Chapitre 123
« Monsieur le Baron Tale, c’est bien l’homme que vous cherchiez, n’est-ce pas ? »
« Même si nous n’en avons pas l’air, nous savons très bien distinguer les gens de l’allée d’Aran de ceux qui ne font que passer par ici. »
« Je suis heureux que nous puissions au moins vous rendre la pareille pour votre bonté. »
« Puisque c’est un homme que le Baron poursuit, c’est forcément un vaurien. »
Des cris et des voix s’élevaient de toutes parts autour d’eux.
Les pauvres de l’allée d’Aran s’étaient rassemblés en masse.
Si Roan avait pu capturer Hooke aussi rapidement et avec une telle facilité, c’était grâce à l’aide des habitants de l’allée d’Aran.
Lorsqu’ils avaient appris que Roan et la troupe Amaranth avaient attaqué l’entrepôt en bois et dépêché des éclaireurs aux quatre grandes portes pour traquer quelqu’un, ils s’étaient mis à surveiller les lieux de leur propre chef.
Depuis longtemps, ils cherchaient le moindre moyen d’apporter leur modeste contribution pour remercier Roan de sa bienveillance.
Et c’est à ce moment-là que Hooke, qu’on ne voyait jamais dans l’allée d’Aran, était soudainement apparu ; ils l’avaient suivi, au cas où.
Même Hooke, le maître de l’agence d’information Janis, n’aurait jamais pu imaginer que les gens de l’allée d’Aran puissent agir avec une telle organisation.
Non, il en allait de même pour les soldats de la troupe Amaranth et pour Clay.
« Tout cela est arrivé parce que notre seigneur a ouvert ses bras aux habitants de cette allée. »
« Si vous valorisez les gens avec votre cœur, vous êtes récompensé de cette manière. »
Les yeux des soldats de la troupe Amaranth brillaient de respect en regardant Roan.
Lorsque Roan avait commencé à nettoyer l’allée d’Aran et le ruisseau Rott pour venir en aide aux pauvres, les soldats s’étaient d’abord demandé s’il était vraiment nécessaire d’en faire autant.
Ce n’était pas qu’ils trouvaient mal d’aider les nécessiteux.
Mais les pauvres du château de Miller n’avaient aucun lien avec Roan.
Plutôt que d’aider les indigents, il aurait été plus avantageux d’acheter de meilleures armures et armes pour la troupe Amaranth.
C’est du moins ce qu’ils avaient pensé.
Mais c’était là la réflexion de soldats ordinaires.
Roan, lui, pensait différemment.
« La base d’une troupe, ce sont les soldats, et la base d’un fief, ce sont ses habitants. De même, la base d’une nation, ce sont ses citoyens. »
Pour Roan, qui visait des sommets bien plus élevés, les pauvres de l’allée d’Aran n’étaient pas des inconnus.
C’étaient des gens qui, un jour, deviendraient assurément ses soutiens et son socle.
« Un général fort, d’excellents soldats, des officiers brillants… ils ne sont pas les seuls citoyens. »
Les gens ordinaires.
Des roturiers jusqu’aux esclaves.
Ils étaient tous des citoyens que Roan devait accueillir et avec qui il devait avancer.
« Bien sûr, je ne m’attendais pas à être aidé aussi rapidement. »
Roan esquissa un léger sourire.
À cet instant, Hooke, qui était traîné par la troupe Amaranth, hurla soudain :
« Espèces de fils de p*te ! Quand je sortirai de là, je vous tuerai tous, bande de bâtards de l’allée d’Aran ! »
Hooke vociféra de manière sinistre.
Dans le même temps, il projeta sa soif de sang vers les habitants de l’allée.
Soudain, Roan, qui marchait en tête, se retourna et décocha un coup de poing direct.
Phgack !
Le poing frappa de plein fouet la pointe du menton de Hooke.
« Kukk ! »
La mâchoire se brisa sous le coup.
Roan saisit la tête de Hooke, qui avait basculé, et grogna :
« Quand tu sortiras de là ? Huhuhu. »
Roan parla d’une voix glaciale.
Une lueur de glace brillait dans ses yeux.
