Chapitre 40
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 40 : (Musique de fond tendue, ON)
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Tout comme les héros célèbres sur l’ensemble du continent portaient des titres.
Ou les méchants, tristement célèbres dans tout le pays.
Pelerian, le mage connu sous le nom de Défenseur du Ciel, possédait bien d’autres épithètes que celle-là.
L’une de ses nombreuses épithètes célèbres était Maître du Donjon.
Tout le monde savait que les mages adoraient construire des donjons.
Mais Pelerian poussait cette obsession à un tout autre niveau.
Il avait construit sans peine plus d’une centaine de donjons. Certains estimaient même qu’il en avait créé plus de cinq cents.
C’était difficile à croire, même en tenant compte du fait qu’il était un Elfe, membre d’une race à la longévité exceptionnelle.
Il lui aurait fallu deux cent cinquante ans, à raison de deux constructions par an, non ?
Sachant que beaucoup de ses donjons étaient classés comme des installations de grande envergure, voire plus, cela semblait physiquement impossible.
Pourtant, on savait que ses donjons étaient disséminés sur tout le continent, et que beaucoup n’avaient pas encore été découverts.
Comment l’antique Défenseur du Ciel avait-il pu construire des donjons aussi vite ?
Le premier secret résidait sans doute dans sa maîtrise écrasante de la magie élémentaire.
En matière de magie élémentaire, Pelerian était considéré comme le mage au talent le plus redoutable de l’histoire.
Quand on se rappelait l’histoire selon laquelle il avait fait s’effondrer une montagne entière en trois jours, il avait dû achever en un instant même les travaux préliminaires les plus longs.
Avec l’aide des esprits de la terre, la durée aurait encore diminué.
La deuxième possibilité était qu’il entretenait des liens étroits avec les nains et les gnomes.
Aussi redoutable qu’il fût, un archimage ne pouvait pas bâtir un donjon en se contentant de creuser.
Les structures intérieures, les pièges complexes et toutes sortes de dispositifs mécaniques…
Tout cela exigeait manifestement une main-d’œuvre considérable.
Certains se demanderaient peut-être si un Elfe pouvait collaborer avec des nains et des gnomes.
Mais Pelerian étant lui-même un marginal, même au sein de la société elfique, c’était tout à fait possible.
On avait également de nombreux témoignages de ses visites dans des mines naines et des repaires d’Elfes de l’Ombre, alors qu’il était lui-même un Elfe.
Pelerian était toutefois un homme fasciné par la conception de pièges.
Il avait forcément conçu lui-même ceux de ses donjons.
« Extrait de De la féroce réputation du Défenseur du Ciel, publié par la Tour de magie »
* * *
Clic, clic.
« Bon sang, bon sang ! »
Krok, le roi des Gobelins bondissants.
Il n’arrêtait pas de tripoter son bracelet.
Son design était inhabituel : une Pierre magique de la taille d’un haricot y était enchâssée.
Juste à côté, il y avait une sorte de fermoir qui s’enfonçait lorsqu’on appuyait dessus.
Krok appuya dessus encore et encore.
Clic, clic, clic.
La Pierre magique clignota.
C’était un signal destiné à celui qui lui avait donné le bracelet.
Il n’aurait jamais cru devoir s’en servir, mais l’ennemi l’avait poursuivi jusque devant sa porte.
Le bracelet était un émetteur.
Un jour, un Elfe était venu lui rendre visite.
Pas un Elfe ordinaire, mais un Elfe de l’Ombre. Dashnan, c’était ça ?
Sa peau était gris cendré, et une aura sombre et sinistre émanait de lui.
Il avait aidé Krok à évoluer en roi des Gobelins bondissants.
Puis il lui avait confié un secret.
Un mage avait construit un Donjon sous le Rocher de l’Éléphant.
En s’emparant de l’héritage qui s’y trouvait, Krok pourrait lui aussi dépasser le stade de roi des Gobelins bondissants.
L’évolution était un instinct des monstres.
Et après avoir réussi une première évolution, Krok avait nourri de grandes ambitions.
Il voulait devenir le maître de tous les Gobelins.
L’Elfe lui avait dit de l’appeler avec le bracelet une fois qu’il serait arrivé à l’entrée du Donjon.
Il lui avait expliqué que l’intérieur du Donjon était un véritable enfer et que Krok aurait besoin de lui.
Krok avait promis de le faire, mais n’avait jamais eu l’intention de l’appeler.
Il voulait tout garder pour lui.
