Chapitre 112
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu le Serpent de l’Apocalypse ◈
Chapitre 112 : La voie du Serpent
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Notre reine wyverne était Seleta.
Leur reine wyverne était Chugota.
C’était du trois contre un ?
Mais la situation restait confuse.
Chugota n’avait sans aucun doute qu’un seul corps.
Pourtant, elle avait trois cous et trois têtes.
Alors, était-ce une créature ou trois ?
À en croire la fenêtre de statut, elle semblait compter comme trois créatures.
Et pourtant, elle donnait aussi l’impression de n’en former qu’une.
— Pas une créature à deux têtes, mais un monstre à trois têtes.
*« Elle est rare ? »*
— Rare ? Elle est incroyablement rare.
Ça se tenait.
Je ne me souvenais pas avoir jamais vu un monstre avec ne serait-ce que deux têtes.
Et voilà qu’il y en avait un avec trois têtes.
Ce monde semblait encore receler bien des secrets.
— Qu’un monstre à trois têtes apparaisse naturellement… c’est pratiquement un miracle.
*« Elle a l’air encore plus impressionnante qu’une Chimère. »*
Les monstres à deux têtes étaient spéciaux par nature.
Les ogres à deux têtes passaient traditionnellement pour des génies de la magie, non ?
J’avais même entendu parler de grands archimages comme Cho et Gal.
Si elle était un monstre à trois têtes, elle avait sûrement le potentiel de devenir une déesse de la magie, pas seulement une archimage.
Pelerian, qui étudiait attentivement l’ennemie, échafauda une théorie.
— Je pense qu’à l’origine, elle n’avait qu’une tête. Elle a dû se séparer en évoluant.
En l’observant, je compris ce que voulait dire Pelerian.
Les trois têtes avaient des narines et une bouche.
Elles pouvaient donc respirer et manger.
Elles avaient probablement aussi chacune un cerveau relativement petit.
Pour les yeux, c’était une autre histoire.
Deux des têtes avaient chacune deux yeux, tandis que la dernière n’en avait aucun.
— Elle s’est fendue. La tête d’origine s’est divisée en trois. Elle devait avoir quatre yeux au départ, deux de chaque côté.
Ce n’était pas une banane. Est-ce qu’une wyverne pouvait vraiment faire ça ?
Les museaux et les têtes de Chugota étaient triangulaires.
On aurait dit qu’ils s’emboîteraient parfaitement si on les rapprochait.
Bref, elle était affreusement laide.
Comme pour resserrer leurs liens, les têtes se rapprochèrent et se frottèrent les unes contre les autres.
Puis chacune ouvrit la gueule et chargea un Rayon de destruction.
Trois Rayons de destruction de niveau 20.
Kiiing-
Les trois rayons fusionnèrent et jaillirent d’un seul coup, fonçant vers nous avec une puissance bien supérieure à celle d’un Rayon de destruction ordinaire.
Seleta, qui nous transportait dans le ciel, exécuta une manœuvre d’évitement incroyable.
Elle volait à pleine vitesse lorsqu’elle déploya largement ses ailes devant elle.
La résistance de l’air était énorme. Les membranes de ses ailes se gonflèrent comme si elles allaient se déchirer, et le corps de Seleta fit un tour sur lui-même dans les airs.
Sans les ceintures de sécurité en lianes, les trois frères et sœurs seraient tombés à coup sûr.
Une manœuvre complètement dingue.
Mais elle nous permit d’éviter le Rayon de destruction triple.
Kwauuuung !
Le rayon balaya le sol et pulvérisa plusieurs piliers de pierre en un instant.
Mon cœur manqua un battement.
Pelerian vit la scène et lâcha :
— Majestueux… !
*« Qu’est-ce que tu racontes ? »*
C’était vraiment majestueux.
Merde, j’avais complètement inversé les choses dans ma tête.
— L’évolution peut être aussi incroyable. Je me demandais pourquoi elle avait évolué de manière si peu efficace, mais cette wyverne s’est scindé la tête en trois et a acquis une puissance comparable au souffle d’un dragon.
C’était impressionnant.
Qui sait, le souffle d’un vrai dragon ressemblait peut-être à ça.
