Chapitre 174
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Traducteur/éditeur : Hydrogen B.
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Chapitre 174
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Pékin, Chine.
Un bunker souterrain sous Zhongnanhai.
Les murs du bunker étaient couverts d’écrans.
Ils affichaient une carte de Londres, où d’innombrables marqueurs convergeaient vers la ville.
C’était une carte militaire chinoise.
L’homme âgé qui observait les écrans, Xi Jinping, leva lentement sa tasse de thé.
À cet instant, une voix retentit d’un côté de l’écran.
« Où en est la guerre électronique ? »
La voix appartenait à Pyutin, le dirigeant suprême de la Russie.
Xi Jinping répondit à la question.
« Elle se déroule à merveille. Les pays signataires seront aveugles pendant au moins plusieurs dizaines de minutes. Tout cela grâce aux capacités supérieures de guerre électronique de notre grande République populaire de Chine. »
« Ils pourraient rétablir leurs systèmes ? »
« Pas tout de suite. Nous avons exploité toutes les failles découvertes jusqu’ici. Évidemment, une fois nos méthodes révélées, il sera difficile de les réutiliser… Mais cette fois-ci, ça devrait suffire. »
Il sirota son thé.
Xi Jinping but son thé Longjing.
Sur l’écran, Pyutin porta lui aussi à ses lèvres une tasse de tisane.
Un instant plus tard, le dirigeant russe reprit à voix basse.
« Espérons que nous pourrons capturer sans difficulté les chasseurs présents à Londres. »
Les chasseurs des étages supérieurs s’étaient rassemblés à Londres.
L’objectif principal de l’opération était de les capturer vivants.
Ils gagnaient plus de points que n’importe qui d’autre dans leurs pays respectifs.
Le plan consistait à les capturer et à les enfermer dans des Fermes à points, afin d’assurer les points nécessaires à la préparation du Grand Cataclysme.
Le Grand Cataclysme était imminent.
Les points nécessaires à la survie d’un pays allaient bientôt être multipliés plusieurs fois, voire plusieurs dizaines de fois.
Les réserves accumulées jusqu’ici ne suffisaient pas.
Il leur fallait des travailleurs capables de continuer à produire d’énormes quantités de points.
Et des dizaines de ces travailleurs, les chasseurs des étages supérieurs, s’étaient réunis à Londres.
C’était l’occasion rêvée.
Et leur dernière chance.
Une fois le Grand Cataclysme véritablement lancé, ces chasseurs seraient trop occupés à défendre leur pays pour franchir leurs frontières.
Voilà pourquoi la Chine et la Russie avaient engagé des forces aussi considérables dans cette opération.
Xi Jinping reposa sa tasse.
« Cependant, ce ne sera pas facile. Londres compte actuellement… »
« Baek Jiho. Il est là-bas. Je le sais parfaitement. »
« Ce salaud a traîné dans la boue l’honneur de notre grande République populaire de Chine. Je déteste l’admettre, mais il est vraiment puissant. »
Xi Jinping se remémora soudain la lumière de ce jour-là.
L’immense éclat bleu qui avait illuminé les jardins de Zhongnanhai et toute la voûte nocturne au-dessus de Pékin.
Cette puissance avait même détruit un Artefact de barrière défensive de la ville.
Quel genre d’artefact Baek Jiho possédait-il ?
Ou était-il vraiment un chasseur doté d’un pouvoir spécial à la naissance ?
Xi Jinping n’en avait aucune certitude…
Mais une chose était claire : ce salaud était dangereux.
Et à l’époque, Baek Jiho n’était qu’un chasseur du quarantième étage.
À présent, il avait atteint le cinquante et unième.
Impossible de savoir à quel point il était devenu plus fort.
Et pourtant, ils n’avaient pas reculé.
« Plus d’une centaine de camarades membres du Comité se sont joints à notre grande cause. Et n’avez-vous pas mobilisé vous aussi trente chasseurs des étages supérieurs russes ? Même Baek Jiho ne peut rien contre un tel nombre. »
Près de cent cinquante chasseurs des étages supérieurs avaient été mobilisés pour cette invasion.
C’était largement suffisant pour écraser les chasseurs des pays signataires réunis à Londres.
Même si ces pays rassemblaient tous les chasseurs des étages supérieurs encore présents chez eux, ils auraient tout juste de quoi opposer une résistance.
