Chapitre 299
Ce fut une charge sans la moindre hésitation, avec Roan Lancephil en tête.
Kwagwang !
À chaque coup de lance, le sol se fissurait et les collines s'effondraient. Les orcs et les elfes noirs qui se précipitaient sans réfléchir étaient soit réduits en cendres, soit transformés en boules de feu.
C'était l'avènement du Dieu de la Guerre. Les champs de bataille cruels semblaient être devenus le terrain de jeu d'une divinité, mais Roan, qui faisait pourtant étalage d'une puissance divine, n'avait pas le visage serein.
« Ce pilier de terre... »
D'autres ne le savaient peut-être pas, mais Roan avait déjà vu cela auparavant.
« Le Général de la Grande Force, Gorg des Régiments Sombres. »
Lorsque cet individu avait semé le chaos près de la chaîne de montagnes Grain, un pilier de terre similaire avait été créé.
« Il avait mentionné qu'il y avait d'autres généraux en dehors de lui. »
Roan fronça les sourcils.
« Mais à l'époque... »
Il avait affirmé être responsable du côté est de la chaîne de montagnes Grain et avait même précisé qu'il s'était porté volontaire pour cette tâche.
« Alors, qui est celui qui a formé ce pilier de l'autre côté de la colline ? »
Roan serra les dents tandis que ses pas s'accéléraient légèrement. Bientôt, lorsqu'il atteignit le sommet de la colline, une vaste scène se dévoila sous ses yeux.
« Mhmm. »
Il laissa échapper un murmure sourd.
« Huhuk. Huhuk. Huhuk. »
Les soldats et les chevaliers, dont Romils Hotten, haletaient bruyamment, mais avant même de reprendre leur souffle, ils scrutèrent le bas de la colline, craignant qu'il ne soit arrivé malheur à Manus Persion.
« Ah, comment est-ce possible... »
« Ah... »
Des gémissements de désespoir leur échappèrent. C'était une réaction instinctive, tant le spectacle en contrebas était horrible et terrifiant.
« Le sang a teint toute la terre en rouge. »
Les petits ruisseaux et les rigoles qui coulaient ici et là étaient tous colorés de rouge, tandis que les cadavres jonchaient le sol. Les monceaux de corps ressemblaient à de véritables collines.
« Si l'enfer existait, il ressemblerait à ceci... »
Roan poussa un profond soupir. Bien qu'il se sentît frustré, ce n'était pas le moment de s'attarder et, grâce aux larmes de Kalian, il pouvait observer le paysage lointain comme s'il était juste sous ses yeux.
« Prince Manus... »
Serrant les dents, Roan fixa Manus, debout au milieu de ce champ de bataille cruel.
« Celui qui, avec Pierce, fut ma lance et mon bouclier dans ma première vie... »
Pour stopper les plans vicieux et l'ambition de Latio et sauver le Monde Médian, il fallait impérativement qu'il reste en vie.
« Monsieur Romils, il semble que je doive partir en premier. »
À peine eut-il prononcé ces mots,
« Oui. Je vous en prie, allez-y ! Allez sauver notre prince ! »
Des voix urgentes frappèrent ses tympans.
« Partez, je vous en supplie ! »
« Nous vous le demandons ! »
« Sauvez notre prince ! »
Les soldats le supplièrent d'un seul cœur et d'une seule âme. Avec un léger sourire, Roan hocha la tête.
Tat.
Il prit alors appui sur le sol, son corps aussi léger qu'une plume.
Paaaaaat !
Roan disparut de l'endroit où il se tenait, remplacé par une rafale de vent.
« Ah... »
Fixant la longue traînée de lumière qui descendait la colline, Romils laissa échapper un soupir. Face à cette vitesse inconcevable pour un être humain, les soldats priaient sans relâche, le visage figé.
« S'il vous plaît, je vous en prie. »
« Sauvez le prince. »
Les supplications désespérées furent emportées par le vent le long de la colline.
***
« Kukukuk. C'est vraiment superbe. »
Un général des armées du Nord du Royaume de Diez, commandant un régiment de sécurité frontalière, le vicomte Bayte Robaz, tenait une lettre tout en laissant échapper un rire étrange.
