Chapitre 94
Dudududu !
Le bruit des sabots des chevaux faisait trembler le sol.
Une luxueuse calèche, escortée par des dizaines de chevaliers, galopait sur une longue route.
« Argh ! »
« Écartez-vous ! »
Les passants sur la route se jetèrent sur les côtés pour éviter l'attelage.
Leurs regards suivirent naturellement l'arrière de la calèche qui s'éloignait.
« C'est la calèche du duc Webster, n'est-ce pas ? »
« En effet. On peut voir son étendard. »
Les gens murmuraient, le visage grave.
Tout comme les citoyens de la capitale de Miller, ils connaissaient parfaitement les emblèmes et les bannières des nobles.
« Que s'est-il donc passé ? »
« Ouais. Plus de dix carrosses sont déjà entrés dans le palais. »
« Et avec une telle urgence, qui plus est. »
Leurs regards, suivant les carrosses, se portèrent vers le haut palais.
Une crainte qu'ils ne parvenaient à dissimuler se lisait dans leurs yeux.
La capitale de Miller était plongée dans une atmosphère pesante.
Car, depuis deux jours, des dizaines de carrosses de nobles entraient au palais royal.
Or, ce genre d'événement ne s'était produit qu'une seule fois.
Lors de l'invasion des royaumes d'Istel et de Byron.
À cette époque, les grandes familles nobles s'étaient rassemblées au palais pour tenir conseil.
« La guerre va-t-elle éclater à nouveau ? »
Des mots que personne ne voulait entendre s'échappèrent de la bouche de quelqu'un.
« Eh, ça ne peut pas être… »
Et un son de dénégation se fit entendre par la suite.
Mais la nervosité et la peur dans leurs yeux devinrent encore plus intenses.
Gulp.
Leurs pommes d'Adam tressaillirent violemment.
Les citoyens fixaient le palais dans un silence de mort.
*****
Bang !
L'épaisse porte s'ouvrit brutalement.
La personne qui apparut était un vieil homme vêtu de vêtements luxueux.
Il était l'un des quatre ducs du royaume de Rinse et l'homme disposant de la plus grande force dans la région occidentale du royaume de Rinse, Bradley Webster.
« Je suis arrivé en retard car je soumettais les monstres dans la chaîne de montagnes de Grain. »
Une voix et une expression urgentes.
Il déplaça ses pieds et s'assit sur un siège vide.
Il y avait déjà des dizaines de nobles installés dans l'immense salle de conférence.
Bradley et les autres ducs étaient placés aux sièges supérieurs.
« Procédons à la réunion. »
Une voix et une expression qui ne semblaient guère satisfaites.
Le centre des sièges supérieurs était réservé au noble représentant et au plus haut rang, et c'est à cette place que le duc Edwin Voisa était assis.
Edwin et Bradley ne semblaient pas être en bons termes.
Non, pour être précis, parmi les quatre ducs, Edwin Voisa, Bradley Webster et Liss Kowan entretenaient des relations d'ennemis politiques.
Seul Francis Wilson entretenait de bonnes relations avec les autres ducs.
Et cela était dû à la situation étouffante au sein du palais royal du royaume de Rinse.
Le roi actuel, Deni Von Rinse, avait 7 épouses et il avait eu un fils de trois d'entre elles.
Trois princes.
Leurs grands-pères étaient Edwin, Bradley et Liss.
Le roi actuel, Deni III, ne s'intéressait ni à la politique ni au pouvoir.
Qui plus est, c'était un homme versatile et porté sur l'improvisation.
Bien qu'il ne fût pas un souverain désastreux, il n'était pas non plus excellent.
Comparés à lui, les trois princes possédaient des capacités remarquables et une ambition dévorante.
Étant tous nés à la même période, la situation permettait à chacun d'entre eux de prétendre au trône.
C'est pourquoi les nobles du royaume de Rinse se livraient actuellement à une lutte de pouvoir, avec Edwin, Bradley et Liss au centre de leurs manœuvres.
« Comme je vous l'ai dit, des monstres ont émergé du lac Poskein. Il est de notoriété publique qu'il s'agit de créatures étranges et singulières, dont la puissance de combat surpasse celle des monstres terrestres habituels. »
Le rapport d'un noble.
