Chapitre 74
Traducteur : Henyee Translations Éditeur : Henyee Translations
Petite Blanche s’éloigna une dizaine de minutes, puis revint vers Han Fei avec une guirlande de fruits-serpents dans la gueule. Han Fei fut ravi. Il n’aurait jamais cru que l’étude de l’Encyclopédie des plantes spirituelles lui apporterait un tel bénéfice.
Il observa le Fruit-serpent à écailles vertes qu’il tenait dans sa main, et une série de données apparut.
<Nom> Fruit-serpent à écailles vertes
<Introduction> Fruit spirituel qui coexiste avec les Serpents de mer à écailles vertes et que nourrit leur salive. Il peut accroître l’énergie spirituelle des repaires de serpents.
<Niveau> Fruit spirituel de bas niveau
<Qualité> Mauvaise
<Énergie spirituelle> 500 points
<Effet> Le manger tel quel peut accroître légèrement l’énergie spirituelle. Les pêcheurs peuvent renforcer leur corps en en consommant, mais ce fruit est inefficace pour les maîtres pêcheurs et les rangs supérieurs.
Cette guirlande comptait sept ou huit fruits, tous de la taille d’un pouce. Pourtant, d’après l’Encyclopédie des plantes spirituelles, un Fruit-serpent était aussi gros qu’un poing. Était-ce parce que ces serpents de mer étaient de trop bas niveau ?
Oui, ce n’était qu’une pêcherie ordinaire. Comment aurait-elle pu regorger de trésors ? Sinon, les maîtres pêcheurs se précipiteraient tous dans les pêcheries ordinaires pour chasser !
Han Fei avala les fruits un à un. Inutile de les garder pour l’alchimie. Cela lui aurait demandé trop de travail, sans compter qu’il n’y connaissait rien.
Une demi-heure s’était écoulée, mais le combat ne montrait aucun signe d’essoufflement. Les serpents de mer avaient tous été tués, et les crabes se disputaient les cadavres en s’affrontant comme des fous.
Des Poissons à tête de fer fonçaient sur les crabes, brisaient leur carapace et dévoraient les œufs qu’elle renfermait. Les Ceintures-serpents ne faisaient pas le poids. Han Fei en vit quelques-unes s’approcher, mais, quelques secondes plus tard, les pinces des crabes les avaient découpées en morceaux et ceux-ci les dévoraient.
Pendant ce temps, Han Fei avait absorbé près de cinq mille points d’énergie spirituelle. Au fond de la mer, le danger allait de pair avec les opportunités.
« Aïe… »
Han Fei sentit soudain une douleur à la jambe. Il se la tapota machinalement et baissa les yeux : ses mains étaient couvertes de sang.
« Putain, qu’est-ce que c’est ? »
<Nom> Sangsue des mers en marche
<Niveau> Un
<Qualité> Ordinaire
<Énergie spirituelle> 1 point
<Introduction> Mollusque sous-marin pouvant servir d’appât. Lorsqu’elles se reproduisent, ces sangsues fourragent en essaims et ont besoin d’engloutir de grandes quantités de nourriture ; partout où elles passent, il ne reste rien. En essaim, elles sont invincibles dans les pêcheries de niveau trois et moins.
Han Fei blêmit. Il ramassa l’une de ces sangsues longues comme un doigt. Le ver gluant mourut sous sa claque, laissant une flaque de sang et de mucus.
« Beurk ! »
Soudain, Han Fei frissonna et se retourna vivement. Ce qu’il vit faillit lui glacer le sang : des dizaines de sangsues dérivaient vers lui et, derrière elles, s’étendait une masse noire et compacte.
Han Fei faillit se pisser dessus. S’il n’y en avait eu que quelques centaines ou quelques milliers, les poissons croisés en chemin auraient peut-être pu les dévorer. Mais les Sangsues des mers en marche, comme les fourmis du désert en marche, se déplaçaient généralement en essaims et ne laissaient pas même un brin d’herbe derrière elles.
« Fuyez ! Petit Noir, Petite Blanche, fuyez… »
Sans perdre une seconde à se soucier des poissons en plein combat, Han Fei fila comme une fusée. Il n’osa pas traîner. Même un maître pêcheur se transformerait en momie s’il se retrouvait pris au piège des Sangsues des mers en marche.