« Tant que nous possédons cet outil de communication ou quoi que ce soit d'autre, nous pouvons découvrir ce qui se passe dans un endroit lointain en un clin d'œil. Kukuku. »
Il approcha la lettre d'une bougie.
Hwaruk.
Des flammes rouges jaillirent et réduisirent immédiatement le papier en cendres. Se levant de son siège, Bayte se frotta les mains.
« Quoi qu'il en soit, la sécurité frontalière du Royaume d'Amaranth s'est affaiblie, hein... »
Un sourire étrange apparut sur ses lèvres.
« C'est une excellente chose. Nous allons pouvoir venger l'humiliation que nous avons subie à l'époque. »
L'humiliation dont il parlait remontait au moment où le prince héritier du Royaume de Diez, Lukan Diez, était devenu l'otage de Roan pendant la guerre pour le trône du Royaume de Rinse.
« Alred ! »
En réponse à son appel, la porte du bureau s'ouvrit et un homme d'âge mûr en armure, Alred, apparut.
« Vous m'avez appelé, Commandant de régiment ? »
« Formez une troupe de choc. »
Il donna cet ordre sec, sans préambule.
« Pardon ? »
Alred ne comprit pas immédiatement et demanda des précisions. En réalité, il avait compris, mais comme il s'agissait d'un ordre si inattendu, il n'eut d'autre choix que de demander à nouveau.
Bayte fronça les sourcils en réponse.
« Espèce d'idiot. »
Après avoir proféré ces insultes, il secoua la tête.
« En ce moment, le Royaume d'Amaranth est dans un état de confusion suite à la convocation soudaine de leur roi. Grâce à cela, la défense de la partie sud du royaume est devenue laxiste. »
« E, est-ce vraiment arrivé ? »
Alred bégaya, l'air de découvrir la nouvelle, ce à quoi Bayte répondit avec humeur.
« Si je le dis, c'est que c'est vrai. Arrête de discuter et forme rapidement les troupes de choc ! »
« O, oui ! Bien sûr, monsieur ! »
Nerveux, Alred quitta rapidement le bureau après sa réponse.
Les troupes de choc furent formées en un rien de temps.
« Chargez ! Nous attaquons la forteresse à la frontière d'Amaranth ! »
C'est Alred qui mena les troupes. Ils traversèrent rapidement la zone tampon autour de leurs frontières et se précipitèrent vers la forteresse frontalière située à l'intérieur du Royaume d'Amaranth.
« Ohh ! Ils sont vraiment laxistes ! »
Alred afficha un sourire carnassier. Dans une situation normale, l'armée de défense frontalière du Royaume d'Amaranth se serait déjà montrée, mais la forteresse gardait ses portes closes sans bouger le petit doigt.
« Apportez les troncs ! »
En réponse à son cri, les cavaliers à l'arrière des troupes s'avancèrent avec un tronc aiguisé. Avec une force capable de briser les portes de la forteresse d'un seul coup, ils chargèrent férocement, mais c'est alors que...
Toooooot !
Le son d'un clairon retentit bruyamment de l'autre côté des portes et, au même moment, les portes qui étaient restées hermétiquement closes s'ouvrirent en grand.
« Hein ? ! »
Instinctivement, Alred tira sur ses rênes et ralentit. Ses yeux tremblèrent légèrement.
Kugung. Kugung. Kugung.
Parallèlement, le sol se mit à trembler. Depuis l'intérieur des portes grandes ouvertes de la forteresse, d'immenses créatures apparurent. Pas une, ni deux, mais trois.
Gloups.
Alred déglutit, nerveux.
« Q, qu'est-ce que c'est ? »
Malheureusement, ils étaient trop loin pour qu'il puisse voir clairement. D'un autre côté, les cavaliers qui chargeaient pour enfoncer les portes selon ses ordres éperonnèrent leurs chevaux tout en fixant les invités indésirables qui venaient de surgir.
« Uhahaha ! Nous allons les réduire en miettes avec ce tronc ! »
Leurs cris bruyants résonnèrent sur le champ de bataille mais,
« Nous sommes du Royaume de Diez... »
« Essayez de parer nos épées... »
Ils ne purent s'empêcher de se taire car, en s'approchant de la forteresse, ils purent clairement distinguer l'apparence des choses qui venaient de franchir les portes.