Même la Couronne de capture n’aurait probablement pas pu voler un pouvoir pareil.
— Et si tu te fendais la tête en trois, toi aussi ?
*« Uru, O, Ros, comme ça ? »*
— Oui.
Hors de question.
J’y réfléchirais peut-être si Pelerian se divisait d’abord en Pel, Ler et Ian.
Chugota avait failli tuer Seleta et tous ses petits avec ce Rayon de destruction.
Maman Wyverne gronda en fixant Chugota.
*« Elle va se battre ? »*
C’est ce que je crus, mais je me trompais.
Seleta poussa un long cri et changea de direction.
Les wyvernes aux écailles noires la suivirent.
Seleta avait décidé de battre en retraite avec toute sa nuée.
— C’est ce que doit faire un monstre à la tête d’un groupe.
Le combat avait déjà tourné à leur désavantage.
Plutôt que de laisser tout le monde mourir ici, Seleta avait choisi de fuir.
*« Ce n’est pas un problème ? On doit aller à Delphram. »*
Par chance, nous nous étions rapprochés de notre destination, mais j’avais l’impression que nous allions encore nous en éloigner.
Pelerian jeta un coup d’œil au ciel et au soleil, puis s’assit sur ma queue et prit la parole.
— Ça va. On dirait plutôt que nous nous dirigeons vers Delphram.
La nuée qui avait été repoussée se dirigeait vers l’endroit où se trouvait le Donjon de Pelerian.
Eh bien, ça tombait bien.
Mais pourquoi les wyvernes se dirigeaient-elles vers le donjon construit par le Mage féerique ?
* * *
Il existait un dicton.
Même si la Terre se réchauffait et que la civilisation s’effondrait, ce n’était pas la Terre qui périssait, mais la civilisation.
Peut-être que l’idée selon laquelle la vie est une tragédie quand on la vit et une comédie quand on l’observe de loin allait dans le même sens.
La Vague de monstres qui avait déferlé depuis la Grande Forêt avait infligé des dégâts dévastateurs aux humains.
D’innombrables personnes avaient péri.
Plusieurs territoires avaient été réduits en cendres, et la vague avait même franchi la frontière du royaume pour anéantir toute une division d’infanterie continentale.
Mais si l’on prenait du recul par rapport au point de vue humain et qu’on regardait les choses à l’échelle du continent…
Ce n’était peut-être pas grand-chose.
Imaginons que la Grande Forêt soit le philtrum du continent.
La Vague de monstres aurait alors été comme un énorme bouton qui éclatait soudain sur le philtrum du continent.
Un peu de sang pouvait couler, mais rien de plus.
Le continent n’était pas en danger, pas plus que la Grande Forêt.
Les elfes qui y vivaient n’étaient pas différents.
Comme toujours, les elfes s’étaient regroupés près de l’Arbre-Monde pour y vivre.
Même si les monstres devenaient féroces, la Vague de monstres ne submergerait jamais l’Arbre-Monde lui-même.
C’était pourquoi les elfes avaient subi peu de dégâts malgré la Vague de monstres.
Hailit Langrey, qui s’était trouvée près de l’origine de la Vague de monstres à l’époque, s’était naturellement réfugiée chez les elfes.
Elle était revenue avec le regard vide.
Plus de trois mois s’étaient déjà écoulés depuis qu’elle passait ses journées à ne rien faire, à grignoter des friandises elfiques.
Hailit avait autrefois eu l’air d’une elfe, avec une démarche aussi gracieuse que celle d’une biche.
Mais ses joues, ses poignets et ses chevilles étaient désormais aussi potelés que ceux de la fille d’un pâtissier.
« Rembus ! »
La bouche pleine de miettes, elle leva un morceau de pain triangulaire et marmonna :
« On m’a dit qu’une bouchée suffisait à rassasier… »
Personne ne prêta la moindre attention à Hailit.
« On m’a dit qu’une bouchée suffisait. J’en ai déjà mangé quatre, alors pourquoi je n’ai toujours pas le ventre plein ? »
Iris lui jeta un regard.
« Tu as déjà l’air bien rassasiée. »
« Quelle insolence, petite peste. »
Hailit baissa la voix et agita son pain.