« Peut-être que ce sera possible dans ta prochaine vie. »
Un silence.
« Hic. »
Hooke eut un hoquet une seconde plus tard.
Le visage livide comme un spectre, tout son corps se mit à trembler.
Roan tapota la tête de Hooke en le regardant.
« Les ordures comme toi ne font pas partie des gens que je dois emmener avec moi. »
Les seules personnes avec qui il avancerait étaient les bonnes personnes.
Bien sûr, ce que Roan entendait exactement par « bonne personne » n’appartenait qu’à lui.
*****
« Vous nous avez été d’une aide précieuse. »
« Non. Je pensais l’avoir été, mais avec le recul, il ne semble pas que ce soit le cas. »
Roan et Clay étaient assis face à face et discutaient.
L’expression de Clay était quelque peu complexe.
Lorsqu’il avait découvert les manigances de l’agence d’information Janis, il avait pensé qu’il sauverait Roan et lui serait d’un grand secours.
Au début, les événements s’étaient effectivement déroulés selon ses prévisions.
Mais en réalité, il n’avait pu apporter aucune aide, ni pour obtenir le permis d’utiliser la force dans le château, ni pour capturer Hooke, le maître de l’agence Janis.
Malgré ses grandes déclarations sur le fait d’aider à déraciner le mal, il n’avait fait que couper les feuilles et la tige.
« Je ne peux pas obtenir un poste important avec si peu de résultats. »
Clay laissa échapper un bref soupir.
Roan, qui l’observait, fit semblant de ne rien remarquer et changea de sujet.
« Au fait, comment étiez-vous si bien informé de la situation interne de l’agence d’information Janis ? »
« Ah, cela… »
Clay sourit avec effort et répondit :
« C’est parce que j’avais placé un espion à l’intérieur. »
« Un espion ? »
Lorsque Roan reposa la question, Clay marqua une pause avant de secouer la tête.
« Maintenant que j’y pense, plutôt qu’un espion, le terme de source interne serait plus approprié. »
Roan pencha la tête.
Clay poursuivit :
« J’avais soudoyé plusieurs agents de l’agence Janis et je les utilisais pour obtenir des informations sur leur situation interne ou pour omettre certaines données dans leurs rapports à l’agence. »
« Ah… »
Roan s’exclama doucement.
« Il devait donc y avoir l’aide de M. Clay même dans le plan de contre-attaque que nous avons préparé lors des parties de chasse. »
La raison pour laquelle les rapports de l’agence d’information Janis n’avaient pas été correctement transmis pendant la phase de préparation et d’exécution de la troupe Amaranth devait être entièrement due à Clay.
En utilisant les agents qu’il avait achetés, il avait délibérément omis les rapports envoyés à Hooke.
« Bien que rassembler des rapports et les analyser soit une bonne chose, placer une taupe à l’intérieur pour extraire des informations clés est également une méthode efficace. »
Roan hocha la tête aux paroles de Clay.
« Si c’est le cas… »
Commençant par la discussion sur l’utilisation des agents, les deux débattirent d’un large éventail de sujets, notamment sur l’agence d’information Janis et d’autres agences, sur le château de Miller et, bien sûr, sur les druides.
Finalement, un coucher de soleil rouge commença à poindre par la fenêtre.
« Est-ce que cela fait déjà si longtemps ? »
À mesure que le temps passait, l’expression audacieuse et confiante de Clay commença à se fissurer.
« Pourquoi ne montre-t-il aucun signe de vouloir m’engager ? »
Il aurait souhaité que Roan lui propose de le nommer en premier.
Après cela, il prévoyait d’accepter à contrecœur, puis de faire étalage de ses capacités autant qu’il le souhaitait.
Mais malgré une journée entière de discussion, Roan n’avait rien évoqué concernant une nomination.
Non, il n’en avait même pas montré le désir.
« Quoi qu’il en soit, merci beaucoup pour votre aide cette fois-ci. »
Pire encore, il essayait même de conclure la discussion.
Clay fixa Roan en silence, la bouche close.
Roan esquissait un léger sourire.
C’était comme s’il le mettait au défi de dire quelque chose s’il avait quelque chose à dire.
