Chapitre 17
— NOOON !!! s’écria Vars.
Itoî eut le regard vide pendant quelques secondes avant de se rappeler les moments passés avec sa mère.
『 Irvar, Nothran — 26 Everi, 9 h 13 』
— Je vous aime, les garçons. Vous êtes ma fierté, ma famille et mes petits bébés.
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『 Mer, ???? — 17 Jymes, 14 h 45 』
— Hé, Itoî, ne plonge pas dans l’eau comme ça ! s’écria-t-elle.
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『 Irvar, la maison — 26 Everi, 13 h 40 』
Itoî arriva en sautillant vers sa mère, qui lui attacha une amulette ornée d’un cristal bleu clair.
— Porte-la précieusement, d’accord, mon cœur ? dit Noémie en lui caressant d’abord la tête, puis la joue.
— Oui, M'man ! Merci ! répondit Itoî avec un grand sourire.
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『 Un rêve — 20 Everi 』
— Tout va bien maintenant. Ferme les yeux et repose-toi, dit Noémie avec un léger sourire.
La vision de ces souvenirs se brouilla. Les images de sa mère semblèrent grésiller et se déformer avant de disparaître complètement.
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Le décor s’assombrit et la vision de sa mère disparut entièrement, laissant la place à un monde obscur où il n’y avait rien. Seulement le vide.
Puis une voix horrible résonna dans l’esprit d’Itoî :
— Tout va bien, Itoî, tout va bien…
— Tu veux venger ta mère, pas vrai ?
— Ces monstres ont tué ta mère !
— Tu ne vas quand même pas laisser passer un tel affront ?
La voix continua sans relâche. Elle se scinda en plusieurs voix qui ne cessèrent de ronger l’esprit d’Itoî.
— Venge-toi !
— Protège tes frères !
— Ne te laisse pas faire !
Les voix se mêlèrent. Itoî semblait déconnecté de la réalité, comme s’il se trouvait de nouveau dans un cauchemar.
Tout cela se passa en quelques fractions de seconde.
— Tue-les !
À cet instant, toutes les autres voix disparurent.
— Tue-les !
— Tue-les !
— Tue-les !
Itoî, qui avait baissé la tête en réalité, la releva. Dans ce monde parallèle, il avait reconnu la voix. C’était celle du démon. Néanmoins, il demanda :
— Comment ?
Le démon apparut sous une forme gazeuse ; seuls de gros yeux hypnotiques étaient visibles.
— Tu connais déjà la réponse. Tu as besoin de moi, dit le démon.
— Ah, ça… Itoî baissa de nouveau la tête.
— Oui, ça, répondit le démon.
— Tu vas simplement posséder mon âme et mon corps, puis t’enfuir, pas vrai ? demanda Itoî.
Le démon écarquilla les yeux pendant quelques instants.
Ha ha, ce gamin n’est pas si dupe que ça, hein ? Mais rien ne m’empêche de faire la démonstration de ma puissance.
— Je peux tout de même tuer ces criminels en échange de ton corps et de ton âme, tu sais. Je ne suis pas si cruel que ça, répondit le démon.
— D’accord, dit Itoî.
Le démon sembla avoir atteint son objectif. Il lui demanda alors une dernière chose :
— Retire ton collier après la fin de cette vision. Ensuite, je commencerai à sortir petit à petit. Si tu veux accélérer les choses…
Il pointa du doigt un puits et ajouta :
— Tu n’as qu’à sauter dedans. Pour faire apparaître cette vision, ce sera encore plus simple sans le collier. Tu n’auras qu’à te concentrer et à penser à ce puits.
La vision disparut et Itoî reprit connaissance.
Il releva la tête. Une aura légère, mais très sinistre, se dégageait de lui.
— ROAAAARGH !!! s’écria Itoî tandis que l’aura ténébreuse commençait à prendre de plus en plus d’ampleur.
— Ouah ! s’écria Blak, étonné.
— Je ne m’attendais clairement pas à ça… Un de mes frères, ici ? Étonnant !
Puis Blak se mit à rire.
Vars, voyant cela, asséna un violent coup à son petit frère sur la nuque. Le coup sec l’assomma immédiatement. Vars le rattrapa avant qu’il ne tombe au sol et le déposa délicatement.
