T/N : Si vous vous posez la question, cet arc se termine au chapitre 154.
L'arbitre a sifflé, marquant le début de la seconde mi-temps.
Comme lors de la première, Umi a rapidement pris au marquage Arae-san, qui venait de recevoir le ballon d'une coéquipière.
« … Salut, désolée de te déranger encore. »
« T'es vraiment collante. »
« Oui, c'est vrai que je suis quelqu'un d'assez persévérant. »
Pendant la première mi-temps, elles marquaient Arae-san à deux, mais là, elles ont ajouté une troisième défenseuse.
Comme elles mobilisaient trois personnes pour la surveiller, les deux autres membres devaient gérer quatre joueuses de l'équipe adverse. Mais vu qu'Arae-san ne faisait jamais de passes à personne à part son unique suiveuse, la stratégie semblait viable.
Comme lors de la mi-temps précédente, Nakamura-san et Umi collaient Arae-san, tandis que la nouvelle défenseuse restait en retrait, probablement pour s'assurer qu'Arae-san ne puisse pas les surprendre à nouveau avec une feinte.
Face à une telle situation, peu importe à quel point Arae-san était douée, elle n'avait aucune chance de s'en sortir facilement.
« Pff… Dégagez !… »
« … Oups. »
Elle a essayé de passer en force, mais elle a mis trop d'intensité et Umi est tombée. L'arbitre a sifflé une faute.
Arae-san a claqué de la langue pour la énième fois en entendant le coup de sifflet.
« Aïe… »
« Ça va, Asanagi-chan ? »
« Ça va, j'ai juste perdu l'équilibre. »
Umi s'est relevée avec l'aide de Nakamura-san. J'ai eu peur une seconde, car elle a fait un bruit sourd en tombant, mais elle n'avait pas l'air blessée.
Comme il n'y avait pas de remplaçantes, personne ne se faisait exclure du terrain, peu importe le nombre de fautes. En revanche, tous les cinq fautes, l'équipe adverse obtenait un lancer franc.
Pendant la première mi-temps, la classe 10 avait cumulé trois fautes (toutes d'Arae-san) et celle-ci était la quatrième. Umi allait forcément tirer le lancer franc, donc c'était un point quasiment garanti si elle refaisait une faute.
Dans cette situation, Arae-san devait jouer plus prudemment. Au lieu de tenter de percer, elle allait probablement essayer de tirer à trois points.
Évidemment, tirer d'aussi loin réduisait considérablement ses chances de marquer.
« ! »
« Nakamura-san, s'il te plaît ! »
« J'y vais ! »
Après la quatrième faute, Umi, pensant sans doute qu'Arae-san n'essaierait pas de forcer à nouveau, a demandé à Nakamura-san de prendre le rebond.
Amami-san a essayé de la gêner, mais elle ne pouvait pas faire grand-chose face à la taille de Nakamura-san.
C'est alors qu'une petite fille a couru vers le panier de la classe 10. Je crois qu'elle s'appelait… Shichino-san ? Elle a calmement récupéré le ballon de Nakamura-san et a marqué, creusant l'écart entre les deux équipes.
« T'inquiète pas, Arae-san. Je ferai de mon mieux pour récupérer le ballon la prochaine fois, concentre-toi juste sur tes tirs. »
« … Bruyante… Je sais ce que je fais… »
Cinq minutes après le début de la seconde mi-temps, le front d'Arae-san était perlé de sueur. On aurait dit que son endurance n'était pas encore totalement revenue.
Petit à petit, l'écart au score s'est creusé, tandis que l'état d'Arae-san se dégradait.
Bien sûr, Umi ne s'est pas retenue pour autant. Elle était bien décidée à la faire craquer complètement.
« Arae, faute. »
« Quoi ? Je l'ai pas poussée ! »
« Tu es entrée en contact avec elle et je t'ai vue te pencher. C'est une faute. »
« Pff… »
Je n'étais pas assez près pour voir ce qui s'était passé, mais au moment où Arae-san a mis un peu de pression vers l'avant, Umi a perdu l'équilibre et est tombée.
… Elle devrait pourtant pouvoir encaisser une telle force, non ?
Je t'ai eue…
J'ai vu Umi articuler ces mots avant de tirer la langue.
On pouvait débattre pour savoir si son coup était intelligent ou lâche, mais tout ce qui comptait, c'est que ça suffisait à frustrer Arae-san.
Comme c'était la cinquième faute, l'arbitre a accordé deux lancers francs à la classe 11.
« … Yes ! »
Umi a marqué ses deux tirs comme prévu et l'écart était désormais à deux chiffres.
« Juste parce que tu peux pas gagner, tu dois recourir à des petits tours comme ça ? Impressionnant, ça montre vraiment à quel point t'es une personne pitoyable… »
« Merci pour le compliment. »
Umi a répondu aux paroles venimeuses d'Arae-san avec une attitude décontractée, probablement parce que son équipe menait au score.