Elles se trouvaient dans la résidence de l’ancienne.
Quoi qu’elle dise, Iris et l’ancienne ne faisaient pas attention à elle.
Ce qui ne faisait qu’accroître le mécontentement de Hailit.
« … Pourquoi vous ne me mettez pas dehors ? »
Même si elle était une héroïne, Hailit Langrey restait humaine.
Elle s’était liée aux elfes d’une manière ou d’une autre, mais une étrangère restait une étrangère.
Il aurait été normal de la mettre dehors quand elle avait débarqué en exigeant de rester quelque temps.
Hailit avait dit qu’elle ne resterait pas longtemps, puis s’était installée et refusait de partir.
Iris et l’ancienne la regardèrent, perplexes.
« Tu nous as dit de ne pas te mettre dehors, puisque tu ne resterais pas longtemps. »
« Ça te pose un problème qu’on t’ait laissée rester ? »
L’ancienne lui fit remarquer.
« Non, j’ai menti. J’ai dit que je ne resterais pas longtemps. »
« Si tu as menti, comptes-tu rester plus longtemps que prévu ? »
Plus elles parlaient, plus Hailit avait l’impression qu’elle allait exploser.
« Je veux dire que ça fait déjà longtemps que le “pas longtemps” est passé. »
« Langrey, ne hausse pas le ton. »
Iris lui reprocha son ton.
« Ne me sors pas ça ! »
Hailit bondit du canapé.
« Ça fait déjà trois mois, alors pourquoi vous n’avez rien dit ? »
Iris et l’ancienne échangèrent un regard perplexe.
« … Ça ne fait que trois mois. »
« Pourquoi es-tu si mécontente ? Si ça ne te plaît pas, pars. »
Voilà où était le problème.
La perception du temps de Hailit et celle des elfes étaient si différentes.
« C’est ça, le problème. »
Hailit en était même furieuse.
« Cette attitude désinvolte, c’est le problème des elfes. »
« Tu passes tes journées à traîner en mangeant des friandises, et c’est toi qui fais la leçon. »
Les disputes entre Iris et Hailit étaient devenues monnaie courante.
Quand Hailit fit la grimace, son double menton apparut.
Iris ne le rata pas.
« Tu n’arrives même pas à prendre soin de ton corps. Tes capacités au combat ont dû chuter de façon spectaculaire. »
Hailit était fière de son agilité, alors ce n’était pas faux.
« Désolée, mais je suis humaine. Il me suffirait de courir d’ici jusqu’au royaume pour retrouver mes abdos. »
Hailit répondit sans se démonter.
L’Arbre-Monde était extrêmement loin du royaume, mais elle en était tout à fait capable.
« Le problème, ce n’est pas moi. Toi et les autres elfes, vous pouvez manger les mêmes friandises que moi sans prendre un gramme. »
Hailit pinça la nuque d’Iris entre deux doigts.
Il n’y avait là qu’une peau lisse.
« Et même si tu courais la même distance que moi, ton corps ne s’userait pas. »
En vérité, Hailit ne cherchait pas à discuter de sa prise de poids.
Qu’est-ce que ça pouvait bien faire ?
« Si tu as quelque chose à dire, dis-le clairement. Ne tourne pas autour du pot. »
Iris ne laissa rien paraître, même maintenant.
« C’est l’homéostasie de votre race, le problème. »
Hailit s’assit sur la table basse devant l’ancienne.
Puis elle plaça son visage près de celui de l’ancienne et regarda Iris.
« Tu ne le vois pas ? »
« Ton visage est plus grand. »
« Ah, merde. »
Elle sortit de ses vêtements un pendentif orné d’un médaillon rond.
À l’intérieur, on voyait un portrait finement dessiné.
Il représentait l’ancienne tenant une jeune fille dans ses bras.
Il s’agissait de l’ancienne et de Hailit.
« C’est l’ancienne et moi. Sans que je m’en rende compte, j’ai l’air plus âgée qu’elle maintenant. »
« Que veux-tu, nous vivons longtemps. »
L’ancienne le fit remarquer, mais Hailit secoua fermement la tête.
