Chapitre 126
Le Maître de l'or, Sale.
S'il était parvenu à contrôler 70 % du commerce du royaume de Rinse, c'était certes grâce à son talent brillant, mais cela n'expliquait pas tout.
À une époque où le paysage politique était en plein chaos, d'autres marchands avaient fait preuve d'une ascension aussi rapide, voire plus rapide encore, que celle de Sale.
Mais la raison pour laquelle le Maître de l'or, Sale, avait réussi à surpasser ces éminents marchands pour devenir le chef de file du commerce était simple.
« Tout le monde voulait Sale. »
Généralement, les gens ont tendance à éprouver une certaine répulsion envers ceux qui leur sont supérieurs.
Surtout pour quelqu'un comme Sale, qui dominait plus de 70 % du commerce du royaume, il était évident qu'il deviendrait la cible de l'envie, du ressentiment et d'une inimitié dissimulée.
Naturellement, une telle personne devait faire face à une opposition intense, ce qui rendait difficile l'expansion de son influence au-delà d'un certain point.
C'était un phénomène qui se produisait indépendamment des capacités de chacun.
Mais Sale était différent.
Hormis quelques concurrents fanatiques, la plupart des citoyens du royaume admiraient et aimaient Sale.
Cela tenait au fait que Sale ne se contentait pas de chercher à gagner de l'argent.
Il, ou peut-être elle, était une personne qui savait donner.
« Grâce à lui, les citoyens du royaume de Rinse pouvaient, dans une certaine mesure, mener une vie supportable. »
Un foyer pour ceux qui avaient tout perdu.
De quoi manger pour ceux qui n'avaient rien.
Il soignait les blessés gratuitement et apportait un soutien financier.
Sans Sale, un nombre bien plus important de personnes auraient perdu la vie.
« Si le Sale de cette vie est bien celui que je connais… »
Il n'y avait aucune raison de lui tendre la main.
Mais.
« Tout comme l'avenir peut changer, la personnalité d'un individu peut également évoluer. »
Mais il ne pouvait décemment pas laisser passer l'énorme opportunité que représentait Sale pour une raison aussi douteuse.
Au lieu de cela.
« Bien que je doive m'allier à eux, je devrai agir avec prudence. »
Il prévoyait de garder une porte de sortie pour pouvoir se retirer à tout moment.
« Alors, quel genre de collaboration envisagez-vous avec nous ? »
À ces mots, Dante répondit sans la moindre hésitation.
« Pour commencer, la Compagnie Sale traite diverses céréales, notamment le blé et le maïs. »
Roan hocha lentement la tête.
« C'est bien ce à quoi je m'attendais. »
Même dans sa vie passée, bien que ce ne fût pas à cette époque précise, les activités de la Compagnie Sale s'étaient concentrées sur les céréales au moment où elle avait commencé à se faire un nom.
« Si vous y consentez, nous souhaiterions construire un grenier à grande échelle dans la baronnie de Tale. »
La Compagnie Sale prévoyait de faire de la baronnie de Tale sa base pour le commerce des céréales dans le nord du royaume.
En temps normal, c'était une offre qu'il aurait acceptée sans hésiter.
Mais intérieurement, Roan secoua la tête.
« Nous préparerons les affaires liées aux céréales séparément de notre côté. »
Il prévoyait d'acheter en gros les champs de blé du royaume d'Istel, et de cultiver et récolter lui-même les céréales.
Gérer la même activité aurait été une perte.
Roan avait autre chose en tête.
« Je suis désolé, mais nous avons déjà un projet distinct lié aux céréales en cours de préparation. »
« Ah…… est-ce le cas ? »
Dante sourit maladroitement et demanda en retour.
Roan hocha la tête.
« Oui. En revanche, que diriez-vous d'investir dans une entreprise de transport plutôt que dans le commerce des céréales ? »
« Une entreprise de transport ? »
Même face à cette contre-proposition inattendue, Dante resta calme.
« Oui. Je prévois de réparer les routes à travers tout le fief et de créer un nouveau réseau de transport. »
Pendant un moment, Roan expliqua calmement une partie du plan qu'il avait conçu.
La création d'un réseau de transport complexe et bien entretenu était un projet qui ne verrait le jour dans l'Empire d'Estia que quelques années plus tard.
Roan prévoyait d'avancer ce projet et de tenter de le mettre en œuvre au sein de la baronnie de Tale…
Et dans le cas de l'entreprise de transport, puisque l'infrastructure elle-même deviendrait un actif du fief, il ne subirait pas de pertes majeures, même si Sale n'était pas une personne bienveillante, contrairement à ce qu'il avait connu dans sa vie passée.
