Chapitre 286
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 285
J’avais vu autrefois un vieux film.
C’était un thriller dont le principe était que, sous la surface de la Terre, vivaient des répliques identiques aux humains de la surface.
La rencontre entre les humains de la surface et leurs doubles souterrains ne se terminait pas bien. C’était comme dans la légende du Doppelgänger : croiser quelqu’un qui vous ressemble comme deux gouttes d’eau annonçait la mort.
C’était exactement la situation dans laquelle je me trouvais.
L’homme devant moi hurla de terreur. C’était le « moi » de l’époque où j’étais encore humain.
« … Je dois d’abord essayer de lui parler. »
J’utilisai mon Organe d’imitation pour reproduire une voix humaine et le calmer.
Mais le son qui sortit de ma bouche n’avait rien à voir avec ce que j’attendais.
「Grrrr ?」
« Quoi ? »
Un grondement bestial jaillit de ma gueule, où pointaient des crocs acérés. Ça avait dû ressembler à une menace, car « moi » poussa un cri de stupeur.
« Pourquoi mon Trait ne s’active-t-il pas ? »
Était-ce parce que tout cela n’était qu’une illusion ? Ou parce que mon corps était en pleine métamorphose, dans un cocon ? Mon Organe d’imitation ne fonctionnait pas du tout.
En plus, mon corps ne faisait actuellement que la taille d’un humain. Si j’avais pu tenir dans ce studio exigu, c’était uniquement parce que j’avais rétréci.
Profitant peut-être de mon désarroi, l’autre « moi » me donna un coup de pied à la tête.
「Grk ?!」
« Aïe ?! »
Sous ma forme d’origine, je n’aurais même pas bronché. Mais cette fois, une douleur cuisante me traversa le crâne, comme si j’avais reçu un tir de canon principal de cuirassé.
Ébranlé par cette souffrance inattendue, je titubai et m’effondrai sur le bureau où se trouvait l’ordinateur. Pendant que j’étais à terre, « moi » fila hors de l’appartement.
« Qu’est-ce qui se passe ? »
Je me frottai la tête de mes bras ailés pour atténuer la douleur.
« Ce n’est pas une illusion ? »
La douleur lancinante dans ma tête, après ce coup, prouvait que tout cela était réel. Je n’avais jamais ressenti pareille douleur dans les hallucinations que j’avais eues auparavant, dans le cocon.
À mesure que je me massais le crâne, la douleur s’estompa, mais la colère, elle, commença à bouillonner. L’envie de réduire l’ordinateur devant moi en miettes et de poursuivre ma proie en fuite me submergea.
「Grrrrrr…」
« … Non, calme-toi. »
Je réprimai de force cette rage qui montait en moi.
À bien y repenser, mes précédentes illusions avaient elles aussi été déclenchées par des sensations. Les fortes odeurs chimiques que j’avais senties à l’hôpital et dans ces mystérieuses installations, par exemple.
Si je pouvais sentir les odeurs, je pouvais sans doute aussi ressentir la douleur. Je ne m’en étais simplement jamais rendu compte, parce que personne ne m’avait attaqué jusque-là.
Le vrai problème, c’était que le premier à avoir réussi à me blesser dans cette illusion n’était autre que « moi ».
« Je dois le rattraper. »
La version humaine de « moi » n’était pas apparue sans raison. Pour comprendre ce qui provoquait cette illusion, j’avais besoin de lui. Même si nous ne pouvions pas communiquer, je devais le capturer et tirer les choses au clair.
Je sortis de l’appartement à la poursuite du « moi » en fuite.
Un couloir gris et des portes hermétiquement closes m’accueillirent.
Par précaution, je saisis la poignée de la porte en face de la mienne, mais elle ne s’ouvrit pas. Elle n’était pas simplement verrouillée : on aurait dit que la poignée était soudée au mur.
« Il a pris l’escalier. »
À moins d’être entré dans un autre appartement, il n’avait pu aller qu’à un seul endroit. Mes six longs bras frappèrent le sol dur, faisant résonner le couloir.
Comme je m’y attendais, la porte menant à l’escalier était entrouverte. À l’intérieur, la lumière du plafond éclairait les marches.
