Chapitre 14
Chapitre 14
Chapitre 14
Traductrice : Karameruhime
Je le fixai, les yeux écarquillés. Kwak Hanmuk fronça les sourcils.
« La Lieutenante Mo peut donner cette impression, mais en réalité elle est extrêmement conservatrice. À moins d'être infectée, il n'y a aucune raison qu'elle n'ait pas pu atteindre la Zone Verte. »
Je compris aussitôt ce qu'il voulait dire.
Mo Haein était du genre à accorder une grande importance aux règles, et l'Agence recommandait, en priorité absolue lors de toute entrée en Épreuve, de rejoindre ses coéquipiers.
Elle aurait donc naturellement fait de notre réunion son objectif premier.
Même en croisant un civil pris au piège de l'Épreuve, il y avait de fortes chances qu'elle n'ait pas agi seule.
À moins de circonstances véritablement inévitables.
En imaginant les raisons suffisamment graves pour l'empêcher d'atteindre la Zone Verte, l'idée d'une infection zombie m'était moi aussi immédiatement venue à l'esprit.
Mais le poste de chef d'équipe à l'Agence n'était certainement pas une position facile à décrocher.
Elle aurait été parfaitement capable de s'échapper, même face à toute une horde de zombies morts.
Kwak Hanmuk semblait avoir eu exactement la même pensée que moi, plongé dans ses réflexions.
Je demandai prudemment.
« Elle n'aurait pas croisé le Lieutenant-colonel Je Hyuno, par hasard ? »
Il se pourrait qu'un affrontement ait éclaté avec Je Hyuno, dont l'agressivité envers les Qualifiés était connue.
En entendant mon hypothèse, Kwak Hanmuk laissa échapper un grognement gêné.
« Ça… c'est possible, mais probablement pas. Le Lieutenant-colonel, disons qu'il nous "épargne", en quelque sorte. »
« Qu'entendez-vous par "épargne" ? »
« Ça veut dire qu'il ne nous attaque pas. »
« …Ah. »
Effectivement, même dans le jeu, les personnages de l'Agence n'avaient jamais été attaqués.
Quoi qu'il en soit, si elle avait vraiment été mordue par un zombie, les choses se compliquaient sérieusement.
Dans Dead Zone Delivery, une morsure de zombie transformait la victime en zombie mort. Vu le danger extrême que cela représentait, le principe en vigueur était d'exécuter immédiatement tout infecté dès sa détection.
' Si on atteint la vraie fin, ça réglera le problème… mais Je Hyuno reste une variable imprévisible. '
Ne sachant pas ce qu'il avait bien pu faire ici, impossible d'être totalement certain d'obtenir la vraie fin.
Alors que j'essayais de démêler mes pensées confuses, une voix furieuse retentit.
« Vous allez continuer à nous ignorer ?! »
J’avais complètement oublié les personnes qui se tenaient devant nous. Je tournai enfin mon regard vers l’homme d'âge mûr.
La Zone Verte abritait environ une trentaine de personnes, en comptant les personnes âgées, les enfants et autres civils non-combattants.
Mais tous tenaient tellement à leur vie qu'ils avaient peur de sortir de la Zone Verte.
Dans un contexte où se procurer de la nourriture n'avait rien d'évident, le fait que je débarque avec un sac à dos rempli à ras bord suffisait à leur faire perdre la tête.
Je sortis l'onigiri triangulaire au saumon mayo, celui dont la description m'avait le plus mis mal à l'aise, et le lançai par-dessus la porte blindée.
Pour un simple onigiri, les gens se ruèrent dessus comme une meute affamée.
L'emballage s'était complètement déchiré, séparant totalement l'algue nori du riz, mais ça ne leur importait absolument pas.
Tout le monde s'agitait, prêt à avaler jusqu'au moindre grain de riz.
« C'est de la vraie nourriture. »
Même l'homme d'âge mûr, qui avait tant bien que mal gardé une certaine contenance jusque-là, ne put dissimuler son excitation, tout en marmonnant, des grains de riz collés autour de la bouche.