— Ce n’est clairement pas le moment de faire des conneries, Itoî, dit Vars d’un ton sec en regardant Blak droit dans les yeux.
Uyan se trouvait à seulement quelques pas de Blak.
Vars lança directement un sort pour l’attraper.
— The Vine Hand ! s’écria Vars avant que trois lianes ne sortent du sol pour attraper Uyan et le projeter vers lui.
Il attrapa son petit frère, qui semblait plongé dans un état de choc profond. Il ne parlait plus, ne bougeait plus et ne réagissait plus à ce qui se passait autour de lui.
— Bof, je t’en prie, vas-y, prends le petit gamin aux cheveux rouges, dit Blak en s’asseyant en tailleur avant de poser sa main sur son menton, l’air ennuyé.
— Ce qui m’intéresse, c’est le gamin aux cheveux noirs, là, celui que tu as laissé par terre, dit-il en pointant Itoî du doigt.
Vars attendit que Blak baisse sa garde. Il posa doucement Uyan au sol tout en continuant de soutenir le regard de Blak.
— Tu peux le réveiller pour m—
— Hé, Blak, on rentre. Le patron nous appelle, d’après Flamme, dit l’homme robuste.
Blak tourna la tête pour répondre :
— Je ne peux pas encore m'amuser ? demanda-t-il d’un air râleur et boudeur.
— Il me semble que ton père avait dit de tuer la femme, c’est tout, non ? demanda Orazhe.
Profitant de l’ouverture, Vars lança directement un sort :
— The Living Vine Wall !
Il plaqua ses mains contre le sol, et des centaines de lianes en jaillirent avant de s’élever vers le ciel. Le mur mesurait environ cinquante mètres de haut, vingt mètres de long et dix mètres de large. C’était largement suffisant pour séparer les meurtriers de leur mère — et des enfants.
Blak se retourna brusquement et vit un immense mur de lianes le séparant des enfants.
— Argh, c’est quoi, cette connerie ?! s’écria-t-il en se tenant la tête à deux mains et en tapant du pied sur le sol.
— Ça ne serait pas arrivé si vous ne m’aviez pas dérangé ! continua-t-il en se retournant vers ses collègues.
— Euh, les gars ? Les gaaars ?! ajouta-t-il, agacé.
— On se casse. Les ordres sont les ordres, dit Orazhe.
— Si je peux éviter de tuer des gamins, ça m’arrange, rétorqua l’homme robuste en regardant Blak.
— Pff !
Au même moment, Vars n’avait clairement pas perdu son temps. Il avait rapidement incanté un sort qui créa un large trou sous eux, au cas où leurs adversaires tenteraient de sauter par-dessus le mur ou de le contourner. Il lança un regard vers le portail.
Le portail fonctionnait encore, mais l’une de ses pierres d’énergie avait été détruite. Sa puissance et sa précision avaient donc diminué. Moins il restait de pierres, plus la destination devenait imprécise.
Il prit Itoî avec son bras gauche et Uyan avec son bras droit, puis les projeta violemment dans le portail de téléportation. Il ramassa rapidement un élastique à cheveux, qui semblait avoir été emporté par le souffle du séisme survenu plus tôt, puis se lança à son tour vers le portail.
Avant d’être aspiré par celui-ci, il activa son sort, qui fit s’effondrer le sol et créa un trou de dix mètres de profondeur. Les pierres, qui semblaient d’ailleurs à court de mana, tombèrent dans le trou.
Le portail se désactiva. Les runes disparurent et, avec elles, les pierres semblèrent se désagréger.
— Oh, c’est quoi, ce tremblement ?! Oh, attendez-moi ! s’écria Blak en se levant rapidement et en sautant vers ses collègues.
Un violent sifflement retentit.
Les trois se tournèrent vers le mur, mais surtout vers le cadavre de Noémie. Trois barrières apparurent.
— Putain, ne me dites pas qu’elle avait activé une bénédiction au moment où je lui ai coupé la tête… dit Blak.
— T’es vraiment pénible, Blak, dit Orazhe en se grattant les cheveux.
— Je confirme ce qu’a dit le gamin, affirma l’homme robuste.
Les trois violentes explosions de lumière détruisirent le mur de lianes et tout ce qui se trouvait sur leur passage dans un rayon de trois kilomètres.