Chapitre 510
Mais avant que l’attaque ne l’atteigne, il disparut.
[Pas du Tonnerre cendré.]
Boum !
Le tonnerre courut sur le sol de pierre, mais juste avant le point de sortie, le premier soleil se mit à briller plus fort.
Une traînée blanche marqua le déplacement de Lian à travers la place.
Le prêtre tourna la tête. Un autre rayon fila droit vers l’endroit où Lian comptait apparaître.
Les yeux du jeune Vorhelm se plissèrent légèrement. Au dernier moment, son corps se changea en cendres parmi les éclairs.
Il avait modifié son point de sortie.
KABOUM !
Le rayon fit exploser l’endroit où il devait apparaître, et il surgit de nouveau à plusieurs mètres de là.
La poussière passa tout près de son visage.
« Intéressant. » Lian observa l’endroit frappé par l’attaque. Cet homme avait réussi à prévoir sa trajectoire.
Était-ce son propre pouvoir ou un effet de la matrice ? À son avis, c’était plutôt la deuxième option.
« Ta vitesse ne te sert à rien contre la lumière. Rien n’échappe au jugement de la lumière, barbare infidèle ! » lança froidement le prêtre.
« J’ai dit que c’était intéressant, pas que ça suffirait. » Le jeune Vorhelm disparut, puis réapparut devant lui un instant plus tard.
Son poing partit en avant. Le prêtre n’eut pas le temps de se défendre complètement, mais un bouclier blanc apparut devant lui juste avant l’impact.
BOOOUM !
L’homme fut projeté à plusieurs mètres, mais ne tomba pas. À sa grande surprise, les deux autres prêtres glissèrent eux aussi vers l’arrière.
« Oh ? Je vois. » Lian comprit aussitôt. Il suffisait d’un regard pour constater que son attaque avait touché les trois hommes, alors qu’il n’en avait frappé qu’un seul.
La force de son attaque s’était répartie entre eux. Cela faisait probablement partie du mécanisme et ressemblait un peu au pouvoir de son armure.
Son regard passa de l’un à l’autre.
« Tant que vous restez tous les trois debout, vous vous partagez les dégâts. »
« Et alors ? Tu crois que quelques attaques suffiront à détruire ce que nos ancêtres ont bâti ? Quelle stupidité ! » s’emporta le plus jeune prêtre.
« On verra bien. » Le jeune Vorhelm hocha la tête.
Le visage du prêtre se crispa. Il ignorait pourquoi, mais l’assurance de cet infidèle l’agaçait.
Lian, lui non plus, ne lança pas d’autre attaque. Son regard se posa sur les tours, les trois soleils et les rainures au sol.
Il devait comprendre le fonctionnement de cette structure.
Kain affrontait deux soldats. Il en repoussa un avec un rayon de lumière, mais l’autre profita de la pression du deuxième soleil pour s’approcher par le côté.
Il posa la main au sol. Une vague de lumière se déploya en demi-cercle et repoussa son assaillant.
Mais à cet instant, un rayon blanc jaillit de l’un des miroirs en direction de Kain.
Il dressa sa propre lumière devant lui, et les deux flux s’entrechoquèrent.
KRRRRR !
Il fut repoussé à plusieurs mètres, mais le rayon avait au moins été dévié.
Il garda un instant les yeux rivés sur le prêtre qui avait prononcé le nom de la larme.
« Au fait, c’est quoi, la Larme du Témoin ? »
L’homme ne répondit pas ; ses deux mains continuaient de contrôler une partie de la matrice.
Kain lança une nouvelle attaque lumineuse sur un soldat qui s’approchait. L’assaillant percuta le mur.
« Tu pourrais au moins me dire ce qui est entré dans mon corps. Je déciderai peut-être de vous le rendre. »
« Elle est entrée en toi toute seule ? » Le prêtre changea véritablement d’expression, comme si cette phrase lui déplaisait profondément.
« Ouais. »
« Elle… t’a choisi ? » Pendant un instant, l’attention de l’homme se détourna presque de la matrice.
« Je croyais que tu savais déjà ça. En plus, je viens de te le dire. »
« Idiot… Je croyais que tu racontais n’importe quoi. Cette chose ne devrait même pas être douée de conscience, encore moins pouvoir te choisir ! » Le prêtre le dévisagea, incrédule et furieux.
Le rapport qu’ils avaient reçu ne mentionnait pas que la larme avait choisi elle-même un étranger. Tous les scénarios partaient du principe que quelqu’un l’avait absorbée de force.
Il avait déjà entendu cet infidèle prétendre que la larme l’avait choisi, mais il avait cru qu’il racontait n’importe quoi.
« Non… C’est impossible. »
« La Larme ne choisit personne. »
« C’est un objet de la Divinité de la Lumière. Elle n’a pas de volonté propre. »
« Tu mens. »
« Tu mens forcément ! »
Le prêtre était si incrédule qu’il se mit à débiter des absurdités.
Lian, qui se déplaçait à quelques mètres de l’une des tours, entendit la phrase et ralentit pendant une fraction de seconde.
Alors, la Larme du Témoin n’était pas censée pouvoir choisir elle-même son hôte ? Qu’était-il donc arrivé à Kain, ce jour-là, dans ces ruines ?
« Alors, qu’est-ce qu’elle était censée faire ? » demanda aussitôt Kain, tout aussi confus.