Si Kwak Hanmuk et moi avions eu le malheur de grignoter ne serait-ce qu'un hamburger devant eux, tout le monde aurait probablement tourné de l'œil.
Je tapotai légèrement mon sac à dos devant leurs regards brillants d'avidité.
« Si vous nous laissez entrer un instant, je vous indiquerai un endroit où trouver des provisions. Il y en a bien plus là-bas que ce que j'ai sur moi. »
Après un long échange de regards méfiants, ils finirent par ouvrir la porte blindée.
Mais l'échange ne resta pas aussi paisible bien longtemps. L'homme d'âge mûr, qui faisait visiblement office de chef de cette Zone Verte, se racla la gorge à plusieurs reprises.
« Hmpf, on pourrait envisager de vous accueillir dans notre zone sécurisée, vous aussi. »
Alors que Kwak Hanmuk laissait échapper un rire moqueur devant ce ton condescendant, comme s'il nous faisait une immense faveur, le chef ajouta.
« En échange, on va d'abord partager ce sac à dos. »
Le canon de son arme, toujours braqué sur nous, n'avait pas bougé.
Il pensait, à tort, que si nous avions trouvé des provisions, nous n'avions probablement pas d'armes, et cherchait donc à faire le malin.
Je m'y attendais parfaitement, alors je jetai un œil vers Kwak Hanmuk.
Il se souvenait à merveille de la demande que je lui avais faite avant notre entrée dans la Zone Verte, et s'acquittait de sa mission à la perfection.
Les mains dans les poches de son blouson de baseball, Kwak Hanmuk lâcha un juron :
« Putain. »
« Qu'est-ce que tu viens de dire ? »
« Oh, désolé. Vous devez avoir des problèmes d'audition. »
En deux enjambées, Kwak Hanmuk se retrouva devant le chef et se pencha vers lui. Grand et large d'épaules, il avait une carrure imposante.
Intimidé, le chef se recroquevilla sans même s'en rendre compte.
Kwak Hanmuk, le toisant de haut, répéta clairement sa phrase.
« J'ai dit que c'était une putain de merde. »
« Qu-quoi… quel sale petit insolent ! »
Le visage écarlate, le chef s'apprêtait à hurler de rage quand…
Kwak Hanmuk pointa son pistolet contre sa tempe. Sous la pression insistante du canon, le chef se figea net.
Je pris alors la parole, d'une voix calme.
« Nous possédons déjà plusieurs armes à feu. Je préférerais qu'on ne perde pas de temps pour rien. »
Ziip.
J'ouvris le sac marin et en écartai grand l'ouverture.
Je leur laissai le temps d'apercevoir clairement tout ce qu'il contenait : pistolets, mitraillettes, munitions, couteaux, hache, et bien d'autres, avant de demander.
« Vous comptez continuer ? »
« Non, je, dé... désolé pour ça… J'imagine que j'étais un peu trop pressé… »
Le chef bafouilla de vagues excuses.
Comme je n'avais aucune intention de prendre le contrôle de cette Zone, j'acceptai ses excuses et clôturai l'affaire là-dessus.
Kwak Hanmuk revint aussitôt à mes côtés et reprit le sac marin.
Pendant tout le trajet jusqu'ici, il s'était chargé des zombies pendant que je portais seul les bagages. Il prit même mon sac à dos sur son dos en plus, tout en se plaignant d'un ton geignard.
« Dire que j'ai laissé Grand frère Goyo porter tous les bagages tout seul. »
Me faire appeler sans cesse "Grand frère" par quelqu'un qui avait sept ans de plus que moi me mettait particulièrement mal à l'aise.
Je lui dis simplement qu'il pouvait m'appeler "Goyo", puis j'annonçai l'objectif de notre venue dans la Zone Verte.
« Il y a un objet que nous devons récupérer ici. »
La base temporaire de l'équipe spéciale devait être installée dans la Zone Jaune.
L'idée était de bâtir cette base le plus près possible de la Zone Morte, afin de minimiser le temps de trajet jusqu'au laboratoire.
