Chapitre 264
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 263
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« C’est quoi, ce bordel ? »
Une explosion retentit au loin, faisant s’élever un panache de fumée.
Ino, qui n’était officier que depuis la veille, sursauta en voyant cela.
« Qu’est-ce qui vient de se passer, là-bas ? »
« N… nous avons perdu le contact avec ce secteur ! »
« Quoi ? Réessayez ! »
« Oui, monsieur ! »
L’opération de purge visant à éliminer la source de contamination était dirigée par Kadun, le sous-chef du Cartel Marcio disposant de la plus grande puissance de feu. Ino ne s’était pas trop inquiété. Au pire, il s’attendait à perdre quelques hommes.
Mais les choses prenaient une tournure inattendue avant même le début du combat.
Avant d’attaquer, ils avaient tenté d’affaiblir la source de contamination en l’aspergeant de gaz toxique. Ils avaient évacué le gaz de la zone à mesure qu’ils avançaient, mais l’air contenait toujours des éléments toxiques. Tous les pirates, Ino compris, avaient dû porter un masque à gaz.
Et pourtant, cela n’avait pas l’air d’avoir beaucoup affaibli leur adversaire.
« Et le sous-chef ? »
Le pirate secoua la tête pour répondre à Ino.
« …Il n’y a eu qu’une seule explosion. Ceux qui sont avec Kadun doivent aller bien. »
Même s’ils avaient perdu le contact, il semblait peu probable qu’il soit arrivé quoi que ce soit au sous-chef. Aussi puissant que fût un monstre, il n’aurait pas pu tuer Kadun sans faire de bruit. Celui-ci se dirigeait sans doute lui aussi vers l’origine de l’explosion.
S’ils continuaient vers la source de contamination, ils finiraient forcément par le retrouver.
« Pour l’instant, on va par là. Ils sont probablement engagés au combat, il faut leur prêter main-forte. »
« …Merde. Je ne m’attendais pas à ça. »
Malgré leurs récriminations, les pirates obéirent à Ino. Ce n’était pas grâce à son charisme, mais plutôt parce qu’ils craignaient Kadun, qui se tenait derrière lui.
Ino et les pirates se dirigèrent vers la fumée qui s’élevait.
Ils avaient tous l’habitude de s’introduire furtivement à bord de vaisseaux pour les piller et savaient donc se déplacer sans bruit. Ils chargèrent leurs armes et surveillèrent attentivement leurs pas. Leurs masques à gaz dissimulaient leurs visages, mais leur attitude trahissait leur tension.
Les pirates avançaient prudemment entre les bâtiments abandonnés.
Les symboles du Culte de la Corrosion et les églises désertes semblaient les observer. L’atmosphère sinistre mettait Ino inexplicablement mal à l’aise.
Il avait survolé cette zone plusieurs fois en patrouille, mais ne s’y était jamais senti ainsi. Les structures métalliques froides, simples charpentes d’acier, lui paraissaient désormais vivantes et se refermaient sur lui.
Ino n’était pas le seul à ressentir cette pression. La respiration des pirates masqués devenait de plus en plus saccadée.
« Distance jusqu’à la cible : trois cents mètres. »
La voix du pirate en tête ramena Ino à la réalité.
Alors qu’ils s’apprêtaient à contourner un bâtiment, le pirate de tête leva brusquement la main. Tous se tendirent aussitôt.
« C’est la cible ? »
« …Il y a une créature non identifiée au carrefour. »
Une créature non identifiée ? Ino jeta prudemment un œil au coin du bâtiment.
« ! »
La vision qui s’offrit à lui au carrefour lui coupa le souffle.
« Qu… qu’est-ce que c’est que ça ? »
Est-ce que cela pouvait seulement être considéré comme un être vivant ?
Il vit une créature pourvue de huit pattes et d’une queue. Ses longues pattes étaient couvertes d’une épaisse armure ; chacune se terminait par des griffes recourbées d’un noir de jais et d’étranges faux blanches. Son corps, sans compter la queue, mesurait à lui seul six ou sept mètres.
C’était déjà assez terrifiant, mais ce qui le choqua véritablement fut sa tête. Bien qu’à moitié cachée par une épaisse chevelure semblable à de longs câbles, elle avait sans conteste un visage humain.
Pour le dire simplement, c’était un scorpion à tête de femme.