« Hmm. »
Dante, qui écoutait Roan en silence, laissa échapper un soupir discret.
C'était une proposition inattendue, une affaire imprévue, et d'une ampleur inimaginable.
« Baron Tale. Il semble qu'il ne soit pas seulement un puissant guerrier. »
Il sentit qu'il pouvait, dans une certaine mesure, comprendre pourquoi son maître avait décidé d'investir en lui.
« Cela devra être vérifié avec le maître de la compagnie Sale, n'est-ce pas ? »
demanda Roan pour tâter le terrain.
Si l'occasion se présentait, il comptait bien essayer d'obtenir une entrevue avec lui.
Cependant, Dante eut alors un sourire radieux et secoua la tête.
« Heureusement, il m’a donné pleine autorité concernant ce contrat. »
Il réfléchit un instant, puis hocha la tête.
« Nous accepterons l’offre de Sir Baron Tale. »
Ce fut une décision directe.
Mais Roan ne se laissa pas faire si facilement.
« Malgré tout, ne serait-il pas préférable de rencontrer le maître au moins une fois, étant donné qu’il s’agit d’une entreprise commerciale assez importante ? »
Il voulait rencontrer Sale au moins une fois.
C’était son sentiment sincère.
Dante prit une expression légèrement contrariée, puis laissa échapper un court soupir.
« Je suis désolé. Le maître n’est pas en mesure de sortir facilement en ce moment. »
« Est-il peut-être souffrant ? »
« Je suis désolé. Je ne peux vous en dire davantage. »
Dante inclina la tête à plusieurs reprises.
La situation étant ce qu'elle était, même Roan ne pouvait plus se montrer obstiné et insister davantage.
« Impossible de sortir facilement… ? »
Diverses possibilités traversèrent son esprit.
Mais il ne s'agissait là que de spéculations et de conjectures.
Roan chassa rapidement ces pensées parasites et tendit la main vers Dante.
« Il semble que je doive prendre rendez-vous pour une autre fois. Quoi qu'il en soit, je suis impatient de travailler avec vous. »
« Nous sommes également impatients de collaborer avec vous. »
Dante serra la main de Roan et inclina à nouveau la tête.
Le coin des lèvres de Roan se releva lentement.
« Une aubaine totalement inattendue qui tombe à point nommé. » 1
À vrai dire, il s'était légèrement inquiété, accablé par le trop grand nombre de projets et de plans qu'il devait mettre en œuvre.
Mais avec la Compagnie Sale investissant dans le projet de réseau de transport qui nécessitait le plus de fonds, il avait désormais moins de soucis à se faire.
De plus.
« Si nous continuons à travailler ensemble de la sorte, le jour où je rencontrerai le Maître de l'or Sale finira par arriver. »
Cette personne dont personne ne connaissait l'identité.
Pour une raison inconnue, le cœur de Roan battait la chamade.
Ce n'était pas une simple forme d'anticipation.
C'était comme s'il attendait un amant.
C'était un sentiment comparable à l'attente d'un partenaire lié par le destin.
*****
Paat ! Pat !
À la suite des coups de poing et de pied portés, des bruits d'impacts éclatèrent.
Sur le petit terrain d'entraînement situé derrière la résidence, Roan était absorbé par sa pratique de la Technique de mana Flamdor et de l'Art du combat de Reid.
Tat !
Prenant appui sur le sol pour bondir, il enchaîna une série de coups de poing.
Paang !
Accompagnant le bruit de l'impact, la multitude de poings créa une rémanence visuelle.
Et au même instant.
Pat ! Pat ! Pat !
Une lueur de la taille d'un poing apparut et disparut à plusieurs reprises autour de Roan.
L'amas de lumière jaillissait de nulle part entre les techniques de poing gracieusement enchaînées.
Si un guerrier ennemi s'était trouvé face à Roan, il aurait dû fermer les yeux face à cette lumière ou voir ses mouvements perturbés.
« Et à travers cette brèche, je frapperai de mon poing ! »
Pang !
Ses vêtements claquaient sous l'effet du vent tandis que le bruit de l'impact explosait.
L'amas de lumière jaillissait certes devant les yeux de Roan de temps à autre, mais sa vision ne fut ni aveuglée ni obscurcie grâce à la larme de Kalian.
Pang ! Pabang !
