Chapitre 292
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 291
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Il y avait une chose qui n’avait pas changé, même à une époque où les humains voyageaient librement entre les étoiles.
Une époque où ils pouvaient manipuler les gènes à leur guise, modifier l’environnement des planètes et déplacer d’immenses structures métalliques à travers des systèmes stellaires entiers.
Désormais, les humains pouvaient recréer de leurs propres mains des miracles que l’on avait autrefois attribués aux dieux.
Pourtant, s’il y avait bien une chose qui demeurait inchangée, une chose qu’on ne pouvait altérer, c’étaient les « limites inhérentes à l’être humain ».
La mort. La fin. Des problèmes que les humains, même capables d’accomplir des miracles divins, ne pouvaient résoudre, puisqu’ils n’étaient pas des dieux. La peur qu’ils inspiraient prenait de nombreuses formes.
Des mythes sur le mal infini qui rôderait dans les profondeurs de l’univers.
Des histoires de vaisseaux qui atterrissaient sur une planète inhabitée et dont l’équipage se retrouvait mystérieusement plus nombreux qu’au départ.
Des rumeurs prétendant qu’un vaisseau, parti avec un équipage au complet, arrivait à destination sans personne à bord.
Ironiquement, même à l’ère des voyages spatiaux, ces histoires de fantômes persistaient. Elles avaient simplement évolué pour rappeler à l’humanité ses limites et raviver ses peurs primaires.
Yamada, chef de l’équipe de la flotte de secours à bord de la forteresse spatiale de MegaCorp dans le système stellaire OS-255, avait entendu quantité de ces histoires par le passé.
À l’époque où il n’était qu’un simple membre d’équipage, il avait entendu toutes les histoires de fantômes possibles. Après tout, c’était le genre de récits dont les marins, lancés sur l’immense mer d’étoiles, parlaient volontiers autour d’un verre.
Mais jamais il n’avait entendu d’histoire aussi terrifiante que celle qu’on allait lui raconter.
« Vous voulez dire que nous avons perdu le contact avec le Gigacracker ? »
Alors qu’il était sur le point de s’endormir, un message de son subordonné le tira brusquement du sommeil. Un frisson glacial lui parcourut l’échine.
「Oui. C’est l’heure prévue pour la communication, mais nous n’avons reçu aucun signal.」
« Il aurait complètement disparu ? »
「Non, la signature énergétique du Gigacracker est toujours intacte.」
La flotte de secours était équipée d’appareils capables de suivre les traces énergétiques propres au Gigacracker. Tant que le vaisseau n’avait pas été détruit de fond en comble et que sa trace n’était pas trop ancienne, ils pouvaient la suivre.
« … Tant mieux. Réveillez tout le monde et préparez le vaisseau à un départ immédiat. »
「Compris !」
Après avoir mis fin à la communication avec son subordonné, Yamada envoya un message d’urgence à toute la flotte.
« Attention, toutes les unités de la flotte de secours. Nous avons perdu le contact avec le Gigacracker 14 ! Je répète : nous avons perdu le contact avec le Gigacracker 14 ! »
Cinq minutes plus tard.
La flotte de secours s’était rassemblée dans l’immensité spatiale, à l’extérieur de la forteresse.
S’il s’était agi d’un vaisseau ordinaire en difficulté, ils ne se seraient pas mobilisés aussi vite. Mais la situation était sans précédent : ils avaient perdu le contact avec le Gigacracker, et cela changeait tout.
« La signature énergétique du Gigacracker est toujours là ? Elle n’a pas changé ? »
« Oui, elle est toujours présente au même endroit. »
« … Ça pourrait être l’œuvre d’agents de l’Union stellaire. »
Évidemment, si le Gigacracker avait été volé par une faction ennemie plutôt que détruit, le problème serait bien plus grave. Le danger qu’il représentait pour les planètes de MegaCorp n’était qu’une préoccupation secondaire ; la menace principale était l’ingénierie inverse.
Seul Saint K connaissait les plans et les technologies clés du Gigacracker. Si ces connaissances venaient à fuiter, Saint K subirait un coup dévastateur.
Il était évident que les Noble Capital, après avoir subi une perte aussi colossale, ne s’en prendraient pas à d’autres qu’à eux. Les membres de la flotte de secours risquaient fort d’être sévèrement punis ; conserver leur emploi dans l’entreprise leur paraîtrait alors un luxe.
« Toute la flotte est prête pour le voyage à hypervitesse. »
Sur l’ordre de Yamada, toute la flotte se mit à briller d’une lumière bleu profond. Comme une étoile dans la vaste obscurité spatiale, cette lumière, qui avait illuminé l’étendue noire, disparut en un instant.
Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent dans un système stellaire complètement différent, situé à une grande distance. Grâce à leurs moteurs à hypervitesse, ils accomplirent en quelques minutes un trajet qui aurait normalement pris des mois.
« Destination atteinte. »
« Aucun vaisseau manquant. »
« Aucun dégât. »
« Bien. Affichez la situation du Gigacracker sur l’hologramme. »
Tandis que les rapports circulaient dans la flotte, un hologramme représentant la situation dans le système stellaire fut projeté dans la salle de commandement centrale.