« Un… Mutant Hulk ? »
Avant de rejoindre le Cartel Marcio, Ino avait travaillé comme chercheur pour MegaCorp. Il en savait davantage que la plupart des gens sur les Mutants Hulk.
Mais même lui n’avait jamais vu un Mutant Hulk aussi grotesque.
À cet instant, la créature releva la tête. Ino retint son souffle en découvrant son visage.
Comme prévu, elle avait un visage de femme : une peau blanche comme la neige, d’une beauté sans défaut.
Mais Ino en était certain : personne ne trouverait jamais attirants ces yeux rouge sang, pareils à des orbes trempés dans le carmin.
Les yeux cramoisis de la créature oscillaient lentement au rythme de sa tête. Les fins câbles qui pendaient de son menton se balançaient eux aussi doucement.
Ino, qui avait failli croiser le regard de la créature, se recula vivement. Une sueur froide lui coulait le long de la nuque.
« Merde, tout le monde, préparez-vous à… ! »
Avant qu’il ait pu finir, un tir photonique bleu marine frappa le bâtiment derrière lequel ils se cachaient. Malgré leur manque d’entretien, les structures de la zone étaient faites d’un alliage spécial et se distinguaient par leur grande résistance. Pourtant, l’église touchée par le tir d’énergie bleu marine s’effondra comme un château de sable emporté par les vagues.
« C’est quoi, ce bordel ?! C’est un Démolisseur ! »
L’un des hommes cria, pris de panique.
Kesha Arma était une forteresse spatiale appartenant à un culte. Tous ceux qui se trouvaient ici avaient déjà vu le Démolisseur entreposé dans l’armurerie principale. Ils savaient à quoi il ressemblait, mais aussi de quoi il était capable.
« Dispersez-vous ! »
« Merde ! Qu’est-ce qu’un Démolisseur fout ici ?! »
En jurant, ils s’éparpillèrent dans toutes les directions.
Un autre tir photonique traversa la poussière qui s’élevait des ruines et frappa l’un des hommes en fuite. Il n’eut même pas le temps de crier avant de se désintégrer en poussière.
« Putain ! »
« À couvert, bande d’abrutis ! »
Ino et deux autres ripostèrent désespérément, gagnant juste assez de temps pour que les autres se réfugient dans les bâtiments voisins.
« Le canon à bobine ! Je vais la retenir un instant, alors faites sauter la tête du monstre avec le canon à bobine ! »
« Oui, monsieur ! »
Le pirate à côté de lui lâcha son fusil gauss et décrocha de son dos un long canon à bobine. Pendant qu’Ino et un autre pirate tiraient avec leurs fusils psychiques dans le nuage de poussière, il mit son arme en joue.
Une griffe recourbée d’un noir de jais surgit brusquement de la poussière et manqua de peu la tête d’Ino. S’il ne s’était pas baissé juste avant pour vérifier son niveau d’énergie psychique, il aurait été touché de plein fouet.
« Hein ?! »
Juste après, la femme à la peau pâle et aux yeux rouges apparut. Ses yeux cramoisis, dénués d’émotion comme l’objectif d’une caméra, se fixèrent sur lui.
À cet instant, sa tête pivota violemment sur le côté. Le pirate à côté de lui venait de tirer au canon à bobine à bout portant.
Pourtant, personne ne poussa de cri de joie. Malgré le tir en pleine tête, les pattes de la créature continuaient de bouger.
« Repli ! »
Ils n’avaient aucune idée du moment où elle reprendrait ses esprits. Tous trois se retournèrent et s’enfuirent.
« Où sont les autres ? »
« Ils doivent s’être cachés dans… »
L’un des pirates qui courait à côté de lui s’interrompit brusquement. Son regard était rivé sur un bâtiment.
« C’est quoi, ton problème ? Pourquoi tu t’arrêtes… »
Intrigué par le comportement étrange de son subordonné, Ino leva lui aussi les yeux vers le toit. Il comprit alors pourquoi son homme était paralysé de terreur.
Les autres pirates étaient là.
Non, à vrai dire, ils flottaient au-dessus du bâtiment.
Des dizaines de ses hommes étaient suspendus dans les airs dans des poses grotesques. Comme des mouches prises dans une toile d’araignée, ils étaient empêtrés dans quelque chose d’invisible.
