Chapitre 193
Cette nuit— Après avoir entendu le rapport d’Azazel-sensei, les membres de [DxD] se dispersèrent en premier. Le lendemain, afin de ramener les frères et sœurs Raiser et Ravel Phoenix, ils allaient d’abord rencontrer le Maou Ajuka Beelzebub mentionné précédemment. Après s’être baignés dans le grand bain souterrain avec Asia, Rias commença à parler en remontant les escaliers.
« C’est vraiment génial que Ravel-san et Raiser-san soient en sécurité. »
Asia se sentit soulagée en posant sa main sur sa poitrine. Asia, qui était inquiète non seulement pour Ravel mais aussi pour Raiser, dit que pour Rias, elle était une petite sœur mignonne. Rias sourit en répondant
« Eh, c’est vraiment une bonne chose. Bien que je fasse vraiment confiance à onii-sama et à Azazel, j’avais quand même peur qu’il leur soit arrivé quelque chose, mais mes craintes se sont avérées fausses. »
Oui, si par hasard cela avait été vrai… Il n’y a pas de certitude dans ce monde. Rias comprenait aussi ce principe. Lors du combat contre la faction des Héros, la personne la plus chère à Rias — Hyoudou Issei — avait perdu son corps. Si elle repensait aux événements de l’époque, on pouvait considérer qu’il avait survécu comme un miracle. À l’origine, même s’il était mort, cela aurait été compréhensible. Cependant, quelque chose de semblable s’était produit à nouveau. Il était possible que Raiser et Ravel aient fini dans le pire des scénarios. Donc, lorsqu’elles ont appris qu’ils étaient en sécurité, elles se sont vraiment senties heureuses du fond du cœur. Après tout, en ce qui concerne Raiser, elle voulait le battre lors d’un match de classement professionnel. Quant à Ravel, en tant que gestionnaire exceptionnelle d’Ise, elle avait une confiance totale en elle. Sans Ravel, Ise ne pourrait pas avancer aussi facilement pour réaliser ses rêves et ambitions.
Comment ces deux personnes avaient-elles fini avec le Maou Ajuka Beelzebub ? Cette nouvelle était actuellement confidentielle, et seules quelques personnes en étaient informées, pas même tous les démons de haut rang ne le savaient. Et il y avait une chose qui attirait encore plus l’attention. — La localisation du Champion Diehauser Belial. L’Empereur Belial avait manifestement disparu avec les frères Phoenix. Pourquoi n’y avait-il que des nouvelles concernant les frères Phoenix ? Où était exactement allé l’Empereur Belial ? …Le mystère n’était toujours pas résolu. Il restait une ombre d’inquiétude dans le cœur de Rias. Elle comprenait que cette inquiétude pointait probablement dans une mauvaise direction. Lorsque Cao Cao de la faction des Héros convoqua Samael, lorsqu’ils se rendirent chez la faction Tepes, il y avait toujours un sentiment qu’on ne pouvait pas exprimer avec des mots ; au final, le résultat était tragique à chaque fois. C’est précisément pour cela qu’elle avait une prémonition sinistre.
Après avoir monté les escaliers, afin de prendre quelque chose à boire dans le réfrigérateur, Rias et Asia se dirigèrent vers le salon.
« Ara, si ce n’est pas Asia-chan et Rias-san. »
La mère d’Ise jouait avec quelque chose sur la table du salon.
« Nous venons juste de sortir du bain. Si je peux me permettre, que faites-vous, haha-ue-sama ? »
Rias et Asia s’approchèrent pour jeter un coup d’œil par curiosité —
« Eh bien, les albums. »
La mère d’Ise prit alors et ouvrit un livre pour que Rias et Asia puissent voir.
« Wow, c’est un album photo. »
La mère d’Ise avait en fait rempli la table du salon d’albums photos, et à l’intérieur, on voyait des photos d’enfance d’Ise.
« Ah, c’était Ise. Je vous ai aussi montré ces photos auparavant. »
Ils les avaient déjà vus auparavant dans la chambre d’Ise, avant l’incident où ils ont été attaqués par Kokabiel. À cette époque, ils s’étaient accidentellement trop enthousiasmés en les regardant. Rias et Asia étaient toutes deux assises sur le canapé, chacune ayant pris un album pour admirer les photos d’enfance d’Ise. Auparavant, elles étaient tellement excitées qu’elles n’avaient même pas remarqué que chaque album avait un titre différent. Elles disaient des choses comme [Issei, Premier OO][1].
« Tu as vraiment enregistré chaque petit pas de la croissance d’Ise dans ces albums. »
Rias dit doucement en souriant tendrement.
« …C’est notre seul fils. Peu importe ce qui arrive, pour nous, Ise est notre enfant mignon. C’est pourquoi je regarde parfois ces photos d’enfance, à cette époque, il était vraiment adorable. »
Les paroles de la haha-ue d’Ise firent ressentir cela à la fois Rias et Asia. —Ise est profondément aimé par ses parents. On pouvait le sentir non seulement par le sourire de sa haha-ue en ce moment et non seulement par les nombreux albums photos qu’elle possédait ; on pouvait vraiment ressentir à quel point elle aimait et prenait soin d’Ise. Soudain, la main de la haha-ue d’Ise s’arrêta lorsqu’elle vit une certaine photo.
« Ah — celle-là. »
Le regard de Rias et Asia se fixa sur la photo que la haha-ue d’Ise montrait du doigt. C’était Ise à l’école primaire. Il tenait une canne à pêche bien plus grande que lui, debout là avec fierté.
« Celle-ci… qu’en penses-tu ? »
Rias demanda à la haha-ue d’Ise.
