« Je vois que tout le monde a travaillé dur. Et comme nous sommes arrivés à... environ les trois quarts de la fin de ce cours, je vais vous libérer plus tôt. »
Il se frotta le nez avec fierté tandis que les élèves semblaient chuchoter leur soulagement.
« Cependant, j'autorise ceux qui le souhaitent à passer le temps restant à s'entraîner au combat ici. Ceux qui ne le veulent pas peuvent partir. Ce sera votre dernier cours pour aujourd'hui. »
Lillian poussa un soupir et étira son dos. Elle se tourna ensuite vers Millis, qui était déjà prête à partir.
« Allez, Lil ! Sortons d'ici pendant qu'on en a encore l'oc— »
Elle tira sur le bras de Lillian avant de sentir celui-ci lui échapper. Elle se retourna et vit que Marionette avait éloigné Lillian d'elle.
Lillian leva les yeux vers Marionette, dont les bras enlaçaient son cou. Elle frissonna lorsque celle-ci lui murmura d'une voix pleine de souffle à l'oreille :
« Toi et moi, nous ne partons pas... »
« E-eh... »
Lillian la fixa avec un visage impassible : « Mais que faire si je le veux... ? »
« Non. Entraînons-nous maintenant. »
« Tu es... assez déterminée à me faire combattre avec toi... hein ? »
Marionette hocha la tête.
Lillian lui adressa un sourire nerveux avant de jeter un coup d'œil vers Millis, pour découvrir que cette dernière les observait avec un air taquin.
Elle se tourna ensuite vers le Second Prince et fut surprise de le voir marcher vers elles.
Elle pensait qu'il serait l'un des nombreux élèves à partir instantanément dès qu'il en aurait l'occasion.
Il leva alors la main et dit :
« Nous pouvons continuer à nous entraîner si elle ne veut p— »
Millis s'approcha de lui et passa son bras autour de son cou.
« Hé~, l'ami... et si on se tirait d'ici pour aller voir la cafétéria ? Je suis sûre que t'as pas envie de rester planté là à agiter ton épée dans tous les sens, n'est-ce pas ? »
« Hein... et si je veux... »
« Nan ! Allez ! Viens, on va voir la cafétéria de l'académie ! »
Lillian regarda avec effroi Millis entraîner Reph hors du Colisée. De plus, elle remarqua le regard suffisant que lui lançait Millis.
Était-ce sa façon de lui dire : « Va te faire voir » ?
Elle scruta les environs et constata que pas une seule personne, à part elles, ne se trouvait encore dans le Colisée.
Personne ne voulait donc améliorer ses compétences ne serait-ce qu'un peu plus !?
Elle trembla légèrement lorsqu'elle sentit les bras de Marionette se resserrer un peu autour d'elle.
Marionette se pencha alors légèrement vers son oreille et murmura :
« Maintenant, nous sommes seules... même les professeurs sont partis. »
« Hein !? Ils sont partis aussi !? »
Marionette hocha la tête et désigna les alentours : « Il semble qu'ils nous fassent tout à fait confiance... »
Elle fit alors pivoter Lillian et lui releva le menton. Elle plongea son regard dans ses yeux et demanda :
« ... Alors, c'était quoi ça ? »
« Hein ? C'était quoi, quoi ? »
« ... Millis... »
« Hm ? Qu'est-ce qu'elle a ? » demanda Lillian, innocente.
Marionette resta silencieuse un moment avant de soupirer.
« Rien... maintenant, saisis ton épée. Nous commençons immédiatement. »
« H-hein !? Tu ne vas pas au moins me laisser... »
Avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase, Marionette abattit son épée sur elle.
***
« Brutale... tu as été beaucoup trop brutale avec moi, Marionette... »
Lillian gémit alors qu'elle était sur son dos.
Marionette haussa les épaules en marchant à travers les rues du Bazar.
Toutes deux attiraient des regards curieux.
« C'est pour améliorer tes compétences. »
« Tu es sûre... ? J'ai l'impression que tu as été beaucoup plus brutale avec moi cette fo— »
« C'est juste ton imagination... »
Lillian soupira : « C'est ça... » Elle posa son menton sur l'épaule droite de Marionette et fixa son oreille.
Une idée espiègle lui traversa l'esprit.
Alors que Marionette continuait de marcher vers leur dortoir, elle sentit une légère brise chaude souffler dans son oreille.
Elle marqua une pause, tourna la tête vers Lillian et découvrit que c'était elle qui en était l'auteure.
« ... Qu'est-ce que tu... »
Lillian lui adressa un sourire en coin : « Hé~, beauté... » chantonna-t-elle d'un ton joueur.
Marionette la fixa étrangement avant de détourner le regard et de reprendre sa marche.
« ... Ne fais pas... ça... » dit-elle d'une voix basse.
« Hm~ ? Pourquoi pas~ ? » taquina Lillian en se rapprochant de son oreille et en la chatouillant avec son souffle.
Elle s'arrêta lorsqu'elle entendit la requête de Marionette.
« ... Pourrais-tu lâcher tes bras un instant ? »
Cela laissa Lillian légèrement confuse, mais elle s'exécuta tout de même.
« Hein ? Bien sûr ? Pourquoi— »
Avant qu'elle ne s'en rende compte, son corps tomba alors que Marionette la lâchait, avant d'être immédiatement rattrapée.
Elle jeta un coup d'œil et se retrouva dans les bras de Marionette. Elle était désormais portée en style princesse...
Marionette la fixa : « Si tu ne peux pas te tenir tranquille sur mon dos, tu devras être portée comme ça. »
« W-woah ! On va attirer beaucoup de regards, tu sais~... » dit Lillian en regardant autour d'elle et en remarquant que de plus en plus de gens les observaient.
Marionette pencha la tête : « En quoi est-ce important ? Je suis sûre que ça ne les dérange pas de voir une scène aussi excitante que moi portant un lapin. »
« Qu'est-ce qui te prend de m'appeler lapin maintenant... ? » L'œil de Lillian tressaillit.
Marionette haussa les épaules : « Parce que tu en es un. »
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« Et en quoi donc ? La dernière fois que j'ai vérifié, je n'avais pas d'oreilles comme ça. »
« ... Tu es aussi adorable qu'un lapin. »
« Eh... ? »
Le visage de Lillian s'échauffa un peu et une rougeur devint évidente sur ses joues.
« Tsk... » elle claqua la langue tout en se laissant porter par Marionette.
Elles finirent par arriver au dortoir des filles. C'est à ce moment-là que Lillian supposa que Marionette allait la déposer.
« Tu peux me laisser descendre maintenant... ? »
Marionette se tenait devant la porte de l'ascenseur et appuya sur le bouton pour le faire venir. Elle regarda ensuite Lillian et réfléchit à une réponse.
« Non. »
« ... Et pourquoi pas... ? »
« Parce que c'est mieux comme ça. »
« ... J'ai juste l'impression que tu as juste envie de me tenir... »
Marionette entra dans l'ascenseur quelque peu bondé et appuya sur le bouton du neuvième étage.
« Et tu aurais raison », répondit-elle.
Lillian soupira et regarda autour d'elle, faisant de brefs signes de la main aux dames qui les fixaient.
Cependant, elle s'arrêta lorsqu'elle sentit le regard insistant de Marionette posé sur elle.
Elle haussa un sourcil.
« Qu'est-ce que ça signifie ? » se demanda-t-elle, sentant que ce comportement ne ressemblait pas à l'assassine stoïque qu'elle connaissait.