Sans que Lillian, qui enlaçait la jeune femme, ne s'en aperçoive, Marionette frissonna à ses mots.
Peut-être était-ce la manière dont Lillian l'avait dit qui fit naître quelque chose en elle. C'était une excitation subtile, chaleureuse et délicate.
Cependant, elle n'avait pas ignoré le fait qu'il s'agissait d'un défi flagrant. Elle le montrait rarement, mais la vérité était qu'elle était une mauvaise perdante.
Elle fixait intensément le cou de Lillian, tout près de son visage. Il était exposé et... tentant...
Elle semblait avoir pris l'habitude assez inhabituelle de se blottir contre le creux du cou de Lillian.
Lillian sursauta légèrement lorsqu'elle sentit le visage de Marionette se blottir contre son cou.
Il y avait quelque chose dans cette situation qui attirait l'Assassin — quelque chose qui l'attirait irrésistiblement, telle une vampire assoiffée de sang.
Et... Elle savait probablement pourquoi...
Son nez frémit tandis qu'elle humait le parfum qui persistait sur le corps de Lillian.
L'odeur du fer était lourde, probablement parce que son corps avait été préalablement recouvert de sang. Mais il y avait autre chose — quelque chose de bien plus lourd, pourtant léger et délicieux.
Masqué par l'odeur du sang se trouvait le parfum de Lillian — une fragrance étrange dont Marionette semblait ne jamais pouvoir se rassasier.
Ses sens étaient aiguisés. Bien plus que ceux d'une personne ordinaire. C'était un fait indéniable.
À cause de ce fait, son défaut l'avait conduite à percevoir les gens comme des cadavres ambulants. Non seulement cela, mais ils en dégageaient également l'odeur.
Ce défaut était véritablement impitoyable. Heureusement, le parfum des gens parvenait à masquer cette odeur.
Mais Lillian n'était pas un cadavre. C'était une belle jeune fille dans ses bras, qui vivait et respirait. Et qui sentait bien meilleur que ce à quoi elle était habituée.
Le plus beau dans tout ça, c'est qu'il ne semblait même pas qu'elle ait utilisé de parfum. Lillian était vraiment belle au sens propre du terme à ses yeux.
Elle était un peu comme elle, d'une certaine manière.
La seule raison à cela devait être que sa famille l'avait légèrement modifiée avant sa naissance.
Elle ne put s'empêcher de s'enfouir plus profondément dans le cou de Lillian. Son expression stoïque avait depuis longtemps volé en éclats sous l'influence du Lapin.
Si elle devait décrire son parfum, ce serait celui d'une myrtille fraîche. C'était revigorant et énergisant pour elle...
Et plus elle s'imprégnait de cette odeur, plus elle se souvenait du goût des lèvres de Lillian. Elles avaient, elles aussi, un goût de myrtille.
C'était également la cause de ses nouvelles envies pour tout ce qui était aromatisé à la myrtille. Heureusement, Lillian n'avait pas encore compris pourquoi.
Même pour elle... Il serait assez embarrassant de répondre à cette question. Non pas parce que le sujet était gênant en soi, mais parce qu'elle ne voulait pas que Lillian la regarde bizarrement.
Maintenant qu'elle y pensait... Elle se souvint d'un certain vêtement qu'elle avait obtenu de Lillian et qui n'était pas taché de sang.
N'était-ce pas sa culotte... ?
« Hé, Mari ! » Elle fut bientôt secouée et tirée de son sommeil par la voix de Lillian. Cependant, trop paresseuse et trop bien installée contre le cou de Lillian pour bouger, elle répondit, la voix étouffée :
« Hm ? Aviez-vous besoin de quelque chose ? »
Elle entendit alors un petit rire malicieux s'échapper des lèvres de Lillian.
« Et si on... s'embrassait~ ? »
Marionette jaillit immédiatement de son cou. Elle plana ensuite au-dessus du visage de Lillian, ses yeux rouges tremblant légèrement sous le choc.
« Pardon ? » demanda-t-elle, stupéfaite par ses paroles.
Lillian sourit, amusée : « Ça a attiré ton attention, on dirait. Quoi~ ? Tu voulais tant un baiser, Mari~ ? » roucoula-t-elle.
Marionette se contenta de plisser les yeux en direction du Lapin. À la surprise générale, elle détourna le visage et claqua de la langue.
Lillian écarquilla brièvement les yeux. Ses paupières se baissèrent ensuite tandis qu'elle fixait l'Assassin avec un regard taquin.
« Ehh~... ? Est-ce que tu en voulais vraiment un— ? »
« — Je ne vois pas ce que tu veux dire, Lillian. » Marionette l'interrompit, résistant à l'envie de bouder.
Lillian rit en se tapotant le sommet du crâne : « Ne sois pas comme ça, Mari~ ! » Elle écarta ensuite les bras sur les côtés. « Maintenant... allons dormir, d'accord ? Je suis sûre que tu ne voudrais pas être groggy demain matin. »
Marionette haussa un sourcil avant de consulter son téléphone. Ses yeux s'écarquillèrent alors, légèrement surprise par l'heure qu'il était. « Il semblerait que j'aie perdu la notion du temps. » Elle secoua la tête, déçue.
Elle fixa ensuite Lillian du regard.
« Mais je suppose que j'avais une excuse pour cela. »
Lillian pencha la tête : « Je suis ton excuse ? »
Marionette sourit : « Tu es toujours mon excuse. »
Lillian la fixa, déconcertée : « Qu'est-ce que ça est censé signi— » Elle vit alors Marionette se blottir à nouveau dans le creux de son cou. Elle aurait même juré l'entendre la renifler ou quelque chose du genre.