« Cette canne à pêche était la préférée de mon mari à l’époque. Il était vraiment intéressé par la pêche. Il a aussi appris à Ise. Bien qu’il n’aille plus pêcher récemment, il allait souvent pêcher avec Ise près de la rivière ou de la mer quand il était plus jeune. »
…C’était la première fois qu’ils entendaient cette histoire. Ise était en fait allé pêcher. Bien qu’ils sachent qu’il mangeait le poisson qu’il attrapait lors de ses entraînements… la haha-ue d’Ise poursuivit.
« Quand il était jeune, Ise a été influencé par son chichi et est allé pêcher. Mais un jour, il a soudainement arrêté de pêcher. »
« Que s’est-il passé ? »
Face à la question d’Asia, la haha-ue d’Ise esquissa un sourire ironique.
« La canne à pêche sur la photo a été cassée par Ise. »
Ce que la haha-ue d’Ise disait était — un mauvais souvenir de l’enfance d’Ise.
« Pendant qu’ils pêchaient près de la mer, Ise a profité du fait que son otou-san faisait une pause, alors il a pris la canne à pêche de son otou-san pour aller pêcher sans permission. Ise, il attendait vraiment d’utiliser la canne à pêche de son otou-san, il voulait attraper un gros poisson pour qu’on le félicite… mais à la fin, il ne l’a pas utilisée correctement et l’a cassée. Son otou-san était contrarié, et Ise s’est excusé en pleurant, ce qui a été assez compliqué à ce moment-là. »
…Chaque enfant aurait vécu ce genre d’expérience quand il était jeune. Rias elle-même avait causé des ennuis quand elle était petite pour obtenir la louange de ses parents, mais elle avait fini par avoir de gros problèmes. Ses souvenirs d’enfance défilèrent soudainement, et elle ne pouvait pas croire qu’elle avait été comme ça. La haha-ue d’Ise avait une expression légèrement solitaire en disant :
« Otou-san lui a simplement dit de faire attention pour que cela ne se reproduise pas et lui a pardonné. Mais Ise, lui… n’a jamais voulu aller pêcher à nouveau après cette fois. Peut-être qu’il ne s’est jamais pardonné lui-même. C’est ce que ce garçon est. S’il rend quelqu’un triste, lui aussi se sentira triste, et il ne laissera pas passer même après des excuses. »
« …Ise-san, comme ça, comment dire ? Je peux plus ou moins comprendre. »
Asia répondit sérieusement. …En effet, Rias était également d’accord. Lui, Ise, était ce genre de personne. Chaque fois qu’une tragédie se produisait, même si ce n’était pas de sa faute, il assumait quand même la responsabilité. —À ces moments-là, s’il pouvait le faire lui-même, il le faisait ; tout le monde aurait été triste de le voir, mais lui insistait toujours pour réfléchir. Ise n’avait toujours pas lâché prise sur ce qui était arrivé à Asia. S’il avait été plus fort, Asia ne serait pas morte. Mais à cause de cela, il était devenu aussi fort qu’il l’était maintenant.
« …Ce gamin, a-t-il fait quelque chose pour rendre Asia-chan triste ? Non, ce gamin n’aurait sûrement rien fait pour faire pleurer Asia-chan. Au contraire, il se sentirait triste s’il ne pouvait pas aider Asia-chan. »
—Eh bien… Rias ne pouvait rien dire. La mère d’Ise avait toujours regardé Ise, et comprenait très bien Ise. Elle sentait que ses sentiments ne faisaient pas le poids face à la mère d’Ise, peut-être était-il plus approprié de dire que sa mère regardait Ise avec encore plus d’attention qu’elle.
« …Tu savais ça ? »
En entendant la question d’Asia, la mère d’Ise sourit.
« Bien sûr que je savais, après tout, je suis l’un de ses parents. Ise, il est très protecteur envers Asia-chan. Certainement, dans le cœur de cet enfant, il ne s’est pas pardonné, et il en garde encore rancune. »
Bien que la mère d’Ise ne connaisse pas leur véritable identité, elle pouvait tout de même ressentir les changements quotidiens. C’était probablement son instinct en tant que mère d’Ise. …Quand enfin arriva un jour où cela ne pouvait plus être caché, Rias s’était déjà préparée à cela. La mère d’Ise poursuivit :
« C’est pareil que pour Ise qui ne pêche plus. Il est certain qu’à ce moment-là, Ise ne s’est toujours pas pardonné. »
La mère d’Ise leva un doigt.
« Il y a une seule mauvaise habitude que Ise n’a pas changée depuis qu’il est jeune. »
« Quelle mauvaise habitude ? »
En entendant Rias demander cela, la mère d’Ise baissa la tête et regarda Ise sur une photo de quand il était plus jeune.
« S’il fait quelque chose de mal, il ne se pardonnera sûrement pas. Mentionner cette chose le fera profondément s’excuser. Et son expression sera toujours la même (douleur et regret). Tu le sauras immédiatement en regardant. Le père d’Ise sait aussi qu’il a cette mauvaise habitude. Cet enfant aura toujours cette expression. »
…En effet, il s’excusait toujours en disant ‘Je me suis trompé’, ‘Je suis désolé’, ‘Désolé’, comme s’il était en remords. Rias se rappela que son expression était toujours la même à chaque fois (douleur et regret).
« …Rias-san, Asia-chan. Bien que ce ne soit pas le moment de le dire, je vais le dire. —Ise, je te le confie. Il peut être pervers et stupide, mais c’est une personne honnête. »
« Oui, ogibo-sama[2]. »
« Oui, okaa-san. »
—Okaa-san serra fermement les mains des deux filles, et hocha la tête en signe d’approbation profonde.
Notes du traducteur et références