Chapitre 1 — Apocalypse pour la famille Kim
Printemps 2023, rien ne semblait différent des autres jours.
Lorsque soudainement, une frappe nucléaire toucha notre famille de plein fouet.
Boum !
Ce n’était pas une véritable bombe nucléaire qui avait explosé.
C’est juste que notre famille, les Kim, s’est éparpillée dans toutes les directions.
Tout a commencé avec le mariage de mon grand frère, l’aîné.
Ensuite, les deux sœurs Kim ont aussi déclaré leur indépendance, et comme si ce n’était pas assez, même mes parents ont soudainement déménagé à Uijeongbu.
Et moi, tout juste sorti de l’armée…
« …C’est vraiment abusé. »
Me suis retrouvé seul dans un studio vide, juste en face de l’université.
Notre famille constituée de deux fils et deux filles s’était éparpillée en un clin d’œil.
« …Je me sens seul. »
C’est à ce moment-là que je m’en suis rendu compte.
J’étais bien trop vieux jeu pour m’adapter à l’ère de la famille complètement dispersée.
Mais à l’époque, ça allait encore.
Car je n’avais aucune idée de ce qui nous attendait bientôt : une nouvelle ère.
Il me restait quatre mois avant de retourner à l’université.
J’ai commencé un petit boulot dans un centre logistique, comme préparateur de commandes.
Principalement pour gagner un peu d’argent de poche, mais au fond, je voulais aussi sentir un peu de chaleur humaine.
Je n’arrivais pas à m’habituer à ce studio vide.
Mais même ce lieu s’adaptait aux nouvelles tendances.
« Y a… personne… »
L’époque où les humains géraient la logistique était révolue.
On était désormais dans l’ère de l’innovation logistique.
Whirr – Whirr –
Devant moi, plus d’une centaine d’étagères se déplaçaient toutes seules.
Le nom de ce truc ? Le putain de « système d’automatisation ».
Eh oui.
L’endroit où je bossais n’était pas un centre logistique ordinaire.
Son nom : PAX Fulfillment Center.
En abrégé, PAX FC.
Contrairement aux entrepôts classiques qui reçoivent et expédient des colis emballés, le PAX FC exposait directement toutes sortes d’articles.
Des simples produits d’épicerie aux jouets pour enfants, fournitures de bureau, allant même jusqu’aux matériaux de construction.
Quand une commande arrivait, un robot VGA (véhicule guidé automatique) apportait l’article, et moi, je n’avais qu’à le mettre dans une boîte et l’emballer.
– Hé ! Ça arrive, attrape !
– Une, deux !
Ce genre de cris n’existait plus.
Les piles de colis, les muscles saillants des gars qui soulevaient tout à la main — tout ça, c’était du passé.
Le centre logistique trempé de sueur n’existait plus.
Biip – Biip –
En scannant une boîte de thon ramenée par le robot, je râlais :
« Y a aucune chaleur humaine ici, aucune. »
Ding !
[Cet article n’est pas enregistré.]
« Je savais que t’allais me sortir ça, connard. »
Mon seul compagnon de conversation, c’était l’IA intégrée au centre : PAX.
Elle gérait tout : commandes, inventaire, contrôle qualité via le poids…
Elle se mêlait de tout.
On disait que c’était une IA bien plus avancée que AlphaGo.
Mais elle était loin d’être parfaite.
— Jung-Gyeom.
Quelqu’un m’a appelé.
Comme un mirage dans le désert, un homme s’approchait de moi.
J’ai répondu :
— Ah, oui. Chef Shin.
— On est à court de boîtes de thon, mais PAX indique qu’il en reste. Tu peux aller vérifier l’inventaire ?
— Ah… OK, et ce que je fais là, tout de suite ?
— Je m’en occupe. Va voir si c’est vraiment en rupture ou si c’est le système qui s’est planté.
— Compris.
Pas un mot de plus.
Notre relation était strictement professionnelle.
Chef Shin a pris le scanner, et je me suis dirigé vers l’entrepôt.
En arrivant, tout était plongé dans l’obscurité.
J’ai ouvert la porte en tôle.
« Voyons voir… »
À l’intérieur, des packs d’eau et des cartons remplis de babioles traînaient.
Après avoir un peu fouillé, j’ai trouvé la boîte de thon que je cherchais.
« Trouvée. »
Au moment de la prendre,
Whoosh—!
Un courant d’air violent a soufflé.
Et puis,
Bang !
La porte en tôle a claqué violemment.
J’ai reposé la boîte et tenté d’ouvrir la porte,
Click.
« Quoi encore ? »
Impossible de l’ouvrir.
Brrrr…
J’ai sorti mon téléphone pour appeler le chef Shin, mais il ne répondait pas.
Je me suis assis dans un coin, abasourdi.
Le silence régnait dans l’entrepôt.
C’est peut-être parce que je venais de bosser, mais ce calme me paraissait presque inquiétant.
Est-ce que je devrais appeler les secours ?
« Bof, s’il ne me voit pas revenir, il viendra me chercher. »
C’était un accident.