« Hu. »
Clay laissa échapper un soupir.
« En premier lieu, j’ai déjà décidé de servir le Baron Tale. »
C’est pour cette raison qu’il avait même révélé son identité de druide.
Clay se leva de sa chaise et, après avoir rajusté son costume, il baissa la tête.
« Monsieur le Baron Tale, j’aurais dû vous le demander à l’avance, mais… »
Il continua d’une voix douce et calme.
« Voudriez-vous m’accepter comme votre subordonné ? Je souhaite servir le Baron à vos côtés. »
Il adopta une posture courtoise et polie.
Mais son visage était toujours empreint de confiance.
Roan observa cette scène et sourit doucement.
Un lourd silence s’installa entre eux.
« Par hasard, va-t-il refuser… ? »
Clay déglutit nerveusement.
Il n’avait même pas imaginé une telle situation.
« Il n’y a aucune raison pour qu’il refuse quelqu’un avec autant de talent que moi, n’est-ce pas ? »
Une onde de choc parcourut sa profonde et solide estime de soi.
À cet instant, Roan se leva de sa chaise.
« À vrai dire, j’aurais aimé vous le demander moi-même. »
Il tendit sa main droite.
« Monsieur Clay, accepteriez-vous de faire route avec moi ? »
Roan parla d’une voix posée.
« Monsieur Clay, j’apprécie grandement votre talent. Mais… »
Ses yeux étaient calmes, clairs et profonds.
« Je ne désire pas seulement des gens talentueux. Une bonne personne, je souhaite que vous soyez une bonne personne. »
Une petite différence.
Il y avait une petite différence dans la façon dont Roan et Clay percevaient une personne.
Roan cherchait quelqu’un qui n’était pas seulement talentueux mais aussi une bonne personne, et Clay cherchait quelqu’un qui n’était pas seulement bon mais aussi talentueux.
Bien que cela semble identique, il y avait une différence claire dans la qualité qui était tenue en plus haute estime.
Clay leva immédiatement la tête et saisit la main de Roan.
« Merci beaucoup. J’utiliserai toutes mes capacités pour le Baron Tale, non, pour mon seigneur. »
À ces mots, Roan sourit en secouant la tête.
« Non. S’il vous plaît, utilisez vos capacités non pas pour moi, mais pour les habitants du fief. »
Telle était la personnalité et les valeurs de Roan.
Clay baissa légèrement la tête.
« Oui, compris. Je ferai comme vous l’avez demandé. »
Les deux fixèrent leurs yeux l’un dans l’autre pendant un moment et échangèrent les regards complexes qu’ils portaient.
Leurs yeux contenaient les mêmes pensées, des pensées similaires, et des pensées complètement différentes.
Mais aucun d’eux ne pouvait savoir à quel point chacune de ces pensées était présente dans leurs yeux.
***
Roan confia à Clay l’administration des rations, des armes et des fournitures de la troupe Amaranth.
Clay fut légèrement déçu que ce ne soit pas un poste aussi important qu’il l’avait souhaité au départ, mais il se consola en se disant que ce n’était pas si mal pour le début de sa carrière d’administrateur.
Pendant ce temps, les méfaits de Hooke et des cadres de l’agence d’information Janis, qui avaient fomenté le meurtre de Roan et fait chanter de nombreux nobles dans l’ombre, furent révélés, et ils furent tous exécutés.
Au même moment, le complot d’Anthony Holten et des nobles qui l’accompagnaient sur les terrains de chasse pour assassiner directement Roan fut confirmé, et ils furent jetés en prison après avoir été dépouillés de leur noblesse.
Et au cours de ce processus, la position du second prince Tommy Rinse, soutenu par ces nobles, fut une fois de plus traîtreusement ébranlée.
D’un autre côté, la popularité de Roan, qui avait spectaculairement surmonté le danger pour contre-attaquer, monta en flèche comme pour percer le ciel.
Simultanément, la popularité du premier prince Simon Rinse, qui entretenait une relation étroite avec Roan, augmenta également.
À ce moment, Roan suivit les conseils de Clay et de Keep et attaqua les diverses agences d’information qui s’agitaient et utilisaient le château de Miller et sa région environnante comme base.