Et derrière eux planait un nuage jaune. Il ressemblait beaucoup au gaz toxique qu’ils avaient répandu avant d’entrer dans la zone.
« Qu… qu’est-ce que c’est que ça… ? »
Le phénomène étrange qui avait pétrifié Ino ne s’arrêta pas là.
Du nuage jaune émergea « ça ».
Un géant ? Non, ce n’était pas ça.
« Ça » était une masse d’yeux. Des centaines, non, des milliers d’yeux, tous braqués sur Ino.
« Ça » était une masse de serpents. Des centaines de tentacules gigantesques se tordaient comme des flammes ardentes.
Les innombrables yeux de cette créature contre nature observaient les hommes suspendus dans les airs. Malgré leurs efforts désespérés pour s’échapper, ils n’étaient que de pitoyables vermisseaux face à cette présence indescriptible.
De longs tentacules massifs se tendirent vers eux et leur retirèrent lentement leurs masques à gaz, un par un.
« K-Keck ! G-gah… »
Du gaz toxique flottait encore dans le secteur. Pire encore, il s’épaississait autour de cette présence abominable et s’y accrochait comme un brouillard dense. Les hommes privés de masque se mirent à convulser violemment, la bouche écumante.
« M-Merde ! »
Le subordonné à côté d’Ino leva son canon à bobine et tira sur la créature. C’était le même canon à bobine auquel même la femme à tête de scorpion n’avait pas pu échapper. Le projectile, lancé à une vitesse prodigieuse, fonça vers l’un de ses tentacules.
Mais il ne le transperça pas.
Juste avant l’impact, la balle s’immobilisa dans les airs. Comme les autres hommes en suspension, elle avait été prise par une force invisible. Légèrement écrasée, elle tomba au sol.
« C’est… c’est impossible ! »
Horrifié par cette vision incompréhensible, le subordonné poussa un cri étranglé. Puis tous les yeux de « ça » se tournèrent vers lui.
« ■ ■ ■■■ ■■■ ■■ ! »
« Hein ? »
« ■■ ! »
Ino ne comprit pas ce qui se passa ensuite.
Une étrange bourrasque le balaya. Il jeta un coup d’œil à côté de lui, mais le subordonné qui tenait le canon à bobine avait disparu. À sa place ne restait qu’une masse rouge informe.
Le sort de son subordonné se révéla peu à peu à travers les contorsions grotesques des hommes pris au piège par « ça ».
« G-gah ! Aaaah ! »
« A-aidez-moi… ! »
« AAAAAAH ! »
« Nnngh ! »
Comme des marionnettes suspendues à des fils invisibles, les corps des hommes se tordaient de façon contre nature.
Les doigts de l’un se mirent à tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en partant de leurs extrémités, tandis que les membres d’un autre s’étiraient puis reprenaient leur forme, comme s’ils étaient faits de caoutchouc.
Les pirates de l’espace — meurtriers, violeurs et criminels qui avaient autrefois terrorisé la galaxie — n’étaient plus. Il ne restait que des vermisseaux impuissants, écrasés par une entité incompréhensible.
« B-Bon Dieu… ! »
Ino recula en trébuchant, horrifié par la mort atroce de ses camarades.
Il devait s’enfuir. Il ne voulait pas mourir ici.
Le dernier subordonné encore en vie semblait penser la même chose. Tous deux partirent en courant.
Accepter cette mission avait été une erreur. Quand Kadun lui avait confié cette tâche, il aurait dû l’ignorer et quitter la forteresse.
« Non, je peux encore m’enfuir. J’ai encore une chance. »
Il se dit qu’il pouvait encore réparer son erreur. S’il arrivait à rejoindre le vaisseau de patrouille, il quitterait immédiatement la forteresse et ne retournerait jamais au poste de commandement.
Il pourrait fuir vers une planète perdue aux confins de l’espace. Oublier tout ce qu’il avait fait et mener une vie tranquille, à partir de maintenant.
« Gah ! »
Mais, en plein milieu de cette pensée, son subordonné tomba. Une longue lame blanche, semblable à une faux, était plantée dans son dos.
Quand Ino comprit ce qui s’était passé, quelque chose lui saisit la jambe. C’était la même griffe recourbée qui avait tenté de lui trancher le cou un peu plus tôt.
La propriétaire de la griffe lui souleva la jambe dans les airs. Malgré la griffe qui lui déchirait la chair, il ne ressentait aucune douleur : sa terreur écrasante avait déjà engourdi ses sens.