La Chine et la Russie avaient joué l’avenir de leurs nations dans cette opération.
Elles en payaient déjà le prix fort à chaque instant.
À lui seul, l’artefact qui empêchait toute observation consommait d’immenses quantités de points.
Il n’y avait qu’une seule raison à cette entreprise, malgré son coût.
Survivre au Grand Cataclysme à venir.
Pyutin posa alors une question.
« Et si nous échouons ? »
«…»
Xi Jinping pinça les lèvres.
Il avait estimé qu’ils pouvaient réussir.
Il avait soigneusement calculé la puissance des chasseurs qui se rassembleraient à Londres.
Il avait lancé cette opération parce qu’il croyait qu’ils pouvaient l’emporter.
Mais il n’avait pas pris en compte la variable que représentait le cinquante et unième étage.
Un étage que l’humanité venait tout juste d’atteindre pour la première fois.
Impossible de savoir à quel point Baek Jiho avait gagné en puissance en y arrivant.
Un bref silence s’installa.
Xi Jinping parla à voix basse.
« Si nous échouons… nous devrons recourir à notre dernier recours. »
Son regard se posa sur un côté de son bureau.
Un bouton rouge était dissimulé sous un couvercle.
Le fameux bouton nucléaire.
Il poursuivit d’un ton grave.
« Ce serait dommage de perdre l’occasion de capturer les chasseurs de Londres… Mais nous ne pouvons pas laisser une menace derrière nous. Je n’ai aucune envie de voir ce salaud voler de nouveau jusqu’à Pékin. »
Aussi puissant qu’il fût, un chasseur ne pouvait sûrement pas survivre au cœur d’une explosion nucléaire.
Il eut un petit rire.
« De toute façon, nous comptions lancer ces armes nucléaires sur le monde entier. Ne pas réussir à capturer les chasseurs de haut niveau serait une grande déception… mais Londres ne serait pas un mauvais endroit pour commencer. »
« Beaucoup de gens vont mourir. »
« Il le faut. C’est la seule façon pour que notre grande République populaire de Chine et votre Russie survivent. »
Xi Jinping se tourna vers Pyutin sur l’écran.
« Une guerre nucléaire est le moyen le plus sûr de réduire la pression de phase du Grand Cataclysme. Vous le savez aussi bien que moi. »
Le Grand Cataclysme.
Un phénomène où l’augmentation de la pression de phase dimensionnelle brouillait la frontière entre la réalité et le monde au-delà de la Tour.
Plus il y avait de monde, plus la pression exercée sur le mur dimensionnel était forte.
Quel était donc le moyen le plus rapide et le plus sûr de réduire la pression sur les murs du monde entier ?
C’était simple.
Réduire le nombre d’humains sur Terre.
Et si les morts étaient les citoyens d’autres pays plutôt que les leurs, tant mieux.
Les yeux baissés sur la carte de Londres affichée à l’écran, Xi Jinping murmura :
« Alors, c’est le début de la Seconde Période du chaos. »
La première Période du chaos avait décimé trente pour cent de l’humanité.
Et cette fois…
Quel pourcentage disparaîtrait lors de la deuxième ?
Xi Jinping contempla l’écran sans ciller.
* * *
La salle de réunion était un véritable bordel.
« Vérifiez la situation ! »
« Escortez les personnalités… »
« Et les communications ? Toujours coupées ? »
« Évacuez dans le calme, s’il vous plaît ! »
Des agents couraient dans les allées.
Les gens serraient leurs appareils et criaient dedans.
Les gardes du corps entouraient les dirigeants nationaux, tandis que les personnes près des sorties hurlaient pour passer les premières.
Je clignai des yeux.
« Hein ? Il se passe… il se passe quelque chose… »
« Jiho, debout. Je crois qu’on devrait bouger, nous aussi. »
Hyeji tira sur ma manche.
Je me levai sans trop savoir ce qui se passait.
Mais qu’est-ce qui venait de se passer, bordel ?
Un instant plus tôt, tout le monde était prêt à s’empoigner par le col pour réclamer des points.
Pourquoi tout le monde fuyait-il maintenant à toutes jambes ?
C’est alors que je vis quelqu’un s’approcher, entouré d’un groupe de gardes du corps.