« Les nains vivent même pas moitié moins longtemps que les elfes, mais au moins, ils vieillissent. Et les elfes ? Vous ne changez pas. Votre apparence ne change pas, pas plus que votre état d’esprit. Ce n’est pas pour rien que les gens disent que vous êtes plus proches des plantes que des animaux. »
Sa plainte ne semblait pas infondée.
« Les humains sont comme le feu. Nous embrasons tout autour de nous et nous prospérons. Nous brûlons les arbres et cultivons les terres. Nous défrichons et transformons les monstres en bétail. Mais les elfes ? »
« Alors nous sommes l’eau ? Tu vas nous sortir ta théorie des quatre éléments et des races ? »
« Je n’y connais rien. Et je me fiche que votre nature ait provoqué le déclin des elfes et finisse par les mener à l’extinction ! »
Hailit frappa la table basse.
« Ce que je veux dire, c’est que je crois savoir pourquoi Pelerian continue de vous mener en bateau. »
Le visage d’Iris se figea comme de la glace.
« … Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« C’est certain, Pelerian était l’elfe le moins elfique qui soit. Pelerian était un mage comme le feu. »
Ce n’était pas faux.
Pelerian était plus fier que quiconque d’être un elfe, mais son tempérament était moins elfique que celui de tous les autres.
Vu sous un bon angle, Pelerian était progressiste.
Sous un mauvais, grossier et vicieux.
« Vous ne comprendrez jamais Pelerian si vous essayez d’analyser cette personne avec vos méthodes elfiques dépassées. »
« … »
Hailit avait observé attentivement Iris et l’ancienne pendant tout son séjour.
Elle les avait regardées chercher des traces de Pelerian, s’entraîner et boire du thé, puis elle en avait eu la certitude.
Elle avait compris pourquoi elles n’avaient pas réussi à retrouver la piste de Pelerian depuis tout ce temps.
« Aviez-vous vraiment l’intention de retrouver Pelerian ? »
« Pourquoi poser une question aussi évidente ? On dirait qu’on s’amuse ? »
Iris avait juré de se venger.
Mais, comparé à ce qu’elles faisaient, c’était comme chercher des punaises de lit en inspectant seule tous les lits d’un hôtel.
« Combien de temps comptiez-vous chercher ? »
« Quoi ? »
« Combien de temps comptiez-vous continuer à déterrer les traces de Pelerian ? »
Combien de temps et d’efforts leur faudrait-il si elles continuaient comme ça ?
« … Au moins pendant les cinquante prochaines années. »
« Voilà pourquoi les elfes sont le problème. »
Si quelqu’un comme Iris gérait un hôtel, il finirait par faire faillite.
« Pour trouver des punaises de lit, il faut d’abord limiter les endroits où elles pourraient se cacher. »
« Pourquoi tu parles de ça tout à coup ? Et c’est quoi, des punaises de lit ? »
« Il faut découvrir où ont séjourné les clients suspects qui auraient pu en apporter. Ou bien fermer l’hôtel et demander aux femmes de chambre d’inspecter toutes les chambres en même temps. Si le gérant court partout tout seul pour attraper les punaises, est-ce qu’il réussira à toutes les trouver ? »
Hailit disait souvent des choses incompréhensibles quand ses pensées partaient dans tous les sens.
Heureusement, ses propos apparemment décousus ne menèrent pas plus loin.
« Il faut prendre en compte la personnalité de Pelerian. Ce vieux mage était un sacré numéro. »
« Un sacré numéro… ? »
« Tu connais le genre. Iel veut se faire remarquer et être admiré, mais sans le montrer directement. Le genre de personne qui aime que les autres la reconnaissent d’eux-mêmes et chuchotent : “Attends, ce ne serait pas le célèbre Défenseur du Ciel ?” »
C’était un jugement sévère.
Pourtant, Iris n’avait jamais envisagé les choses sous cet angle.
« Comment tu as pu ne pas le remarquer ? Tu ne sais pas que Pelerian se promenait autrefois avec un masque de cristal ? »
« Si. »
« À ton avis, pourquoi portait-iel un masque ? »
Comme personne ne répondit tout de suite, l’ancienne prit la parole.
