Chapitre 45
Erwin et ses petits-fils étaient dans la forêt de Pompotta. Celle-ci était luxuriante, les feuillages étaient d'un vert vif, les bourgeons avaient éclot, semblait-il, depuis quelques jours. Il y avait aussi des bêtes, mais toutes semblaient inoffensives.
— Ouah ! Papy, c'est incroyable ! Tout ça était si proche de nous ? Pourquoi quand j'étais petit on a jamais fait un tour ici ? demanda Vars avec les yeux scintillants.
Pendant ce temps, Itoî semblait tout aussi émerveillé. Autant de fleurs, autant de fruits et de baies comestibles lui donnaient l'appétit.
— Papy, j'peux commencer à récolter ? J'ai faim !
Le vieil homme rit.
— Doucement les petits, je vais vous indiquer ce qu'on va ramasser, il y a aussi des fruits indigestes. Pour répondre à ta question, Vars, c'est car cette forêt était menacée et en mauvais état il y a 5 ans de cela. Disons que j'ai dû faire quelques retouches personnelles pour redonner sa beauté d'antan à celle-ci.
Vars commença à récolter des fleurs, puis il demanda à son grand-père :
— Comment ça ? Elle avait quoi, la forêt ?
— Une bête s'était installée, elle dévorait toutes les autres et avait diminué grandement leur nombre, sans oublier qu'elle était invasive. J'ai dû m'en débarrasser personnellement. C'était un couple de Snariptide. Et ces bêtes se reproduisent tous les 2 mois, et peuvent pondre jusqu'à 500 œufs.
Vars se retourna vers son grand-père et lui donna un bouquet de fleurs.
— Tiens, Papy !
— Merci, mon garçon. Tiens, tu vois ces arbres dorés ? Ils sortent du lot, hein. Tu peux ramasser leurs fruits, n'en prends pas beaucoup, il faut respecter la forêt, elle reste toujours fragile hélas, dit-il en caressant le visage de son petit-fils avant de donner une petite tape sur son épaule.
— Compris, je m'en occupe !
— Papy, moi j'fais quoi ? demanda Itoî.
— Toi, tu peux ramasser ces buissons-là, juste en face, pas ceux au feuillage bleu mais ceux qui sont verts, prends uniquement les fruits mûrs. Mais attends... Tu mâches quoi au juste ? demanda Erwin.
Itoî continua de mâcher, les lèvres couvertes d'un jus violet.
— Bah, ces baies ici, dit-il en pointant un buisson rouge avec des baies bleues.
Le vieil homme éclata de rire.
— Mon garçon, tu vas avoir mal au ventre avec ces baies-là. Ce sont des Ablibusse. Je te conseille vivement de cracher ce que tu as dans la bouche. Et tiens, bois ça.
Le vieil homme sortit une petite décoction de sa poche et la lança vers Itoî, qui l'attrapa.
Itoî cracha en premier lieu ce qu'il avait dans la bouche, puis but d'un coup sec la décoction. Il tira la langue en faisant une grimace.
— Mais c'est dégueulasse, Papy !
— Hahaha, oui, mais ça t'évitera de te retrouver 3 jours alité. Bon, tu vas vo—
Itoî se mit à vomir avant même que son grand-père finisse de parler.
— Ah bah voilà.
Vars revint avec son panier rempli de fruits dorés.
— Il a quoi Itoî à vomir comme ça ? demanda Vars, curieux et un peu inquiet.
— Il a mangé une baie qu'il ne fallait pas, répondit son grand-père en haussant les épaules.
— Bon ! Je vais ramasser quelques herbes aussi, puis on rentre les garçons, d'accord ?
— Oui ! répondit Vars.
— Gloui prapy ! répondit Itoî en continuant de vomir.
Uyan ne savait pas quoi dire.
— Tu ne me réponds pas ? demanda Kaelle, un peu fâchée.
— Je...
— Rooh ! Tu sais, tu peux demander aux autres si tu veux t'aventurer en forêt, mais n'y va pas tout seul ! C'est dangereux, dit sa grande sœur.
— Je... Oui, désolé, Kaelle... dit-il d'un air un peu triste.
— Va prendre une petite douche, va. Je n'en parlerai à personne, mais ne refais plus ça, d'accord ?
— Oui ! dit-il en souriant, avant de sortir tranquillement pour se diriger vers la salle de bains.
