Chapitre 271
« Tu es si pressé d'avoir une nièce ? Pour l'amour du ciel », soupirai-je, totalement exaspéré par l'insistance de John. « Attends juste un an. »
« Qu'est-ce que ça veut dire ?! » John m'attrapa soudainement par le col, exigeant des explications.
« Lâche-moi ! J'ai mis du temps à nouer cette foutue cravate ! » rétorquai-je, agacé par son intrusion.
« Silence, s'il vous plaît », une voix forte et calme trancha le brouhaha. Le bruit dans le stade diminua progressivement.
John desserra sa prise à contrecœur et recula, me lançant un regard déterminé. « Tu me diras ce que tu as manigancé. »
Je ne pus m'empêcher de jeter de l'huile sur le feu. « Tu veux vraiment savoir ? » Je souris en coin, sur un ton à la fois mystérieux et provocateur, juste pour l'énerver.
« S-Salaud ! »
Je choisis d'ignorer ses protestations. Pour l'amour du ciel.
Je t'en supplie, Eden.
Donne-lui une petite amie, pitié.
Notre attention fut alors attirée par Gamir Teraquin, qui s'était avancé et s'adressait à tout le monde via un microphone.
« Je vais commencer par afficher les groupes dans lesquels vous serez répartis », annonça Gamir.
Je tournai mon regard vers lui. Il se tenait là, l'air distant, utilisant le micro pour s'adresser aux élèves rassemblés.
Un écran massif apparut soudain au-dessus de nous, affichant une liste de groupes avec les noms des membres en dessous.
« Une fois que vous aurez trouvé la lettre de votre groupe, veuillez vous placer dans la zone assignée au sol », instruisit Gamir.
Je plissai les yeux, parcourant la liste pour trouver mon nom parmi les groupes.
« J'ai trouvé le mien… » marmonna John, la voix teintée d'agacement. « Groupe A... avec Victor, Adrian, Rodolf, Roda et Amelia… »
« Tant mieux pour toi », lançai-je avec un sourire.
John grogna, visiblement mécontent de son sort, puis s'éloigna d'un pas lourd vers sa zone désignée.
Voyons voir dans quel groupe je suis...
Pas le groupe A.
Mais le groupe B.
Oh, par pitié.
Je trouvai mon nom dans la liste du groupe B, aux côtés d'Elizabeth, Celeste, Alicia et Cyril. Je poussai un soupir résigné et me dirigeai vers notre zone. Chaque groupe comptait environ quarante membres, créant un mélange varié d'élèves de différentes années.
Le centre de l'attention dans notre groupe était sans aucun doute Cyril Raven. Il était entouré d'un groupe d'élèves de troisième année qui semblaient être ses laquais, se prélassant dans sa gloire.
« On dirait qu'on est dans le même groupe, Amaya. »
Je me tournai vers la gauche et vis un autre attroupement au sein de notre groupe. Celeste et Elizabeth étaient engagées dans une conversation joyeuse.
« J'espère qu'on pourra tenir tête aux autres, Celes », répondit Elizabeth, son sourire rayonnant de confiance.
« Ne t'inquiète pas pour ça ! Toi et moi, on est plutôt fortes ! » rayonna Celeste avec optimisme.
Il était clair que Celeste faisait tout son possible pour ignorer Cyril, qui se trouvait également dans notre groupe. Ses tentatives d'évitement étaient plutôt flagrantes depuis ma position.
La dernière figure populaire de notre groupe était Alicia. Elle était assise avec grâce sur un banc, s'occupant méticuleusement de sa rapière dorée. Quelques élèves de première année prirent leur courage à deux mains pour l'approcher, mais un simple regard de ses yeux pourpres les fit détaler.
Quant à moi, j'attirais aussi un peu l'attention, mais personne n'osait m'approcher. C'était une existence solitaire.
Je jetai un coup d'œil à John, qui se trouvait un peu plus loin, marmonnant dans son coin. Il était seul lui aussi, en train de râler. Mon humeur s'améliora légèrement. J'étais sincèrement content qu'il m'ait accompagné.
[<Il y a une raison pour laquelle tu n'auras jamais d'ami masculin.>]
'Ne t'en fais pas pour ça.'
« Comment ça va, Celes ? »
Une agitation soudaine éclata alors que Cyril s'approchait de Celeste et Elizabeth. Cyril ne pouvait s'empêcher de semer le trouble en découvrant que Celeste était dans le même groupe que lui. L'expression joyeuse de Celeste se crispa immédiatement en entendant la voix de Cyril derrière elle.
« Tu ne peux pas me laisser tranquille ? Je discute », trancha Celeste.
Cyril gloussa et continua de s'approcher. « Combien de temps comptes-tu m'éviter comme ça, Celes ? Finalement, comme toutes les femmes, tu finiras par tomber sous mon charme. »
Celeste répliqua avec défi : « Je ne suis pas comme les autres femmes. »
« Et je ne suis pas un homme ordinaire, Celes », répondit Cyril en se penchant, profitant de sa taille pour la dominer. « Tu ne trouveras jamais meilleur homme que moi, et au fond de toi, tu sais que tu ne peux pas m'échapper. » Il ajouta un murmure à son oreille, trop bas pour que je puisse l'entendre.