« Il est passé par là ? »
Le détecteur de mouvement s’étant déclenché, « moi » avait dû descendre l’escalier.
Alors que j’allais m’y engager, une idée me traversa l’esprit.
Si cet être était vraiment « moi », comment réagirais-je face à un monstre impossible à éviter ?
Est-ce que je m’enfuirais, terrifié comme je l’étais à présent ?
Ou bien…
« Derrière moi ! »
« Crève ! »
La porte de l’ascenseur, de l’autre côté de la cage d’escalier, s’ouvrit. Sans me retourner, je baissai vivement la tête. Un manche de serpillière cassé me frôla et transperça la carapace à l’arrière de mon crâne.
« Merde ! »
« Merde ! »
Je rentrai la tête pour la protéger et balayai l’ennemi d’un coup de queue. La griffe à son extrémité racla le sol poussiéreux en fendant l’air. Mais quand mon attaque échoua, « moi » avait déjà bondi en arrière.
La pointe griffue de ma queue passa juste sous « moi » alors que j’étais suspendu dans les airs. Les semelles de « mes » chaussures raclèrent la griffe dans un crissement aigu. Après avoir esquivé l’attaque basse en sautant, « moi » atterrit sur l’escalier opposé et se mit à descendre.
Quand sa silhouette disparut, je saisis le manche cassé, toujours planté dans la carapace de mon crâne, et l’arrachai.
Les parties les plus résistantes de mon corps étaient la carapace de ma tête, mon thorax et la griffe de ma queue : trois zones qui tenaient même face aux tirs de canons de cuirassé. Pourtant, cette arme de fortune avait réussi à percer l’une d’elles.
「Grrrrrrr」
Ma colère bouillonnante atteignit son paroxysme. Sans même m’en rendre compte, je rongeai le manche cassé, puis le recrachai, furieux.
Cette rage tenace qui m’obscurcissait l’esprit était devenue incontrôlable. Je n’avais plus qu’une envie : rattraper l’autre « moi » et lui déchiqueter la tête.
« Calme-toi, calme-toi. Respire. »
Je luttai pour réprimer ma fureur et repassai les événements en revue.
« Il a anticipé mes gestes. »
J’en étais sûr, maintenant. Ce « moi » n’était pas qu’une réplique visuelle. Il pensait exactement comme moi.
« Moi » avait prévu que j’irais vérifier l’escalier et s’était caché dans l’ascenseur pour me prendre en embuscade. Si j’avais été humain et que j’avais rencontré un Amorph dans la vraie vie, j’aurais agi exactement de la même façon.
Parce que moi, la version humaine de « moi », savais parfaitement ce qu’était un Amorph. Les Amorph étaient par nature des monstres carnivores avec lesquels on ne pouvait ni raisonner ni négocier. Fuir devant l’un d’eux n’avait rien de facile, et je le savais.
Il ne me restait donc qu’une seule option : combattre.
« Il a visé ma tête. »
Un Amorph pouvait mourir si son cœur ou son cerveau était détruit. Si je n’avais pas senti l’attaque et baissé la tête à temps, ce manche m’aurait transpercé le cerveau.
「Grrr, la prochaine fois, je devrai le maîtriser tout de suite.」
Tout comme il pouvait prévoir mes mouvements, je pouvais anticiper les siens. Il devait m’attendre quelque part, au-delà de cet escalier, avec une arme à la main.
« Il a probablement pris la hache d’incendie, grrk. »
Des haches d’incendie et des extincteurs étaient disposés dans les couloirs des étages inférieurs. Comme le manche avait percé ma carapace, elle était trop fragile pour résister à une hache.
Ma taille me donnait l’avantage de la force, mais, dans ce cas précis, c’était loin d’être un atout. Plus la cible était grande, plus elle était facile à toucher.
« Moi » avait toutes les chances de se cacher derrière la porte reliant l’escalier au couloir. La cage d’escalier était équipée de détecteurs de mouvement : c’était donc un mauvais endroit pour une embuscade, et l’espace était trop exigu pour combattre un ennemi de ma taille.