Ouais ! Super, elle ne s'est rendu compte de rien du tout. Grande sœur, des fois ta gentillesse et ta naïveté me font presque peur.
Il se déshabilla et prit sa douche. Pendant ce temps, Kaelle préparait la table. La porte de l'extérieur s'ouvrit.
— C'est nous ! s'écria Itoî avec un sourire.
— Salut, Kaelle ! dit Vars en montrant le panier.
— Oh, des fruits ! Vous avez récupéré ça quand ? demanda-t-elle, toute souriante.
— Il est pas là le nain rouge ? demanda Itoî.
— Si tu parles d'Uyan, il est sous la douche.
— Faudrait qu'on prenne une douche aussi, les jeunes, dit le grand-père.
— T'as pas tort, Papy. Vars, il sent mauvais ! dit Itoî en rigolant.
— Mais c'est toi qui pues, pas moi ! dit Vars, fâché.
— Allons, allons, on va attendre dehors, Kaelle, pendant que le petit finit de se nettoyer, dit Erwin avant d'avancer vers la sortie avec les garçons.
— Ça marche, Papy. Vous voulez que je prépare une petite salade de fruits ? demanda-t-elle.
— Oui, ça serait cool ! dit Itoî.
— Ouais, ça me va aussi, répondit Vars.
— Merci d'avance, ma petite fille, conclut le grand-père.
Uyan finit sa douche et s'habilla.
Les autres sont rentrés. Je vais rapidement m'habiller et sortir vite fait pour cacher le livre.
Il sortit avec une serviette de bain et se dirigea vers la chambre de son grand-père.
— Kaelle, je rentre dans la chambre de Papy, je vais m'habiller là-dedans. J'avais oublié de mettre des vêtements propres dans mon panier. Tu peux prévenir l'un d'eux d'aller prendre sa douche, je pense.
— D'accord, Uyan. J'aurai fini de préparer le déjeuner d'ici 20 minutes, répondit sa sœur.
Uyan s'habilla rapidement. Il entendit la porte de l'extérieur s'ouvrir ; vu les pas lourds, c'était son grand-père.
Jackpot !
Il s'habilla tranquillement et le vieil homme ouvrit la porte de sa chambre.
— Ah, tiens donc, que fais-tu ici, Uyan ? demanda son grand-père en souriant.
— Comme tu vois, Papy, je m'habille, répondit Uyan.
— Je vais prendre ma douche là. Je récupère mes deux ou trois vêtements... Et voilà, dit le vieil homme. Il se retourna un instant.
— Oh, mais les livres éparpillés sur le lit là, c'est toi ?
Merde, j'avais zappé ces livres.
— Euh ouais, désolé. Avant de prendre ma douche, j'étais en train de lire, répondit Uyan sans hésiter.
— Je vois, je vois... Range-les, s'il te plaît, demanda son grand-père.
— Pas de soucis, Papy.
L'homme se dirigea vers la porte, prit la poignée de celle-ci et s'apprêta à l'ouvrir.
— P-Papy.
Le vieil homme tourna la tête.
— Oui ?
Uyan ne répondit pas pendant un instant.
— Il te fallait quelque chose, mon petit ? demanda Erwin, intrigué.
Uyan était un peu perdu. Il voulait avouer ce qu'il avait fait, mais en même temps, une part de lui refusait. Il voulait en savoir plus sur ce livre, sans en parler à quiconque. Alors il détourna la conversation, et il avait un bon prétexte.
— C'est... C'est l'anniversaire de Kaelle aujourd'hui. Enfin, elle est née à 23 h 47 d'après Maman.
— Oh, vraiment ? Quel idiot que je suis, d'oublier l'anniversaire de ma petite fille... Je devrais avoir un petit cadeau qui pourrait lui faire plaisir dans mon grenier. Merci de me le rappeler, on lui fera une petite surprise ce soir alors, dit-il en souriant, puis il sortit de la chambre.
Bon, maintenant faut que je range ce satané livre.
Il ouvrit la fenêtre puis sortit par celle-ci en sautant.
TIP
Merde, j'espère que j'ai pas fait trop de bruit.
— Hmm ? T'as pas entendu un bruit sec ? Comme un truc qui frappe sur le sol, dit Vars.
— Hein ? Où ça ? demanda Itoî.
— Je crois, derrière la maison, répondit Vars.
— Ah ouais ? dit Itoî.
— Je vais vérifier, dit Vars.
— Allez, j'arrive avec toi ! répondit son frère.