Les yeux de Celeste s'écarquillèrent sous le choc de ce que Cyril venait de dire. Elle tressaillit et leva les yeux vers lui, incrédule.
Le sourire de Cyril s'élargit alors qu'il poursuivait : « Tu vois ? Tu es déjà à moi. Accepte-le et assume-le. Même ton père ne prend aucune mesure contre moi, car il sait que c'est la meilleure issue pour nous deux. »
Celeste resta silencieuse.
« Ça suffit, Cyril », Elizabeth en avait assez vu et tira Celeste derrière elle, faisant face à Cyril. Elle le fixa avec un regard calme et inébranlable.
« Oh ? » Le sourire de Cyril disparut brusquement et il souleva légèrement le menton d'Elizabeth, qui ne recula pas, le fixant toujours calmement. « Connor a vraiment gâché ta beauté, Elizabeth, et tout ce qui te rendait belle. »
Pour la première fois, je vis l'expression habituellement composée d'Elizabeth se crisper.
« Heureusement, il n'est plus là pour perturber davantage l'équilibre des Maisons ou se mêler de nos affaires, Celes », dit Cyril, son sourire s'adoucissant en regardant Celeste.
« Éloigne-toi d'elle ! » Celeste écarta la main de Cyril et saisit le bras d'Elizabeth. Sa voix tremblait de colère. « Tu es répugnant. Comment peux-tu dire une chose pareille ? »
« Comment ? » Cyril haussa un sourcil avant d'éclater de rire. « Tu te sens redevable envers lui parce qu'il est intervenu en ta faveur à chaque fois que je t'ai confrontée l'année dernière ? C'est plutôt touchant, Celes, mais les morts ne peuvent ni entendre ni voir les supplications des vivants. » Il dit cela les yeux plissés et un sourire en coin.
Celeste fixa Cyril avec fureur, les yeux emplis d'indignation, tandis qu'Elizabeth gardait son regard calme habituel, bien que quelque chose semblât clocher dans son attitude.
« Tôt ou tard, tout m'appartiendra. Toi, Celes, et finalement Selene, vous serez à moi », déclara Cyril avant de tourner les talons et de s'éloigner.
En seulement deux minutes, il avait réussi à contrarier à la fois Celeste et Elizabeth. C'était un exploit impressionnant, c'est le moins qu'on puisse dire. Les expressions habituellement sereines des deux jeunes filles avaient été perturbées.
Cependant, les mots de Cyril au sujet d'Elizabeth et d'un certain Connor avaient attiré mon attention. Il était clair qu'il s'était passé quelque chose entre eux.
« Vous auriez déjà dû être briefés par les professeurs sur ce cours, mais je vais l'expliquer à nouveau avec le premier match. C'est simple, vous allez voir », résonna la voix de Gamir Teraquin. « Je vais appeler les deux premières personnes qui vont s'affronter. Cyril Raven et Ren ! »
Je ne savais pas qui était Ren, mais je ne pus m'empêcher de ressentir un mauvais pressentiment pour lui.
Prions pour lui et pour son honneur.
Nous étions tous assis dans les tribunes assignées à nos groupes, entourant le terrain central où les matchs allaient avoir lieu. Cyril sauta avec assurance des tribunes et atterrit sur le terrain. Il s'approcha ensuite d'un conteneur rempli de brassards. Cyril en équipa deux, qui émirent une lueur bleue avant de devenir transparents. Ces brassards étaient destinés à protéger les combattants de blessures graves, car il s'agissait toujours d'un cours scolaire. Si les brassards cessaient de briller, cela indiquait que le porteur avait subi suffisamment de dégâts et que le match était terminé.
Gamir détailla les règles pendant quelques minutes, permettant à Cyril et Ren de se préparer pour leur duel. Ren, un élève de troisième année, semblait visiblement nerveux et gardait un œil vigilant sur Cyril. Comme les armes personnelles étaient autorisées, Ren maniait une épée, tandis que Cyril choisit de ne prendre aucune arme. Il resta simplement là, attendant le signal.
Gamir leva la main et, après un bref instant, cria : « Commencez ! »
Sans perdre une seconde, Ren poussa un cri et combla la distance entre lui et Cyril en un clin d'œil, faisant tournoyer son épée avec une vitesse incroyable.
Les élèves de Sancta Vedelia étaient tous bénis par l'Arbre Sacré, et ce seul fait rendait évident que sous-estimer quiconque venant de l'académie était une grave erreur. C'était particulièrement vrai pour un élève de troisième année de l'académie la plus prestigieuse de Sancta Vedelia.
Je posai mes bras sur les barrières, mes yeux rivés sur chaque mouvement de Cyril. Il était essentiel de recueillir autant d'informations que possible sur ce redoutable adversaire.
Cyril évita sans effort le premier coup d'épée de Ren et fit un petit pas en arrière. J'étais sur le point d'analyser davantage ses mouvements quand, soudain, un bruit assourdissant retentit.
-BAM !
Je clignai des yeux de surprise, et avant que je ne puisse pleinement comprendre ce qui s'était passé, Ren fut propulsé dans les airs à une vitesse stupéfiante, s'écrasant contre les barrières de protection. Les brassards qui l'avaient protégé volèrent en éclats, et son corps inconscient s'effondra au sol.