Pour cela, il nous fallait au préalable rafler tous les objets nécessaires disponibles dans la Zone Verte.
« Séparons-nous pour farmer plus vite. »
Il fallait aussi partir à la recherche de Mo Haein, donc nous devions avancer bien plus vite que prévu.
Je donnai à Kwak Hanmuk la liste des objets nécessaires ainsi que leur emplacement. En écoutant la liste, Kwak Hanmuk haussa légèrement un sourcil à la mention d'un objet en particulier.
« C'est celui-là, le plus important. »
Honnêtement, même moi je devais admettre que ça pouvait sembler bizarre à entendre sans connaître tout le contexte.
Mais il s'agissait d'un objet réellement essentiel pour obtenir la vraie fin.
« Je compte sur vous. »
« Bien sûr, si Grand frère me le demande, faut bien que je le fasse. »
« …Vous pouvez juste m'appeler Goyo. »
« Si Goyo me le demande, faut bien que je le fasse. »
« Oui… »
Kwak Hanmuk se chargea de vérifier l'école primaire, l'abri des survivants, tandis que je m'occupai de la station de radiodiffusion située dans la Zone Verte.
La station n'était pas très loin de l'école primaire, je pouvais donc m'y rendre seul sans problème. De toute façon, la Zone Verte restait relativement sûre.
Je laissai Kwak Hanmuk, chargé du sac à dos et du sac marin, entrer dans l'école primaire, et me dirigeai vers la station.
La ville n'étant pas très grande, le bâtiment de la station était lui aussi modeste.
Sans la haute antenne-relais dressée au-dessus de l'édifice, je n'aurais jamais deviné qu'il s'agissait d'une station de diffusion.
L'atmosphère typique d'un bâtiment abandonné, mêlée à l'obscurité nocturne, donnait des frissons.
J'entrai rapidement à l'intérieur.
Ding, une fenêtre système apparut.
◆ 𝑄𝑢𝑒̂𝑡𝑒 𝑝𝑟𝑖𝑛𝑐𝑖𝑝𝑎𝑙𝑒….
Mais son apparition n'était pas complète.
C'était quoi ça encore ?
J'attendis un moment que la fenêtre système se stabilise.
Le rectangle clignotait sans cesse, apparaissant puis disparaissant, comme pris dans une sorte de bras de fer invisible.
Puis, soudain, dans un "pop" comme si quelque chose venait d'éclater, la fenêtre système s'afficha enfin.
★ 𝑄𝑢𝑒̂𝑡𝑒 𝑒́𝑣𝑒́𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑙𝑙𝑒 : 𝑈𝑛𝑒 𝑒𝑥𝑝𝑙𝑜𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛𝑛𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 ! 𝑉𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑣𝑒𝑧 𝑣𝑖𝑠𝑖𝑡𝑒́ 𝑙𝑎 𝑠𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑟𝑎𝑑𝑖𝑜𝑑𝑖𝑓𝑓𝑢𝑠𝑖𝑜𝑛 ! 𝐿𝑎 𝑠𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑟𝑎𝑑𝑖𝑜𝑑𝑖𝑓𝑓𝑢𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑓𝑖𝑙𝑖𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑒 ■■ ■■ ! 𝑈𝑛 𝑜𝑢𝑡𝑖𝑙 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑢𝑛𝑖𝑐𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑚𝑎𝑠𝑠𝑒 ! 𝐴𝑢 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑒𝑢 𝑑𝑢 𝑑𝑒́𝑙𝑢𝑔𝑒 𝑑𝑒 𝑙'𝑖𝑛𝑓𝑜𝑑𝑒́𝑚𝑖𝑒, 𝑒̂𝑡𝑒𝑠-𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑣𝑟𝑎𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑢𝑛 ■■ ■ 𝑑𝑜𝑡𝑒́ 𝑑'𝑒𝑠𝑝𝑟𝑖𝑡 𝑐𝑟𝑖𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑎𝑢𝑥 𝑚𝑒́𝑑𝑖𝑎𝑠 ? 𝐿𝑒𝑠 ■■ ■■ 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑖𝑛𝑢𝑒𝑟𝑜𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑜𝑏𝑠𝑒𝑟𝑣𝑒𝑟 !
