Chapitre 1
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 1 : J’ai rencontré un esprit maléfique
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Quand on a une religion depuis avant même sa naissance, on parle de religion héritée du berceau.
Cela signifie que ses parents l’ont emmené à l’église ou au temple dès le stade fœtal, et qu’il a grandi en pratiquant cette religion.
J’étais le parfait exemple de quelqu’un qui avait hérité de sa foi au berceau, mais étais-je un croyant fervent ? Eh bien, je ne dirais pas ça.
J’étais juste assez religieux pour aller à l’église parce que mes parents y allaient.
Aller à l’église depuis mon plus jeune âge ne m’avait pas laissé de bons souvenirs.
Mes parents étaient extrêmement fervents.
Au point d’entraîner leur gamin, qui venait tout juste d’entrer à l’école primaire, à chaque prière de l’aube.
Clac !
« M-Maman ? »
« Qui est en train de s’endormir pendant la prière de l’aube ? Reprends-toi. »
Sérieusement. Traîner un gamin de primaire à la prière de l’aube, puis lui coller une gifle parce qu’il piquait du nez.
Il y avait vraiment d’autres parents comme ça ?
Ce n’était pas un peu excessif ?
Malgré tout, je devais y aller.
On m’avait dit de quitter la maison si je ne comptais pas aller à l’église. Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre ?
« Dieu notre Père, protège ton enfant Baek Yohan des esprits maléfiques… »
C’était pendant une prière avec imposition des mains, comme d’habitude.
Le pasteur posait une main sur la tête d’un fidèle et priait pour lui.
Les pasteurs passaient généralement prier pour les fidèles pendant la prière de l’aube ou au moment de la prière, lors du culte habituel.
Dans mon cas, c’était toujours le pasteur principal qui priait pour moi, mais ce jour-là, ce fut un peu différent.
« C’est lui, le gamin ? »
J’entrouvris les yeux et levai la tête. Un autre pasteur se tenait à côté du vieux Pasteur Park.
C’était le pasteur le plus célèbre de notre église, une vraie célébrité.
Les gens disaient que ses prières étaient particulièrement efficaces, ou quelque chose comme ça.
Ça ne me semblait pas être le genre de qualificatif qu’on devrait associer à un pasteur.
Le pasteur ne commença pas à prier pour moi. Il me dévisagea simplement un moment.
Qu’est-ce qui lui prenait ?
Je refermai les yeux et attendis, mais le son que j’entendis n’avait rien d’une prière.
« Waouh… »
Ce n’était pas une prière. C’était une exclamation.
Plutôt un soupir de consternation, à vrai dire.
Je finis par ouvrir les yeux et lever la tête. Le pasteur me souriait.
« Tu dois continuer à venir assidûment à l’église. »
« Pardon ? »
« Si tu détestes l’église, va plutôt dans un temple bouddhiste. Un destin difficile t’attend, gamin. »
Qu’est-ce qu’il était, un chaman ? Pourquoi parlait-il de mon destin ?
« Pasteur Kim, c’est vraiment le genre de choses qu’un pasteur devrait dire ? »
« Nous devons sauver les gens. »
Il y avait quelque chose de bizarre dans ce qu’il disait, mais au final, il me conseillait toujours de continuer à aller à l’église. Alors peu importe.
Pasteur Kim ne s’arrêta pas là dans ses interventions.
« Hé, Yohan. Viens ici. »
« Qu’y a-t-il, pasteur ? »
« Rien. Prends ça. »
Il me tendit un vieux rouleau.
Il était noué avec une ficelle et portait un sceau. Le parchemin semblait recouvert de sang séché et incrusté.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Ah, c’est le Livre d’Hénoch, un manuscrit apocryphe original découvert en Éthiopie. Je l’ai piqué. »
« … »
C’était sacrément risqué, comme aveu.
« Je me suis dit que notre Yohan en avait plus besoin que moi. Garde-le précieusement. »
Quoi qu’il en soit, il m’avait dit que c’était un objet précieux qu’il avait rapporté de loin, d’Éthiopie, alors je le gardai précieusement.
Par la suite, ma vie religieuse continua.
Ou du moins, c’est ce que je croyais.
Jusqu’à la mort de mes parents.
Ils étaient morts dans un accident de voiture.
Un banal accident, comme il s’en produisait tous les jours.
Quand cela m’arriva, ça n’avait rien de banal.
Mes deux parents avaient grandi dans des orphelinats et n’avaient aucun proche. J’avais failli ne même pas pouvoir organiser leurs funérailles, mais les fidèles de l’église étaient venus s’en charger pour moi.
J’ignorais que les formalités funéraires coûtaient aussi cher.
Plus tard, quand on eut préparé leurs corps et qu’on les eut incinérés, les larmes que j’avais retenues se déversèrent.
Ah. Mes parents avaient vraiment disparu.