Han Fei exécuta l’Art du Dragon Errant et détala à toute allure. Petit Noir le suivait, avalant de temps à autre une Sangsue des mers en marche.
« Espèce de goinfre, tu manges encore ? Tu crois que les Sangsues des mers en marche ne te dévoreront pas parce que tu es invisible ? Si, elles engloutissent tout sur leur passage. »
Han Fei se retourna : les crabes, les Poissons-lames et les Poissons à tête de fer qui se livraient bataille avaient tous disparu. Il ne voyait plus qu’un nuage compact de Sangsues des mers en marche.
« Merde, elles vont si vite ? »
Han Fei accéléra. En même temps, il fit le plein d’énergie spirituelle et fila vers la surface.
Plouf…
Han Fei jaillit hors de l’eau et constata que son bateau de pêche blanc semblait se trouver à des milliers de kilomètres. Il replongea aussitôt et fonça vers lui.
Mais à peine eut-il plongé qu’il aperçut un essaim de Sangsues des mers en marche à quelques centaines de mètres. Il se figea. Bon sang… Mon bateau se trouve de l’autre côté de ces Sangsues des mers en marche !
Han Fei faillit fondre en larmes. Vous plaisantez ? Sans bateau, il va falloir que je fasse la course avec ces sangsues à la nage ?
Heureusement, j’ai quand même l’Art du Dragon Errant. Les Sangsues des mers en marche ne me rattraperont pas forcément ! Sans hésiter, Han Fei nagea à toute allure dans la direction opposée à son bateau.
Han Fei regrettait vraiment d’être venu dans un endroit aussi reculé. S’il avait été accompagné, il aurait pu sauter dans le bateau de son compagnon. Mais, cette fois, personne ne viendrait le sauver de l’essaim de vers.
Bien sûr, Han Fei n’était pas le seul à fuir pour sauver sa peau. Des Poissons-lames fusaient autour de lui et, derrière, il y avait des Poissons blancs et des Poissons jaunes. Il vit même une grande Tortue de chair remonter à la surface et s’enfuir, mais elle ne semblait pas croire en sa vitesse : elle rentra la tête dans sa carapace.
Han Fei ne put s’empêcher de s’inquiéter. Tu crois que tu seras en sécurité en te cachant dans ta carapace ? Ces sangsues vont la dévorer sans peine !
À cet instant, aucun poisson n’attaquait Han Fei. Après tout, la vie valait plus que l’estomac. Même les poissons le savaient.
Au même moment, à des dizaines de kilomètres de là, des dizaines de bateaux de pêche approchaient lentement. Li Hu affichait un air sombre. « Comment Han Fei a-t-il pu vaincre Oncle Loup ? Tang Ge a forcément dû lui donner des trésors spéciaux. »
Un homme qui se tenait derrière Li Hu prit la parole : « Jeune Maître, le bateau de Li Lang est gravement endommagé. On dirait qu’il a rencontré une petite marée de poissons. Han Fei ne l’a peut-être pas tué. »
« Imbécile ! Une petite marée de poissons peut tuer un maître pêcheur dans une pêcherie ordinaire ? Et puis, après avoir fusionné avec son Espadon, Oncle Loup pouvait devenir un maître pêcheur intermédiaire. Comment les poissons démoniaques d’une pêcherie ordinaire auraient-ils pu le tuer ? »
Li Hu était furieux. Un maître pêcheur ! C’était une perte inestimable ! Les Tigers n’en comptaient que cinq en tout, et voilà qu’ils en avaient perdu un.
Soudain, l’un de ses hommes s’écria : « Jeune Maître, on dirait que nous avons croisé un banc de poissons. »
Il observait la mer au loin, qu’il désignait avec enthousiasme.
Pour les pêcheurs, croiser un banc de poissons était une aubaine. Presque tous espéraient en rencontrer un chaque jour.