« Pourquoi il ne vient pas… ?! »
Et pourtant, maintenant, Krok s’acharnait fébrilement sur son bracelet.
Ce serpent.
Ce serpent complètement fou franchissait les pièges les uns après les autres.
« Chut ! »
Le serpent claqua la langue, et les Gobelins de la Tribu Runga qui le suivaient s’arrêtèrent.
Ces Gobelins cinglés suivaient le serpent sans la moindre peur.
Incroyable, le serpent désamorçait les pièges.
Il tapota plusieurs fois le sol de sa queue, puis quelque chose coulissa dans un léger sifflement.
Froufroufrou !
Des flèches tombèrent mollement des trous du plafond.
Le serpent releva fièrement la tête et se faufila vers l’avant.
Quel serpent cinglé. Quel serpent cinglé.
Un serpent qui désamorçait les pièges.
Était-ce le Serpent mangeur de cœur dont parlaient ces subordonnés idiots ?
En suivant les indications du serpent, les Gobelins de la Tribu Runga atteignirent le milieu de la galerie.
Krok avait sacrifié tous ses subordonnés pour traverser cet endroit.
Et même ainsi, il n’y était arrivé que grâce à une chance inouïe. Pourtant, aucun d’entre eux n’avait été blessé.
Puis le serpent s’arrêta brusquement.
Il se mit à toucher quelque chose fixé au mur.
Des carreaux tombèrent du mur.
Une sorte de poignée apparut dessous.
Le serpent tira dessus avec sa queue.
Clac !
Un son sinistre résonna.
Non, il n’avait semblé sinistre qu’à Krok.
Alors une voix retentit.
[Le système d’interception a été désactivé.]
[Bienvenue.]
Krok ne fut pas surpris.
La voix parlait en langue elfique. Il n’avait donc aucune chance de comprendre.
Cela dit, ça n’avait pas l’air d’annoncer quoi que ce soit de bon.
Le serpent se tourna vers les Gobelins de la Tribu Runga.
Il sembla leur expliquer quelque chose en gesticulant de la queue et du corps.
« Les pièges sont désactivés ! »
Nanaruk comprit aussitôt.
Krok n’aurait même pas su deviner comment elle avait compris les paroles du serpent.
Sans hésiter, elle se rua sur lui.
Les pièges ne se déclenchèrent effectivement pas.
Elle fonça sur lui, deux haches à la main.
« Parfait ! Espèce de morveux arrogant ! »
Krok dégaina lui aussi son arme.
Il maniait un lourd sabre.
Nanaruk bondit haut dans les airs, les haches levées.
« Crève ! »
« Approche ! On va voir lequel de nous est un mâle et laquelle est une femelle ! »
« Tu veux dire lequel de nous est le plus fort, espèce d’ignorant ! »
Nanaruk étira son corps, puis abattit ses haches en se recroquevillant sur elle-même.
Krok riposta en levant son sabre depuis le bas.
Clang !
Incroyable, ce fut Nanaruk qui fut repoussée.
La différence de taille, et celle de musculature.
Une évolution d’avance les séparait.
Krok comprit qu’il avait l’avantage.
Ce n’était pas un guerrier assez stupide pour laisser passer une occasion de gagner.
Il se jeta aussitôt sur Nanaruk, qui roulait sur le sol et tentait de se relever.
Son sabre s’abattit, prêt à la fendre en deux.
Les Gobelins bondissants s’accrochèrent à Krok.
Jadiram lui lança sa lance, tandis que Kadiram, le frère cadet de Nanaruk, abattait sa hache.
Krakakak !
Mais même leurs attaques combinées ne parvinrent pas à blesser Krok.
Il portait une véritable armure d’écailles.
Elle ressemblait à une robe d’une seule pièce, ce qui ne la rendait pas très impressionnante, mais elle le protégeait suffisamment.
Pan !
Krok donna un coup de pied dans le ventre de Kadiram.
Le choc était si violent que Kadiram fut projeté en arrière et roula sur le sol.
« Kadiram ! »
Nanaruk se releva d’un bond, comme si le sol l’avait renvoyée en l’air.
Puis elle se mit à frapper à une vitesse incroyable.
Clang ! Clang ! Clang !
« T-tu es complètement folle ! »
Même Krok en fut stupéfait.
Nanaruk gagnait en vitesse.
Une simple Gobeline bondissante affichait des capacités physiques comparables aux siennes !
Ses yeux s’écarquillèrent.