Je jetai un coup d’œil aux marches par lesquelles « moi » avait fui, puis tournai le regard vers l’ascenseur d’où « moi » était sorti.
Je tendis un bras ailé et appuyai sur le bouton de l’ascenseur. Un doux ding retentit, les portes coulissèrent et révélèrent l’intérieur bien éclairé, ainsi que la tête effilochée de la serpillière, qui gisait là.
Une bonne idée me vint.
J’entrai dans l’ascenseur, accrochai la porte avec ma queue et poussai de mon bras ailé la plaque en acier inoxydable du plafond. Dans un cliquetis, elle se détacha.
Je me hissai dans le plafond de l’ascenseur, sans oublier d’appuyer avec le bout de ma queue sur le bouton de l’étage inférieur.
« Il m’attend, grr, derrière la porte entre l’escalier et le couloir, grrk, c’est obligé. »
Dans un tintement métallique, l’ascenseur descendit sous moi. Je remis soigneusement la plaque en acier inoxydable à sa place.
« L’escalier est équipé de détecteurs de mouvement, grrk, alors il réagira en fonction de ce qu’ils captent. »
Et l’ascenseur était en pleine vue de l’autre côté de la cage d’escalier. Même si je l’empruntais, il me repérerait aussitôt. Peu importe le chemin que je prendrais, la créature serait prête à me frapper à la tête avec la hache.
« Mais il ne s’attendra pas à ça. »
「Grrrrrr」
Sans même m’en rendre compte, j’essuyai la bave qui coulait le long de mon visage. Une étrange exaltation, due à la faim ou à l’impatience d’en découdre, s’empara de mon corps.
L’ascenseur s’arrêta dans un tintement joyeux. Dès que les portes s’ouvrirent, un coup retentit au-dessous de moi.
Il avait abattu la hache d’incendie au moment exact où les portes s’étaient ouvertes.
« Qu’est-ce que… ? »
Son coup avait complètement manqué sa cible. Je frappai la plaque en acier inoxydable du plafond avec ma queue. Ma griffe traversa sans peine le métal fin.
« ! »
La créature recula en titubant, surprise. Avec ma queue, j’attrapai l’extincteur qui gisait sur le sol.
La lame rouge cramoisi de la hache effleura ma queue en passant.
« … Tss ! »
La créature fila dans le couloir. Je descendis du plafond et saisis l’extincteur avec les petits bras sur mon thorax.
Je fis ce qu’elle avait prévu de faire. Je déclenchai l’extincteur, emplissant le couloir d’un épais nuage.
« Tousse ! Qu’est-ce que… tousse ! »
L’extincteur à poudre transforma le couloir en labyrinthe noyé dans le brouillard. La créature ne put s’empêcher de tousser sans arrêt.
Profitant de sa désorientation, je me ruai dans le couloir.
« Dégage ! »
La hache fendit le brouillard dans un sifflement menaçant. Elle visait le sommet de ma tête. Si j’avais rampé au plafond comme tout à l’heure, la lame m’aurait frappé en plein dessus. Je le savais pour l’avoir vécu d’innombrables fois en jouant un Amorph.
Mais cette fois, je rasais le sol, le menton presque à le toucher. La hache s’enfonça dans la carapace à l’arrière de mon crâne.
Elle s’y était plantée trop profondément pour qu’on puisse l’en retirer facilement. L’espace d’un instant, la créature hésita, tiraillée entre l’envie de l’arracher et celle de battre en retraite.
Cette hésitation lui fut fatale. Je frappai la créature d’un de mes bras ailés.
« Aah ! »
Un bref hurlement accompagna son corps qui s’écrasa contre le mur.
Dès que je sentis l’odeur de son sang, mon esprit se fixa sur une seule chose.
Je voulais le tuer. Boire le sang qui suintait de son corps. Enfoncer mon museau dans son abdomen et mâcher ses entrailles. Le dévorer jusqu’au dernier morceau, jusqu’au bout de ses orteils.
Je devais me dévorer moi-même pour obtenir de l’Essence génétique.