Aussitôt après, un autre noble prit la parole.
« Les monstres terrestres se déplacent vers l'intérieur du pays en évitant le lac. Par conséquent, les ravages causés par ces créatures ne se limitent plus aux abords du lac, mais touchent désormais le royaume tout entier. »
Plusieurs rapports suivirent.
Edwin, qui écoutait toujours, demanda avec une expression sérieuse :
« La cause a-t-elle été révélée ? »
La réponse fut immédiate.
« D'après les témoignages des résidents près du lac, celui-ci aurait bouilli pendant quatre jours avant que les monstres ne s'en échappent. Hormis cela, rien d'autre n'a été découvert. »
Cela signifiait qu'en fin de compte, ils n'avaient pas pu en déterminer la cause.
Alors, Bradley, qui était resté silencieux, tourna la tête et regarda un noble près des sièges supérieurs.
« J'ai entendu dire que les dégâts dans cette région étaient insignifiants… »
Une existence devant laquelle même un duc du palais ne pouvait s'exprimer librement.
« Oui. Heureusement, nous avons pu réagir rapidement. »
Le noble répondit avec modestie.
Il ne s'agissait nul autre que d'Io Lancephil.
« Tout cela est grâce à Roan. »
Sa bouche se retroussa légèrement.
En vérité, le fait que des monstres jaillissent du lac le laissait lui-même perplexe.
Mais Roan, qui patrouillait dans la région de Tale, s'était déplacé rapidement pour établir une ligne de défense et bloquer leur avancée.
Grâce à cela, contrairement aux autres régions qui étaient devenues des terres désolées, le territoire de Lancephil n'avait pas subi de dommages importants.
« Vous avez dit que celui qui a accompli ce fait d'armes éclatant s'appelait Roan ? »
Bradley continuait de manifester son intérêt.
Io hocha la tête et répondit :
« Oui. C'est le commandant de troupe qui a été réaffecté sous certaines conditions et qui est désormais en charge de la région de Tale. »
« Mmm. »
Plusieurs nobles laissèrent échapper de sourdes exclamations.
Ils étaient eux aussi parfaitement au courant.
Des exploits de Roan et de la troupe Amaranth.
« Il défend une région entière sans subir le moindre dégât avec seulement quelques milliers de soldats ? »
« De la soumission de la plaine de Pedian à la guerre entre le royaume d'Istel et celui de Byron, en passant par les mouvements des monstres au lac Poskein... C'est un nom qui revient souvent à mes oreilles ces derniers temps. »
« S'il n'avait pas commis cet acte de violence contre un noble, ne serait-il pas lui-même devenu noble à l'heure qu'il est ? »
« C'était quelqu'un qui possédait des capacités indéniables. »
« Il suit le comte Io Lancephil. »
« S'il venait à passer dans le camp adverse... Il faudrait alors l'éliminer. »
Ils pensaient tous à des choses similaires, bien que légèrement nuancées.
L'expression de Bradley s'éclaircit.
« J'ai entendu dire qu'il remporte des victoires seul, alors que tous les autres territoires subissent des pertes. À vrai dire, maintenant que nous parlons de lui, les mérites qu'il a accumulés jusqu'à présent ne sont-ils pas impressionnants ? Nous pourrions désormais gracier complètement sa faute et lui confier le commandement d'une armée au lac Poskein. »
Une proposition d'exception.
Parmi les quatre ducs, Bradley était celui qui portait le plus d'affection à Io.
Bradley songeait à apporter son soutien à Io et à Roan grâce à ces mérites.
Io s'inclina.
« Comme il possède de nombreuses capacités, si vous lui faites confiance et vous en remettez à lui, je…… »
Lorsqu'il en fut arrivé là.
« Je ne pense pas que ce soit une décision à prendre si précipitamment. »
Une voix froide.
Celui qui l'interrompit était Edwin.
« Tu croyais que je te laisserais faire à ta guise. »
Une lueur féroce parcourut ses yeux.
« Pour l'instant, décidons de la manière dont nous allons réprimer les monstres et les soumettre. »
Le changement de sujet.
« Ce serait une bonne chose. »
Ajouta Liss, comme s'il n'attendait que cela.