La porte ne s’ouvrait pas, et Shin ne répondait pas. Que faire ?
Au moins, j’avais 20 minutes pour souffler.
Sous la lumière blafarde, les cartons formaient des ombres sinistres.
J’ai sorti mon téléphone et envoyé un message à ma petite sœur à Séoul.
<Kim Jung-Gyeom : Photo>
<Kim Jung-Gyeom : Coincé dans l’entrepôt>
<Kim Jung-Gyeom : J’attends le chef>
Elle m’a répondu très vite.
<Sœur Kim 2 : MDR 😂😂>
<Sœur Kim 2 : Donc ton taf, c’est devenu une escape game ?!>
C’était une plaisanterie au début,
<Sœur Kim 2 : Sors vite de là.>
<Sœur Kim 2 : Dehors, c’est…>
<Kim Jung-Gyeom : Quoi ? >
D’un seul coup, l’ambiance changea.
Brrr—
Ma sœur m’a appelé, mais,
< ☎ Sœur Kim 2 ☎ >
Click.
Elle a raccroché avant que je ne puisse réponde.
Brrrr— Brrrr—
J’ai essayé de la rappeler, sans succès.
« …Qu’est-ce qui se passe ? »
Et là…
BOOM !
Une explosion assourdissante a retenti.
Le sol a tremblé.
Clack !
La lumière s’est éteinte, remplacée par une alarme rouge clignotante.
L’entrepôt baignait désormais dans une lueur écarlate et inquiétante.
Une voix s’est élevée :
« Messages à tous les employés, évacuez immédiatement vers le quai de chargement ! »
J’ai bondi sur mes pieds, mais,
Click !
La poignée ne bougeait toujours pas.
Bang ! Bang ! Bang !
« Y a quelqu’un ici ! »
J’ai tapé, crié… Rien.
Personne ne venait.
119…
J’ai essayé d’appeler les secours.
Biip— Biip—
Pas de réseau.
« Une guerre…? »
Et là, du bruit à la porte.
Bang ! Bam ! Clang !
Ce n’était pas un humain.
La porte vibrait sous des coups puissants.
‘… C’est pas humain.’
Mon corps s’est figé.
J’ai retenu mon souffle.
Grrr…
Un grognement bestial, puis,
Bam… Bam…
Les bruits de pas se sont éloignés.
Pouf.
L’adrénaline épuisée, je me suis effondré.
« Qu’est-ce que je vais faire… »
Je n’avais nulle part où aller.
C’est ainsi que trois jours s’écoulèrent.
Dans la poussière.
J’ai bu de l’eau en bouteille, mangé huit boîtes de thon.
Et là, enfin, un changement :
[Vous avez été choisi]
[Vous avez éveillé une capacité]
Un écran bleu, comme dans un roman ou un jeu vidéo, est apparu.
[Sous-espace – Niveau 1]
Description : Vous pouvez stocker un objet visible devant vous dans le sous-espace.
Un sous-espace.
Un lieu virtuel où tu peux ranger et ressortir n’importe quel objet.
Mais…
[Capacité : 1]
Juste un seul objet.
Pas deux. Un.
« Est-ce que je stocke cette fichue porte ? »
Mais si je le faisais, le monstre me tomberait aussitôt dessus.
Et si je stockais le monstre ? Non, impossible de sortir.
J’ai tout fouillé : thon, bouteilles d’eau, baskets, imperméable, clé USB.
Inutiles.
J’ai secoué une petite boîte contenant la clé USB.
“… Attends une minute.”
Et si… je stockais la boîte entière ?
Même s’il y a plusieurs objets dedans, la boîte, elle, est considérée comme un seul objet.
Dans ce cas…
« Et si je stockais tout le centre logistique ? »
Le bâtiment du PAX FC, en forme de cube, faisait cinq étages.
« Il faut tenter. »
Ding !
[Cible à stocker ?]
J’ai visualisé le centre.
[Cible détectée. Confirmer le stockage ?]
Sans hésiter : ‘Oui’.
[Début du stockage]
Des nausées m’ont saisi. J’avais aussi des vertiges. Mes jambes ont flanché.
Puis…
« …Wouah. »
Le bâtiment avait disparu.
À la place : un terrain vide.
[Stockage terminé.]
[Système trouvé. Mise à jour en cours…]
J’étais dehors.
Mais ce n’était pas fini.
Des voitures détruites, des vitres brisées, une ambiance post-apocalyptique.
Et au loin…
Poum. Poum.
Une énorme silhouette verte.
« Un orc ?! »
Il avançait vers moi.
« Merde ! »
Je me suis mis à courir.
L’orc a hurlé :
Kwaaaaah !
Il s’est mis à me poursuivre.
« Aaaaaah ! »
Je courais comme un fou.
Mais il me rattrapait.
« Pitié, pitié… ! »
Ding !
[Mise à jour terminée.]
[Souhaitez-vous entrer dans le sous-espace ?]
J’ai hurlé : « OUI !! »
Un portail bleu m’a alors englouti.