« D, des géants ? »
« N, non, ce ne sont pas des humains ! Ils sont faits de, d, d'acier ? »
Les trois objets massifs gardant les portes de la forteresse – deux fois plus grands qu'un homme adulte – étaient des statues d'acier ressemblant à des humains. Sans rien tenir, ils se tenaient là, immobiles. Au premier coup d'œil, ils semblaient identiques, mais après une inspection plus minutieuse, on pouvait voir que leurs armures, leurs casques et leurs protections différaient.
« Bien qu'ils n'aient aucune arme, ils ressemblent exactement à un chevalier, un lancier et un adjudant... »
Les cavaliers fronçaient les sourcils.
« I, ils ont amené des statues ici ? »
« À, à quoi pensent-ils ? »
Ils n'osaient pas bouger imprudemment, levant la tête pour fixer les statues d'acier, mais c'est alors que...
« C e c i. e s t. l a. t e r r e. d u. R o y a u m e. d ' A m a r a n t h. »
« V a i n c r e. l ' e n n e m i. »
« N o u s. s o m m e s. l e s. g a r d i e n s. d ' A m a r a n t h. »
Des voix étranges sortirent des statues d'acier et, au même moment,
Uung !
De grands bras s'abattirent.
« U, uh ? ! »
« Huhup ! »
Les cavaliers qui fixaient la scène, hébétés, écarquillèrent les yeux et déglutirent. Face à cette situation soudaine, leurs corps s'étaient figés et ils ne pouvaient plus bouger.
Slaaaam !
Bientôt, dans un fracas violent, les énormes poings des statues frappèrent les cavaliers. Les hommes et les chevaux furent transformés en un amas de sang, projetés sur les côtés.
« Kuruk. »
La mort.
En un seul coup, leur vie avait pris fin, prouvant la férocité et la précision des attaques des statues d'acier.
« Comme prévu, leur prouesse est incroyable. »
Au sommet des murs de la forteresse, une voix pleine d'admiration se fit entendre. Un jeune homme svelte aux joues creuses fit claquer sa langue en observant les statues d'acier.
« J'étais inquiet car c'était la première fois que nous les utilisions dans une vraie bataille, mais je suppose que ce n'était pas nécessaire. »
Arborant un sourire éclatant, il croisa les bras. Il pouvait voir les troupes de choc du Royaume de Diez approcher de plus loin, mais il n'était pas trop inquiet.
« Avec ces gardiens, ce sera largement suffisant. »
Son expression et sa voix étaient pleines de confiance, mais bientôt, il secoua la tête avec un profond soupir.
« Quoi qu'il en soit, comment Sa Majesté a-t-elle pu vaincre ces gardiens monstrueux... il est vraiment incroyable. »
Ses yeux étaient remplis d'admiration. Les trois statues d'acier massives, également connues sous le nom de gardiens, étaient les gardiens d'acier que Roan avait rencontrés alors qu'il traversait le passage secret de l'ancienne capitale, le château de Miller, pendant la guerre pour le trône.
À l'époque, les gardiens rendus inutilisables avaient été remis directement à la Tour Magique de Leno. Après cela, entre les mains du ministre du département de magie, Macrum, ils avaient fait l'objet de nombreuses recherches et développements avant de renaître dans un état plus puissant.
Bien sûr, durant tout ce processus, ils avaient reçu beaucoup d'aide du Département Technique ainsi que du Département d'Alchimie.
« Il y a encore une personne incroyable. »
Dans les yeux du jeune homme, Macrum, l'admiration refit surface.
« Comment le Stratège, sir Ian Phillips, a-t-il pu savoir que le Royaume de Diez serait le premier à bouger... »
C'était quelque chose qu'il ne pourrait jamais comprendre. Après l'appel urgent de Roan, Ian avait rapidement envoyé tous les gardiens vers les frontières sud du royaume. Depuis trois jours, il anticipait les actions du Royaume de Diez.
« Huu. Sa Majesté est grande et les fonctionnaires sous ses ordres le sont tout autant. »
Son expression changea étrangement.
« À ce rythme... »
Un sourire apparut sur ses lèvres.