« Pour cacher son identité ? »
« Ô, Orbe étincelant ! »
Hailit se tapa le front.
Les elfes avaient dépassé toutes ses attentes.
« Qui porte un masque de cristal pour cacher son identité ? Si c’était le but, iel aurait mis une capuche ou une écharpe. »
« Le masque… »
« Un mage mystérieux au masque de cristal a fait son apparition ! Pelerian voulait probablement qu’une histoire pareille se répande. Tu sais pourquoi Pelerian a soudain arrêté de porter ce masque ? Je l’ai entendu de mes propres oreilles. L’archimage Caspian s’est moqué de Pelerian en disant que le masque de cristal ne lui allait pas, parce qu’iel était laid, et qu’iel ferait mieux de l’enlever. »
« Alors Pelerian a arrêté de le porter après ça ? »
« Oui. C’est un mage de la Tour de magie qui me l’a raconté. Si c’était pour jouer ce personnage jusqu’au bout, pourquoi abandonner de façon aussi pitoyable ? »
La façon de penser de Pelerian était incompréhensible pour des elfes aussi naïves.
Pourquoi Pelerian voulait-iel tant que les autres le révèrent, tout en souhaitant que cette ambiance s’installe naturellement au lieu de leur imposer son admiration ?
« Bref, c’est bien une carte des donjons que Pelerian a construits jusqu’ici ? »
Une carte du continent était accrochée au mur.
Étonnamment, les frontières administratives indiquées semblaient ne pas avoir été mises à jour depuis des centaines d’années.
C’était bien elfique, ça aussi.
« Vous restez enfermées dans la Grande Forêt sans jamais sortir, alors vous ne pouvez pas savoir. Mais dans la capitale, il y a même un truc qui s’appelle l’opéra. »
« Quel rapport avec l’opéra ? »
« On raconte que Pelerian a vu des opéras de nombreuses fois. Celui qu’iel a le plus vu s’appelait La Nuit bleue de la Kabbale. »
Hailit sortit brusquement une craie rouge et traça des lignes sur la carte.
« J’ai vu La Nuit bleue de la Kabbale, moi aussi. L’arbre de vie sert plusieurs fois de décor. Je ne suis ni mage ni sorcière, donc je ne connais pas sa forme exacte, mais… c’est bien ça ? »
« Ne me dis pas que… »
En reliant les donjons par des traits, elle fit apparaître une forme particulière.
À vrai dire, il n’était pas facile d’y déceler un motif.
On n’aurait eu une chance de le reconnaître qu’en connaissant la Kabbale et en traçant des lignes selon cette forme.
C’était un indice presque impossible à découvrir par soi-même.
« Tu vois ? Je te dis que Pelerian est vraiment incroyable. Iel voulait que quelqu’un le remarque, mais a rendu l’indice assez subtil pour qu’on ne puisse pas le déchiffrer facilement. »
L’ancienne se leva brusquement.
Si cela représentait la disposition de l’arbre de vie, il devait exister un chemin précis à tracer.
« Si nous suivons le Serpent de la Sagesse, la voie du Serpent… »
La tête du serpent se trouvait au nord.
« Si nous cherchons dans cette zone, il pourrait y avoir un donjon. »
Ce serait vrai si les donjons étaient disposés selon la voie du Serpent.
Et si le donjon qui symbolisait la tête du serpent était le dernier à avoir été construit…
« Alors ce donjon doit avoir une signification particulière. Il est sûrement très important. »
« Merci, Hailit Langrey. »
Iris, qui lui lançait toujours des piques, la remercia poliment.
Puis elle enfila ses armes.
L’ancienne demanda :
« Tu pars ? »
« Oui. »
« Quand ? »
« Maintenant. »
Iris s’apprêtait à sauter une nouvelle fois au pied de l’arbre.
« Bon sang, tu recommences. »
Hailit l’attrapa par sa capuche.
Iris se retrouva suspendue dans le vide.
« Tu comptes mettre encore trois mois pour arriver là-bas ? »
« Alors… ? »
« Viens avec moi. Si on court quelques jours, on pourra prendre une porte de téléportation et arriver rapidement. »
« … Merci. »
« De rien. »
Notes :
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