« P-pitié ! Quelqu’un, à l’aide ! Je vous en prie ! »
Il geignait, ensanglanté, et se traînait sur le sol. Je plantai mes griffes dans sa cuisse.
« Aaaaah ! »
Le cri pitoyable de « moi » retentit. Ce son était si doux qu’il ne fit qu’aiguiser mon appétit.
「Grrrrrrrrrr」
Je le maintins fermement entre mes bras ailés et ouvris grand les mâchoires.
Des larmes, de la morve et du sang lui couvraient le visage. Bientôt, sa tête ne serait plus qu’un repas pour mon corps.
「■Hé■ ! Ne■ fais pas ça■ !」
「■■■ ■■ !」
Alors que j’allais enfoncer mes crocs dans son crâne, un message inconnu et une vague inexplicable me figèrent sur place.
« Qu’est-ce que c’était, à l’instant ? »
Les messages et la vague disparurent aussitôt, mais le choc continua de résonner dans mon esprit.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Je déposai mon ennemi — non, un autre « moi ».
« Pourquoi ai-je fait ça ? »
Je finis par comprendre. Mon plan avait été de le maintenir en place pour discuter de la signification de cette illusion. Je ne voulais pas me dévorer.
« Hé, hi… Monstre ! Meurs ! Crève ! »
Il essaya d’arracher la hache plantée dans ma tête. Je repoussai sa main, puis sortis une hache digestive et la lançai au loin.
« Ce n’est pas ça. Je dois lui parler. »
J’attrapai le « moi » qui se débattait avec mes bras ailés et essuyai son sang avec les petits bras sur mon thorax. Puis j’écrivis au sol.
« Q-qu’est-ce que tu fais ? »
« Conversation. » Ces deux caractères firent trembler « moi ». Mais bientôt, il se remit à hurler.
« C-c’est des conneries ! Des mensonges ! De quoi un Amorph pourrait-il discuter ? Il y a un monstre ici ! Quelqu’un, aidez-moi, je vous en prie ! »
Je sentis l’irritation remonter en moi, mais réprimai mes émotions de toutes mes forces. Je veillai à ne pas le serrer trop fort, de peur de lui faire mal.
Je continuai à écrire, sans me décourager. Je m’efforçai de lui faire comprendre que je ne comptais pas me faire du mal.
Au bout de quelques minutes, « moi » s’était calmé.
« Est-ce que c’est ça, mon vrai moi, maintenant ? »
Je posai la question au personnage prostré devant moi.
Qui es-tu ?
« Qui je suis ? »
En voyant ça, « moi » releva la tête.
« Imbécile. Tu devrais le savoir mieux que personne ! »
« Quoi ? »
Son visage maculé de sang ne trahissait aucune émotion.
Finalement, comme s’il était programmé pour rejouer des émotions, il releva les commissures de ses lèvres dans un sourire moqueur.
« Tu as l’impression de porter tout le malheur du monde ? Combien de gens souffrent, tu crois ? Tu n’es qu’une ordure. Quoi ? À cause d’une petite brûlure ? Tu as besoin d’une famille ? C’est toi qui as abandonné tes parents, qui t’aimaient tant. »
Ces paroles me firent perdre toute force dans les bras ailés.
À présent libéré, il se tenait immobile, comme une marionnette suspendue à un fil.
« Tu aimes les monstres ? Si tu les aimes, c’est seulement parce que les gamins se moquent de toi et te traitent de monstre. “Puisque vous vous moquez de moi, je vais devenir un vrai monstre.” C’est ça, non ? »
「Grrrrrrr」
« Ton goût — si on peut appeler ça un goût — n’est qu’une pitoyable façon de te faire plaisir à toi-même. »
Il continua à m’accabler tout en ramassant la hache tombée dans le couloir.
« Et si tu te perds dans les jeux, c’est pour la même raison. Tu fuis la réalité parce que tu n’arrives pas à l’affronter. Même maintenant, tu tues des gens dans cet univers avec les mêmes émotions que dans un jeu. Voilà pourquoi tu ne peux même pas tuer le “vrai moi”. Tu as peur que ça devienne un vrai meurtre. »
Il leva bien haut ses deux mains qui tenaient la hache. La lame brillait d’un éclat froid sous la lumière du plafonnier.