…le ton avait complètement changé, non ?
Le contenu aussi était étrange.
' Alors, c'est quoi la quête ? '
Je me demandais si c'était juste "explorer la station", mais même ça, c'était bizarre en soi.
Parce que ce genre de quête n'existait tout simplement pas dans Dead Zone Delivery.
J'aimais bien découvrir des éléments inédits qui n'existaient pas dans le jeu original, mais là, quelque chose me mettait mal à l'aise.
Je décidai, pour l'instant, de considérer que la fenêtre système avait momentanément perdu la tête, et de l'ignorer.
Je n'avais pas de temps à perdre avec ce genre de choses. Il fallait vite récupérer l'objet et retrouver Mo Haein.
La station de radiodiffusion n'avait pas non plus été épargnée par l'invasion zombie ; l'intérieur était complètement dévasté.
Je traversai le hall silencieux et m'engageai dans le couloir. Le bâtiment, où même la lumière de la lune ne pénétrait pas, était plongé dans une obscurité totale.
La station avait une structure interne assez complexe, mais comme j'y avais fait des allers-retours innombrables dans le jeu, m'orienter ne posait aucun problème.
Ne comptant que sur le faisceau de ma lampe torche, j'avançai à tâtons vers la cage d'escalier de secours.
Juste avant de tourner à l'angle du couloir.
« Grraaah ! »
Un zombie, la chair en lambeaux, surgit brusquement.
Je n'étais pas du genre à me laisser surprendre par ce type de jump scare. Je balançai calmement la batte de baseball que je tenais en main.
Vlan !
Le zombie, frappé de plein fouet, s'effondra en arrière.
Comme c'était un zombie de la Zone Verte, même sans renfort, j'arrivais à en gérer un seul sans difficulté.
Je laissai la créature se tordre par terre et poursuivis ma route vers l'escalier de secours.
« …Hum. »
Mais quelque chose clochait légèrement autour de la porte d'accès à l'escalier de secours.
Dans le couloir, plusieurs panneaux lumineux de sortie de secours, ornés du pictogramme vert classique d'un homme qui court, s'alignaient en une longue rangée continue.
Sauf que la direction vers laquelle ces silhouettes couraient était étrange.
Elles pointaient non pas vers l'escalier de secours, mais dans la direction totalement opposée.
C'était un spectacle plutôt dérangeant, mais je n'avais pas vraiment le choix. Je marchai donc à contre-courant des pictogrammes verts.
En entrant dans la cage d'escalier, ce qui attira en premier mon attention fut un étrange affichage du numéro d'étage.
⇧𝟤 ⇩𝘉𝟣
Le visage souriant semblait indiquer l'étage actuel, le 1er étage. Ma destination, le studio en direct, se trouvait au 6ᵉ étage.
Je gravis les marches sans relâche, puis, arrivé au 6ᵉ étage, je vérifiai à nouveau le panneau.
⇧𝟫𝟫 ⇩𝟧
Pendant toute la montée, le visage affiché avait été souriant, mais une fois au 6ᵉ étage, il était devenu triste. Pire encore, l'étage suivant était indiqué comme le 99ᵉ étage.
J'observai attentivement le panneau.
' Ça non plus, ça n'existait pas dans le jeu. '
Dans le jeu, ce n'était qu'une simple issue de secours banale. Il n'y avait ni rangée de panneaux pointant dans la mauvaise direction, ni étrange panneau à smiley.
C'était bien normal, en un sens.
' Puisque c'est un jeu de zombies. '
Ce genre de détail n'avait rien à voir avec un univers zombie. Ce n'était clairement pas le genre d'élément qu'on s'attendrait à trouver dans Dead Zone Delivery.
Ça aurait plutôt eu sa place dans HapFactory, à la rigueur…
Serrant fermement ma batte de baseball, j'entrouvris doucement la porte de l'escalier de secours.