Bradley s'apprêtait à ajouter un mot, mais il décida de se taire.
S'il commettait une erreur, il risquait de se faire prendre en tenaille et d'être acculé.
« À présent, si vous avez de bonnes idées, exprimez-les sans hésiter. »
Aux paroles d'Edwin, les nobles, conscients de la situation, commencèrent à donner leurs avis les uns après les autres.
Mais lorsqu'un camp avançait une opinion, l'autre intervenait aussitôt pour la contredire.
Une lutte de pouvoir avait éclaté, avec les ducs pour épicentre.
Io, qui observait la scène, laissa échapper un bref soupir.
« Pff. Ça recommence. »
Désormais, la conférence allait sombrer dans le chaos à cause de cette bataille d'ego entre les ducs.
C'était précisément la raison pour laquelle ils n'avaient pu parvenir à une conclusion rapide lors de la dernière invasion des royaumes d'Istel et de Byron.
« Nous ne pouvons pas faire cela ! »
« L'opinion que vous venez d'émettre est absurde ! »
Les voix s'élevèrent.
Puis.
Les portes, fermées avec raideur, s'ouvrirent.
« Le soleil du royaume, le représentant du dieu Crea, Sa Majesté Deni III fait son entrée. Que les vassaux loyaux au royaume témoignent de leurs bonnes manières. »
Le grand chambellan Logan Deil frappa le sol à trois reprises avec un immense bâton.
« Votre Majesté. »
« Votre Majesté. »
Les nobles qui se disputaient quelques instants plus tôt se levèrent tous et s'inclinèrent.
Il en fut de même pour Edwin, Bradley, Liss et Francas.
Un vieil homme s'avança d'un pas assuré, le visage orné d'un sourire.
Il se posta au siège le plus élevé, d'où il pouvait dominer toute la salle de conférence.
C'était un trône paré d'or, réservé au seul usage du roi.
« Hohoho. Vous travaillez tous dur. »
Deni III rit.
« La conférence se déroule-t-elle bien ? »
Une question posée avec légèreté.
« Oui, Votre Majesté. »
Le duc Edwin répondit après s'être avancé et avoir baisé l'anneau de Deni III.
Cet anneau luxueux était le sceau du roi et le symbole de son pouvoir.
« Hohoho. »
Il rit de nouveau.
Mais le rire ne dura guère.
L'expression de Deni III se figea, comme si le rire qu'il venait d'émettre n'était qu'une mascarade.
« Alors que j'écoutais derrière la porte, vous caquetiez tous comme des oies stupides sans parvenir à élaborer le moindre plan digne de ce nom, et vous osez me dire que tout se déroule bien ? »
À la réprimande de Deni III, tous les nobles se turent.
Cependant, cette froide colère ne dura pas longtemps.
Deni III était ce genre de personne.
« Hohoho, cela peut aussi être de la politique. Je comprends tous vos fardeaux. »
« Nous sommes confus, Votre Majesté. »
Les nobles répondirent d'une seule voix.
Ils étaient tous couverts de sueurs froides.
Puis, Deni III ferma les yeux et prit une expression amusée.
« C'est pourquoi je disais que j'avais une bonne méthode. »
Il regarda les trois jeunes hommes qui se tenaient derrière lui.
Les têtes des nobles suivirent le mouvement de celle de Deni III.
« Et cette méthode, ce sont ces trois princes. »
Trois jeunes gens.
Il s'agissait des trois princes du royaume de Rinse.
Leurs yeux étaient profonds et clairs, et ils étaient tous dotés d'une grande beauté.
Ils étaient tous nés la même année, bien que leurs mois de naissance différassent.
Celui à la droite de Deni III était l'aîné, Simon Rinse. Le second était celui à la gauche de Deni, Tommy Rinse, et celui à ses côtés était Kallum Rinse, le troisième prince.
Le grand-père de Simon était Bradley, celui de Tommy, Edwin, et celui de Kallum, Liss.
Deni III sourit avec éclat et déclara :
« Je confie la soumission du lac Poskein à ces trois princes. »
« Pardon ?! »
Les nobles qui écoutaient en silence affichèrent des expressions de surprise.
