Chapitre 239
——————
[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
——————
Chapitre 238
« Défense impossible. Incinération proto… »
J’ouvris grand la gueule et mordis de toutes mes forces dans la tête du Hurleur. Privé de son centre de commande, son corps s’effondra, impuissant.
« C’est fini. »
Il me fallut un bon moment pour m’occuper de tous les autres, tant ils étaient nombreux. Autour de moi s’amoncelaient les restes de squelettes métalliques partiellement fondus. La bave noire les dissolvait consciencieusement et transformait les débris en nutriments.
« Je devrais vérifier l’autre côté. »
C’était peu probable, mais les autres avaient peut-être raté quelque chose par inadvertance.
J’avalai la tête du Hurleur que j’avais dans la gueule, puis me reliai au nid.
Mes sens se déployèrent dans toute la caverne et détectèrent des mouvements au-dessus de la bave noire. De nombreuses créatures s’agitaient, mais aucun Hurleur ne se trouvait parmi elles.
« Aucun Gallagon n’a péri au combat. »
Nous n’avions perdu personne. C’était un maigre réconfort, surtout après tous les Gallagons qui avaient déjà été tués.
Deux des vainqueurs se dirigeaient vers moi. Je rompis la connexion et attendis que Numéro 26 et PS-111 apparaissent au détour du passage.
« On a donné une bonne leçon à ces méchants amis qui ont fait du mal aux petits. »
[ZZZ (Bien joué)]
À vrai dire, j’avais un peu craint que Numéro 26 hésite, mais ce n’était pas nécessaire.
Après avoir vu Adhai pleurer la mort des Gallagons, il n’avait fait preuve d’aucune pitié envers les Hurleurs. Chaque fois qu’il les affrontait, l’énergie fournie par les sacrifices affluait en lui avec une violence explosive.
PS-111 s’était également bien débrouillé. Peut-être était-ce parce qu’il avait combattu plusieurs fois aux côtés d’Adhai et des Gallagons. Ils avaient joué les appâts à tour de rôle, semant la confusion dans les rangs ennemis.
« Où est le petit ? »
« Adhai est partie protéger les petits Gallagons. »
Comme il l’avait dit, Adhai n’était pas revenue : elle était partie vérifier que les petits cachés étaient en sécurité. Grâce à ma connexion au nid, je savais que les Gallagons bleus n’avaient rien, mais Adhai, elle, ne pouvait pas en être certaine.
« Avec tous ces Gallagons morts, elle doit être inquiète. »
Même si nous avions remporté la bataille sans perdre personne, le combat tenait davantage du revers que de la victoire. L’ennemi en avait tué beaucoup avant mon retour.
« Laissons-la tranquille pour l’instant. »
[ZZZZ ZZZ ZZZ (Adhai a besoin de temps)]
« D’accord. »
Numéro 26 avait perdu les siens à cause de MegaCorp ; il n’ajouta rien. Il comprenait probablement qu’Adhai aussi avait besoin de temps.
Pour changer de sujet et vérifier un point important, j’interpellai PS-111.
« Comment s’est passée la mission que je t’ai confiée ? »
« J’ai redémarré certains systèmes des Hurleurs de modèle S, comme tu me l’avais demandé. »
Il me présenta fièrement le résultat de son travail.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
La première fois que j’avais rencontré PS-111, il m’avait expliqué qu’il pouvait contrôler dans une certaine mesure un adversaire de modèle S de rang inférieur.
Il avait ajouté qu’un contact physique était nécessaire. Je ne m’attendais pas à ce que tout se passe sans accroc, mais je n’avais pas non plus envisagé un tel résultat.
« Il ne reste que les têtes ? »
Chacune de ses trois griffes crochues tenait la tête d’un Hurleur.
Sous les cous déchiquetés pendaient des épines auxquelles étaient fixées de petites puces. Avec leurs têtes dans ses griffes et leurs épines ballantes, ils me rappelaient une attaque finale d’un vieux jeu de combat.
Comme je ne disais rien, il sembla comprendre que ce n’était pas ce que j’avais en tête. Il ajouta une explication, presque comme pour se justifier.
« Ils ont opposé trop de résistance. C’était le seul moyen de les maîtriser. »
« Ces têtes peuvent-elles régénérer leur corps comme toi ? »
« Ces têtes en sont incapables. »
« Pourquoi ? »
« Les modèles S ne possèdent pas de capacités d’autoréparation. De plus, leurs fonctions vitales dépendent entièrement de moi. Ils périront dès qu’ils seront déconnectés. »
Ce n’est qu’alors que je remarquai que l’extrémité des trois épines était reliée à des tuyaux métalliques qui sortaient de son dos.
« Je vais devoir me contenter des informations que j’ai obtenues cette fois-ci. »
Ce n’était pas ce que j’avais prévu au départ.
J’avais voulu constituer une légion de modèles S s’il réussissait à pirater les Hurleurs.