Le faisceau de ma lampe torche s'étira longuement dans le couloir de l'autre côté de la porte. Rien d'anormal en vue, apparemment.
Je pénétrai prudemment dans le 6ᵉ étage.
Parmi les trois studios présents à cet étage, je repérai le studio d'informations.
La porte était grande ouverte, et l'intérieur était sens dessus dessous. Des traces manifestes d'une fuite précipitée.
Des scripts de journal télévisé, éparpillés un peu partout, portaient des taches de sang séché.
J'enjambai une caméra de la station tombée au sol et me dirigeai vers la zone de contrôle.
C'est là, parmi plusieurs écrans de tailles diverses, que je devais retrouver la clé USB sécurisée.
J'allais braquer ma lampe torche quand, soudain, tout s'illumina autour de moi, et la voix d'une présentatrice se fit entendre.
« 𝚄𝚗 𝚟𝚒𝚛𝚞𝚜 𝚍'𝚘𝚛𝚒𝚐𝚒𝚗𝚎 𝚒𝚗𝚌𝚘𝚗𝚗𝚞𝚎 𝚜𝚎 𝚍𝚎́𝚌𝚕𝚊𝚛𝚎 𝚜𝚒𝚖𝚞𝚕𝚝𝚊𝚗𝚎́𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚜𝚞𝚛 𝚝𝚘𝚞𝚝 𝚕𝚎 𝚙𝚊𝚢𝚜. » « 𝙻'𝙰𝚐𝚎𝚗𝚌𝚎 𝚍𝚎 𝚌𝚘𝚗𝚝𝚛𝚘̂𝚕𝚎 𝚍𝚎𝚜 𝚖𝚊𝚕𝚊𝚍𝚒𝚎𝚜 𝚊𝚗𝚗𝚘𝚗𝚌𝚎 𝚚𝚞𝚎 𝚕𝚎𝚜 𝚙𝚎𝚛𝚜𝚘𝚗𝚗𝚎𝚜 𝚒𝚗𝚏𝚎𝚌𝚝𝚎́𝚎𝚜 𝚙𝚛𝚎́𝚜𝚎𝚗𝚝𝚎𝚗𝚝 𝚞𝚗𝚎 𝚏𝚘𝚛𝚝𝚎 𝚏𝚒𝚎̀𝚟𝚛𝚎, 𝚞𝚗𝚎 𝚊𝚐𝚛𝚎𝚜𝚜𝚒𝚟𝚒𝚝𝚎́ 𝚎𝚡𝚝𝚛𝚎̂𝚖𝚎, 𝚊𝚒𝚗𝚜𝚒 𝚚𝚞'𝚞𝚗𝚎 𝚋𝚊𝚒𝚜𝚜𝚎 𝚝𝚎𝚖𝚙𝚘𝚛𝚊𝚒𝚛𝚎 𝚍𝚎𝚜 𝚏𝚘𝚗𝚌𝚝𝚒𝚘𝚗𝚜 𝚌𝚘𝚐𝚗𝚒𝚝𝚒𝚟𝚎𝚜. »
Les écrans s'étaient allumés d'eux-mêmes, diffusant un flash d'informations.
Je regardai l'écran sans m'en étonner.
C'était pareil dans le jeu : les écrans s'allumaient automatiquement pour introduire le contexte du monde de Dead Zone Delivery.