Krok le comprit lui aussi.
« T-tu es en train d’évoluer ! »
« De quoi tu parles, bordel ?! »
Nanaruk abattit ses haches avec colère.
Mais Krok en était certain.
La nouvelle cheffe de la Tribu Runga était en pleine évolution.
Elle dépassait le stade de Gobeline bondissante pour atteindre le même niveau que Krok.
Cette révélation fit naître chez Krok un sentiment de crise plus intense que tout ce qu’il avait éprouvé jusque-là.
« Comment ?! »
« La ferme ! »
Les haches et le sabre s’entrechoquèrent presque à égalité.
Mais, au désavantage de Krok, Nanaruk n’était pas seule.
Jadiram, toujours indemne, fonça sur lui avec sa lance.
Des blessures commencèrent à s’accumuler sur le corps de Krok.
À ce rythme, il allait perdre.
Alors que Krok sentait sa mort approcher :
« N-N-Nanaruk ! »
Une voix tremblante.
La voix de ce fils pathétique avait-elle jamais pu lui sembler aussi bienvenue ?
« Chandal ! »
Chandal, qui avait autrefois promis d’épouser Nanaruk, se tenait derrière Kadiram, une lame contre sa gorge.
« Arrêtez ! J’ai dit, arrêtez ! »
Nanaruk et Krok n’eurent pas d’autre choix que de reculer.
« Chandal, qu’est-ce que tu fais ?! »
Nanaruk fulminait.
Mais Chandal cria qu’il allait trancher la gorge de Kadiram d’un instant à l’autre.
« Lâche tes haches ! Ou ton frère va mourir ! »
L’entrée du Donjon aurait dû être bien gardée. Comment Chandal avait-il pu y entrer ?
La raison était étonnamment simple.
Chandal était entré dans le Donjon avec Krok, mais avait renoncé à aller plus loin parce qu’il avait trop peur.
Resté seul derrière, il s’était allongé face contre terre et avait fait semblant d’être un cadavre lorsque Nanaruk et les guerriers Runga étaient entrés.
Puis il les avait attaqués par-derrière, comme ça.
« Grande sœur, laisse tomber ce salaud ! Tue Krok, maintenant ! »
« La ferme ! »
La dague de Chandal s’enfonça légèrement dans la gorge de Kadiram.
Nanaruk ne savait pas quoi faire.
Krok exultait.
Quelle paire d’idiots.
Ils auraient fait un couple parfait, s’ils s’étaient mariés.
Chandal avait ses propres idées, à sa manière.
« Lâche tes haches, Nanaruk ! Et toi aussi, père ! »
Voilà ce qu’il exigeait.
« Si vous vous rendez, épargnez aussi Nanaruk et son frère ! »
Krok avait ordonné à son fils de tuer le frère de Nanaruk, en lui promettant de l’épargner s’il obéissait.
Chandal lui criait de retirer cet ordre.
Comment pouvait-on avoir un fils aussi stupide ?
« Bien sûr, mon fils. Bien sûr que je le ferai ! »
Ces mots sortirent de la bouche de Krok.
Évidemment, il les tuerait tous jusqu’au dernier une fois que tout serait terminé.
Mais alors…
Une voix retentit de nouveau quelque part dans le plafond.
[Le système d’interception est en cours de réactivation.]
[Vous pouvez actionner manuellement les mécanismes d’interception.]
Personne ne savait ce que cela signifiait.
Personne ne comprenait la langue elfique.
À l’exception d’un serpent qui la comprenait.
Un serpent qui s’était éloigné de cette absurde prise d’otage et manipulait les mécanismes apparents dans le mur.
- Hé, espèce d’idiot ! Pas là, plus bas.
« Là ? »
- Ouais, tire sur celui-là. Si tu tires sur celui d’à côté, tout le monde meurt.
Personne ne pouvait entendre la conversation entre le serpent et l’esprit de l’Elfe.
Personne n’aurait pu deviner que le serpent en train de tripoter les mécanismes allait provoquer un tel résultat.
Toc.
Le son fut léger.
Mais les pièges installés ici étaient infiniment plus puissants que ceux qui entouraient le nid de la Cockatrice.
Pelerian avait toujours autant de goût pour les lances.
Une lance de fer tournoya en jaillissant d’un trou dans le mur.
Krouik !
La lance transperça l’armure d’écailles de Krok.
Elle lui perfora la chair, brisa ses côtes et déchira ses organes.
Elle avait encore assez de force pour traverser l’armure de l’autre côté.