« C’est décevant, mais il reste une chance. »
Si l’adversaire était incapable de résister, peut-être pourrais-je conserver son corps intact et en prendre le contrôle. Par exemple, juste après sa fabrication, pendant qu’il attendait les derniers réglages.
« Si vous prenez le contrôle des systèmes de production, vous pourriez obtenir le résultat souhaité. »
PS-111 exprima une idée proche de la mienne.
Puisque nous parlions de ça, je décidai de lui poser la question la plus importante.
« Où sont leurs vaisseaux et Pira Eleven ? »
« Je vais vérifier. »
Il ferma les yeux pour accéder aux informations. Les têtes des Hurleurs qu’il tenait se mirent à trembler.
« Grrr… »
« Aaaaargh… »
« Grrrr… »
Les têtes des Hurleurs, les yeux révulsés, émirent des sons qui ressemblaient à des battements et à des bruits mécaniques. La scène aurait terrifié n’importe quel humain ordinaire, mais il n’y avait personne de ce genre ici.
« Notre ami se comporte bizarrement. Qu’est-ce qui se passe ? »
[ZZZ ZZZ ZZZZZ (Il cherche des souvenirs importants)]
« Des souvenirs ? Comment s’y prend-il ? »
Les agissements de PS-111 semblaient intriguer Numéro 26. Pendant que PS-111 extrayait les informations, je bavardai avec Numéro 26.
« Ça a l’air amusant, de regarder des souvenirs. »
[ZZZZ (Tu trouves ?)]
« Ouais. C’est comme devenir pareil que ton ami. »
[Z ZZZZ (C’est un peu différent)]
« Ah bon ? »
Ça m’étonnait de le voir s’intéresser à ce genre de chose, surtout après l’avoir vu si abattu à cause d’Adhai. Qui aurait cru qu’il serait curieux de comprendre ou de lire les pensées d’un autre être ?
« Peut-être pense-t-il qu’il a quelque chose à apprendre de ceux de son espèce ? »
Numéro 26 avait considéré PS-111 comme l’un des siens dès leur première rencontre. Il se disait peut-être que si PS-111 en était capable, lui aussi pourrait y arriver.
« Lire les souvenirs, hein… »
Il existait un pouvoir psychique permettant de lire les actions d’un autre à partir des traces qu’il avait laissées. Mais à ma connaissance, les Démons marins ne possédaient pas ce trait dans le jeu.
« Cela dit, qui sait ? »
Vu le cas d’Odd Grad, difficile de se fier aveuglément aux règles du jeu. Peut-être que Numéro 26 pourrait acquérir des capacités dont j’ignorais l’existence.
« Mais si c’était le cas, ça se serait déjà produit. »
À le voir, il s’agissait davantage de curiosité que de l’acquisition d’un nouveau pouvoir. Il voulait apprendre quelque chose que ceux de son espèce ignoraient.
« Apprendre est toujours une bonne chose. »
Les Démons marins étaient des créatures incroyablement puissantes, mais cet univers immense regorgeait de menaces pour leur existence. S’il continuait à me suivre, il affronterait des êtres bien plus terrifiants que lui. Pour survivre à ces adversaires — ou les chasser —, il devait continuer d’apprendre.
Fier de lui, je lui tapotai la tête. Il manifesta sa joie à mon contact, sans cesser de poser des questions.
Pendant que nous parlions, PS-111, qui avait extrait toutes les informations des Hurleurs, ouvrit les yeux.
« L’emplacement a été confirmé. Pira Eleven et le vaisseau se trouvent au même endroit. »
« Parfait. »
Maintenant que nous connaissions l’emplacement de l’ennemi, il ne nous restait plus qu’à frapper.
« Mais d’abord, il faut faire venir Mère du Ciel et Ham Ort. »
Le Nid du Dragon était immense ; j’étendis donc le nid jusqu’à ses limites. Les nids installés précédemment se décomposèrent automatiquement. Mère du Ciel était partie dans l’ancien nid avec Ham Ort pour la soigner. Elle comprendrait ce que signifiait la disparition du nid.
« Après m’avoir affronté tant de fois, elle doit le savoir. »
Peut-être était-elle déjà en route.
« Je t’en demanderai les détails plus tard. »
« Compris. »
« Mon ami, j’ai une question. »
« Demande-moi ce que tu veux. »
Je laissai les deux autres à leur conversation animée et me dirigeai vers l’entrée de la caverne.
Je marchais dans le long passage obscur, les pattes engluées de bave, lorsque l’entrée se dessina devant moi.
La lumière qui venait de l’extérieur faiblit soudain. Quelqu’un bloquait l’entrée.
« Alors, si tu es déjà là, c’est que tout est terminé ? »
« Les Noirs apparentés. Et la Fille du Météore, elle est où ? »
Quand on parle du loup…
On aurait dit que je n’avais plus besoin de partir à leur recherche.