Heureusement, des informations sur leurs méfaits et activités illégales étaient stockées parmi les divers documents confisqués à l’agence d’information Janis.
Grâce à cela, personne ne s’opposa aux raids de la troupe Amaranth ni ne s’en plaignit.
Roan fusionna les nombreux groupes d’information en un seul et le confia à Keep, et c’est pourquoi la taille de l’équipe d’éclaireurs Amaranth devint plus importante que celle d’Agens.
« Comme la taille de l’équipe d’éclaireurs est devenue significativement grande, nous ne pouvons plus la gérer de manière amateur. »
Roan entra dans une profonde réflexion avec Keep devant lui.
Il y avait déjà Agens comme groupe d’information principal.
Dans cette situation, utiliser l’équipe d’éclaireurs Amaranth de la même manière était hautement inefficace.
« J’avais prévu de créer une troupe séparée et spéciale pour l’utiliser plus tard, mais… »
Roan décida de faire avancer une partie de son plan qu’il avait préparé depuis longtemps et de le mettre à exécution.
Il regarda Keep.
« Keep, à partir de maintenant, nous renommerons l’équipe d’éclaireurs Amaranth en troupe Tenebra et changerons légèrement sa nature. »
« Changer sa nature… ? »
Keep devint nerveux.
Bien qu’il ait dirigé l’équipe d’éclaireurs et obtenu de nombreux succès, il savait qu’Agens, dirigé par Chris, était plusieurs niveaux au-dessus en termes de collecte et d’analyse d’informations.
Il craignait que l’équipe d’éclaireurs Amaranth, non, la troupe Tenebra, ne soit dissoute.
« Bien qu’elle poursuive ses missions de collecte et d’analyse d’informations, au lieu des méthodes standard, elle deviendra une troupe axée sur les missions spéciales, le sabotage, l’espionnage et des missions similaires. »
C’était ce qu’on appelait une troupe de forces spéciales.
C’était aussi une troupe qu’Ian Phillips créerait quelques années plus tard.
Même dans la vie précédente, la troupe était si bien cachée derrière des voiles qu’il n’y avait pas beaucoup de faits d’armes connus du groupe.
Pour cette raison, les gens appelaient aussi la troupe des forces spéciales d’Ian la troupe de l’ombre.
Si le bras droit d’Ian Phillips était Agens dirigé par Keep, son bras gauche était cette troupe de forces spéciales.
« D, des missions spéciales, monsieur ? »
Keep bégaya.
Son cœur bondit au mot « spécial ».
Roan hocha lentement la tête.
« Dans les nombreuses guerres, batailles et stratégies, votre rôle et celui de la troupe Tenebra seront importants. »
« Ah… »
Keep s’exclama doucement.
Son cœur se gonfla de fierté.
Il y a un instant, il s’inquiétait d’être dissous.
« Tenebra, une troupe effectuant des missions spéciales. »
Son cœur battait rapidement.
Keep inclina immédiatement la tête.
« Oui monsieur ! Nous continuerons à faire de notre mieux. »
Keep fit un salut plein de vigueur.
Roan sourit joyeusement et tapota l’épaule de Keep.
« Agens peut prendre le château de Miller et ses régions environnantes qui sont devenus sans maître, et… »
Pour la compétition pour la succession de la couronne et les combats voilés entre les nobles qui se poursuivront désormais, il pourrait envoyer la troupe Tenebra et mener diverses missions de sabotage et d’espionnage.
La forme du système se mettait lentement en place.
À ce moment-là.
Toc, toc, toc.
« Mon seigneur. »
Avec le bruit des coups, la voix d’Austin se fit entendre.
« Entrez. »
Roan et Keep se jetèrent un coup d’œil léger puis hochèrent la tête.
Au même moment, la porte du bureau s’ouvrit et Austin apparut.
Keep fit une légère révérence et quitta le bureau.
Austin attendit un instant puis parla prudemment d’une voix basse.
« Nous avons une invitée. »
« Qui est-ce cette fois ? »
Roan demanda calmement en retour.