Li Hu resta un instant interdit. Serait-on plus chanceux à mesure qu’on approchait de la frontière ? Il secoua pourtant la tête et déclara : « N’oubliez pas notre objectif : trouver Han Fei et le tuer. Oncle Loup est mort, alors Han Fei ne peut pas être indemne. Sinon, il serait déjà retourné au village. »
Bientôt, la flotte menée par Li Hu croisa le banc de poissons. La plupart d’entre eux nageaient rapidement à la surface, sans montrer la moindre intention de s’attarder.
Certains observèrent la surface de la mer, perplexes. Tiens, vous ne trouvez pas qu’il y a quelque chose d’étrange ? Ce sont tous des espèces différentes… Pourquoi se déplacent-ils ensemble ?
Quelqu’un désigna la mer. « Qu’est-ce que c’est ? Il y a un gros poisson étrange qui saute à la surface. On dirait un Espadon. Hein ? Comment un Espadon peut-il se trouver dans une pêcherie ordinaire ? »
Soudain, quelqu’un cria : « Ça va mal ! Les poissons ne fourragent pas, ils fuient ! Quelque chose les poursuit ! »
Il n’avait pas fini sa phrase qu’un autre homme s’écria : « Regardez, ça… Ce n’est pas un Espadon, c’est une personne ! »
Tout le monde resta bouche bée. Vous vous foutez de nous ? Quelqu’un nage dans la mer ? Il veut se noyer ?
L’instant d’après, ils comprirent que c’était bel et bien un homme, mais qu’il nageait plus vite que bien des poissons.
La foule remarqua alors un essaim noir et dense de créatures, sans parvenir à distinguer ce que c’était.
Soudain, quelqu’un hurla : « Fuyez… Jeune Maître, fuyez ! Ce sont des Sangsues des mers en marche… »
La flotte fut aussitôt plongée dans le chaos et tout le monde prit peur. Comment des Sangsues des mers en marche pouvaient-elles apparaître dans une pêcherie ordinaire ? Il n’y avait qu’une chance sur un million d’en croiser dans une pêcherie de premier niveau. Elles n’apparaissaient pas surtout dans les pêcheries de deuxième niveau ?
Li Hu paniqua lui aussi. Sans prendre le temps de se demander où était Han Fei, il cria : « Tout le monde, fuyez ! »
…
Han Fei n’aurait jamais cru pouvoir nager plus vite que les Sangsues des mers en marche. Après tout, chacun avait ses limites. Il n’était pas un vrai poisson et ne pouvait pas nager aussi aisément qu’eux.
Mais à cet instant, il entrevit une lueur d’espoir : des bateaux de pêche ! Il fit aussitôt le plein d’énergie spirituelle et sa vitesse de nage grimpa en flèche.
Froush…
Avant que la flotte ne s’enfuie, Han Fei accrocha de son hameçon le bastingage arrière d’un bateau. Il glissa aussi vite qu’il le pouvait à la surface de la mer pour rattraper les navires, tout en criant : « Fuyez, les Sangsues des mers en marche arrivent ! »
Les membres des Tigers, Li Hu compris, restèrent stupéfaits. Il se retourna et découvrit que ce n’était nul autre que Han Fei !
Han Fei fut tout aussi abasourdi. Li Hu ?
En un instant, Han Fei comprit que cette flotte était venue pour le tuer.
« Ha ha, c’est vraiment intéressant. Le monde est petit ! »
BAM !
Han Fei atterrit sur un bateau de pêche. Avant même que Li Hu ait pu dire quoi que ce soit, il asséna un coup de Canne en bambou pourpre à l’un des membres des Tigers.
Clang…
Le pêcheur de niveau neuf para le coup de Han Fei, en se demandant comment tuer rapidement ce type pour s’attribuer le mérite. Mais dès que sa canne heurta la Canne en bambou pourpre, une force colossale s’abattit sur lui, tordant son arme et manquant de lui broyer les entrailles.
Floc…
Sans hésiter, Han Fei attrapa l’homme d’une main et le jeta à la mer.
« Non, à l’aide ! Jeune Maître… »
Li Hu hurla : « Tuez-le ! Tuez-le pour moi ! »
Il cria à ses hommes tout en manœuvrant le bateau de pêche dans la panique, pour tenter de le faire décoller.
Il y avait évidemment plus d’une personne à bord. Les trois autres se précipitèrent tous sur Han Fei.
« Allez en enfer… Explosez… »