Ils n’arrêtaient pas de me harceler pour que j’aille à l’église, mais…
Ils avaient aussi consacré leur vie à faire de leur mieux pour leur enfant unique.
Une fois tout terminé, je crois que j’errai un moment, sans trop savoir quoi faire de ma vie.
Je pris trois jours de congé à mon boulot à temps partiel et me fis virer. Il y avait l’héritage et les dettes, la déclaration de décès, la clôture de leurs comptes. Les pensions, les assurances, l’immobilier, leur voiture… Dans une société capitaliste comme la nôtre, il y avait un tas de choses à régler, surtout des questions d’argent.
J’avais la tête en vrac et j’étais débordé. Pour la première fois de ma vie, je n’allai pas à l’église ce week-end-là.
La semaine suivante, je séchai aussi.
Et celle d’après.
Et encore celle d’après.
Je dérivai ainsi pendant tout un mois.
« J’ai faim. »
Comme il faisait encore nuit, le seul endroit où je pouvais aller, c’était une supérette.
Je pris un plat préparé et des canettes de cola dans le cadre d’une offre : deux achetées, une offerte. C’est alors que je remarquai quelque chose sur l’épaule du caissier.
Au début, je crus que c’était une ombre.
Mais les ombres ne « dégoulinaient » pas comme ça.
Je levai les yeux pour voir ce que c’était et aperçus des cheveux noirs.
De longs cheveux détrempés pendaient mollement et coulaient le long du cou du caissier.
Puis il y eut un visage.
Incliné, il me « regardait ».
Il n’avait pas de pupilles.
Et pourtant, je sentais son regard.
Nos yeux s’étaient-ils croisés ? Avait-il compris que je l’avais vu ?
Boumm.
Mon cœur fit un bond violent.
« Vous voulez que je vous passe ça en caisse ? »
Le caissier sourit comme si de rien n’était.
Il ne le voyait pas ? J’étais le seul à pouvoir le voir ?
Je baissai précipitamment la tête.
Même en posant le plat préparé et les canettes de cola sur le comptoir, je m’efforçai de garder les yeux baissés.
Ne le regarde pas.
Jamais. Ne le regarde surtout pas.
Je me répétai ces consignes. Quand j’essayai de sortir ma carte de mon portefeuille, je n’arrivai pas à la saisir correctement. Le bout de mes doigts glissait sans arrêt.
Je dus finalement enfoncer mes ongles dans le similicuir, assez fort pour y laisser des marques, avant de réussir à retirer ma carte.
Bip.
Le terminal de paiement me parut anormalement bruyant.
« Monsieur, vous voulez un sac ? »
Je faillis relever la tête sans réfléchir.
Non.
Ne lève pas les yeux.
Alors que je parvenais tout juste à réprimer cette envie en me le répétant, il entra dans mon champ de vision.
Pourquoi ?
Je n’avais même pas relevé la tête…
Il fit glisser son visage au-dessus du plat posé sur le comptoir et leva les yeux vers moi.
Un sourire.
Sa bouche s’ouvrit en un rictus.
Il n’avait toujours pas d’yeux, mais un sourire s’étalait sur ses lèvres.
Il m’avait vu.
Il m’avait vu.
Il m’avait vu.
Mon cœur battait à tout rompre. Je sortis en courant de la supérette sans me retourner.
« Monsieur ?! »
J’entendis la voix du caissier, mais derrière elle, très bas…
Une respiration humide se mêlait à sa voix.
Avec un regard qui semblait coller à ma peau.
Je me précipitai chez moi et verrouillai la porte en arrivant. Si ce que je venais de voir était bien ce que je croyais, je ne savais pas à quoi cela servirait.
Je verrouillai la porte, puis me jetai sur mon lit.
Je me cachai sous la couverture et haletai.
Ma respiration était saccadée, mais impossible de reprendre mon souffle.
Ce regard revenait sans cesse. Ces orbites vides. Cet horrible sourire.
J’essayais de me calmer quand je sentis le bord de la couverture bouger légèrement.
Ce n’était pas mon imagination.
Je ne me trompais pas.
Dans un froissement distinct, quelqu’un tirait sur la couverture.
Ma respiration se coupa.
Mon corps se figea.
Je ne pouvais même pas bouger un doigt.
« … »
Ma gorge était tellement nouée que je n’arrivais même pas à émettre un son.
Puis la couverture fut tirée de nouveau.
Non.
Je m’agrippai désespérément à la couverture.
Comme si c’était mon ultime ligne de défense, je la serrai à deux bras et m’y cramponnai.
J’entendais une respiration.
Elle venait de l’autre côté.
Des souffles humides me frôlaient, tout près de moi.
Je tremblais de tous mes membres.
Tout mon corps était secoué, mes dents claquaient.
Un fantôme.
Un esprit maléfique ?
Il m’avait vu et m’avait suivi.
