Chapitre 22
Chapitre 22
« Les gars ! À l’aide ! »
Takeo répond : « Y’a quoi ? »
« Un monstre ! Derrière moi ! »
Tout le monde s’arme rapidement. Je saute sur mes jambes et sors ma claymore de son fourreau.
Morice : « Je m’en occupe. »
Laura rétorque : « On s’en occupe. »
Ten sort des bois, poursuivi par une ombre de quatre mètres.
C’est un orc, sa peau brune est couverte de marques et de cicatrices de combat. Ses mains sont larges comme des pelles. Il tient des sabres dans celle-ci. On pourrait croire que ce sont des poignards au vu de sa taille.
Émilie souffle des braises ardentes sur l’orc. Il semble souffrir mais cela ne l’arrête pas.
Morice sort sa claymore et charge son attaque.
Kaze arrive par l’arrière de la bête.
Ten ramène l’orc sur Morice et Laura enchante son arme avec des incantations.
Kaze lance deux couteaux dans le dos de la bête qui détourne son attention.
La lame de morice s'enfonce dans la nuque de la bête.
Un craquement sec d'ossements qui se brisent en éclats.
L'orc s'écroule comme un arbre abattu. Il est mort.
Un instant de silence nous parcourt avant que nous le réalisions. Je contrôle qu’il soit bien mort. Morice l’a eu d’un seul coup.
Nous nous félicitons tous pour ce travail d’équipe.
Nous commençons à fouiller la brute.
Il a de nombreux équipements sur lui. Takeo et Laura prennent chacun l’un des sabres. Ceux-ci sont usés avec des manches en cuir noir. Kaze monte sur la bête pour récupérer ses couteaux.
L’orc avait une amulette autour du cou.
C’était un petit rubis taillé. Il émanait une légère brise de mana. Nous avons choisi de le donner à Ten pour qu’il puisse peut-être développer son mana intérieur. Mon œil affirme qu’il en possède mais qu’il sommeille au plus profond de lui.
Nous nous arrêterons ici pour la nuit. Le ciel est magnifique en cette nuit dégagée. La lune me semble plus grande que les jours précédents. Aujourd’hui, ce sont Nicolas et Kaze qui montent la garde nocturne.
Le matin, nous nous réveillons tranquillement. Morice pêche avec Thomas. Takeo et Laura s’entrainent au maniement de leurs nouvelles armes.
L’air frais du matin m’oblige à me rapprocher du feu. Nadia y fait cuire un petit bar. Elle s’étonne de mon réveil tardif. Je ne déjeune pas, c’est l’heure de la chasse.
Nicolas voulait m’accompagner mais Ten aimerait qu’il lui explique comment il arrive à manier la terre. Il reste donc à lui enseigner en espérant que le collier pourra l’aider.
J’avance dans les bois sombres. Les feuilles brunes tapissent le sol. Les arbres ont sorti leur assortiment de feu. L’automne a déjà commencé. Les derniers restes de l’été commencent à disparaître.
Se perdre entre ses arbres m’est impossible. Le camp émet un mana qui me permet de le retrouver constamment. Aucun de mes collègues ne perçoit la magie dans l’air.
Des branches mortes craquent sous mes pieds.
Ma vue a été altérée puis notre changement de monde. Les couleurs sont restées les mêmes, mais de légères ficelles scintillantes de magie naviguent dans l’air. Elles sont libres et dansent entre les arbres de cette forêt.
J’ai remarqué que la pierre de l’orc pouvait étirer ces petits résidus de mana.
Quand nous avons abattu la bête, l’aura de celle-ci avait diminué et de nombreuses ficelles s’étaient échappées de son corps.
Aucune proie n’ose se montrer, je décide de suivre mon instinct et m’enfonce encore plus dans le bois.
D’un seul coup, je ressens une présence anormalement élevée de magie, similaire à celle émise par notre équipe.
Mon corps avance lentement, à petits pas de chat.
J’aperçois une muraille en bois. Devant elle, deux orcs gardent un campement.
Les autres ne sont pas au courant, ils doivent être informés du danger.
C’est alors qu’une brindille craque sous mon pied. Un des deux orcs se lève aussitôt et traque d’où vient ce bruit. Ses yeux se verrouillent sur moi.
Mon corps se fige, l’ennemi m’a trouvé. Il prend sa corne accrochée en bandoulière et souffle à l’intérieur.
L’appel est lancé, le campement s’agite. Une quinzaine d’orcs sortent, armés jusqu’aux dents.
Je panique. Mes jambes décident avant ma tête. Que faire ? rejoindre le groupe ou m’en écarter pour les protéger ?
Le travail d’équipe paye normalement. Mon spectre est avec Eiji, ma puissance est limitée. Je ne suis pas taillé pour la course.
Leurs pas monstrueux se rapprochent rapidement de moi. Comment reprendre l’avantage ?
Ils sont trop nombreux pour le groupe. Nous sommes trop faibles, si seulement on pouvait isoler les combats…
Comment faire…
Mes mains sont tremblantes. Mon souffle devient lourd.
Une lance frôle mon épaule, je me retourne, ils sont à une vingtaine de mètres.
Trébuchant sur une racine, je me retrouve au sol.
Le choix n’est plus. Tant pis, je me dois de protéger mes camarades et de prendre mes responsabilités.
Mon deuxième don se doit d'être utilisé pour la communauté.
« Palais omniscient »
Ma volonté n’a pas fait une petite entrée comme la dernière fois. L'espace se tord et laisse une porte naitre sur la terre humide. Cette fois l'ouverture est créée contre le sol et fait une dizaine de mètres de largeur. Six orcs tombent avec moi dans ma dimension. La porte se referme derrière nous.
Ils s'écrasent brutalement dans le sable, je flotte jusqu'à toucher doucement le sol. Des piliers de marbre sortent du sol, se dressent jusqu'à la voûte céleste de mon palais.
Mon mana se draine rapidement. La création de ce lieu me fatigue.
Les orcs sont déstabilisés.
Sous mon impulsion, le visage de ma bibliothèque change. Les livres s’enflamment sous l'effet de mon mana et sont envoyés sur les envahisseurs.
Le savoir brûle. Si je ne m'occupe pas de ses orcs, ce sont mes collègues qui devront les gérer, et leur défaite est probable. La victoire n’a point de prix.
Certains orcs résistent encore aux flammes.
Pour finir, les grandes colonnes s’effondrent sur mes adversaires, drainant au fond de moi, mes forces.
Je prends des glaives et égorge au plus vite les orcs encore vivants, coincés sous les décors.
Personne ne ressort de mon palais, la mort y a été semée. Il se désintègre et les corps sans vie et moi sommes renvoyés dans la réalité.
Mon mana est encore suffisant pour affronter les suivants. Mon palais a déjà consommé plus de la moitié de mes réserves. Je me sens bien plus faible après une telle dépense. Ma claymore alourdit mon dos.
On ne me saute pas dessus, on m’observe. La mort de leur camarade les rend attentifs au moindre de mes gestes. La peur s'instaure entre nous.
Il en reste dix.