C’était Torumph.
Il vint se placer à côté de moi.
« Guerre électronique, Jiho. »
« Guerre électronique ? »
« Oui. Ils ont paralysé tout le réseau de communication. Ils ont même réussi à trouver tous nos réseaux de secours et nos lignes secrètes. Sûrement ces salauds de Chinois et de Russes. Leurs derniers mouvements étaient suspects, mais… »
«…»
« Dire qu’ils préparaient une opération aussi folle ! Quels salauds ! »
Torumph fulminait.
Je hochai lentement la tête.
En gros…
Ces pays complètement tarés avaient encore fait un truc complètement taré !
C’était aussi à cause de ces connards si je n’arrivais pas à accéder au Forum des chasseurs ?
Tss, tss.
Ils étaient vraiment bons à rien.
D’abord la Corée, le royaume, et maintenant ils venaient foutre le bordel jusqu’à Londres…
Putain de Chinois et de Russkoffs !
À côté de nous, le président Jang Daehan prit la parole.
« Nous sommes donc en danger ? Je doute que la Chine et la Russie comptent s’arrêter à une coupure des communications… »
« C’est ça, Daehan. Ils préparent probablement une attaque. Ils ont coupé nos communications jusqu’au dernier fil, alors quelque chose va nous tomber dessus d’un instant à l’autre. »
Torumph avait l’air grave.
Le visage du président Jang Daehan se crispa.
Tout le monde avait l’air inquiet.
Mais qu’y avait-il à craindre, puisque j’étais là ?
Boum, boum.
Je me frappai la poitrine.
« Ne vous inquiétez pas, tout le monde. Qui suis-je ? Le successeur officiel du grand frère Mao Zedong, le génie des massacres ! Le chasseur anti-Chinois de la Difficulté Extrême Lunatique ! Quoi que ces salauds tentent, je leur ferai à tous un “Grand Bond en avant”, alors pas d’inquiétude. Ces Chinois et ces Russkoffs sont des oiseaux nuisibles !!! »
«… C’est rassurant, Jiho. J’ai vraiment bien fait de venir à Londres. »
Torumph me regarda avec satisfaction.
Choi Yejin et Na Hyeji lâchèrent des rires incrédules.
« Pourquoi est-ce qu’il est aussi impressionné et content de ces conneries ? »
«… Je crois que les dingues se comprennent d’une manière ou d’une autre. »
Mes coéquipières me regardaient, abasourdies par ma conversation avec Torumph.
Je venais d’annoncer mon noble projet de protéger tout le monde. Pourquoi réagissaient-elles comme ça ?
Je ne comprenais vraiment pas… !
Bref, tandis que je discutais avec Torumph…
Fiiiiiiiiiiiiiii !
Un sifflement aigu déchira l’air.
Puis…
BOOOOOUM !!!
Une explosion assourdissante retentit au loin.
Les fenêtres tremblèrent et une faible secousse parcourut le sol.
« Qu’est-ce que c’était ? Une explosion ? »
« Iing !!! »
Iing Iing poussa un cri depuis mon épaule.
Elle pointa sa petite main vers la fenêtre.
Puis, encore une fois…
BOUM ! Boum !
Grrrrrr… !
BOUM !
Les explosions se succédèrent.
Dehors, des missiles s’écrasaient sur différents quartiers de Londres.
Les explosions éclataient, les ondes de choc se propageaient et d’épais nuages de poussière s’élevaient dans les airs.
Clac.
Puis les lumières s’éteignirent.
Des plafonniers à l’écran sur scène, toutes les lumières autour de nous s’éteignirent.
« Aaaaaah ! »
« Il n’y a plus de courant ! »
« Putain, c’est vraiment la guerre… ? »
La salle de réunion fut soudain plongée dans le noir.
Un instant plus tard, les lumières de secours s’allumèrent, répandant une lueur verte.
Les agents se mirent à crier dans l’urgence.
« Les centrales et les sous-stations sont attaquées ! »
BOUM !
« D’après un rapport reçu par radio à courte portée, l’aéroport international d’Heathrow a été détruit… »
« Une station radar a été touchée ! »
« Merde ! Qu’est-ce que font nos bases antimissiles ?! Abattez ces missiles ! »
Fiiii ! BOUM !