Empalé par la lance avec son armure et ses côtes, Krok fut projeté dans les airs avec elle.
Crash !
Puis il s’écrasa de plein fouet contre le mur voisin.
Le serpent songea :
« Quel spectacle saisissant : un Gobelin embroché. »
Les Gobelins furent horrifiés par la scène.
Même Chandal, qui tenait Kadiram en otage.
Kadiram ne laissa pas passer l’occasion et se baissa.
« Grande sœur ! »
La poitrine de Chandal était complètement à découvert.
Nanaruk lança une hache sur son ex-petit ami.
* * *
Flac !
Bien joué.
Un preneur d’otage méritait une bonne correction.
Nanaruk était vraiment une femme redoutable.
Ce crétin de Chandal allait vivre la rupture la plus déchirante du monde.
« Guek ! »
Chandal s’effondra avec un bruit sourd.
Il n’était pas mort ?
À voir comme il criait et se débattait, la hache avait dû le toucher à l’épaule plutôt qu’au cœur.
Je ne savais pas si Nanaruk l’avait fait exprès.
Kadiram se releva à la hâte, grimpa sur le ventre de Chandal et se mit à le rouer de coups.
« Espèce de salaud ! Je te considérais comme mon grand frère ! »
J’ignorais si Chandal allait survivre, mais une chose était sûre : sa vie ne serait plus jamais tranquille.
Hmm, tout ça s’est bien terminé.
- On l’a échappé belle.
Pelerian grommela.
- Si on avait tardé un peu plus et que ce Krok avait forcé la porte, tout se serait écroulé, c’est certain.
Ce Donjon avait un mécanisme d’autodestruction, comme la base secrète d’un méchant.
Si quelqu’un forçait la porte plus loin à l’intérieur, le Rocher de l’Éléphant et le Donjon tout entier s’effondraient.
Quand je lui demandai pourquoi il avait choisi une méthode aussi extrême, il répondit qu’il ne pouvait pas laisser des pilleurs de tombes mettre la main sur de précieuses Pierres magiques.
C’était tout à fait raisonnable.
- Bon sang. Me faire bosser comme un esprit magique chargé de trouver le chemin.
Pelerian grommela.
Pour cette fois, je lui pardonnerais.
J’avais l’intention de dévorer toutes ces précieuses Pierres magiques.
Et grâce à ça, j’avais facilement attrapé le Gobelin nommé Krok.
Même empalé par la lance, Krok était encore vivant.
« T-toi… Argh. »
Du sang coula de sa bouche.
Ses yeux injectés de sang étaient terrifiants.
« Perdre contre un simple serpent… Hum, mon gran… »
« Sssaaak ! »
« Guek. »
Quand je lui répondis, sa tête retomba mollement.
Je l’ai eu ?
[Votre niveau a augmenté.]
Je l’avais eu.
Et la fête des montées de niveau ne s’arrêta pas là.
[Votre niveau a augmenté.]
[Votre niveau a augmenté.]
[Votre niveau a augmenté.]
[Votre niveau a augmenté.]
[Votre niveau a augmenté.]
C’était dingue.
Ah, voilà encore un moment où je pensai à cette personne.
Mon corps tremblait de joie.
Krok était à peu près aussi fort que Nanaruk. Je me demandai donc si c’était normal de recevoir autant d’expérience.
Cela dit, sans les pièges de Pelerian, je ne l’aurais pas attrapé aussi facilement.
Peut-être parce qu’il était un roi des Gobelins bondissants, il rapportait bien plus d’expérience que je ne l’avais imaginé.
Les monstres d’espèces supérieures étaient vraiment différents.
[Votre niveau a atteint sa limite.]
[Certaines conditions d’évolution ont été remplies.]
« Serpent blanc à deux cornes Nv. 20. »
Le Serpent blanc à deux cornes était arrivé.
Le moment était parfait.
Il me restait encore des conditions d’évolution à remplir, mais je pourrais sans doute m’occuper du reste dans le Donjon.
Il était donc temps de se dire au revoir.
J’entrerais seul dans le Donjon.
Je retournai auprès de Nanaruk.
« Ah… »
Nanaruk s’effondra au sol.
Pris de court, je me précipitai vers elle.
Les autres Gobelins accoururent eux aussi.
« Qu’est-ce qui se passe, grande sœur ?! »
« Ça va. J’ai juste un peu la tête qui tourne… et je suis un peu fatiguée. »
Au début, je crus qu’elle était blessée.
