Chapitre 1 010
J'étais un imbécile.
Oui, j'étais un imbécile.
Je ne peux que rester bouche bée devant mon immaturité, moi dont le cœur fut plongé dans le chaos par de telles futilités.
Je m'appelle Alfred.
Alfred Machio.
Bien que je demeure un homme inexpérimenté, je n'ai pas oublié la volonté de défier les cieux du regard.
……
Je n'ai pas oublié ! Serait-ce mieux ainsi ?
J'hésite, ne serait-ce qu'un peu.
À présent, je me trouve dans le royaume de Raywhite.
Jusqu'à ce jour, j'étais l'invité du royaume de Raywhite.
J'étais traité comme tel, et je l'acceptais.
C'était là mon erreur.
On ne peut apprendre en tant qu'invité.
Pourquoi suis-je venu dans ce pays ?
Pour être choyé et loué ?
Non.
C'était pour ma propre croissance.
Et puis, mon père a parlé.
Il a parlé pour mon bien.
Agis à ta manière.
Ainsi, j'abandonne mon rôle d'invité.
En tant qu'homme libre, j'agirai désormais par moi-même.
Lorsque je l'ai déclaré à Fushu-san en prenant la pose, elle m'a répondu en m'encourageant avec une pose encore plus magnifique que la mienne.
Je ressens une résonance entre nos âmes, mais être surpassé par elle est… eh bien, quelque peu vexant.
Je dois me perfectionner.
-0-
La première chose que je ferai, maintenant que je ne suis plus un invité, est……
D'abord, les toilettes.
Ces toilettes ne sont pas dignes !
C'est insupportable !
Jusqu'à présent, en tant qu'invité, je n'y avais pas prêté attention……
Mais désormais, je n'ai d'autre choix que de les concevoir moi-même.
Je reçois de l'argent de poche de mon père et de ma mère.
Je vais donc me procurer des matériaux…… comme un slime.
L'idéal serait d'en trouver un à proximité.
S'il n'y en a pas, j'en prendrai un la prochaine fois que je retournerai au village.
Alors que ces pensées me traversaient l'esprit,
Hm ?
Qu'y a-t-il ?
L'assistant que Fushu-san m'a assigné m'interpelle, avec hésitation.
« Euh, où est Alfred-sama ? »
Que dites-vous là.
C'est moi.
「………………………………Alfred-sama ?」
En effet.
「…………Toutes mes excuses. En l'absence d'Alfred-sama, les trois maisons royales supplient ardemment de pouvoir présenter leurs excuses. Comment devons-nous répondre ?」
Une réponse…… une réponse, dites-vous.
Hmm.
Très bien.
Immédiatement.
Faites-les venir.
「Compris. Alors, par ici, s'il vous plaît.」
Par ici ?
-0-
Était-ce préparé à l'avance ?
Ou bien les princes et les parties concernées attendaient-ils dans la pièce adjacente ?
Cela fut organisé si rapidement que de telles pensées me traversèrent l'esprit.
J'en fus surpris.
Mais laisser paraître cela dans mon attitude ne serait pas digne.
Rester calme.
Calme, dis-je.
Devant moi se tenaient les trois princes de l'autre fois, et… les chanceliers de leurs nations respectives.
Derrière moi se trouvaient Fushu-san et son fils, Mikel-san.
Étaient également présents le commandant des guerriers prêtres nommé O'Brien, ainsi que son second.
Ce commandant O'Brien a apparemment fait un esclandre aux côtés de Fushu-san.
Je vois.
C'est donc là le comité.
Finissons-en rapidement.
Avant que je ne puisse ouvrir la bouche, les princes demandèrent une pause.
Plus précisément, l'un des chanceliers derrière eux mit le holà.
Et puis il dit :
「……Qui êtes-vous ?」
Quelle impolitesse, demander qui je suis.
C'est Alfred.
「Non, votre apparence…」
Quelle plaie.
Cependant, si je gère mal la situation ici, cela ne fera que devenir plus problématique.
Alors que je réfléchissais à la manière de répondre, Fushu-san s'avança.
「Il a grandi.」
「Grandi, dites-vous…」
「Il a grandi.」
Ngh, comme prévu, la pose de Fushu-san est magnifique.
C'est instructif.
「D-donc, il ne s'agit pas de faire passer cette personne pour Alfred… ?」
「C'est lui.」
「O'Brien, partagez-vous cet avis ?」
「On le reconnaît au premier coup d'œil. C'est Alfred-dono.」
「…T-très bien. Je ferai de mon mieux pour l'accepter, même par la force. Veuillez m'excuser pour l'interruption.」
Non, non.
Euh, passons donc au vif du sujet.
Des excuses.
Des excuses de la part des princes, n'est-ce pas.
…Inutiles.
Ah, oui.
Je n'accepterai pas vos excuses.
Si l'on considère la situation avec attention, il n'y avait aucune raison pour que vous puissiez approuver ou louer les paroles et les actes d'un individu suspect et mal défini.
Même si vous dites vous excuser parce que vous ne pouviez pas être d'accord, cela ne peut guère venir du cœur.
De telles excuses sont inutiles.
De plus, cet incident était… mon propre échec.
J'aurais dû d'abord montrer ma force, faire connaître mes efforts, et seulement ensuite parler.
J'ai eu tort de me précipiter avec des mots seuls.
Je vous présente mes excuses pour avoir troublé la scène avec mes remarques inutiles.
Permettez-moi de vous présenter mes excuses à la place.
Peut-être parce que je me suis excusé, Fushu-san et O'Brien se sont également excusés.
「Nous avons été imprudents.」
「Nous aurions dû intervenir un peu plus tôt.」
……
Euh, Fushu-san ?
Pourquoi rester raide comme un piquet ?
Et votre visage n'exprime aucunement des excuses, n'est-ce pas.
Est-ce ainsi que l'on s'excuse par ici ?
Et O'Brien, vous vous excusez pour tout autre chose, n'est-ce pas ?
N'êtes-vous pas censé vous excuser d'avoir troublé la scène ?
Regardez, Mikel-san et le second sont même en train de vous réprimander.
Il est vrai que vous avez gâché le banquet qu'ils s'étaient donné tant de mal à préparer.
E-enfin, soit.
Ceci conclut l'affaire.
Alors que j'allais clore la discussion, les princes, qui étaient restés silencieux jusqu'alors, protestèrent.
「A-attendez !」
「Ce n'est pas encore fini !」
「Écoutez ce que nous avons à dire…」
Eeh.
Ah, les chanceliers derrière eux frappèrent chacun les princes sur la tête pour les arrêter.
Euh, il semble que les chanceliers aient compris l'intention de nos excuses, ils expliqueront donc probablement les choses aux princes plus tard.
En effet.
Alors cette affaire est close.
-0-
L'affaire ne s'est pas terminée là.
C'est fastidieux.
Mais après m'être entraîné avec Fushu-san et O'Brien, les choses se sont arrangées d'une manière ou d'une autre.
Pourquoi, je me le demande ?
Eh bien, les princes aident à améliorer les conditions sanitaires des toilettes du royaume de Raywhite, ainsi qu'à la cuisine et à la création de champs, ce qui est d'une grande aide.