« Peut-être pourrons-nous unifier le continent ? »
L'attente brillait dans ses yeux, mais il secoua bientôt la tête.
« Aye, non, non. Quoi qu'il arrive, c'est impossible. »
Peut-être trouvait-il ses propres paroles ridicules, il continua à agiter la main, mais dans ses yeux, il y avait un sentiment d'attente qu'il ne pouvait cacher.
« Mais et si... ? »
Ce n'était pas une attente sans fondement. La possibilité semblait si distincte dans son imagination qu'il pouvait presque la toucher du doigt, tandis que l'espoir dans ses yeux s'intensifiait.
***
« Kyyaaaaaaho ! »
Un bruit étrange chevaucha le vent alors qu'il résonnait sur le champ de bataille. Un homme aussi fin qu'un bâton prit appui sur le sol et s'élança dans les airs. Il était beaucoup plus grand qu'une personne normale, mais ce qui était plus étrange encore, c'était ses bras et ses jambes anormalement longs.
Il utilisait ces membres, plus longs que la taille d'un homme normal, comme des fouets.
« Kikikikikikiki ! »
Avec un rire étrange, il agitait ses bras extrêmement longs où bon lui semblait.
Shrrrrrk !
Des sons aigus se gravèrent dans les tympans.
« Esquivez ! »
« Ne le combattez pas ! »
Les soldats et les chevaliers pâles crièrent et sautèrent sur les côtés.
Kwaaang !
Les longs bras frappèrent le sol vide, faisant jaillir des piliers de terre dans un fracas assourdissant.
« Je vais vous découper en morceaux ! »
Une voix aiguë se fit entendre alors qu'une jeune femme faisait tournoyer son épée longue. La lame fendit l'air, décrivant un arc vers le long bras de l'homme.
« Kek ! Risible ! »
L'homme ricana et agita largement son long bras qui se mit à vibrer comme un roseau.
Slash !
La lame toucha le bras et, soudain, quelque chose de surprenant se produisit. Comme une pâte collante, le bras enveloppa doucement l'épée de la femme et, loin d'être tranchée, l'épée fut sur le point de lui être arrachée.
« Tch ! »
Elle serra les dents. Prenant appui sur le sol, elle mit plus de force dans sa prise, visant à trancher le bras de l'homme, même au prix de projeter son corps vers l'avant. Cependant, l'autre bras flexible et vibrant de l'homme bougea étrangement, volant vers l'arrière de la tête de la femme.
« Kuk ! »
Comme la femme avait penché son corps en avant, elle n'était pas en mesure de l'esquiver. Et dans cette situation désespérée,
« Oh que non ! »
Accompagné d'une voix basse et lourde, un jeune homme se tint derrière la dame et protégea son dos. Son épée longue percuta le poing volant qui s'approchait rapidement.
Kaaaang !
Des étincelles jaillirent avec le bruit de l'acier qui s'entrechoquait. L'homme aux longs bras et aux longues jambes portait des gants à la forme étrange. Au premier coup d'œil, ils ne semblaient pas différents de gants en cuir normaux, mais leur matériau réel était plus dur que l'acier. Il comptait sur eux comme armes pour lancer ces poings lourds.
« Merci. Prince Manus. »
Après avoir échappé de justesse au danger, la femme fit un clin d'œil au jeune homme. Le jeune homme à la voix basse et attrayante n'était autre que Manus Persion.
« Je vous en prie, Mademoiselle Aerea. »
La femme était la soi-disant Araignée Empoisonnée de Meland, Aerea Britz, avec qui Manus était parti à la recherche des citoyens disparus. Ils se fixèrent et esquissèrent de légers sourires.
C'est alors que...
« C'est dangereux ! »
Une voix urgente atteignit leurs oreilles. C'était Peid Neil qui donnait des ordres aux chevaliers et aux soldats à une distance légèrement plus éloignée. Manus et Aerea tournèrent rapidement la tête pour fixer le jeune homme aux longs bras.
« Maudit ! »
« Aah ! »
Leurs yeux s'écarquillèrent lorsqu'ils réalisèrent que les longues jambes de l'homme avaient atteint la zone juste devant eux.