Sans qu’ils ne fassent rien, de nombreuses visites et invitations de nobles avaient plu après l’événement avec Anthony Holten et l’agence d’information Janis.
Austin répondit avec une expression étrange.
« C’est Mademoiselle la Vicomtesse Elva Dionell. Si je peux me permettre… »
L’expression étrange devint encore plus particulière.
« C’est une belle femme. »
« Hm ? »
Roan, qui jetait un coup d’œil aux papiers sur son bureau, fronça les sourcils.
« Une femme ? La Vicomtesse Elva Dionell ? »
D’une certaine manière, le nom semblait familier.
« Qui était-ce ? »
Sa mémoire était brumeuse.
C’était presque à sa portée, mais pas tout à fait.
Comme si un brouillard était descendu, c’était flou.
« Mon seigneur ? »
La voix d’Austin l’interrompit.
« Ah… oui. »
Roan organisa ses pensées une seconde plus tard et rangea une pile de documents.
« Guidez-la vers le salon de réception. »
« Oui, compris. »
Austin hocha la tête et s’avança.
Roan rajusta ses vêtements et se dirigea également vers le salon de réception.
« Elva Dionell… »
C’était certainement une noble qu’il n’avait jamais rencontrée dans cette vie.
Non, il n’avait même jamais entendu parler d’elle.
« Alors cela doit signifier que j’ai entendu ce nom dans la vie précédente… »
C’était assurément un nom familier.
S’asseyant sur une chaise en cuir souple placée d’un côté du salon de réception, Roan se plongea dans ses pensées.
À ce moment-là.
Toc, toc, toc.
Avec le bruit des coups à la porte, Austin apparut bientôt avec une belle femme.
« Donc cette femme est la Vicomtesse Elva Dionell. »
Il se demanda si le souvenir lui reviendrait une fois qu’il verrait son visage, mais comme prévu, le flou brumeux était le même.
Cependant, Roan ne fit pas l’erreur de se perdre dans ses pensées tout seul.
Il s’avança prudemment et inclina légèrement la tête.
« C’est un honneur de vous rencontrer. Je suis Roan Tale. »
« Bonjour. Je suis Elva Dionell. »
Sa voix était aussi belle que son visage.
Austin prépara rapidement le thé et quitta le salon de réception.
Roan et Elva s’assirent l’un en face de l’autre et sourirent.
« C’est notre première rencontre, n’est-ce pas ? »
Roan demanda prudemment en premier.
Elva hocha légèrement la tête.
« Oui. Je vous ai vu plusieurs fois de loin, mais c’est la première fois que nous nous rencontrons face à face. »
« Mais d’une certaine manière, je n’ai pas l’impression que ce soit notre première rencontre. »
Roan parla avec un regard posé.
Posant la tasse de thé qu’elle tenait, Elva répondit.
« C’est probablement parce que vous avez entendu des rumeurs à notre sujet. »
« Des rumeurs ? »
« Oui. À propos d’un groupe que moi et plusieurs autres nobles avions créé. »
Roan attendit tranquillement ses prochains mots.
Souriant timidement, Elva continua de parler.
« J’appartiens à un groupe appelé les 12 Oisillons. C’est un groupe composé de jeunes nobles du Royaume de Rinse… »
Lorsqu’elle eut parlé jusqu’à ce point.
« Ah ! »
Roan s’exclama inconsciemment.
Non, c’était plus proche d’un soupir.
C’était comme si le brouillard dans sa tête s’était dissipé.
« Elva Dionell, penser que j’aurais oublié la Vierge de Fer et de Sang, Elva Dionell. »
Finalement, le souvenir de la femme devant ses yeux, Elva, fit surface clairement.
La femme d’acier qui, pour le Royaume de Rinse, trancha la tête de son amant et de ses camarades semblables à des frères.
« Après avoir tranché la tête de son amant, elle mit fin à ses jours par suicide. »
C’était un événement qui devait se produire dans seulement cinq ou six ans.
« Grâce à Elva Dionell, le troisième prince Kallum Rinse monta sur le trône et devint le roi suivant… »
Les yeux de Roan tremblèrent terriblement.
C’était parce qu’il avait rencontré le point de départ de la grande vague de l’histoire.
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