Chapitre 51
[Attends, Iso ? Il a l’air si froid, mais en fait, il sait vraiment y faire ?]
Les lecteurs sous le chapitre en restèrent tous stupéfaits.
[Je prends des notes, je prends des notes.]
[La prochaine fois, je dirai ça à un Zerg mâle : « Pendant nos fiançailles, tu n’auras droit qu’à une partie de mes pièces stellaires, mais après le mariage, tout ce que je possède sera à toi. »]
[Pourquoi est-ce que ça perd la moitié de son charme quand tu le dis comme ça ?]
[Il faut mettre l’ambiance, les gars ! D’abord, l’ambiance !]
[Bon sang, Iso, comment tu peux avoir autant de classe ?]
[Je me demande bien qui a dit au premier chapitre : « Le mariage n’est pas au programme pour les vingt prochaines années. » (le désigne du doigt)]
[Et maintenant, tout ce qu’il dit cherche à convaincre le Zerg mâle de l’épouser.]
Les Zergs femelles exprimèrent toutes leur mépris.
Mais, en réalité, elles étaient extrêmement envieuses et le comprenaient parfaitement.
[Les Zergs femelles résistent si mal aux Zergs mâles. Dès qu’elles rencontrent la bonne personne, elles tombent amoureuses à une vitesse folle. Alors, un Zerg mâle aussi merveilleux que Seigneur Hill…]
[C’est littéralement le partenaire idéal, celui dont on ne peut que rêver. Il aime les petits, respecte les Zergs femelles, il est de haut rang, noble et beau, incroyablement doué… Il a tellement de qualités qu’on ne pourrait pas toutes les énumérer.]
[Le Père idéal, le Seigneur mâle idéal. Qui ne tomberait pas amoureux ?]
[En tant que Garuda, je dois le dire : Jeune Maître Hill est le meilleur Zerg mâle que j’aie jamais vu. Il n’a rien à voir avec les autres Zergs mâles. Qu’il s’agisse des petits ou des Zergs femelles, il est irréprochable. Remarquable et parfait.]
Contrairement aux Zergs, chez qui les Zergs mâles ne participaient pas à l’éducation des petits, les mâles Garuda s’investissaient bien davantage.
Quand une femelle Garuda portait des œufs, les mâles s’affairaient à prendre soin d’elle.
… Même s’ils ne pouvaient pas faire grand-chose, ils avaient au moins l’air très occupés. Être entourées de mâles mettait les femelles enceintes de bonne humeur.
Ensuite, une fois les œufs pondus, les femelles les fourraient dans les bras des mâles, enfilaient leur uniforme militaire et partaient à la guerre pour faire carrière.
Elles laissaient les mâles à la maison couver les œufs en attendant leur retour.
Les femelles Garuda avaient toujours détesté cette pratique des Zergs mâles, qui consistait à se faire plaisir sans jamais participer ensuite à l’éducation des petits.
Mais Hill, lui, était différent.
Tout chez lui était parfait.
Même parmi les Garuda, on le considérerait comme le partenaire idéal.
De nombreuses femelles Garuda admiraient Hill en secret.
« Je veux pondre plein d’œufs pour qu’il les couve. »
… C’était une déclaration d’amour de Garuda.
Les Zergs femelles ne purent que lever les yeux au ciel.
[Quoi, vous croyez que recevoir les compliments des Garuda, c’est un grand honneur ?]
[Qui vous a donné le droit de vous poser en juges ?]
[Regardez-vous un peu. Vous ne méritez même pas de porter les chaussures de Seigneur Hill. Rien que votre présence le rendrait aveugle, et vous voulez quand même pondre des œufs pour lui ? Vous ne manquez pas de culot.]
[Vous avez trop reniflé de phéromones, vous avez perdu la tête. Vous rêvez en grand, dites donc !]
C’était pour cela que les Garuda et les Zergs ne pourraient jamais avoir une conversation civilisée.
Les Zergs femelles elles-mêmes n’avaient même pas l’occasion de faire la cour à Seigneur Hill.
Et ces Garuda voulaient que Seigneur Hill couve leurs œufs ?
Quelle Zerg femelle pourrait tolérer ça ?
Elles s’en prirent aussitôt aux Garuda.
Seigneur Hill ne couverait jamais les œufs d’une femelle !
Même pas ceux d’Iso…
Pas vrai ?
…
【Hill fut profondément choqué par les paroles d’Iso.
Pendant les fiançailles, une Zerg femelle devait débourser une grosse somme en pièces stellaires pour avoir des relations intimes avec un Zerg mâle.
Et une fois mariée, elle devrait tout lui donner.
Ça…
Les Zergs femelles avaient vraiment la vie trop dure !
En songeant à l’avenir évoqué par le petit, où Iso l’épousait…
Le visage de Hill blêmit.
Il croisa les mains devant lui pour tout couvrir, baissa la tête et s’excusa auprès d’Iso.