Deni III poursuivit :
« Le nord à Simon, la région centrale à Tommy et le sud à Kallum. »
« Hé, votre majesté. Les mouvements des monstres sont bien trop violents. Au moindre faux pas, les trois princes pourraient se retrouver dans une situation très... »
Edwin se leva pour exprimer ses pensées.
« Il semble que le duc Voisa ne nous trouve pas dignes de confiance. »
Simon l'interrompit avec une expression amusée.
« Non, je ne voulais pas dire cela... »
Edwin rit maladroitement et laissa ses derniers mots s'éteindre.
Simon sourit largement et se frappa la poitrine.
« Faites-nous confiance. Nous sommes convaincus de réussir. »
« Oui ? Ah, oui... »
Edwin affichait une expression confuse.
Deni III, qui observait la scène avec amusement, se leva à son tour.
« Je sais que les nobles se sont divisés en suivant les trois princes et qu'ils se querellent entre eux. Cessons maintenant cette animosité et rendez-vous sur le champ de bataille. J'accorderai une récompense importante au prince qui aura accumulé le plus de mérites. »
« Mmm. »
Plusieurs nobles laissèrent échapper des exclamations.
Un léger sourire apparut sur les lèvres de Deni III.
« Le siège de Grand-duc de Grain est toujours vacant. Vous ne le savez pas. Quelle influence cette soumission aura-t-elle en fonction des résultats…… »
« Ah ! »
À cet instant, les nobles regardèrent Deni III avec des expressions surprises.
Grand-duc de Grain.
C’était la terre du dieu Crea et les meilleures chaînes de montagnes du royaume.
Une terre destinée au successeur au trône.
Jusqu’à présent, Deni III n’avait jamais désigné le futur héritier du trône.
C’est pourquoi les nobles furent plus que stupéfaits.
Ils en restèrent tous interdits.
D'un autre côté, Deni III arborait une expression quelque peu réjouie.
Il observa les visages des nobles, puis cria en direction des chevaliers de son escorte.
« En route ! Aujourd'hui, nous chassons le faucon ! »
Une démarche assurée et fluide.
Deni III et les chevaliers disparurent hors de la salle de conférence.
Tout se déroula en un instant.
« Votre Majesté. »
« Votre Majesté. »
Les nobles commencèrent à s'incliner avec retard, faisant preuve de leurs bonnes manières.
Un lourd silence s'abattit un instant sur la salle de conférence.
Comme si une tempête venait de passer.
Les trois princes qui étaient restés dans la salle de conférence affichèrent des expressions étouffées et étranges, se dévisageant les uns les autres.
« Mes frères. Battons-nous autant qu'il nous plaira. »
« Je dois accomplir un exploit suffisamment remarquable. »
« Si je commets une erreur, je risque d'être éliminé de la compétition. »
Des pensées étouffantes traversèrent son esprit.
Edwin, qui observait la situation, s'éclaircit la gorge.
« Hum ! »
De toute façon, les dés étaient jetés.
« Alors. Comme Sa Majesté l'a ordonné, les trois princes participeront à cette soumission. »
Ses yeux tremblèrent.
Et il n'était pas le seul dans ce cas.
L'esprit de Bradley et de Liss s'embrouilla.
« Je dois faire en sorte que la situation tourne le plus possible à mon avantage. »
« Je déploie toute la force de ma famille. »
« Je devrai même rassembler les nobles qui ont franchi la ligne avec moi. »
L'atmosphère dans la salle de conférence changea.
En apparence, tout était calme comme un lac.
Mais sous cette surface, une bataille féroce faisait rage.
La conférence se poursuivit ainsi, nuit après nuit.
******
« C'est quelqu'un que je ne parviens pas à cerner. »
Io jeta un regard sur sa gauche.
Un jeune homme séduisant montait un excellent cheval de guerre.
C'était Simon Rinse.
« Pour le prince à qui le roi a conseillé d'être le prince Simon parmi les trois. »
Une fois la conférence terminée, les nobles tinrent une réunion séparée avec les princes qu'ils soutenaient.
Comme Io suivait habituellement la règle de succession, il alla trouver Simon.
Et bien entendu, c'était aussi en raison de sa profonde amitié avec Bradley.