« 𝙻𝚎 𝚐𝚘𝚞𝚟𝚎𝚛𝚗𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚝𝚒𝚎𝚗𝚍𝚛𝚊 𝚌𝚎 𝚜𝚘𝚒𝚛, 𝚊̀ 𝟷𝟾 𝚑𝚎𝚞𝚛𝚎𝚜, 𝚞𝚗 𝚙𝚘𝚒𝚗𝚝 𝚍𝚎 𝚙𝚛𝚎𝚜𝚜𝚎 𝚍'𝚞𝚛𝚐𝚎𝚗𝚌𝚎 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚙𝚛𝚎́𝚜𝚎𝚗𝚝𝚎𝚛 𝚍𝚎𝚜 𝚖𝚎𝚜𝚞𝚛𝚎𝚜 𝚌𝚘𝚗𝚌𝚛𝚎̀𝚝𝚎𝚜. » « 𝙽𝚘𝚞𝚜 𝚍𝚎𝚖𝚊𝚗𝚍𝚘𝚗𝚜 𝚊̀ 𝚕𝚊 𝚙𝚘𝚙𝚞𝚕𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚍𝚎 𝚗𝚎 𝚙𝚊𝚜 𝚜𝚎 𝚕𝚊𝚒𝚜𝚜𝚎𝚛 𝚒𝚗𝚏𝚕𝚞𝚎𝚗𝚌𝚎𝚛 𝚙𝚊𝚛 𝚍𝚎𝚜 𝚒𝚗𝚏𝚘𝚛𝚖𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗𝚜 𝚗𝚘𝚗 𝚟𝚎́𝚛𝚒𝚏𝚒𝚎́𝚎𝚜, 𝚎𝚝 𝚍𝚎 𝚜𝚎 𝚛𝚎́𝚏𝚎́𝚛𝚎𝚛 𝚞𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚊𝚞𝚡 𝚊𝚗𝚗𝚘𝚗𝚌𝚎𝚜 𝚘𝚏𝚏𝚒𝚌𝚒𝚎𝚕𝚕𝚎𝚜 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚘𝚋𝚝𝚎𝚗𝚒𝚛 𝚍𝚎𝚜 𝚒𝚗𝚏𝚘𝚛𝚖𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗𝚜 𝚎𝚡𝚊𝚌𝚝𝚎𝚜. »
Sous ce ton posé perçait un léger tremblement. De la peur. De l'effroi.
L’image changea. Le pressentiment de la présentatrice ne s'était pas trompé.
« 𝙲𝚑𝚎𝚛𝚜 𝚌𝚒𝚝𝚘𝚢𝚎𝚗𝚜, 𝚗𝚘𝚞𝚜 𝚟𝚘𝚞𝚜 𝚝𝚛𝚊𝚗𝚜𝚖𝚎𝚝𝚝𝚘𝚗𝚜 𝚞𝚗 𝚘𝚛𝚍𝚛𝚎 𝚍'𝚞𝚛𝚐𝚎𝚗𝚌𝚎 𝚐𝚘𝚞𝚟𝚎𝚛𝚗𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝𝚊𝚕. »
La voix de la présentatrice se rapprochait désormais d'un cri déchirant.
« 𝙻𝚊 𝚙𝚛𝚘𝚙𝚊𝚐𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚊𝚌𝚝𝚞𝚎𝚕𝚕𝚎, 𝚊𝚞 𝚗𝚒𝚟𝚎𝚊𝚞 𝚗𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗𝚊𝚕, 𝚍𝚎 𝚌𝚎𝚝𝚝𝚎 𝚎́𝚙𝚒𝚍𝚎́𝚖𝚒𝚎 𝚍'𝚘𝚛𝚒𝚐𝚒𝚗𝚎 𝚒𝚗𝚌𝚘𝚗𝚗𝚞𝚎, 𝚊 𝚍𝚎́𝚙𝚊𝚜𝚜𝚎́ 𝚝𝚘𝚞𝚝 𝚜𝚎𝚞𝚒𝚕 𝚌𝚘𝚗𝚝𝚛𝚘̂𝚕𝚊𝚋𝚕𝚎. 𝙰̀ 𝚌𝚘𝚖𝚙𝚝𝚎𝚛 𝚍𝚎 𝟷𝟾 𝚑𝚎𝚞𝚛𝚎𝚜 𝚊𝚞𝚓𝚘𝚞𝚛𝚍'𝚑𝚞𝚒, 𝚕𝚎 𝚐𝚘𝚞𝚟𝚎𝚛𝚗𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚍𝚎́𝚌𝚛𝚎̀𝚝𝚎 𝚕'𝚎́𝚟𝚊𝚌𝚞𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚒𝚖𝚖𝚎́𝚍𝚒𝚊𝚝𝚎 𝚜𝚞𝚛 𝚕'𝚎𝚗𝚜𝚎𝚖𝚋𝚕𝚎 𝚍𝚞 𝚝𝚎𝚛𝚛𝚒𝚝𝚘𝚒𝚛𝚎… 𝚗𝚘𝚗, 𝚊𝚛𝚛𝚎̂𝚝𝚎𝚣, 𝚊̀ 𝚕'𝚊𝚒𝚍𝚎, 𝚊𝚊𝚊𝚊𝚊𝚑 ! »
Le journal se termina sur l'image des deux présentateurs, un homme et une femme, se faisant dévorer côte à côte par des zombies.