« Je suis désolé ! Je ne te traiterai jamais comme ça ! Je ne te ferai plus jamais revivre une chose pareille ! »
Iso : « … ? »
…】
Les lecteurs : … ?!!!
[Ce n’est pas du tout ce que j’imaginais.]
[Iso ! (furieux) Continue de flirter ! Continue de raconter n’importe quoi ! Maintenant, ton Seigneur mâle t’échappe !]
[Et mes notes, alors…]
[Elles serviront quand même ! Avec d’autres Seigneurs mâles ! Mais Seigneur Hill… il est trop atypique.]
Ils avaient cru que Seigneur Hill choisirait l’une de ces deux possibilités.
Soit coucher avec la Zerg femelle et prendre ses pièces stellaires, sans l’épouser.
Soit coucher avec la Zerg femelle et l’épouser.
Iso avait sans doute pensé la même chose.
Qui aurait pu imaginer que Seigneur Hill ne choisirait ni l’une ni l’autre ?
Il devait être tout aussi abasourdi.
Mais à bien y réfléchir…
C’était bien là tout Seigneur Hill.
Toujours à trop penser aux autres.
Bien sûr, il s’imaginait que la Zerg femelle qui lui faisait la cour ne voulait pas qu’il perde ses biens.
Mais les Zergs femelles ne rêvaient que de s’agenouiller pour dévorer Seigneur Hill tout cru.
Qui se souciait des biens ?
Qu’est-ce qui pouvait compter davantage que Seigneur Hill ?
Tout cet argent n’avait-il pas été mis de côté exprès pour faire la cour aux Zergs mâles ?
Les lecteurs en pleuraient.
[Seigneur Hill, on sait que tu es merveilleux, mais ne le sois pas autant, pas maintenant.]
[Les Zergs mâles peuvent parfois se montrer froids et tyranniques. Les Zergs femelles aiment ça aussi, crois-moi. Ce que tu viens de dire, c’est pire que de plaquer Iso. Il t’en remercierait davantage.]
[Le Père et la Mère sont trop innocents. Qu’est-ce qu’on va faire ?]
[Je sais que vous êtes encore des étudiants tout purs de l’académie militaire, mais vous avez déjà un petit ! Allez-y ! Ce n’est pas grave !]
…
【Iso était lui aussi en proie à des sentiments très contradictoires.
Il n’avait pas dit tout cela pour obtenir du Zerg mâle qu’il lui promette de ne pas le faire.
Au contraire.
Il l’attendait avec impatience.
La réponse de Hill le surprit.
Et pourtant, pas tant que ça.
Hill était Hill.
Il était trop bien.
Il méritait d’être aimé de tout le monde.
Même si Seigneur Hill le rejetait ainsi, Iso ne penserait pas qu’il y avait quoi que ce soit à lui reprocher.
Il le trouverait seulement encore meilleur.
Mais Iso ne voulait pas que les choses s’arrêtent là.
« Ce n’est pas ce que je voulais dire… Je t’expliquerai ce que je ressens plus tard, comme il faut. Mais, pour l’instant, est-ce que je peux t’aider à régler ton problème ? »
Iso regarda le Zerg mâle et lui demanda doucement.
Son ton était si naturel, si détendu, qu’on aurait dit qu’il lui demandait s’il pouvait retirer un pétale de fleur tombé sur lui.
À tel point que Hill ne comprit pas tout de suite.
Jusqu’à ce que la Zerg femelle baisse les yeux et jette un regard lourd de sens vers le bas.
« Si tu ne t’en occupes pas, ça va te gêner, non ? »
Le visage de Hill vira aussitôt au rouge.
Il voulait lui dire que ça allait, qu’il n’avait pas besoin de s’en occuper, qu’il allait s’en charger lui-même et qu’il ne fallait pas se donner cette peine.
Mais il était trop gêné pour parvenir à prononcer ces mots.
Et, d’une façon ou d’une autre, la Zerg femelle semblait avoir compris son hésitation et lu son expression.
À moins qu’il ne les ait mal interprétées.
Quoi qu’il en soit, Iso le souleva, l’installa sur la chaise devant le chevalet, puis s’agenouilla devant lui.
Iso baissa la tête et repoussa derrière son oreille les mèches rebelles de Hill ; son regard était sérieux et conciliant.
Hill n’aurait jamais imaginé que ce bel homme froid et inaccessible, qui lui avait paru si difficile à approcher lors de leur première rencontre, puisse se montrer aussi indulgent avec lui.
Il n’aurait jamais imaginé que tant d’émotions puissent se lire sur ce visage froid.
Un rougeoiement couleur de coucher de soleil s’étendit sur ses joues et lui conféra un charme singulier.
Son pouvoir psychique s’éveilla de nouveau.
Son seuil psychique atteignit une hauteur sans précédent.
Les filaments psychiques dansèrent et rebondirent tandis que l’inspiration montait en lui, puis éclata, faisant apparaître de nouvelles images sur la toile.