Mais ce n’était pas ça.
Nanaruk parla, les mains tremblantes.
« Je… »
Elle semblait sentir instinctivement ce qui arrivait à son corps.
« Je crois que je vais bientôt évoluer. »
« Évoluer… ? »
Ah, non, c’est pas vrai.
Pelerian s’exclama soudain.
- Aaaah !
« Tu m’as fait peur ! Qu’est-ce qu’il y a ?! »
- Alors c’était ça. C’était donc la condition d’évolution du roi des Gobelins bondissants !
Le roi des Gobelins bondissants.
Une espèce évoluée parmi les Gobelins.
Krok, celui qui venait de mourir, était un roi des Gobelins bondissants.
- Il ne pouvait y en avoir qu’un seul à la fois. Le précédent roi des Gobelins bondissants vient de mourir, alors elle a rempli ses conditions d’évolution elle aussi ! Le mystère est enfin résolu. Je suis un génie !
« Euh, si tu veux. »
- Il y avait des archives. Cette Gobeline pourrait peut-être franchir un nouveau cap.
Je ne savais pas ce que ça signifiait, mais Pelerian marmonnait tout seul, tout excité.
D’après ce que je comprenais, Nanaruk allait probablement évoluer en reine des Gobelins bondissants.
Il affirma même qu’elle pourrait devenir la reine des Gobelins qui unirait toutes les tribus du continent.
« Tu t’emballes un peu. »
- Elle avait l’air d’avoir du Potentiel depuis le début.
Du Potentiel ?
Il disait ça à moi, qui avais vingt en Potentiel ?
Je m’approchai de Nanaruk pour la féliciter de tous ses efforts.
« Nanaruk, tu as fait du bon travail. »
Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me réponde.
« Oui… Non, toi aussi, tu as fait du bon travail. »
« Non, c’est toi qui as fait le plus d’efforts… Hein ? »
Nanaruk et moi échangeâmes un regard.
« Hein ? »
« Tu m’entends ? »
« Je crois que je te comprends. »
Elle était allée au-delà de la communication intuitive et pouvait désormais comprendre mes paroles.
C’était complètement stupéfiant.
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【Gobeline bondissante Nanaruk Nv. 30 (En évolution)】
【Traits】
[Guerrière], [Cheffe], [Communication (nouveau)] ······.
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Waouh !
Je croyais que l’évolution ne se produisait que pendant le sommeil.
Nanaruk avait obtenu un trait nommé Communication.
- Le roi des Gobelins doit se faire suivre par tous les Gobelins du continent. Pour ça, il faut pouvoir communiquer avec eux.
Moi, je me débrouillais très bien sans ce trait.
- Un serpent qui ne sait même pas parler, et qui dit ça…
« …Et je ne pense pas que Krok pouvait me comprendre. »
- Peut-être qu’il n’avait pas achevé son évolution correctement.
Nanaruk et moi nous comprenions sans aucun doute.
Nous étions tous les deux abasourdis de pouvoir tenir une conversation.
« Merci… Je n’oublierai jamais ton aide. »
Les yeux de Nanaruk se remplirent de larmes.
« Je te le jure. Tu seras l’ami éternel des Gobelins. »
« C’est gênant… Merci. »
[Vous avez accompli le haut fait « Véritable ami des Gobelins ».]
Bon, ce n’était pas comme si j’avais fait ça pour obtenir un haut fait.
Je vérifierais ça plus tard.
Je voulais déjà entrer dans le Donjon.
« Tu veux que je vienne avec toi ? »
« Non, ça ira. »
J’avais prévu d’entrer seul dans le Donjon.
« Nanaruk, juste au cas où. Si j’entre dans le Donjon et que de la lumière jaillit du sommet du Rocher de l’Éléphant… »
Je lui expliquai l’essentiel.
Si une lumière bleue jaillissait du Donjon et que je ne ressortais toujours pas, ils devraient s’éloigner autant que possible. Ils devraient retourner à la Tribu Runga et, s’ils le pouvaient, partir encore plus loin.
Impossible de savoir quand les enquêteurs elfes arriveraient.
« Passe nous voir avant de partir. On sera là-haut. »
« D’accord. »
Nanaruk tendit la main.
Je tendis ma queue et la serrai.
Elle sourit, et moi aussi.
Même si j’ignorais si ça se voyait.
Bon, alors, j’entre dans le Donjon ?
Allez, c’est l’heure de faire mon entrée.
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