---
Une planète inconnue, sans nom ni itinéraire répertorié pour y accéder.
Recouverte de nuages, elle apparaissait depuis l’espace d’un gris terne et cendré. Mais, depuis peu, l’arrivée soudaine d’envahisseurs venus d’ailleurs avait plongé les lieux dans le chaos.
Les nuages se déchirèrent, dévoilant la surface de la planète, tandis que les affrontements entre des énergies colossales faisaient vibrer le monde entier.
La tempête d’énergie artificielle affectait non seulement les régions intérieures de la planète, mais aussi ses couches externes.
« Capitaine Min-seok, l’atmosphère s’est stabilisée. »
« Bien. Prévenez-moi dès que les lignes de communication et le radar satellite seront rétablis. »
« Oui, monsieur ! »
Dans la salle de commandement du vaisseau amiral de Si-hyun Yujin, l’équipage s’affairait. Les récentes anomalies météorologiques avaient coupé les communications avec l’intérieur de la planète, et leur rétablissement s’avérait une tâche herculéenne.
Au milieu de l’agitation sur la passerelle, le capitaine par intérim Min-seok Yujin fixait la carte holographique de la planète, l’air sombre.
Un marqueur rouge flottait au-dessus d’un point précis de la carte sphérique qui représentait la planète.
C’était là que le maître de Min-seok, Si-hyun Yujin, avait conduit l’équipe d’exploration.
« Bon sang. »
Min-seok supportait de moins en moins les agissements du clone de Si-hyun Yujin.
La maîtresse qu’il servait avait consacré sa vie à préserver la légitimité de leur famille. Elle voulait traduire en justice Akira Yujin, qui avait usurpé la tête de la famille, et veiller à ce que la lignée légitime gouverne. Tel était le but de Si-hyun Yujin, et celui de tous ceux qui se trouvaient là.
Mais ce clone de Si-hyun Yujin semblait s’intéresser davantage à d’autres choses qu’à ce grand dessein.
Et ce n’était pas tout. Le clone s’écartait de la voie que Si-hyun Yujin était censée suivre. Au lieu de rencontrer les figures influentes de la famille pour s’assurer leur soutien, elle perdait son temps en futilités.
Une guerre civile faisait actuellement rage au sein de MegaCorp entre Noble Capital T&C et Première Capitale Edgerton. Le PDG Akira était occupé à négocier la fin du conflit, ce qui leur offrait l’occasion rêvée d’étendre rapidement leur influence sans être entravés.
Si-hyun Yujin en avait sans aucun doute conscience, mais elle avait choisi de se rendre sur cette planète reculée au lieu de partir pour la Terre.
« Je pourrais comprendre si son but était de s’emparer de crédits, mais… »
Lorsque le radar satellite fonctionnait, Min-seok l’avait constaté : cette planète regorgeait de ressources. Elle était riche en Métal Nova, très prisé des cultes, et grouillait de créatures porteuses de gènes rares. Exploitées comme il se devait, ces ressources pourraient rapporter une somme colossale en crédits à la faction de Si-hyun Yujin.
Pourtant, au lieu de chercher à tirer profit de la planète, Si-hyun Yujin se passionnait pour une prétendue relique dont personne n’avait jamais entendu parler.
« Des reliques anciennes ? Ridicule. »
La plupart des factions de Noble Capital de MegaCorp possédaient plusieurs planètes. La famille Yujin explorait sans cesse de nouveaux mondes pour élargir son patrimoine génétique.
Min-seok savait donc qu’il ne restait aucun secret dans cet univers.
Les armes secrètes d’un empire déchu, les reliques d’une civilisation ancienne, les trésors fondés sur des principes super-scientifiques : rien de tout cela n’existait. Ce n’étaient que des histoires inventées pour duper les masses crédules.
C’était une évidence pour l’élite de MegaCorp, mais Si-hyun Yujin refusait de l’admettre.
« …Un produit défectueux ? »
Cette pensée avait beau être profondément blasphématoire, Min-seok en était à moitié convaincu. Le clone parti à la poursuite d’un objectif sans valeur était défectueux.
« Je devrai agir à son retour. »
Sans l’approbation de Si-hyun Yujin, impossible de créer un nouveau clone. Mais l’écarter serait une faute encore plus grave. Après tout, tous ceux qui se trouvaient là s’étaient rassemblés pour suivre l’unique lignée légitime de Jung-woo Yujin.
Il ne lui restait qu’une solution.
« Je devrai me servir de ce qu’elle a laissé derrière elle. »
Avant de mourir, Si-hyun Yujin avait laissé quelque chose derrière elle, inquiète des possibles défauts de son clone. S’en servir serait peut-être le seul moyen de remettre celui-ci sur la bonne voie.
Min-seok conserva son regard froid fixé sur le marqueur rouge qui flottait au-dessus de la carte holographique.
——————
[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
——————