« Nous n’arrivons pas à détecter la trajectoire des missiles ! Nous soupçonnons un artefact qui annule l’observation ! »
« Ils rendent même les missiles impossibles à repérer ? Quels tarés. Combien de points sont-ils en train de cramer… ? »
« Faites sortir les personnalités en premier ! Dans les souterrains ! Vite ! »
Grrrrrr… !
C’était un bombardement.
Les Chinois et les Russkoffs tiraient des missiles sur Londres !!!
Torumph rugit alors :
« Faites venir la sixième flotte immédiatement ! Mobilisez aussi la deuxième flotte sans délai ! Que la septième flotte se tienne prête à attaquer la Chine ! C’est la guerre ! Ces tarés ont déclenché une guerre ! Ils vont le payer !!! »
« Monsieur le Président, les communications sont coupées, nous ne pouvons pas les joindre pour le moment. Nous transmettrons vos ordres dès que le service sera rétabli. »
« Alors rétablissez-le ! Combien de temps vais-je encore devoir attendre ?! »
Torumph attrapa un assistant et lui aboya ses ordres.
C’était la guerre. Sans aucun doute.
La Chine et la Russie avaient attaqué Londres, et Torumph tentait maintenant de mobiliser son armée.
Je regardai autour de moi.
« Londres bombardée… C’est vraiment la guerre ?! »
« Même pendant la Période du chaos, Londres n’avait pas été attaquée… »
« A-allons d’abord à l’abri ! Vite ! »
Les responsables étrangers suivirent leurs gardes du corps, le visage blême.
Des hommes d’âge mûr en costume impeccable se pressaient vers la sortie.
Mais même dans ce chaos, certains restaient figés sur leur siège.
« La conférence de Londres était notre dernier espoir… »
« Et le fonds commun, maintenant ? Notre pays a tout juste survécu ce mois-ci ! »
« Vous devez partir, tout de suite. »
« Quand je rentrerai… qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire… ? »
C’étaient les délégations des pays au bord de l’effondrement, à court de points.
De petits pays d’Europe de l’Est. Le Japon. Des pays de ce genre.
Certains fixaient leurs papiers, hagards.
D’autres se retournaient vers la salle de réunion, même tandis que leurs gardes du corps les entraînaient dehors.
Enfin, c’était normal.
Puisqu’ils n’avaient aucun autre moyen de trouver les points nécessaires à leur survie pendant le Grand Cataclysme, ils avaient dû tout miser sur cette conférence de Londres.
Mais la guerre avait éclaté au moment même où la réunion commençait, réduisant tous leurs espoirs à néant.
Pas étonnant qu’ils aient l’impression que tout s’écroulait autour d’eux.
Debout au milieu de la salle plongée dans la pénombre, je promenai lentement le regard autour de moi.
Fiiiiiiii !
BOUM !
« Comment vais-je pouvoir affronter les autres en rentrant… ? »
« V-vous devez d’abord aller à l’abri ! »
« Rétablissez les communications, tout de suite ! »
Le grondement incessant des bombardements.
Les responsables qui criaient en fuyant.
Les délégations des pays les plus faibles, au bord des larmes et du désespoir.
En regardant cette scène chaotique, je marmonnai :
« Putain, quelle bande de sauvages. »
« Qu’est-ce qui te prend ? »
Hyeji, qui se tenait juste à côté de moi, me demanda ce que je marmonnais.
Pour être précis, elle s’était collée à moi dès le début du bombardement.
Elle avait instinctivement compris que rester à mes côtés était le choix le plus sûr.
Comme on pouvait s’y attendre d’une juive malfaisante, elle avait un excellent instinct de survie.
Je claquai la langue et poursuivis :
« Tout ce bordel me paraît tellement barbare. Certains gardent leurs points pour eux, en disant qu’ils ne sauveront qu’eux-mêmes. D’autres tirent des missiles sur la capitale d’un autre pays. Pourquoi tout le monde est-il aussi avide ? »
«…»
Ils étaient aussi faibles que des fourmis.
Même en s’alliant, ils auraient tout juste de quoi survivre.
Pourquoi continuer à se battre, à se disputer et à faire ce genre de conneries ?
J’étais le plus fort de toute la salle, et j’avais assisté tranquillement à leur réunion.