« Il est trop tard pour esquiver ! »
Serrant les dents, Manus tira son épée longue vers l'arrière et, au même moment, il fit un pas en avant et poussa Aerea derrière lui. Tout cela s'était passé en un clin d'œil.
« Libérer tout mon mana et... »
Lorsque ses pensées atteignirent ce point.
Paaaaaat !
Un rugissement assourdissant se fit entendre et, au même moment,
Kwaaaaang !
Une lumière jaillit devant lui.
Kugugugugugung !
Après cela, une colline et quelques rochers sur la gauche s'effritèrent et s'effondrèrent sur le champ de bataille. Manus afficha une expression surprise face à ce retournement de situation soudain.
« Q, que se passe-t-il ? »
Aerea, qui était derrière son dos, sortit la tête et demanda prudemment. Au lieu de répondre, Manus agita les mains pour dissiper toute la poussière qui s'était soulevée. Alors que la poussière se dissipait, la scène devant eux devint visible : l'homme aux longs bras et aux longues jambes qui les harcelait avait disparu, remplacé par un jeune homme à l'allure masculine.
« Ah... »
Manus laissa échapper un murmure. C'était une apparence extrêmement familière qui suscita la joie, et un sourire apparut involontairement sur ses lèvres.
« Est-ce quelqu'un que vous connaissez ? »
Prudemment, Aerea demanda, et Manus répondit par un signe de tête.
« C'est... »
Sa voix tremblait légèrement.
« Un homme qualifié de dieu. »
En entendant cela, Aerea écarquilla les yeux sous le choc. En ce moment, il n'y avait qu'une seule personne sur le côté est de la chaîne de montagnes Grain qui pouvait être qualifiée de dieu.
« Roan Lancephil ! »
Elle fixa directement le jeune homme devant elle et, lorsque leurs regards se croisèrent, le jeune homme lui adressa un sourire maladroit. C'était bien Roan Lancephil, comme Manus l'avait dit.
C'est alors,
Shrrrrk.
Accompagné d'un bruit strident, un long bras jaillit du flanc de colline effondré. Un poing portant un gant robuste vola vers le visage de Roan.
« Faites attention ! »
Aerea hurla avec une expression surprise, mais les yeux toujours fixés sur Manus et Aerea, Roan leva simplement sa main droite en réponse au poing volant. Le poing de Roan et celui de l'homme entrèrent en collision frontale.
Kwaaaang !
Un rugissement assourdissant se fit entendre.
Swishhh !
Au même moment, une rafale apparut à la suite de cet affrontement féroce. C'était une collision frontale de forces, mais les poings restèrent ainsi sans montrer le moindre signe de mouvement. Un silence étrange s'abattit sur la zone pendant un moment jusqu'à ce que,
Crack ! Craaack !
D'énormes fissures apparurent sur le gant porté par l'homme aux longs bras et aux longues jambes.
Tuduk. Tududuk.
Le gant, déchiqueté en morceaux, tomba au sol. La main qui apparut à l'intérieur du gant n'était pas différente du corps de l'homme et était aussi fine qu'une brindille. Avec le poing toujours devant le sien, Roan ouvrit doucement sa main en une paume. C'était un mouvement doux et relâché, mais suffisamment rapide pour ne permettre aucun mouvement de l'autre côté.
Squeeze !
Roan saisit fermement le poing fin de l'homme et ses doigts s'enfoncèrent dans le dos de sa main et dans sa paume.
Crack ! Crack ! !
Des os se brisèrent, accompagnés de bruits cruels.
« Kieeeeeeeek ! Ça fait mal ! Ça fait maaaal ! »
Un cri strident fut entendu depuis un endroit distant et, en entendant cela, Roan murmura d'une voix basse.
« Ce n'est pas un son agréable aux oreilles. »
Une froide intention meurtrière remplit ses yeux.
« Je devrais briser la bouche en premier, pas la main. »
Aussitôt,
Tat !
Roan prit appui sur le sol et projeta son corps vers le flanc de colline effondré. Il devint une traînée de lumière et fendit la dimension alors qu'il poursuivait sa course.
<Une bataille sanglante (3)> Fin.
Traducteur : Lunargrasp
Correcteur : Deathwing