« A-attends... P-pitié, épargne-moi ! »
« Sais-tu quoi que ce soit sur les activités de ton employeur ? »
« J-je... Je ne sais rien ! MAIS S’IL TE PLAÎT, NE— ! »
CRAC !
Pouf...
Après avoir brisé la nuque d’un garde et laissé tomber son corps, Marionette épousseta ses mains alors qu’elle se tenait au centre d’une magnifique illustration de rose faite de sang, au milieu d’une pluie de pétales rouges illusoires.
Une fois le nettoyage terminé, elle continua de progresser à travers chaque pièce et chaque étage, récupérant toutes les informations possibles tout en éliminant les gardes qui se mettaient en travers de son chemin.
Elle rencontrait rarement quelques mages, mais la plupart n’étaient que du 1er Palier.
Cependant, au moment où elle tomba sur deux mages du 2e Palier, en revanche...
Elle fut déçue.
Marionette observa les environs, notant que la pièce où elle se trouvait était bien plus luxueuse que la précédente, avant de jeter un coup d’œil au mur à ses côtés, qui dégoulinait de sang.
Épinglés au mur se trouvaient les deux mages du 2e Palier, leurs membres transpercés par des javelots sombres qui les maintenaient fixés. À présent, ils avaient soit perdu connaissance, soit la vie.
Marionette secoua lentement la tête en soupirant.
« Je m’attendais à ce que vous teniez plus longtemps... Quel duo de déceptions... »
Se tenant devant la dernière porte, elle entra et se retrouva dans un bureau terriblement désordonné, dont le sol était jonché de documents et de photos éparpillés.
Elle jeta ensuite un regard sur le côté et scruta la paroi vitrée et la porte qui séparaient cette pièce du balcon.
« ... »
Quelque chose clochait.
Il n’y avait personne d’autre qu’elle dans la pièce...
...
Enfin...
Personne qui puisse être vu à l’œil nu, du moins.
Après avoir sorti un appareil qui scannait la pièce à la recherche de traces d’invisibilité, elle parvint à localiser une silhouette humanoïde recroquevillée dans un coin, loin du bureau.
Son corps jaillit instantanément pour saisir l’homme dans une prise d’étranglement serrée, le soulevant dans les airs tout en jetant au loin l’objet qu’il utilisait pour se rendre invisible.
« U-urgh ! » gémit l’homme en agrippant la main qui lui serrait la gorge. Il grimaça ensuite en reconnaissant le masque sur le visage de Marionette : « B-bon sang ! La Dame ?! Comment vous, les Roselle, avez-vous pu découvrir ça si vite !? »
« ... Parce que nous sommes assez sages pour effacer nos traces. »
Après avoir assommé l’homme, Marionette but nonchalamment une potion de mana avant de murmurer : « Mission accomplie... »
Maintenant, tout ce qu’il lui restait à faire était de transporter l’homme jusqu’au domaine pour un interrogatoire approfondi.
Clap... Clap... Clap...
Marionette se figea en entendant des applaudissements rythmés derrière elle.
Elle pivota instantanément et découvrit un grand jeune homme d’une vingtaine d’années, assis nonchalamment sur le bureau en bois derrière elle.
Il avait des cheveux sombres en bataille et un sourire paresseux, ainsi qu’un bandeau blanc très visible, sur lequel étaient brodés plusieurs types de motifs.
Il portait une chemise noire moulante et un manteau de fourrure décontracté sur les épaules. Il arborait également des gants sans doigts et des leggings noirs légèrement blindés.
Finalement, l’homme cessa ses applaudissements et déclara d’une voix détendue :
« Vous avez offert un sacré spectacle, membre de la famille Roselle. Et je dois dire que c’était vraiment divertissant. Rapide. Mais divertissant tout de même. Oh ! Et efficace aussi. »
Il agita la main avant de faire un geste vers la cible de Marionette.
« Mais je vais avoir besoin que tu me le remettes. Il est un peu... nécessaire pour mon travail. » Il frotta son index contre son pouce : « Et ce type que tu as là coûte assez cher~ pour ses services... »
L’homme mystérieux observa Marionette prendre lentement une posture prudente et soupira.
Il leva les deux mains en signe de reddition alors qu’il regardait l’Assassin charger vers lui avec un sabre sombre, et déclara d’un ton relaxé et insouciant :
« Très bien, j’ai essayé. »
Marionette, prête à engager le combat, vit l’homme effleurer la lame de son sabre et sentit son corps être projeté en arrière.
En une fraction de milliseconde, son corps avait déjà traversé les murs en béton derrière elle, l’éjectant de la pièce sur plusieurs dizaines de mètres.
C’était arrivé si vite que la douleur de l’impact contre le mur venait à peine d’atteindre son cerveau.
Ses yeux s’écarquillèrent sous le choc alors qu’elle chutait du haut du bâtiment, qui comptait environ 12 étages.
Tombant de cette hauteur, Marionette s’écrasa au sol.
Mais heureusement, grâce à la constitution de son corps, elle survécut avec des blessures minimes.
S’asseyant lentement, elle remarqua qu’une partie de son uniforme était légèrement déchirée et que même son masque montrait des signes de fissures.
En levant les yeux, elle vit l’homme au bandeau la fixer du regard tout en tenant son ancienne cible par la nuque.
« Juste parce que je ne veux pas me faire d’ennemis inutiles avec les Roselle, je te laisse en vie, pour pouvoir faire affaire avec eux à l’avenir. »
L’air autour de son corps commença à se distordre, tout comme l’espace. Et juste avant de disparaître comme par magie, il cria une dernière chose :
« Dis bien à la Couronne de Roses que je suis là ! J’aimerais programmer un duel ou un contrat avec lui dans un avenir proche ! »
Dès qu’il eut disparu, Marionette resta assise là où elle était avant de se rallonger. Elle poussa un soupir de soulagement avant de sentir un bourdonnement dans son oreille droite.
L’oreillette qu’elle portait commença à parler :
« Rapport de situation. »
Marionette réfléchit un instant à ce qu’elle devait dire avant de porter lentement un doigt à son oreillette pour l’activer.
Ses lèvres tremblèrent un instant alors qu’elle prononçait :
« La mission... a été un échec... »
***
Pendant que Marionette vivait cela, Lillian ne put s’empêcher de penser un instant à l’Assassin avant de se redresser.
Elle chevauchait actuellement un beetle, traversant la jungle de l’île sur laquelle elle se trouvait et le laissant faire tout le travail de combat.
D’un revers de main, Lillian invoqua sa boutique du système et vérifia ses points disponibles.
[52 758 TP]
« Gehehe~... »
Un large sourire idiot s’étala sur son visage tandis qu’elle laissait échapper un petit rire.
Elle ressentait le besoin d’acheter quelque chose...