Roan continua de se mouvoir sans marquer de pause.
Cette fois, une étrange lueur enveloppa ses deux jambes et ses deux poings.
Comme cette lumière était très ténue, elle était à un degré tel qu'elle passait inaperçue si l'on ne regardait pas de près.
« Huu. »
Un instant plus tard, Roan expira longuement et calma sa respiration.
Il baissa les yeux sur l'anneau de Brent à son index.
« Parmi les nombreux sorts contenus dans l'anneau, il semble que ceux que je puisse utiliser efficacement ne soient que le sort de lumière et le sort de bouclier. »
Roan avait étudié à maintes reprises la manière d'utiliser le sort de lumière et le sort de bouclier lors d'une bataille ou d'un duel, et le résultat était ce style de combat actuel.
« Je dois rapidement maîtriser d'autres sorts tels que projectile magique, téléportation et gravité inversée. »
Il regrettait de ne pas avoir utilisé l’anneau de Brent plus activement jusqu’à présent.
« La larme de Kalian et l’anneau de Brent. La technique de mana Flamdor et l’art du combat de Reid. »
Chacun d’entre eux était un artefact ou une compétence remarquable.
Cependant.
« Ce serait trop décevant de perdre le maniement de la lance. »
Le maniement de la lance que Roan maîtrisait actuellement était composé de l’ancien style de Pierce, de son propre style actuel, et de diverses techniques apprises au cours de batailles réelles.
Il n’existait aucun maniement de la lance puissant qui s’accordât parfaitement avec la technique de mana Flamdor.
« Même dans ma vie passée, il n’y avait pas de maniement de la lance particulièrement éminent. »
S’il devait en choisir un, il y avait le maniement de la lance de Baker, que Pierce avait créé en faisant évoluer celui du vicomte Reil Baker, mais cela n’existait pas encore à cette époque et, même si cela avait été le cas, il ne pouvait pas l’apprendre à sa guise.
« Au bout du compte, dois-je en créer un moi-même, comme Pierce l’a fait… »
S’il parvenait à combiner les dizaines de techniques de lance qu’il connaissait, il avait le sentiment que cela pourrait fonctionner.
« Bien sûr, ce ne sera pas chose aisée. »
Lorsqu'il en arriva à cette réflexion.
« Monseigneur ! »
Derrière le bâtiment, Austin apparut, la voix pressée.
« Monseigneur. C'est une nouvelle urgente. Voici le rapport du président Chris. »
Austin accourut rapidement et lui tendit les documents.
Roan parcourut prestement le contenu de la lettre.
« Hmm. »
Aussitôt, un soupir discret s'échappa de ses lèvres.
Le contenu de la lettre débutait par une phrase très simple.
< Le vicomte Elton Coat a entamé une rébellion. >
*****
« Est-ce donc ainsi ? Il s'est passé exactement ce que j'avais prévu. »
Dit la voix calme.
Loin d'être choqué, Simon esquissa même un léger sourire.
« Quoi qu'il en soit, la force des services de renseignement du Baron Tale est vraiment stupéfiante. Dire que vous avez pu apprendre une nouvelle venant du nord du royaume si rapidement. »
« Comme on pouvait s'y attendre, étiez-vous au courant que le vicomte Elton Coat allait fomenter une rébellion ? »
Roan eut un sourire amer.
Dès qu'il avait reçu le rapport écrit de Chris, il était allé trouver Simon.
Bien qu'il lui eût transmis la nouvelle de la rébellion d'Elton, l'expression de Simon semblait indiquer qu'il s'y attendait.
Simon sourit faiblement en secouant la tête.
« Non. Ce n'est pas que je l'attendais… »
Son sourire s'accentua.
« J'avais simplement gardé cette possibilité à l'esprit. »
Il déplaça des piles de documents sur le côté et fixa Roan droit dans les yeux.
« Baron Tale. Je vous prie de garder le silence sur la révolte d'Elton pour le moment. »
Roan fronça légèrement les sourcils.
Simon esquissa un sourire amusé et poursuivit :
« Car nous serons en mesure de préparer un terrain plus avantageux pour nous tant que la nouvelle de sa révolte ne sera pas parvenue au palais. Vous comprenez ? »
« Oui. Compris. »
Roan inclina légèrement la tête.
De toute manière, il ne pouvait refuser l'ordre de Simon.
Roan salua Simon et quitta le bureau.
« C'est exactement ce que Clay avait prévu. Le prince attendait qu'Elton déclenche une rébellion. »
À vrai dire, c'était étrange.