Pourtant, tous ces types ordinaires faisaient plus d’histoires que moi.
Franchement !
« Je devrais aller m’occuper de ce que j’ai à faire. »
« T’occuper de quoi ? Qu’est-ce que tu comptes faire ? »
« Ce n’est pas évident ? »
Frouich.
Je levai mon bâton.
« Chasser les Chinois et les Russkoffs ! »
Ils avaient osé gâcher mon grand bal de débutante international en le noyant sous les missiles.
Et comme si ça ne suffisait pas, ils avaient coupé Internet pour m’empêcher d’utiliser le Forum des chasseurs ?
Impardonnable !
« L’heure est venue de lancer une chasse du groupe rouge de la Difficulté Extrême Lunatique… ! Iing Iing ! En avant ! »
« Iing ! »
Étincelle !
Le Vol psychokinétique d’Iing Iing s’activa.
Mon corps flotta en direction de la sortie de la salle de réunion.
* * *
Je quittai le bâtiment de la conférence et m’élevai dans le ciel.
Quand le Vol psychokinétique d’Iing Iing m’eut porté à plusieurs centaines de mètres d’altitude, je baissai lentement les yeux.
Boum ! Boum !
BOOOOOUM !
Des missiles s’écrasaient un peu partout dans la ville et explosaient.
Ils étaient probablement en train de détruire le réseau électrique, les systèmes de communication et tout le reste.
Je claquai la langue.
« C’est vraiment la guerre, hein ? Je ne pensais pas qu’ils iraient jusqu’à attaquer Londres. »
Pourquoi ces types s’étaient-ils mis à frapper aussi fort, tout à coup ?
Est-ce que ça avait un rapport avec le Grand Cataclysme ?
Je n’en savais rien.
Bref.
Je tournai les yeux vers l’est.
Et je les vis.
« Regardez-moi ce nombre. Quels tarés. »
D’innombrables appareils arrivaient de l’est.
Vroooooom !
Fouuuuuuu !
Des avions de transport militaire.
Et les chasseurs qui les escortaient.
Il y en avait un sacré paquet.
J’en voyais déjà plus d’une douzaine rien qu’à proximité.
Derrière eux, et encore plus loin, une file interminable d’appareils fendait les nuages sombres.
Même au premier coup d’œil, ils devaient être plus d’une centaine.
Des centaines d’avions de transport et de chasseurs déferlaient depuis l’est !
Je marmonnai, incrédule :
« Sérieusement ? Je réfléchis juste à m’acheter un jet privé. Combien d’avions ces types possèdent-ils ? »
Une force écrasante, mais à coups d’avions.
Quand un pays entier se mettait à dépenser sans compter, ça n’avait vraiment rien à voir !
Tandis que je m’émerveillais encore de cette absurdité, l’arrière du premier avion de transport s’ouvrit.
Et de l’intérieur…
Flap !
Des gens commencèrent à sauter les uns après les autres, leurs parachutes s’ouvrant dans les airs.
Des centaines, puis des milliers de parachutes remplirent le ciel de Londres.
Des troupes aéroportées.
Ces salauds comptaient vraiment occuper toute la ville ?
Évidemment, je n’allais pas rester là à regarder.
« Ces oiseaux sont des nuisibles !!! »
Si autant d’oiseaux nuisibles — autrement dit, des avions — envahissaient le ciel…
Il ne me restait qu’à lancer une Campagne des quatre nuisibles !
Je pointai mon bâton et lançai ma magie.
BOOOOOUM !
Je tirai un Railgun.
Une traînée bleue traversa le ciel nuageux de Londres.
BOUM !
Le projectile transperça le moteur d’un avion de transport, qui se mit à tomber.
Je marmonnai à voix basse :
« J’adorerais tous les pulvériser d’un petit clic d’artillerie magique… mais je risque d’emporter la ville avec eux. »
Le champ de bataille se trouvant au-dessus de Londres, je répugnais à employer une attaque de zone aussi puissante que l’artillerie magique.
Bref, je me mis sérieusement à les abattre.
BOUM ! Boum ! Ba-ba-ba-boum !
Grrrrrr !
D’innombrables éclairs lumineux flamboyèrent.
Chacun d’eux traçait une ligne bleue dans le ciel.
Et d’innombrables armes de guerre commencèrent à s’écraser.