Dans une situation pareille, il n’y avait qu’une chose à laquelle je pouvais me raccrocher.
« Seigneur… Jésus, Dieu… a-aidez-moi, je vous en prie… »
Ma voix était brisée.
Un son entre la prière et le cri m’échappa.
« Dieu, Jésus, je vous en prie… »
Je traçais un signe de croix avec mes doigts quand une voix grave et poisseuse se glissa dans mes oreilles.
【Qu’est-ce que ta croix ?】
Mon cœur se serra.
【De quoi est-elle faite ?】
Cette question insistante.
La réponse déciderait de mon sort.
Une croix.
Une croix.
En or ? En argent ? En fer ? En bois ?
Toutes sortes de croix me traversèrent l’esprit, mais je n’en avais aucune dans les mains.
Je ne tenais rien.
【Où est ta croix ? Tu n’en as pas une seule ?】
Est-ce que je n’en avais vraiment pas ?
N’y avait-il vraiment pas une seule croix capable de me sauver dans une situation pareille ?
Je serrai les dents et cherchai une réponse à lancer au fantôme.
Ma voix se brisa quand je parlai, avec tout le désespoir dont j’étais capable.
« Ma croix, c’est… »
Va jusqu’au bout.
« Ma foi et ma conviction, là, dans mon cœur !! »
À cet instant, une sorte de lumière envahit la pièce.
Je crus que c’était le plafonnier, mais non.
Je n’avais jamais vu de ma vie une lumière dorée aussi vive et éblouissante.
Alors que cette clarté, si sainte qu’elle en paraissait miraculeuse, inondait la pièce…
Frrrt !
Quelque chose s’ouvrit en deux.
【Kyaaaaaaaaaaaaaah !】
Un hurlement fendit l’air, assez puissant pour me crever les tympans.
Ce n’était pas une voix sinistre qui inspirait la peur.
C’était un cri pur. Était-ce ainsi que criait une victime au seuil de la mort dans un film d’horreur, torturée par une douleur insoutenable ?
Croc ! Crac !
Un bruit écœurant en suivit un autre, puis la force qui tirait sur ma couverture disparut.
À travers l’ouverture de la couverture, je vis des jambes qui pendaient dans le vide.
Enfin, c’était un fantôme, alors « flottaient » serait plus juste…
【Kiiik ! Kiiiiik !】
Je compris que la voix du fantôme s’était changée en un cri de douleur manifeste et soulevai prudemment la couverture.
« Euh… »
L’esprit maléfique se faisait « mordre » par quelque chose.
Une énorme bouche.
Humaine… non, elle était si gigantesque que la seule créature à laquelle je pouvais penser avec une bouche pareille était une baleine.
Une gueule noire comme la nuit mâchait l’esprit maléfique.
Elle me paraissait bien plus réelle que n’importe quel monstre de film gore que j’avais vu.
Les craquements me vrillaient les oreilles tandis que l’esprit maléfique se débattait à l’intérieur.
Lui qui m’avait pourchassé se tordait maintenant de panique, de confusion, de douleur et de terreur.
Il tendit une main vers moi.
Comme s’il me suppliait de le sauver.
【Kyaaaaaaaaaah !!】
Mais avant que je puisse faire quoi que ce soit, ces dents lui tranchèrent le torse.
Son corps spirituel se déchira comme un nuage de fumée coupé en deux.
Même la fumée dispersée ne fut pas épargnée par la gueule.
Croque !
Elle l’avala en un instant.
Une fois coupé en deux, il n’avait déjà plus aucune chance de survivre, mais la bouche ne lui laissa même pas ça. Elle le broya entre ses dents et le réduisit en minuscules morceaux.
Je ne pus que rester là, à regarder bêtement.
Je ne songeai même pas à fuir. Mes jambes tremblaient trop pour bouger.
Rencontrer un fantôme était déjà assez irréel, mais voilà qu’une bouche dévorait ce fantôme.
Comment étais-je censé fuir un truc pareil ?
Clac ! Clac-clac !
Après avoir mâché le fantôme, la bouche se mit à claquer des dents dans ma direction.
« N-Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié… ! »
Clac ! Clac-clac !
« Que votre règne vienne, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! »
Clac-clac-clac !
« Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ! Et ne nous laissez pas entrer en tentation, mais délivrez-nous du mal, car c’est à vous qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles !! »
Clac-clac-clac-clac !
Pourquoi était-elle parfaitement intacte ?
« Amen ! Amen, amen !! »
Clac !
La bouche bavait et frottait ses énormes dents blanches contre moi.
Je frissonnai de terreur, puis remarquai soudain les « ailes blanches » qui jaillissaient de cette gueule.
Six ailes blanches, si saintes qu’elles semblaient totalement déplacées sur cette bouche noire comme la nuit.
Impossible.
Ça ne pouvait pas être…
Avec cette apparence ?
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