« Tu es un pauvre type, mais je suis aussi “toi”. Je vais t’aider. T’aider à survivre à la réalité. »
「.......」
« Alors adieu, lâche. »
À ces mots d’adieu, le sang éclaboussa le couloir. Une douleur intense me fit me recroqueviller malgré moi.
La lame de la hache plantée dans mon « bras ailé » me faisait sacrément mal.
« Toi… ? »
[ZZZ ZZZ ZZZZ ZZZ ZZZZ ZZ (Tu n’as pas complètement tort. À deux choses près.)]
Mes Tentacules du monstre frémirent pour transmettre mes intentions. Après tout, il était humain, il ne comprendrait pas mes ondes, mais ce n’était pas grave.
Je saisis son poignet avec mon autre bras.
[ZZ ZZZZZZ ZZ ZZ ZZZ ZZZ ZZZZ ZZ ZZZ ZZZ (Je chéris toutes les expériences que j’ai vécues dans « cet univers ». Ce n’est pas une fuite.)]
Au début, ça avait peut-être été le cas.
Face à la menace qui pesait sur ma vie, je m’étais trouvé des excuses en prétendant vouloir retourner à la réalité. Mais, au fond de moi, j’avais fini par faire du « monde de la Survie spatiale » mon refuge.
Mais ce n’est plus le cas. Si l’on me demandait aujourd’hui si « cet univers » était encore un refuge, je pourrais répondre fermement que non.
Quand j’atteindrai l’ascension, je devrai peut-être me séparer des enfants. Ou les perdre avant même d’y parvenir. Peut-être finirai-je par affronter un autre joueur classé et serai-je vaincu, ou peut-être mourrai-je en combattant un adversaire redoutable avant d’avoir rempli les conditions requises.
Malgré tout, je ne considère pas comme vaines les expériences que j’ai partagées avec eux. Quelle que soit l’issue de mon voyage, je veux les aider à vivre heureux.
Alors d’ici là, je ne peux absolument pas mourir, quoi qu’il arrive.
« Et puis… »
Si je ne tue pas « moi » ici, ce n’est pas simplement parce que j’ai peur de commettre un meurtre.
[ZZ ZZZZZ ZZZZ ZZZZ (C’est parce que j’ai conclu que tu m’étais nécessaire.)]
« Espèce d’enfoiré ! Lâche-moi ! »
[ZZ ZZZ ZZZ (Tu ne tueras pas.)]
Tant que je n’aurai pas compris ce que cette illusion attendait de moi, « moi » ne mourrai pas. Je me contenterai de le garder immobilisé sous la poigne de l’Amorph.
Celui que je tenais se débattait avec une expression démoniaque, mais il était impossible d’échapper à l’étreinte d’un Amorph.
« Imbécile ! On n’a pas le temps pour ça ! Tue-moi, bon sang ! Sinon je vais finir par mourir tout seul… ?! »
Après avoir débité des paroles incompréhensibles, il se raidit comme s’il était paralysé. Puis il se mit à convulser violemment. Tandis qu’il tremblait, les couleurs du couloir autour de nous se brouillèrent.
« L’espace est en train de disparaître ? »
Il semblait que mon évolution s’était achevée à l’extérieur, dans la réalité.
Le corps de « moi » que je tenais dans ma poigne devint lui aussi indistinct, comme le couloir. Son visage, qui s’était tordu en une grimace quelques instants auparavant, était maintenant dépourvu d’expression.
« 오■ ■생, ■수■체∬⫱⪿…. »
Il disparut en laissant derrière lui ces mots incompréhensibles.
Alors que « moi » s’effaçait, mes sens furent à leur tour engloutis par les ténèbres.
Après un bref sommeil, je me réveillai, immergé dans un mucus visqueux.
Je tendis la main pour déchirer le cocon et aperçus un corps rose familier.
「Salut, Grand !」
Numéro 26, qui avait attendu à mes côtés jusqu’à la fin de ma croissance, m’accueillit.
Une nouvelle famille m’enlaça.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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