Chapitre 2 265
Le chef du petit gang était un vieux dieu revêtu. Il ne voulait ni ennuis ni stress, et n'était donc guère enclin à se laisser encourager ou soutenir pour briguer les deux districts libres.
Mais l'autre grand gang, fort de cinq territoires, le menaça au lieu de l'encourager. Ils lui firent savoir que soit il s'étendait, soit ils soutiendraient quelqu'un d'autre pour le dévorer et se battre à leur place.
Bien entendu, le grand gang ne souhaitait pas agir ainsi, car le gang le plus proche du pacifiste n'en possédait que deux. Si ce gang prenait le contrôle de l'unique district du pacifiste, il en compterait alors trois.
Si cela devait arriver, la bataille pour le territoire du dieu revêtu immortel de rang 5 ne serait plus un affrontement entre un grand gang de trois districts et un petit gang d'un seul, mais une lutte entre deux grands gangs de trois districts chacun.
Dans ce cas, le vainqueur deviendrait un gang à cinq territoires. Le grand gang aux cinq districts serait donc perdant dans tous les cas de figure.
Pour éviter cela, ils encouragèrent le pacifiste après l'avoir menacé. Puis, ils commencèrent à le soutenir dans le combat.
Dans l'ensemble, l'affaire était complexe. Elle donna lieu à de nombreuses intrigues et manigances. Les gangs se soutenaient ou s'antagonisaient, et les nobles se menaçaient ou s'encourageaient mutuellement.
Ce courant sous-jacent détourna l'attention du public du gang du Marteau d'Or. Mais certains gardaient tout de même les yeux rivés sur eux.
L'une d'eux était la mère de Celine. L'autre était son père, Sir Kriss. Sir Kriss, en particulier, avait bien des raisons de s'inquiéter au sujet du gang du Marteau d'Or, car il avait envoyé un illusionniste de rang 4 les espionner hier matin.
Le simple fait d'avoir envoyé un espion infiltrer un gang aussi puissant que celui du Marteau d'Or constituait déjà un problème. S'il avait su qu'ils étaient aussi redoutables, il n'aurait jamais envoyé l'illusionniste, de peur de les offenser.
Mais il était trop tard pour cela. L'espion était déjà parti et il ne pouvait plus faire marche arrière. S'il devait les offenser, il était trop tard pour l'empêcher.
Malheureusement, aussi grave que cela puisse paraître, ce n'était que l'accompagnement de son plat de problèmes. L'un des plats principaux était le fait que l'illusionniste n'était pas revenu.
Vingt-quatre heures s'étaient écoulées depuis qu'il avait envoyé l'illusionniste espionner le gang du Marteau d'Or. Pourtant, il n'avait reçu aucune nouvelle. En homme intelligent, il pouvait en déduire que l'illusionniste était très probablement mort.
Ce n'était pas comme la mort de sa fille de rang 3. Lorsqu'elle était morte, seuls lui et sa femme avaient été offensés.
La personne qui venait de mourir était un être épique authentique, doté d'une force personnelle considérable, d'une espérance de vie moyenne de 200 ans, d'innombrables relations influentes et de nombreuses personnes sur qui compter.
Il avait envoyé un tel individu à la mort, et il s'était donc mis à dos beaucoup de monde maintenant que l'illusionniste épique était mort. Il ne pouvait rejeter la faute sur le gang du Marteau d'Or, car ce ne seraient que ses propres paroles. Personne ne le croirait.
Même s'il disait la vérité et que tout le monde croyait que le gang du Marteau d'Or était responsable de la mort de l'illusionniste épique, personne ne les blâmerait, car ce n'était pas personnel et leur réaction relevait de la légitime défense.
Certes, certains se plaindraient qu'ils aient tué un être épique alors qu'ils auraient dû le capturer pour demander une rançon aux forces qui le soutenaient. Mais chacun comprendrait pourquoi ils ont tué un intrus après que deux assassins se soient infiltrés sur leur territoire plus tôt pour tenter de les éliminer.
Il était compréhensible que le gang du Marteau d'Or soit sur les dents après avoir subi une attaque, et qu'ils aient traité le nouvel intrus avec une extrême sévérité. Ainsi, quoi qu'il arrive, la responsabilité retomberait sur Sir Kriss, puisqu'il était celui qui avait envoyé l'illusionniste épique à la mort.
Non pas qu'il cherche à se dérober à ses responsabilités. Il était l'employeur, il devait donc assumer les pertes causées par ses ordres. S'il tentait de fuir ses responsabilités, plus personne ne risquerait sa vie pour lui à l'avenir.
Il se dit : « Si j'avais su qu'il risquait sa vie, je ne l'aurais pas envoyé. »
Il avait envoyé l'illusionniste parce que l'affaire aurait dû être sans danger. Maintenant, l'illusionniste était mort, et il risquait d'avoir offensé le gang du Marteau d'Or. Ce dernier point était le second plat principal de son assiette de problèmes.
Ces trois problèmes expliquaient pourquoi, pour la première fois depuis longtemps, il avait cessé de travailler. Il s'était arrêté pour réfléchir.
Il était assis à sa table, songeant à ce qu'il avait fait et aux répercussions de ses actes. Il réfléchissait également à la manière d'améliorer la situation.
Il joignit ses mains et tapota ses doigts de manière rythmée tout en contemplant sa situation.
Il pensa à nouveau : « C'est pourquoi je dis que quiconque se bat doit être prêt à perdre. »
Il croyait que le combat était comme un jeu de hasard, pouvant mener à la perte de la vie et des biens. Cette conviction avait été confirmée par la mort de l'illusionniste et de Rack.
Rack était tout comme lui. Tous deux pensaient que l'affaire était sûre et présentait très peu de risques. Tous deux avaient parié avec confiance et avaient perdu gros.
C'est pourquoi il était enclin à ne pas laisser l'affaire avec le gang du Marteau d'Or s'envenimer davantage. Ce n'était pas qu'il craignait le gang du Marteau d'Or. Il ne voulait tout simplement plus jouer.
Pour la plupart des joueurs, plus ils perdent, plus ils veulent continuer à jouer pour récupérer ce qu'ils ont perdu. C'est le biais des coûts irrécupérables.
Mais il n'aimait pas du tout le jeu. Il ne s'agissait pas de sa force ou de celle des familles dirigeantes de la ville de Reinfield. Il ne voulait simplement plus rien risquer.