BOUM ! Boum ! Ba-ba-ba-boum !
Clac, clac… !
BOOOOOUM !
Le fuselage du premier avion de transport vola en éclats.
Un chasseur qui l’escortait fut réduit en morceaux.
Même un missile de croisière volant à basse altitude explosa de façon spectaculaire en plein ciel.
J’abattais à la chaîne tous les oiseaux nuisibles que je voyais : avions de transport, chasseurs et missiles !
Alors que je m’affairais à tout faire exploser avec ma magie, des voix s’élevèrent du sol.
« Regardez là-haut ! Les appareils sont abattus à une vitesse folle ! »
Je baissai les yeux.
Les voix appartenaient aux dirigeants nationaux et aux diplomates qui étaient encore en train d’évacuer.
« Notre réseau de défense aérienne a été rétabli ?! »
« Non, il est toujours hors service. C’est le chasseur Baek Jiho ! »
« Mon Dieu… ! »
« C’est comme ça qu’il s’est battu en Chine ?! »
«… C’est ça, le pouvoir d’un seul chasseur ? »
Apparemment, mon enthousiaste Campagne des quatre nuisibles avait attiré tous les regards.
Les politiciens me regardaient d’en bas, partagés entre admiration et stupeur.
Je hochai la tête.
« Les affaires devraient marcher pour les Laboratoires de la Difficulté Extrême Lunatique ! »
J’étais en train de protéger tous ces gens.
Ils ne seraient sûrement pas assez cruels pour refuser l’agrément à une petite entreprise pharmaceutique ?
Si tout se passait bien, je pourrais peut-être aider ma sœur sans devoir trop me coltiner ces saloperies de réseautage.
Mais maintenant que j’y pensais…
« Avec autant de spectateurs, les abattre un par un, ça ne fait pas un peu pitié ? »
En plus, ils n’en finissaient pas d’arriver.
Pour chacun que j’abattais, deux autres apparaissaient.
Chaque fois que je détruisais un missile, un autre déboulait.
Dans la Tour, j’aurais pu étendre mon sens du qi et tous les pulvériser d’un seul coup.
Mais dans le monde réel, je ne percevais que quelques dizaines de mètres autour de moi. C’était frustrant.
Une idée me traversa alors l’esprit.
« Même si ça consomme un peu de mana, je crois que je ferais mieux de leur montrer une puissance écrasante. »
C’était une technique que j’utilisais rarement, car elle dévorait une quantité absurde de mana.
Mais la situation était différente.
Les Chinois et les Russkoffs observaient sûrement tout ça depuis leurs satellites.
En contrebas, des politiciens du monde entier me regardaient aussi.
Intimidation et publicité.
N’était-ce pas l’occasion de faire d’une pierre deux coups ?
Bal de débutante de la Difficulté Extrême Lunatique, deuxième partie.
Il fallait un final spectaculaire !
« C’est l’heure de la magie noire sacrée, divine et inversée… ! »
Je levai mon bâton et canalisai ma magie divine.
Fouuuuuuuuu !
Une masse de lumière dorée jaillit du sommet de mon bâton.
Un éclat doré éblouissant m’enveloppa.
D’immenses quantités de mana se mirent à s’écouler rapidement de mon cœur.
Mais l’effet était à la hauteur.
« Je vois. »
Mes ondes spirituelles se propagèrent au loin.
Mon sens du qi, qui ne s’étendait que sur quelques dizaines de mètres, s’étira sur des centaines, puis des milliers.
Il couvrait désormais des kilomètres.
Je percevais tout avec une netteté parfaite.
Les avions de transport qui rasaient les nuages.
Les escadrons de chasseurs qui tournaient au-dessus d’eux.
Même la salve de missiles de croisière qui approchait à vitesse supersonique au ras du sol.
Je percevais tout cela par l’intermédiaire de mon âme, que je puisse le voir ou non.
Je sentais même un chasseur très loin qui se tournait vers moi et braquait ses missiles.
Puisque je le percevais, il était facile de m’en occuper.
Je levai lentement mon bâton.
« Il est… midi… »
Crac ! Crac ! Crac !
Au milieu des étincelles bleues, des rails virtuels apparurent derrière mon dos.
D’abord, il n’y en eut qu’un.
Puis dix.