Laissant leurs cris derrière moi, je finis par trouver la clé USB dans un tiroir.
Je la glissai dans ma poche, et alors que je m'apprêtais à quitter le studio, tout vira au rouge autour de moi.
Je regardai les écrans. Ils affichaient tous, sans exception, la même image.
Un écran de flash info, rouge sang.
𝙁𝙡𝙖𝙨𝙝 𝙄𝙣𝙛𝙤 !
L'espace d'un instant, submergé par cette couleur rouge, l'écran changea à nouveau.
La nouvelle image qui apparut, c'était…
Moi.
Mon propre visage, légèrement pâle, en train de fixer l'écran, s'y reflétait.
Serait-ce Samra ?
Mais Samra ne pouvait pas entrer dans une Épreuve, et il ne pouvait pas non plus y exercer la moindre influence.
Face à cette situation incompréhensible, la tension montait d'un cran.
BOUM !
Un vacarme assourdissant retentit, secouant tout le bâtiment.
Chancelant, je parvins de justesse à ne pas tomber et me redressai.
Le plafond comme le sol étaient entièrement fissurés.
Les écrans qui, l'instant d'avant, diffusaient encore ces images étranges, avaient tous vu leurs panneaux se briser, désormais remplis de couleurs irisées et de parasites visuels.
' L’impact vient d'en haut. '
Après une brève hésitation, j'abandonnai les écrans en morceaux et courus vers l'escalier de secours.
Le bâtiment pourrait s’effondrer à tout moment.
Mais au lieu de fuir vers le bas, je me dirigeai vers le haut. Grimpant les marches deux ou trois à la fois, je montai jusqu'au toit de l'immeuble.
Comme il était indiqué "99ᵉ étage", je m'attendais presque à un nouveau phénomène étrange, mais heureusement, je parvins sans encombre jusqu'au toit.
☹ ☹ ☹ ☹ ☹
L'affichage du numéro d'étage restait un peu bizarre, cela dit.
J'ouvris d'un coup la porte du toit.
' …Putain. '
Le spectacle qui se dévoilait au-delà de la porte ouverte m'arracha un juron malgré moi.
L'antenne-relais qui trônait fièrement sur le toit était pliée en deux.
Affreusement tordue, sa partie supérieure plantée dans le sol du toit, elle ne ressemblait plus à un pylône, mais à un jouet cassé.
Quelqu'un se tenait debout sur ce pylône plié en deux.
Une personne que je n'aurais absolument pas dû croiser seul, en ce moment précis.
"𝐽𝑒 𝐻𝑦𝑢𝑛𝑜" 𝑎 𝑒́𝑡𝑒́ 𝑟𝑒𝑝𝑒́𝑟𝑒́ !
"𝐽𝑒 𝐻𝑦𝑢𝑛𝑜" 𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑎𝑔𝑒 𝑑𝑖𝑠𝑝𝑜𝑛𝑖𝑏𝑙𝑒 𝑎̀ 𝑙'𝑒𝑛𝑟𝑒𝑔𝑖𝑠𝑡𝑟𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡. 𝑆𝑜𝑢ℎ𝑎𝑖𝑡𝑒𝑧-𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑙'𝑒𝑛𝑟𝑒𝑔𝑖𝑠𝑡𝑟𝑒𝑟 ?