Peu après, la caméra externe du vaisseau afficha l’image du Gigacracker sur l’hologramme. L’immense Gigacracker sphérique, large de deux kilomètres, apparut avec les données chiffrées qui analysaient son état actuel.
« Sa position n’a pas changé… Hein ? »
Le membre d’équipage qui faisait son rapport s’interrompit soudain.
Mais Yamada ne le réprimanda pas.
Les données affichées sur l’hologramme étaient très inhabituelles.
« Son émission d’énergie s’envole ! »
Elle augmentait rapidement, comme lorsqu’un canon à ions s’activait. En comprenant ce qui se passait, Yamada blêmit.
« Évitez-le ! Manœuvres d’évitement, tout de suite ! »
« Oui, immédiatement ! »
Alertés par l’anomalie, les autres vaisseaux commencèrent à s’écarter en adoptant différentes formations. Pendant ce temps, les données sur l’hologramme grimpèrent en flèche, atteignirent leur maximum, puis virèrent au rouge sombre.
Lorsque la hausse d’énergie se stabilisa, la voix froide et mécanique de l’IA du vaisseau résonna dans la salle de commandement.
「Réaction à haute énergie détectée à l’avant.」
« Tout le monde, agrippez-vous à ce que vous pouvez ! »
Au moment où les deux ordres se croisèrent, une secousse colossale ébranla le vaisseau.
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Dans les jeux de survie spatiale, rares étaient les joueurs qui n’aimaient pas les superarmes.
Ce qui n’avait rien d’étonnant.
C’était l’occasion de manier les armes que l’on voyait dans les œuvres de science-fiction spatiale : celles capables de rayer des flottes entières d’un seul tir ou de réduire des planètes en cendres sous des flammes purificatrices.
Au-delà de la vision romancée de la science-fiction, les superarmes étaient aussi très efficaces dans les mécaniques du jeu. Leur puissance de destruction pure permettait d’anéantir facilement les défenses ennemies.
Seule une force équivalente pouvait arrêter une superarme. Dans les affrontements entre joueurs de haut rang, clans ou factions, le fait qu’un camp en possède une ou non pouvait avoir des conséquences considérables.
Pour ma part, j’avais souvent affronté des ennemis équipés de superarmes, et j’avais trouvé difficile de les contrer. Même en se cachant sur une planète, si l’ennemi vous prenait pour cible avec une superarme, c’en était fini.
Malgré ces avantages, les joueurs qui conservaient une superarme longtemps étaient rares.
La raison tenait précisément à ces mêmes avantages.
Au combat, détenir une supériorité écrasante attirait rapidement l’attention de tous ceux qui voulaient s’emparer d’une superarme. Les ennemis, c’était compréhensible, mais même les alliés pouvaient tenter de vous saboter en secret : ils ne savaient jamais quand l’arme risquait de se retourner contre eux.
Et les superarmes étaient difficiles à dissimuler. Malgré leur puissance immense, leurs défenses n’étaient pas forcément plus solides. Le moindre faux pas, et les tirs ennemis les submergeaient avant de les détruire.
Sans parler des coûts exorbitants de production et d’entretien.
Pour ces raisons pratiques, peu de joueurs conservaient longtemps une superarme. Pourtant, malgré tout, elles restaient convoitées. Voilà tout le charme d’une superarme.
Et à présent, cette arme au pouvoir de destruction si séduisant s’activait sous mes yeux.
L’arme principale du Gigacracker, le Canon dévoreur noir. Une arme assez puissante pour désintégrer de petits astres, comme des astéroïdes ou des planètes naines, venait de s’activer.
Le canon, dont le diamètre se comptait en centaines de mètres, déversa un faisceau cyan. Il ressemblait aux rayons de particules tirés par l’Aile de cristal, mais sa portée et sa puissance de destruction jouaient dans une tout autre catégorie : la comparaison était absurde. Aucune créature vivante ne pouvait rivaliser avec une force capable de détruire un astre.
Cette belle mort fendit les ténèbres spatiales et fila vers sa cible.
Au bout de sa trajectoire, il n’y avait pas un astre, mais un vaisseau : la flotte de secours qui venait d’arriver.
Les vaisseaux fraîchement entrés dans le système stellaire étaient désorientés. Ils n’auraient jamais imaginé que le Gigacracker les prendrait pour cible. Ils tentèrent de se disperser pour éviter le tir, mais le faisceau du canon à ions était déjà sur eux.
Au moment où le faisceau percuta la flotte, une lumière intense jaillit.
Il n’y eut pas de feux d’artifice éblouissants, comme dans une grande bataille spatiale. C’était plutôt comme des vagues balayant un château de sable. Cuirassés, destroyers et frégates : des centaines de vaisseaux furent frappés par le faisceau et disparurent sans laisser de trace.
« Dans le jeu, c’est moi qui aurais fait ça. »
Même si un être évoluait jusqu’à son apogée, il avait très peu de moyens de se défendre contre une superarme. Seules les capacités les plus puissantes, comme celles d’une entité de rang Apex, pouvaient éventuellement lui tenir tête.