Simon révéla que c'était lui-même qui avait élaboré le plan de soumission.
Mais il ne s'était évidemment jamais attendu à ce que Deni III fournisse également la chaîne de montagnes de Grain.
« Cette soumission est devenue le moment le plus important pour le prince Simon. »
Même sans cela, Simon était la personne la plus soutenue par les nobles suivant la règle de succession.
S'il parvenait à accomplir un grand exploit lors de cette bataille, il se retrouverait dans une position bien plus avantageuse.
À ce moment-là, personne ne serait en mesure d'arrêter Simon.
« Heureusement……… »
L'expression d'Io changea légèrement.
« Le prince Simon porte un grand intérêt à Roan. »
Roan était un sujet de conversation majeur, jusque dans le palais royal.
Ses victoires consécutives avaient éveillé l'intérêt et la curiosité de la cour.
« C'est également une immense opportunité pour Roan. »
Si Roan parvenait à attirer le regard de Simon, même sans l'intervention directe d'Io, il pourrait obtenir le pardon de ses fautes et gravir les échelons vers une position encore plus élevée.
« Comparée aux autres régions, celle de Tale est véritablement paisible. »
La voix de Simon résonna.
Il affichait une expression stupéfaite.
Ils avaient traversé plusieurs régions en se rendant de la capitale, Miller, jusqu'à la région de Tale.
Tranquillité. Silence.
Plusieurs contrées souffraient de dommages sévères en raison des déplacements des monstres apparus depuis le lac Poskein.
Mais seule la région de Tale était restée intacte.
On y trouvait des traces de cadavres de monstres calcinés un peu partout, ainsi que des camps de toutes tailles.
De surcroît, la route faite de gravier et de sable rendait le déplacement des soldats plus confortable et bien plus rapide.
Un sentiment qu'il était d'autant plus impressionnant qu'il l'observait.
« Quel genre d'homme est ce Roan ? »
demanda Simon, comme s'il était réellement curieux.
« Roan… »
Io esquissa un léger sourire et commença à raconter des histoires sur Roan.
« Ha ! Il semble que tous les rapports soumis étaient bien en deçà de la réalité. »
Simon fut grandement stupéfait après avoir écouté ces récits.
Il avait lu les rapports concernant Roan et la région de Tale.
« Je pensais que les mérites et la situation de la région étaient exagérés. »
Mais après avoir vu la région de Tale de ses propres yeux, il réalisa que les rapports étaient en fait très modestes.
« Je veux rencontrer ce Roan au plus vite. »
Io se contenta de sourire au lieu de répondre.
Puis.
« J'entends des cris. »
L'un des chevaliers de l'escorte fronça les sourcils.
Un son très ténu parvenait des environs.
Simon tendit l'oreille un instant, puis hocha la tête.
« Il semble qu'une bataille fasse rage. »
Un sourire s'épanouit sur son visage.
Il fit un signe de tête en direction d'Io, puis tira sur les rênes.
« Roan, je pense qu'il est tout près. »
Sa voix était empreinte d'une pointe d'humour.
Au même moment, il éperonna son cheval.
Dudududu !
Bientôt, le martèlement des sabots se fit entendre distinctement.
Les chevaliers de l'escorte suivirent rapidement dans son sillage.
Io, lui aussi, se colla contre l'encolure de sa monture.
Depuis combien de temps chevauchaient-ils ?
Lorsqu'ils atteignirent le sommet d'une colline, une vaste plaine s'étendit sous leurs yeux.
Puuuuu !
Le son d'une trompe de guerre retentit.
« Ah… ! »
Simon et les quelques chevaliers laissèrent échapper de sourdes exclamations.
Une bataille faisait rage dans la plaine.
Non, la bataille touchait désormais à sa fin.
« La troupe entière se déplace comme un seul homme. »
Stupéfaction.
Simon observa les soldats repousser les monstres avec férocité, une expression surprise sur le visage.
Io, arrivé avec du retard, contempla le bas de la colline et esquissa un sourire.
« Ce sont les membres de la troupe Amaranth. »
< L'Exode de Poskein (4) > Fin
Traducteur : Subak
Correcteur : st8_lupe.