Le clair de lune.
L’atelier silencieux, tous les rideaux ouverts.
Le Zerg mâle, dos à la fenêtre.
La Zerg femelle, agenouillée devant lui.
Et le pouvoir psychique dansant sur la toile.】
Des larmes d’envie coulèrent des lèvres des lecteurs.
[Iso se régale.]
[Ouais. Il se régale vraiment.]
[Ce n’est qu’un étudiant inexpérimenté de l’académie militaire. Est-ce qu’il sait apprécier ça à sa juste valeur ? Laissez-moi faire ! (furieux)]
[Je me demande quelle odeur ont les phéromones de Seigneur Hill. Est-ce trop tard pour descendre acheter une glace assortie ?]
[Beaucoup trop tard. Tous les glaciers du coin sont déjà en rupture de stock. Heureusement que j’ai commandé en ligne à l’avance. Le service de livraison interstellaire me l’a apportée en cinq minutes.]
[Vous pouvez arrêter de répandre vos phéromones en lisant des romans, les Zergs femelles ? C’est le milieu de la nuit, laissez les insectes dormir ! Vous m’étouffez !]
[Je ne crois pas que tu ne répandes pas tes phéromones toi aussi, à moins que tu en sois incapable. (lève les yeux au ciel) Les vieilles Zergs femelles sur le déclin devraient déménager dans les quartiers de retraite et laisser les aides-soignants s’occuper d’elles.]
[Personne ne dormira cette nuit ! Personne ne dort ! C’est la fête !]
[Coordonnées : étoile Argent-Blanc X220***. Les Zergs femelles de l’étage, arrêtez de hurler comme des fantômes ! Vous n’avez même pas de Zerg mâle, alors pourquoi vous criez si fort ? Je vais déposer une plainte pour tapage !]
Cette nuit-là, les services de sécurité publique de toute la Fédération reçurent d’innombrables plaintes.
Il y en avait tellement qu’ils n’arrivaient pas à toutes les traiter.
Même les agents en repos furent rappelés au travail.
À la réception de leur convocation, ils jurèrent en remontant leur pantalon, fermèrent le roman sur leur écran, attrapèrent leur matraque et sortirent.
Ils n’étaient pas ravis de faire des heures supplémentaires, mais ils travaillèrent avec un enthousiasme inhabituel.
… Si eux ne pouvaient pas s’amuser, aucune autre Zerg femelle ne le pourrait non plus.
Les Zergs femelles n’étaient pas des herbivores.
Surtout celles qui étaient en pleine ivresse de phéromones : leur instinct territorial était alors à son comble.
Quand les forces de l’ordre venaient frapper à leur porte, elles devaient d’abord se battre contre les Zergs femelles avant de les embarquer.
C’était le début d’une nuit blanche.
À l’aube, toutes les glaces aux phéromones des boutiques en bord de route avaient été vendues.
Les boutiques de produits pour Zergs femelles de tout le StarNet croulaient sous les commandes.
Les usines et les transporteurs firent des heures supplémentaires et s’enrichirent.
Seules les équipes des forces de l’ordre souffrirent.
Contraints de faire des heures supplémentaires et de lutter contre des Zergs femelles nues qui couraient partout en laissant tout à l’air, ils bouillonnaient de rage. Ils défonçaient les portes et dégainaient leurs matraques trois fois plus vite que d’habitude.
La situation n’était pas meilleure du côté des Garuda.
Surtout à bord des vaisseaux de guerre Garuda du front.
Les soldats Garuda savouraient en secret leurs romans interdits quand une nouvelle inattendue leur parvint soudain :
L’armée Zerg avait atteint la frontière.
Le commandant Garuda en resta bouche bée.
Quelle armée ?
Rien ne l’avait laissé présager !
Et puis, la race Zerg n’était-elle pas en pleine transition de maréchal ? Tout n’était-il pas sens dessus dessous ? Où avaient-ils trouvé autant de soldats ?
Des éclaireurs furent aussitôt envoyés.
L’armée du Général Ulysses ?!
Ils étaient accompagnés du général Cyril de la Troisième Légion et de l’unité d’élite Zerg « Ombre », ainsi que de son commandant — comment s’appelait-il, déjà…
Ethan ?
Iso ?
Le commandant Garuda : « … »
Il eut soudain la forte impression qu’on lui avait tendu un piège.
Il demanda aussitôt des renforts et ordonna à tous les soldats Garuda de se réveiller et de se préparer au combat.
En voyant les soldats Garuda tituber hors de leurs quartiers, en tenue débraillée, après avoir lu en secret des romans interdits au milieu de la nuit…
Le commandant était si furieux qu’il faillit cracher du sang.
Il eut encore plus l’impression qu’on lui avait tendu un piège.
Bon sang !
C’était forcément un complot fomenté de concert par cet auteur Zerg, « An », et Ulysses !!!