« Tu l’as avalée, et maintenant, la lumière te considère comme le porteur d’une alliance ! Il est impossible que la Larme t’ait choisi ! » hurla le prêtre, furieux.
« Tais-toi ! » cria le prêtre âgé avec colère. Il était évident que ces paroles n’auraient jamais dû être divulguées. Après cet avertissement, l’autre prêtre se tut.
Lian et Kain échangèrent un regard. Ils n’avaient pas obtenu assez d’informations, et il leur restait encore bien des questions.
« Bref, tu dois accepter que la Larme m’a choisi. Je te l’ai déjà dit : ce n’est pas ma faute si ton dieu m’a préféré à vous, bande d’incapables. » Kain lança de nouveau la même provocation.
« Ne prononce pas le nom de la Divinité de la Lumière avec ta bouche immonde ! » s’écria le plus jeune prêtre, animé d’une colère fanatique.
Quoi qu’il en soit, les prêtres poursuivirent leurs attaques tandis que le jeune Vorhelm reportait son attention sur la matrice. Il devait la désactiver.
[Séquence Véritable.]
Pendant un instant, le monde devant ses yeux changea : des voies de Mana clairement visibles apparurent.
L’énergie ne venait pas du corps des prêtres. Le rayon entrait dans le premier prêtre depuis la première tour, passait de lui au premier soleil, puis empruntait l’une des rainures de la place jusqu’à la deuxième tour.
De la deuxième tour, il passait au deuxième prêtre, puis au deuxième soleil, avant de rejoindre la troisième tour, le troisième prêtre et enfin le troisième soleil.
C’était une sorte de circuit fermé où les trois prêtres ne servaient que de points de contrôle. S’il frappait l’un d’eux avec assez de force, les deux autres en absorbaient une partie.
S’il attaquait directement les soleils, les tours leur fourniraient de nouveau de l’énergie.
Il n’avait donc pas besoin d’en détruire un. Il lui suffisait de rompre le circuit.
Lian tendit la paume vers le sol.
[Domination Glacée.]
Cette fois, aucun immense mur ne jaillit du sol. Une fine plaque de glace se forma devant l’une des tours.
Grâce à un contrôle plus précis, Lian en polit la surface pour en faire une sorte de miroir.
Les prêtres ne comprenaient pas son objectif et semblaient se demander ce qu’il cherchait à faire.
À cet instant, un rayon jaillit de la tour. Mais au lieu d’atteindre directement le soleil… il frappa la plaque de glace.
L’angle changea.
La ligne blanche passa à côté du premier soleil et frappa directement le troisième.
Le circuit se rompit soudain !
BOOOOOUM !
Les trois soleils tremblèrent.
Les prêtres perdirent l’équilibre un instant.
« Qu’est-ce que tu as fait ?! » cria l’un d’eux, furieux.
Le jeune Vorhelm ne répondit pas. Son regard resta fixé sur la plaque de glace. Le principe était simple : il avait modifié le flux et la trajectoire des rayons.
En somme, il avait perturbé le fonctionnement de la matrice.
Quoi qu’il en soit, la plaque de glace commença à fondre ; la lumière était trop puissante.
Mais il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Et si elle fondait ? Il lui suffisait d’en créer une autre.
Une deuxième plaque se forma, puis il en créa une troisième.
Cette fois, les prêtres comprirent. L’un d’eux leva la main et un rayon blanc fila vers les plaques de glace.
Lian en modifia la position. Deux rayons s’entrechoquèrent dans les airs et la matrice trembla de nouveau, mais elle ne s’était toujours pas rompue.
Au même instant, Kain fixa l’une des tours : celle qu’il avait activée plus tôt avec sa lumière. On ne savait pas exactement à quoi il pensait, mais une idée semblait lui être venue.
« Lian. »
« Quoi ? »
« Cette chose reconnaît ma lumière, pas vrai ? »
« Essaie. » Lian jeta un regard à Kain, puis comprit.
Sans poser d’autres questions, Kain tendit les deux mains vers la tour. Une lumière dorée et blanche jaillit de ses paumes.
« Ne fais pas ça ! » cria le prêtre.
Il était trop tard.
La lumière de Kain frappa le miroir de la tour, mais, contrairement aux autres attaques, le miroir ne la repoussa pas. Il l’absorba, et toutes les lignes de la tour devinrent dorées pendant un instant.
Le prêtre qui contrôlait cette tour ouvrit brusquement les yeux.
« Non… »
Sa connexion au Mana fut coupée et, soudain, le premier soleil trembla.
C’était l’occasion.
[Pas du Tonnerre cendré.]
Boum !
Lian disparut.
Comme tout à l’heure, les prêtres tentèrent de repérer son déplacement à l’aide de la matrice. Mais l’une des tours n’était plus sous le contrôle du prêtre, et le résultat fut immédiat : la matrice s’était affaiblie.
Ils ne pouvaient plus anticiper les mouvements de Lian grâce à cette technique.
La traînée blanche s’interrompit un instant, et le corps de Lian se changea en cendres pendant son déplacement. Puis, l’instant d’après, il apparut devant le premier prêtre.
L’homme eut tout juste le temps de lever son bâton.
« Fais de beaux rêves. » Le jeune Vorhelm posa la paume sur sa poitrine.
Boum !
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Note de l’auteur : Je vous dois douze chapitres à cause des trois cadeaux château. À partir de ce soir, et pendant trois jours, je publierai quatre chapitres bonus. Merci pour votre soutien !