Bien que Simon eût tremblé et fulminé face à la trahison d'Elton, il n'avait en réalité pris aucune mesure.
« Très probablement, il a secrètement fait pression sur cet Elton. »
Roan se mordit la lèvre inférieure.
Simon prévoyait probablement d'utiliser cette rébellion comme une opportunité pour creuser considérablement l'écart entre lui et les autres princes.
« Le palais va devenir bruyant. »
Une rébellion n'était pas chose aisée à gérer.
Très probablement, une force de répression à grande échelle serait constituée.
« La question est de savoir de quelle faction de prince proviendra cette force de répression…… »
Pour s'emparer de la position d'avant-garde de la force de répression, Simon commencerait à préparer le terrain dès maintenant.
Roan inspira profondément.
« On dirait que le sang va couler une fois de plus. »
Un coin de son cœur lui faisait mal, d'une manière inconfortable.
Et de plus, la révolte d'Elton n'avait pas eu lieu dans sa vie précédente.
À cause de cela, Roan devait lui aussi réfléchir à ce qu'il allait faire à maintes reprises et agir avec prudence.
« D'une certaine manière, j'ai le sentiment que cet événement marquera un tournant décisif pour moi. »
C'est ce qu'il ressentait.
Le vent, qui s'était momentanément apaisé, se remit à souffler.
C'était ce vent du champ de bataille que Roan connaissait si bien et qu'il affectionnait tant.
*****
« Une entreprise de transport…… ? »
Depuis l'espace intérieur dissimulé par un tissu léger, une voix douce et claire résonna.
« Oui. Princesse, pardon, Maître. »
L'homme d'âge mûr, resté à l'extérieur de l'espace, inclina la tête en répondant.
Un mouvement gracieux et élégant.
Cet homme n'était autre que le vice-président de la Compagnie Sale, Dante.
Pendant un moment, il expliqua en détail le projet d'entreprise de transport de Roan.
Aussitôt son récit achevé.
« Comme je m'y attendais, mes yeux ne m'ont pas trompé. »
La voix murmura doucement.
Après un instant de silence, cette voix claire et douce reprit la parole.
« Très bien. Je laisse cette fois-ci toute autorité sur cette affaire à Dante. Jugez du travail et prenez vos décisions vous-même. »
« Oui. Bien compris. »
Dante esquissa un léger sourire en répondant.
Il sentait instinctivement que cette mission représenterait une formidable opportunité pour lui.
« Le Baron Tale est une personne exceptionnelle. »
S'ils parvenaient à unir leurs forces, il était convaincu qu'il pourrait faire croître la Compagnie Sale bien au-delà de sa taille actuelle.
Dante s'inclina, prit congé, puis quitta le bureau.
Kwumpth.
Lorsque la porte se referma, une voix emplie de bonheur résonna de l'autre côté du tissu léger.
« Tu vois. N'avais-je pas raison ? »
Une question lancée à quelqu'un d'invisible.
La voix d'une femme d'âge mûr lui répondit aussitôt.
« Qu'est-ce que je disais ? Quant à moi, j'ai toujours... »
Alors qu'elle en était arrivée là.
Toc. Toc. Toc.
Des coups retentirent.
« Il est temps de partir pour l'académie. »
C'était une voix grave et lourde.
À ces mots, le tissu léger qui séparait l'espace s'ouvrit brusquement en grand.
Aussitôt après, un bruit de pas précipités se fit entendre.
« Aaah. Ralentissez. Vous allez vous faire mal en agissant ainsi. »
La femme d'âge mûr la suivait de près, ne cessant de lui parler pour l'inciter à ralentir.
Mais la jeune femme qui marchait devant elle ne ralentit pas le pas.
Chacun de ses gestes, qu'il s'agisse de ses mains ou de ses pieds, était empreint de joie et de vivacité.
Elle se sentait merveilleusement bien en cet instant.
Mais le problème était le suivant.
« Pourquoi suis-je si heureuse ? »
Elle-même ne connaissait pas la raison de cet état.
*****
Sarac. Sarac.
Le bruit de pages que l'on tourne délicatement résonna dans la pièce.
Roan examinait attentivement un livre épais, debout dans un coin de la bibliothèque.
« Ce livre devrait être le dernier. »
Il ne restait plus d'espace de stockage dans l'anneau de Brent.
Non, il restait un peu de place, mais il préférait la laisser libre en cas d'imprévu.
