Chapitre 331
Han Fei bombarda la forêt au fond de l’océan avec son arc long. Ses attaques n’étaient pas particulièrement puissantes. À son estimation, chacune lui coûtait environ huit cents points d’énergie spirituelle, une dépense qu’il pouvait supporter.
Han Fei disposait d’une grande réserve d’énergie spirituelle et d’un corps bien entraîné, mais ce Vivaneau millénaire ne possédait que deux mille cinq cents points d’énergie spirituelle en tout. Il ne semblait pas très doué, ni en défense ni en vitesse.
Bam ! Bam ! Bam !
Toutes les plantes spirituelles explosèrent et les immenses feuilles de l’arbre furent déchiquetées. Mais, à la surprise de Han Fei, ses branches n’avaient absolument rien.
Dans le chaos, Han Fei jeta un coup d’œil à l’arbre et consulta ses données.
<Nom> Grand Tronc rouge
<Introduction> Ce bois étrange vient d’une forêt océanique, mais il pousse ici pour des raisons inconnues. Mal nourri, il n’a conservé que la moitié de sa puissance d’antan. Il peut déchaîner une tempête de lames. Ses feuilles rouges dégagent une chaleur immense.
<Niveau> 38
<Qualité> Mutant
<Énergie spirituelle> 6 668 points
<Effet> Non comestible
<Objet récupérable> Bois rouge
<Absorbable>
Han Fei se souvint soudain que ce bois figurait sur la liste que le vieil homme lui avait donnée : il servirait à fabriquer la quille principale du bateau. Th1s chapter is updated by n)ovel/\bin/\
Han Fei comprit alors que ce Grand Tronc rouge était une version mutante de qualité inférieure. Conviendrait-il vraiment comme quille principale ?
« Attends. Même s’il ne peut pas servir de quille principale, il fera parfaitement l’affaire pour la quille latérale. »
Han Fei était ravi. Il avait trouvé l’un des matériaux essentiels pour son bateau, alors qu’il ne s’était même pas encore rendu dans la Prairie maritime.
« Hia !… »
Le chant le tira de ses pensées. Le Vivaneau millénaire battit des nageoires et projeta vers Han Fei d’étranges ondes sonores.
« Hmpf ! Brise-toi ! » La quatrième technique de l’Art de l’Âme guerrière s’activa, et les ondes sonores furent aussitôt pulvérisées. Le Vivaneau millénaire fut projeté par la force du choc et brisa un arbre en deux.
Dès que le poisson fut emporté, les plantes cessèrent toutes leurs attaques.
Grincement…
Paf…
Han Fei fonça sur le Vivaneau millénaire, qui tentait toujours de fuir en chantant. Mais Han Fei sortit simplement son Sceau de séparation des eaux et l’abattit sur lui.
Cette fois, le poisson n’avait plus la force d’émettre le moindre son. Han Fei vit même une partie de ses intestins sortir de son ventre.
Tel un démon, Han Fei se planta devant le Vivaneau millénaire et déclara : « Soumets-toi ou meurs… Pot de Purification des Démons, absorbe-le. »
Comme rien ne se passait, Han Fei frappa encore le poisson et le projeta au loin.
« Récupère-le ! »
« Tu refuses toujours ? Tu préfères mourir ? »
BAM…
« Récupère-le… »
« Si tu veux mourir, je vais exaucer ton souhait. »
BAM…
À force de recommencer, Han Fei avait défiguré le Vivaneau millénaire, autrefois si élégant : il ne lui restait que des nageoires, une queue, des intestins et une bouche en morceaux, comme à un Poisson à tête de fer.
À présent, Han Fei avait planté la Dague du Dragon errant de la Mer Bleue dans le ventre du poisson et criait : « Si tu me comprends, c’est ta dernière chance. Entre… »
Han Fei n’aurait jamais cru qu’il menacerait un jour un poisson ! Quand il avait affronté l’Anguille-dragon, elle s’était débattue elle aussi, mais avait fini par abandonner, épuisée.
Ce Vivaneau millénaire, en revanche, était plutôt étrange. Il était faible et ne pouvait que contrôler les plantes spirituelles, mais refusait de se soumettre alors même qu’il ne pouvait plus émettre un son.
Heureusement, il finit par céder.
Pourtant, après que le Vivaneau millénaire eut renoncé et fut absorbé par le Pot de Purification des Démons, une ombre resta à l’extérieur.
Han Fei resta bouche bée.
« Mince… Qui es-tu ? »
Han Fei crut avoir une hallucination. Il distinguait vaguement la silhouette d’un être humain. À en juger par son visage plutôt joli, c’était une femme.
« Merci… »
Une voix étrange résonna dans l’esprit de Han Fei.