Voyant que Marionette ne répondrait pas, elle soupira et tendit la main vers sa lanterne. Malheureusement, en raison de sa position, elle ne put l'atteindre.
Heureusement, cependant, elle parvint à transformer son bras en eau et à l'étirer vers lui.
Après être retournée dans son Domaine de Mana, elle jeta un regard en arrière vers Marionette. Elle sourit avec affection à la jeune femme avant de lui caresser l'arrière de la tête de sa main droite.
Elle esquissa alors un sourire, une pensée malicieuse lui traversant l'esprit. Elle se pencha vers son oreille et murmura :
« Eh bien, n'es-tu pas ma petite fille modèle~ ? À te blottir ainsi contre moi~... »
Marionette frissonna légèrement à ses mots. Alors qu'elle s'apprêtait à se détacher une fois de plus de Lillian, elle sentit un bras s'enrouler autour de sa taille, agissant comme une barrière.
Marionette, en réponse à cela, enroula ses bras autour de la poitrine de Lillian. Elle murmura alors :
« Petite ? Je suis plus âgée que toi... »
« Bien sûr. Mais tu restes ma bonne petite, après tout~. » déclara Lillian avec désinvolture.
Les oreilles de Marionette tressaillirent à ses mots. Elle laissa échapper un léger fredonnement à la déclaration de Lillian avant de se murer dans le silence.
Si Lillian pouvait voir son visage à cet instant, elle y remarquerait une rougeur évidente.
Elle sentit alors la main posée sur sa nuque pousser son visage plus profondément contre le cou de Lillian.
Elle entendit alors Lillian prendre la parole.
« Et, je dois dire... Tu aimes vraiment cette partie de moi, hein ? Y a-t-il quelque chose dans mon cou qui te plaît ou autre ? » Lillian la taquina à nouveau.
Après un instant d'hésitation, Marionette répondit :
« J'aime... ton odeur, Lilly... »
Lillian n'avait jamais été très douée pour recevoir des compliments, ce qui se voyait clairement à la façon dont elle réagissait habituellement lorsqu'on lui en faisait. Alors, comme à son habitude, elle détourna simplement le regard de Marionette, se grattant la joue avec une expression timide.
« Je sens bon, hein... ? » murmura Lillian. « Je suis pourtant certaine de ne sentir que le sang... À moins que tu n'apprécies cette odeur... »
Marionette secoua la tête : « Non... Je n'aime que ton parfum à toi », dit-elle sans détour.
Lillian prit alors un air pensif avant de sourire : « J'aime ton parfum aussi ! » dit-elle innocemment. Mais ses mots poussèrent Marionette à resserrer brièvement son étreinte avant de se détendre.
« Je vois... C'est donc réciproque, n'est-ce pas ? »
« Je... euh... je suppose ? »
Marionette hocha la tête avant de dire :
« Bien. J'en suis ravie. Sur ce, bonne nuit, Lillian. »
« Ah, c'est vrai... Ouais, bonne nuit à toi aussi, Mari. »
***
Lillian avait le sommeil lourd. Marionette le savait.
Elle pencha son visage au-dessus de la jeune fille endormie. Quelques heures s'étaient écoulées depuis leur dernière discussion. Et Marionette venait tout juste de se réveiller.
Elle leva les mains vers les joues de Lillian, les enveloppant tendrement avant d'approcher son visage. Au moment précis où leurs nez se frôlèrent, elle s'arrêta, sentant le souffle chaud de Lillian effleurer sa peau.
Elle étudia le beau visage de la jeune fille, se laissant de plus en plus envoûter par celui-ci.
Elle murmura alors aussi doucement qu'elle le put :
« Tu es vraiment magnifique, Lillian... »
Elle avait songé à se rendormir sur elle, mais une idée bien meilleure lui traversa alors l'esprit.
Elle frotta les commissures des lèvres de Lillian avec son pouce et se pencha un peu plus. Elle s'arrêta juste au-dessus de ses lèvres, puis tourna légèrement le visage de Lillian sur le côté et...
Chu...
Les lèvres de Marionette se posèrent sur la peau d'albâtre lisse de Lillian, pressant doucement sa joue droite.
Elle se recula alors et fixa l'endroit qu'elle venait d'embrasser. Malgré son expression stoïque, elle revint bientôt se blottir dans le creux du cou de Lillian, un peu embarrassée.
Mais, bien qu'elle se sentît ainsi...
Elle porta ses doigts à ses lèvres avant de jeter un regard au cou qui se trouvait sous ses yeux. C'était vraiment agréable d'embrasser Lillian... Étonnamment agréable, même. Elle se souvint alors d'un certain chapitre dans l'« Art de la séduction ».
[Art de la séduction n°7]
{Appartenance : Peu importe la nature d'une personne, elle désirera toujours un endroit où retourner, un lieu auquel elle appartient. Devenez cet endroit en les marquant d'une certaine « empreinte ». Cela leur prouve qu'ils pourront toujours revenir vers vous pour trouver du réconfort.}
Elle caressa le dos de son doigt le long du cou de Lillian avant de se rapprocher. Ses lèvres effleurèrent sa peau avant de finir par s'y presser.
Chu...
Elle commença alors à laisser sa marque sur Lillian, qui s'était réveillée au milieu du processus.
Marionette s'écarta rapidement du cou de Lillian, laissant cette dernière confuse quant à la raison pour laquelle elle sentait son cou humide.
Lillian essuya lentement un liquide étrange sur son cou, qu'elle supposa être de la sueur. Ignorant la petite marque rouge romantique qui se trouvait sous cette « sueur ».
C'était un suçon.