« Quoi qu'il en soit, la nouvelle de la rébellion d'Elton ne s'est-elle toujours pas répandue ? »
Le palais était toujours calme.
Grâce à cela, Roan fit comme Simon le lui avait demandé : il se rendait à la bibliothèque du palais le matin et s'entraînait le soir, comme à son habitude.
« C'est un quotidien paisible, mais quelque chose pourrait arriver à tout moment. »
C'est pourquoi il avait ordonné à la troupe de l’Amarante de rester sur ses gardes, afin qu'ils puissent partir en guerre à tout instant.
Sarac. Sarac.
Les pages du livre se tournaient presque machinalement.
Et à chaque fois, une lueur jaillissait de l'anneau de Brent.
« Hm ? »
Roan, qui tournait les pages sans y prêter attention, s'arrêta soudainement.
Une image familière apparut sous ses yeux.
« Ceci est… »
Dans le livre, un bâton d'environ un pied de long était dessiné.
Il s'agissait d'un bâton de commandement utilisé par les généraux ou les commandants.
« C'est le bâton que Pierce utilisait dans ma vie passée… »
Pour l'avoir vu plusieurs fois de loin, il s'en souvenait parfaitement.
Roan effleura du doigt les mots inscrits à côté de l'illustration.
< Bâton du Grand Commandant. >
« Hmm. »
Un soupir discret lui échappa.
Grand Commandant était un rang spécial, utilisé uniquement pour une durée limitée lorsque le royaume se trouvait en péril.
« Alors que la Grande Ère des Guerres se prolongeait, Pierce endossa lui aussi la volonté de la nation et fut nommé Grand Commandant. »
De vieux souvenirs refirent surface.
Sur la page, une explication concernant le bâton de commandement était inscrite.
< Au sommet du bâton du Grand Commandant repose la gemme que le roi fondateur du royaume de Rinse, Norman Von Rinse, reçut en cadeau du Seigneur Dragon doré, Europas. >
La gemme était également représentée avec précision sur l'illustration.
« Je pensais qu'il s'agissait simplement d'or, étant donné sa couleur dorée…… »
C'était véritablement une gemme précieuse offerte par un seigneur dragon.
Roan tourna de nouveau son regard vers l'explication.
< Dans cette gemme réside un pouvoir incroyable…… >
À cet instant.
Boum !
Dans un fracas assourdissant, la porte de la bibliothèque du palais s'ouvrit violemment à la volée.
« Baron Tale ! »
Le propriétaire de cette voix tonitruante n'était autre que le vicomte Tio Ruin.
Le doigt toujours posé sur ses explications, Roan se tourna vers Tio.
« Que se passe-t-il, Monsieur le Vicomte Ruin ? »
À la question de Roan, Tio s'exclama, le regard empreint d'urgence.
« La nouvelle de la rébellion d'Elton a atteint le palais ! Le Roi a convoqué les trois princes ! »
« Ah… »
Roan laissa échapper une exclamation étouffée.
Tio déglutit difficilement.
« Le moment est venu. »
Il serra le poing avec force.
« L'heure de retourner sur le champ de bataille a sonné. »
Roan inclina légèrement la tête.
Son cœur fit un bond.
Refoulant avec force l'émotion qui l'envahissait, il se mit en marche.
Tio sourit joyeusement et sortit de la bibliothèque du palais, devançant Roan d'un pas.
Roan le suivit rapidement.
Kwumpth.
Un bref courant d'air souffla lorsque la porte de la bibliothèque se referma.
Flap.
Le livre ouvert sur la table battit des pages sous l'effet du vent.
Chwareug.
Plusieurs pages du livre se tournèrent.
Pareureu.
Les pages se tournaient de manière chaotique.
Le contenu traitait toujours du bâton de commandement du Grand Commandant.
< Le propriétaire originel de la gemme, le Seigneur Dragon d'Or Europas, nomma cette gemme Tempestas. Lorsque la Tempestas remplit une certaine condition, elle peut provoquer une manipulation temporelle très instable……>
Seureug.
Les pages qui battaient frénétiquement retombèrent une fois de plus.
Sur la page suivante, un sujet totalement différent était abordé.
Le livre était grand ouvert, sans personne pour le lire.
Et un étrange silence s'abattit sur l'ouvrage.
< Rébellion 2 > Fin.
Traducteur : CSV
Correcteur : st8_lupe.
1. Une sorte de variante d'un proverbe coréen, que l'on peut interpréter comme « la chance est arrivée, accompagnée d'un ruban/panier ».