Han Fei sursauta. « Qui es-tu ? »
La silhouette ne lui répondit pas et poursuivit simplement : « Ne… mange pas les fruits… » « Hein ? Quels fruits ? Hé, qui es-tu ? »
Sa voix était hachée. « Ne mange pas les fruits, sinon… »
« Sinon quoi ? Explique-toi clairement, s’il te plaît ! Hé, tu m’entends ? Le signal passe mal, là-bas ? »
Mais la silhouette s’estompait peu à peu. « Ne… mange pas le poisson. »
Han Fei en aurait presque pleuré. « Attends… Ma sœur, tu me dis de ne pas manger les fruits ou le poisson ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Et qui es-tu ? »
Mais la silhouette devint de plus en plus floue sous ses yeux, jusqu’à ce qu’il n’entende plus sa voix. La forêt retomba dans le silence.
« D’où venait-elle ? Quel était son lien avec le Vivaneau millénaire ? »
Hélas, personne ne pouvait plus répondre à Han Fei. C’était un mystère ! Mais il se souvenait de l’avertissement de la femme : ne pas manger les fruits ni le poisson.
Han Fei ne comprenait pas vraiment pourquoi. Qu’est-ce qu’il y avait de mal à manger du poisson ? Il en avait mangé tous les jours quand il était à l’Académie des Voyous, et il ne lui était rien arrivé !
Après avoir récupéré le Vivaneau millénaire, Han Fei se tourna vers l’arbre et l’abattit.
À peine Han Fei était-il passé à l’action que des feuilles rouges se mirent à tomber.
Toutefois, l’arbre avait déjà perdu beaucoup de ses feuilles rouges, et ses branches se dégarnissaient.
Han Fei mit plus de quatre heures à débiter le bois. Il sépara le tronc des branches, puis les rangea tous dans Forger l’Univers, où ils prirent beaucoup de place.
Han Fei déterra même les racines. Elles semblaient parfaites pour fabriquer une sculpture et il ne fallait surtout pas les gaspiller !
Une fois son travail terminé, Han Fei estima que son expédition en valait largement la peine. Non seulement il avait récupéré un Vivaneau millénaire, mais il avait aussi trouvé une quille latérale pour son bateau.
Pourtant, il n’avait pas encore exploré toute la zone. Même s’il avait récupéré le Vivaneau millénaire, d’autres trésors pouvaient s’y cacher.
Après avoir avancé d’un kilomètre, Han Fei fut plutôt effrayé d’apercevoir quelques tombes.
Elles n’avaient ni stèle ni épitaphe. Ce n’étaient que sept amas de pierres brisées.
Han Fei fut quelque peu surpris. Était-ce la femme qu’il venait de voir qui les avait érigées ?
Sept tombes, cela signifiait sept morts. Mais quelqu’un d’autre avait bien dû les enterrer !
Han Fei regarda autour de lui et aperçut une table et une chaise en pierre, non loin. Quelqu’un avait dû vivre ici, il y a très longtemps.
Il fut plutôt étonné. Qui pouvait vivre dans l’océan ? N’avait-on pas besoin de respirer ?
Il s’approcha de la table et remarqua qu’elle était couverte de boue. Pourtant, une peau de poisson semblait se trouver dessous.
Han Fei essuya la boue et plissa les yeux. C’était bien une peau de poisson ! Mais elle était abîmée et presque entièrement effacée. Seuls quelques mots y subsistaient. « Il y a un demi-mois, nous sommes entrés à huit dans la Prairie maritime. On raconte que les fruits spirituels extraordinaires qui s’y trouvent peuvent changer l’Héritage spirituel des gens. C’est un miracle que je sois devenu un Pêcheur suspendu doté d’un Héritage spirituel de niveau un, mais il m’est trop difficile de progresser davantage ! Pourtant, si je peux changer mon Héritage spirituel, tout changera… »
Han Fei fut extrêmement surpris dès la lecture du premier paragraphe.
Quelle volonté il avait dû avoir pour devenir un Pêcheur suspendu avec un Héritage spirituel de niveau un !
Han Fei ne put s’empêcher de soupirer. On aurait dit que, dans ce monde, beaucoup de gens refusaient de se résigner à leur sort. Cet homme était vraiment extraordinaire.
Han Fei poursuivit sa lecture.
L’homme avait écrit : « La Prairie maritime est dangereuse, mais la forêt qui s’étend en dessous l’est encore plus. L’un de nous est mort avant même d’avoir pu se battre. Il y avait des pieuvres terrifiantes, des homards noirs lourdement cuirassés et d’effrayants coquillages… jusqu’à ce que nous tombions sur le Grand Tronc rouge. »
Les yeux de Han Fei s’illuminèrent. Le Grand Tronc rouge ? Celui qui se trouvait ici avait-il été apporté depuis la Prairie maritime ?
Mais Han Fei se rendit compte que cet endroit devait se trouver à deux mille kilomètres de la Prairie maritime. Même en naviguant à toute vitesse, il aurait fallu une journée entière pour y arriver… Pourquoi étaient-ils tous morts ici ?