« Maintenant que j’y pense, c’était pareil quand j’ai combattu le cuirassé impérial. »
Même pour bloquer les Éclairs cosmiques du vaisseau amiral impérial, j’avais dû tout donner : ma forme parfaite, le Roi des bêtes, le Fouet de Dieu et même le Souffle psychique à trois têtes, juste pour l’emporter de justesse.
En réalité, une telle situation était rare dans le jeu. La plupart du temps, la superarme s’activait et mettait fin au combat avant qu’on en arrive là. Et si l’on échouait ? On finissait comme ces vaisseaux.
« C’est fini ? »
La coque du Gigacracker, qui s’était déployée comme un lotus en fleur, se repliait à présent. En temps normal, le vaisseau gardait sa forme sphérique, mais lorsqu’il tirait avec son canon à ions, la coque extérieure autour de l’arme s’ouvrait comme des pétales.
« C’est pour ça qu’on l’avait surnommé “Mandarine”. »
Le canon à ions désormais au repos, le Gigacracker reprenait sa forme initiale.
J’avais assisté à toute la scène dans l’espace, enveloppé du « Voile sombre » du début à la fin.
« À mon tour, maintenant. »
Les seuls survivants étaient les frégates les plus rapides et quelques cuirassés qui avaient esquivé l’attaque grâce à leur vivacité d’esprit et à leurs manœuvres.
S’ils rentraient sains et saufs, ça poserait problème.
Toujours dissimulé par le voile, je me dirigeai vers eux. Dès que les vaisseaux survivants me virent approcher, ils se dispersèrent.
Grâce au Voile sombre, mon corps était recouvert d’une matière qui perturbait les systèmes de détection ennemis. À leurs yeux, je devais apparaître comme une immense anomalie énergétique.
Peut-être à cause des tirs répétés du canon à ions, ou de cette nouvelle attaque, mais l’ennemi semblait complètement désorganisé.
Je plongeai dans leurs rangs et balayai de ma queue droite une frégate toute proche. Autrefois imposante, elle paraissait désormais minuscule à côté de moi. Ma queue de scorpion la trancha en deux.
Pendant que je balayais les vaisseaux de ma queue, le reste de mon corps ne resta pas inactif. Au lieu du Voile sombre, des conduits qui le parcouraient expulsèrent une brume de « Mousse gremlin », renforcée par le Trait du « Grand Infecteur ».
La nuée de Mousse gremlin, qui paralysait les machines, se fixa aux épaves de la flotte de secours. Les vaisseaux pris dans le brouillard clignotèrent brièvement, puis s’immobilisèrent complètement.
Mes deux têtes latérales s’occupèrent de ces proies neutralisées. La tête droite perça un vaisseau d’un grand trou avec un souffle acide renforcé, tandis que la gauche en mordit un autre et le projeta sur un ennemi.
Mes bras de combat se transformèrent en lames semblables à des faux ou en grandes mains griffues selon les besoins, frappant les vaisseaux alentour. Grâce au Trait « Arme biologique variable », mes bras ne cessaient de changer de forme et de torturer l’ennemi.
Alors que le nombre de frégates survivantes diminuait rapidement, les cuirassés restants semblèrent comprendre ce qui les attaquait. Les vaisseaux survivants reculèrent, tandis que leurs canons principaux s’armaient et ouvraient le feu sur moi.
L’énergie plasmatique de leurs canons frappa mon corps, mais ne m’infligea pas de dégâts importants. Ce n’était pas tout à fait indolore, mais comparé à ce que j’avais enduré auparavant, ce n’était presque rien.
« Alors, vous voulez une fusillade ? »
On aurait dit que c’était ce qu’ils voulaient. Je décidai donc de leur donner satisfaction.
Mes têtes, qui avaient jusque-là bougé chacune de leur côté, s’immobilisèrent et se plièrent à ma volonté, orientées vers l’avant.
Depuis tout mon corps, l’énergie colossale qui m’irriguait — semblable au Cœur de dragon — jaillit vers le haut en une fontaine de puissance. Auparavant concentré dans une seule tête, mon pouvoir psychique s’écoula désormais dans trois directions, réparti à parts égales. Chargés de cette énergie immense, mes tentacules se tordirent à l’unisson.
Et lorsque l’énergie accumulée atteignit son paroxysme, mes tentacules s’embrasèrent.
Le souffle du dragon, qui dépassait désormais de loin sa forme d’origine, balaya les vaisseaux. Ma puissance n’égalait toujours pas celle d’une superarme, mais résister au Souffle psychique était une tout autre affaire. La coque des cuirassés lourdement blindés fondit, tandis que les frégates plus petites disparaissaient sans laisser de trace.
Quand la tempête de flammes s’acheva, plus rien ne bougeait.
Il ne restait, dans le vide spatial, que les carcasses de la flotte.
« Je termine le nettoyage et je rentre ? »
Je libérai une dernière salve de flammes violettes. Le Souffle psychique engloutit les épaves et les réduisit en cendres.
Après avoir effacé toute trace de la flotte de secours, je fis demi-tour.
Les petits m’attendaient dans leur nouvelle maison.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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