… N'empêche, une personne pitoyable ? Elle s'est déjà regardée dans un miroir ?
« Ça va aller, Arae-san, il reste du temps ! Si on commence à attaquer ensemble… »
« … Hé… »
« Hm ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Je t'ai dit que j'avais pas besoin de tes conneries, non ?! »
Arae-san a élevé la voix avant de faire tomber le ballon des mains d'Amami-san.
Sa voix a résonné dans tout le gymnase, et même les filles qui jouaient au volley ont tourné la tête vers le terrain de basket.
« … Umi… »
« J'ai compris. »
J'ai appelé Umi et je me suis approché d'elles pour pouvoir intervenir immédiatement si quelque chose arrivait.
Elles étaient probablement toutes les deux frustrées par le déroulement du match, sans parler de la tension entre elles. Mais quand même, s'énerver comme ça devant les profs, c'était pas une bonne idée.
Le prof est arrivé sur les lieux peu après, mais Amami-san a juste souri.
« Tout va bien, Sensei, ce n'est rien de grave. »
« Mais, Amami… »
« Tout va bien, Sensei. Considérez juste ça comme une enfant qui fait un caprice. »
A dit Amami-san avec un sourire. Ses mots étaient pourtant tranchants.
Elle était vraiment énervée, hein ?
Enfin, c'était normal, c'était un être humain, elle avait des émotions aussi.
« Hein, je pensais que t'irais pleurer auprès de tes amies, c'est ça ta vraie nature ? »
« J'ai toujours été comme ça, c'est juste que j'ai une plus grande tolérance aux conneries que mes amies… »
C'était probablement la deuxième fois que je voyais Amami-san en colère. L'incident de la loterie l'an dernier était la première fois, et c'était déjà un lointain souvenir pour moi. Mais là, elle avait l'air encore plus furieuse qu'à l'époque.
« Arae-san, tu te rends pas compte à quel point tu es puérile en ce moment ? Tu t'entêtes et tu t'en prends aux gens sans raison, tu crées des problèmes à tout le monde. Si c'est pas être puérile, c'est quoi ? Tu as traité Umi de pitoyable, mais tu t'es regardée dans un miroir ? »
« Hein ?! »
« Je sais pas pourquoi tu me détestes, et honnêtement, je m'en fiche. Tu peux me détester autant que tu veux, j'en ai rien à faire. Mais si tu me détestes, déteste-moi, point. Pourquoi tu mêles les autres à ça, hein ? »
« … »
Arae-san est restée silencieuse, probablement déstabilisée par l'explosion soudaine d'Amami-san.
En fait, Umi était pareille.
« … D-Désolée, j'ai été un peu émotive… Le truc, c'est que je pouvais rester calme parce que mes amies s'énervaient pour moi, mais ça veut pas dire que je n'ai pas de sentiments… »
« … La ferme, j'en ai marre de t'entendre parler. Arrête juste de me traiter comme ton amie, on se trouve juste dans la même classe… »
« Je ne te traite pas comme une amie… On n'est pas amies, mais on est quand même coéquipières. Les coéquipières s'entraident, c'est pas un concept difficile à comprendre, non ? »
« … Les gens qui ne font que me ralentir ne méritent pas d'être appelés coéquipiers… »
« Hein ? »
Tous ceux qui étaient à proximité ont entendu ce murmure sortir de la bouche d'Arae-san.
Son air hautain s'est effrité une seconde.
« … Peu importe… Je suis fatiguée… Désolée, Sensei, je me sens pas très bien… Je vais faire une pause. »
En réalisant ce qu'elle venait de dire, Arae-san a couru vers les vestiaires des filles.
« Désolée, Sensei, on a perdu trop de temps. Je pense qu'on peut commencer le match suivant immédiatement, disons juste qu'on a perdu ce match… On va aller se calmer un peu… »
Ensuite, Amami-san s'est excusée auprès du reste de ses coéquipières avec un faible sourire avant de se diriger vers la fontaine à eau à l'extérieur.
Le résultat du match était la victoire de la classe 11. Leur stratégie avait bien fonctionné et leur avait techniquement fait gagner le match, mais Umi semblait insatisfaite.
« Tu vas où, Asanagi-chan ? On doit noter les scores et ranger après ça… »
« Désolée, Nakamura-san, j'ai un peu soif… »
« Compris, laisse le rangement pour nous alors. Amami-chan est ta meilleure amie, non ? Va la réconforter ~ »
« Mhm… Allons-y, Maki… »
« Mm. »
Nous avons tous les deux quitté le gymnase pour consoler Amami-san, qui était déprimée.
Nourrissez mon addiction au gacha, s'il vous plaît.