Alors qu’il pendait la tête en bas, un visage pâle s’approcha de lui.
« N-non ! Je vous en prie, ne faites pas ça ! »
Avait-elle compris sa supplication ? Ses yeux cramoisis, semblables à des objectifs de caméra, scrutèrent son visage un instant, puis le reposèrent doucement au sol. À la place, elle attrapa le subordonné dont le dos était béant.
« P-pourquoi moi… ? G-gahhh ! »
Aucun des subordonnés d’Ino ne survécut. À présent, il ne restait plus que lui.
Bien sûr, cela ne voulait pas dire qu’il pouvait se détendre. Ce n’était pas comme si le monstre l’avait épargné par affection.
« La raison » s’approcha lentement de lui.
« Le cerveau de celui-ci contient sans doute des informations précieuses. »
« ■■ ■■■■ ■ ? »
« Le cerveau humain est un organe délicat. Si vous ne l’ouvrez pas avec précaution, il mourra ; il faut donc procéder prudemment. »
« ■ ! »
Tout à l’heure, « ça » était aussi grand qu’un bâtiment, mais maintenant, la créature faisait moins d’un mètre. De longs tentacules jaillissaient de son corps rond et rose et se rapprochaient de lui.
« Ha ha ha… Hahahahaha… »
Un de ses subordonnés était mort le crâne écrasé, le corps d’un autre s’était tordu et brisé, et un autre encore avait suffoqué, empoisonné par le gaz. Et maintenant, il y avait lui.
Qui avait eu droit à la meilleure mort ?
Au fond, cela n’avait pas vraiment d’importance pour Ino.
Il n’avait pas son mot à dire.
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« Commandant en second ! Il faut battre en retraite ! »
« Merde, d’où vient l’atta… Aaargh ! »
« Bon sang ! Comment toucher un truc plus rapide qu’une balle ?! »
« Commandant en second ! »
Avant que Montana Marcio ne le recueille, Kadun avait passé sa vie à aller d’une arène de combat à une autre.
Parfois, il tuait les siens ; d’autres fois, il affrontait des bêtes bien plus fortes que lui et les tuait. Il avait frôlé la mort un nombre incalculable de fois et, plus d’une fois, il était réellement mort avant d’être ressuscité.
Mais, à présent, son instinct le mettait en garde.
Cet endroit serait sa tombe.
« …… »
Les voix de ses subordonnés s’éloignaient. L’engin à grande vitesse qui les avait attaqués à leur arrivée les attirait au loin.
Il aurait dû se précipiter à leur secours et combattre l’engin, mais quelque chose l’en empêchait.
Une louve se tenait à quelques mètres à peine de lui.
Elle avait une tête de rapace blanc ornée de deux cornes, de magnifiques yeux ambrés et une splendide crinière dorée. Cette femelle-louve, armée d’une lance d’or étincelante et d’une dague noire, lui barrait le passage.
« …Elle est forte. »
Grâce à son expérience face à d’innombrables adversaires puissants, Kadun savait généralement évaluer la force de ses ennemis. Mais il ne parvenait pas à jauger cette louve.
Il n’y avait que deux explications possibles. Soit elle était absurdement faible, soit elle était d’une puissance écrasante.
La dernière fois qu’il avait éprouvé pareille incertitude, c’était face à la femme que Montana vénérait avec la plus grande déférence.
« Gloups. »
Sans même s’en rendre compte, il déglutit et activa la combinaison de combat avancée qu’il portait. Il s’injecta également toutes les substances stimulantes qu’elle contenait.
Kadun savait que ces substances avaient de graves effets secondaires, mais ce n’était pas le moment de s’en soucier.
« Grrrr… »
Ses capacités physiques considérablement renforcées, Kadun grogna. La louve donna elle aussi un coup sec à sa lance dorée et prit une posture de combat.
Il ignorait à quel point cette mystérieuse louve était forte. Mais il croyait en sa victoire.
« Grrrraaaah ! »
Le loup-tigre à la fourrure blanche poussa un puissant rugissement et chargea.
La prophétie annoncée par le chef de son clan : le périple destiné à reconquérir la stature divine.
Le combat que Kadun avait jadis balayé d’un revers de main, le prenant pour une simple superstition, venait de commencer dans cette forteresse cosmique.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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