Plus de cent, puis plus de trois cents…
« Mille Railguns. Lancés simultanément. »
Mille rails exactement prirent position derrière moi.
Crac ! Crac ! Crrrac ! Crac !
Crrrrrrrrrrrrac !
Mille rails virtuels s’alignèrent dans mon dos.
Chacun bougeait rapidement et visait simultanément d’innombrables cibles.
Le crépitement résonnait à mes oreilles.
Des étincelles électriques bleues scintillaient vivement dans le ciel de Londres.
Je balayai lentement le ciel avec mon bâton et murmurai :
« Feu. »
Grrrrrrrrrrrrrrrrrr !
Mille traînées bleues jaillirent en même temps.
* * *
Au même instant.
Pékin, Chine.
Le bunker souterrain sous Zhongnanhai.
« Tout se passe comme prévu. »
Xi Jinping observait l’écran.
Une carte de Londres.
D’innombrables marqueurs s’y déplaçaient.
C’était une carte tactique qui affichait leurs avions et leurs missiles.
Certains appareils étaient abattus à toute vitesse.
Malgré cela, un nombre considérable d’avions et de missiles avaient pénétré dans Londres.
Xi Jinping leva tranquillement sa tasse de thé.
« Baek Jiho. Je sais que tu es puissant… mais il y a des limites. Comment un simple individu ose-t-il défier une grande nation ? »
Il était le président de la Chine.
Le dirigeant d’une grande nation de 1,4 milliard d’habitants !
Et il avait engagé toute la puissance de cette nation.
Depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, la Chine avait toujours gagné grâce au nombre.
Cette fois ne ferait pas exception.
Aussi puissant que fût Baek Jiho, il ne pouvait pas arrêter toutes les attaques qui affluaient de toutes parts.
Il ne tiendrait pas longtemps.
Ses points finiraient par s’épuiser ou son endurance lâcherait, et il devrait abandonner.
Alors, les membres du Comité frapperaient, et tout serait terminé.
Mais si…
Il parvenait malgré tout à tenir bon…
« Dans le pire des cas, je suis prêt à renoncer à capturer les chasseurs des étages supérieurs. »
Xi Jinping jeta un regard au bouton rouge sur son bureau.
Le bouton nucléaire.
Si ce salaud continuait à lutter jusqu’au bout, il comptait rayer Londres de la carte.
Renoncer à capturer les chasseurs des étages supérieurs serait regrettable.
Mais mieux valait ça que de laisser ce salaud vivre.
Il aspira une gorgée.
Xi Jinping inclina sa tasse et s’humecta les lèvres.
L’arôme de noisette du thé Longjing s’éleva dans l’air.
Et à cet instant précis…
Clac.
Tous les innombrables marqueurs disparurent de l’écran.
Les avions qui avaient pénétré dans Londres.
Les chasseurs chargés de les escorter et de neutraliser les défenses aériennes.
Même les salves de missiles qui frappaient des cibles aux quatre coins de la ville.
Tous les marqueurs s’évanouirent en un instant.
« Quoi ? Un bug ? »
Xi Jinping claqua la langue.
Il s’agissait du magnifique logiciel militaire de la grande République populaire de Chine.
Comment une erreur avait-elle pu survenir à un moment aussi critique ?
Ces développeurs allaient devoir s’expliquer.
À peine cette pensée lui eut-elle traversé l’esprit que…
« Camarade Président ! »
Clac, clac.
Quelqu’un fit irruption dans le bureau, le visage alarmé.
C’était son proche collaborateur, Cui Qiu, directeur du Bureau général du Comité central du Parti communiste chinois.
Xi Jinping hocha la tête.
« Cui Qiu. Tu tombes bien. Il semble y avoir un problème avec la carte tactique. Les marqueurs au-dessus de Londres… »
« Ils ont été abattus ! »
« ? »
« Les avions de transport, les chasseurs et les missiles qui ont pénétré dans Londres… Tous. Jusqu’au dernier. Ils ont tous été abattus en un instant ! »
Xi Jinping cligna des yeux.
« ? »
Notes :
La plaisanterie sur les « oiseaux nuisibles » fait référence à la Campagne des quatre nuisibles de Mao Zedong, qui ciblait notamment les moineaux. Le Grand Bond en avant, également évoqué ici, a provoqué une famine catastrophique.
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