoncent profondément dans son armure.
Lâchant Tarot, Clève pivote rapidement et fait tomber glisser le Capitaine.
Aussitôt, les trois humains se mettent en garde.
Mais Clève n’arrive pas à se remettre des coups qu’il vient de recevoir.
Reculant de quelques pas, il remarque que ses jambes n’arrivent plus à le maintenir debout.
Il comprend alors que sa vie ne va pas tarder à prendre fin.
« Non… Non ! »
Ses flammes commencent à s’intensifier. Son regard devient encore plus rouge. Et surtout… Plus meurtrier.
« Jamais je ne mourrai ! »
Serrant tellement fort la manche d’Excro qu’il pourrait presque la détruire, il se rue sur eux.
Déjà devant eux, il frappe avec une puissance telle que l’air lui-même semble se déchirer autour de son poing.
Son attaque s’écrase contre l’épée de Tarot.
L’épéiste n’arrive même pas à retenir la puissance du Chevalier. Son arme est repoussée tandis que son corps est violemment projeté.
[ Félicitations… ]
L’homme au bouclier n’a même pas le temps de cligner des yeux.
Clève est déjà devant lui. Sa lame traverse son abdomen. Ses entrailles apparaissent tandis qu’il s’effondre lourdement au sol.
[ Félicitations… ]
D’un seul mouvement, Clève tient désormais Excro d’une main.
Il la projette droit devant lui, essayant de tuer le dernier adversaire comme s’il lançait une lance.
La pointe arrive devant lui.
Mais le Capitaine parvient à la bloquer.
Sentant soudain toute la pression de la lame, il regarde droit devant lui.
Et reçoit une droite en plein visage.
La puissance du coup est si monstrueuse.
Le choc lui brise le visage et lui donne l’impression qu’un véritable château vient de s’abattre sur lui.
Son corps est projeté au loin avant de heurter violemment le mur.
Le bruit des os qui se brisent résonne dans la salle.
[ Félicitations, vous avez tué « Sergent Grec ». ]
Clève les avait enfin tous tués.
Il ne restait plus personne en vie.
Tremblant pour aucune raison sa respiration commencer à s’étouffer. Se laissant tomber au sol, il reprend lentement son souffle.
Tenons une mains à son torse.
« J’ai cru passer… »
Fin du chapitre… suite.