Chapitre 28
Traducteur : Henyee Translations Relecteur : Henyee Translations
En approchant, Han Fei vit quelques voyous en train de manger des palourdes dans sa cour. Son visage s’assombrit aussitôt.
« Hé ! Frère Gang, le voilà qui revient ! »
Clac…
Le gros jeta ses coquilles par terre avec force. « Petit, tu savais que je suis venu te chercher hier ? Où est le droit de protection que je t’ai réclamé ? »
Han Fei trembla de colère. *J’ai frôlé la mort plusieurs fois et, quand je rentre enfin chez moi, je vous trouve en train de manger mes provisions. C’est normal, ça ?*
Han Fei eut un sourire froid. « Cinq perles de basse qualité par palourde. Je vous laisse partir si vous me payez. Sinon, je vous cogne jusqu’à ce que vous régliez la note. »
Le gros et ses hommes de main restèrent interdits, puis éclatèrent de rire.
« Frère Gang, il vient vraiment de nous réclamer de l’argent ? »
« Frère Gang, ce type est fou. Il nous menace ? »
Le gros découvrit ses dents dans un sourire mauvais et ricana. « Petit, mes oreilles me jouent des tours ou un Poisson à tête de fer t’a défoncé le crâne ? Tu menaces ton Frère Gang ? »
Dong…
Han Fei avait bien plus confiance en lui, désormais. Et alors, si ce type était pêcheur de niveau sept ? Après avoir tué un Dragon des mers, il n’avait plus rien d’insurmontable.
Han Fei dégaina sa Canne en bambou pourpre et lança : « Tu veux répandre ton sang chez moi ? »
« Hein ? »
Frère Gang et ses hommes s’apprêtaient à se moquer de nouveau de Han Fei quand la Canne en bambou pourpre se mit à luire dans sa main.
Le visage de Frère Gang se durcit. « Petit, tu as du cran. Les gars, descendez-le ! »
« Je vais te tuer ! »
Han Fei bondit et frappa violemment de sa Canne en bambou pourpre. *Tu crois que je suis trop vieux pour manier une canne ?*
Avant que Frère Gang ait compris ce qui se passait, l’un de ses subordonnés de niveau cinq avait déjà reçu un coup. Il gémit en se tenant l’épaule. « Ah ! J’ai le bras cassé ! Frère Gang, j’ai le bras cassé ! »
Frère Gang entra dans une colère noire. « Tu veux mourir ? »
Tous ramassèrent leurs cannes. Comment auraient-ils pu se faire battre par un gamin, alors qu’ils étaient largement plus nombreux ?
Clang ! Clang ! Clang !
Han Fei avait cent cinquante-neuf points d’énergie spirituelle de base et plus de trois mille points en réserve. De quoi aurait-il pu avoir peur ?
*Je vais tuer ce gros lard !*
BAM !
L’un des voyous concentra l’énergie spirituelle dans son corps et tenta d’encaisser de plein fouet l’attaque de Han Fei.
Mais un craquement retentit, et l’homme s’effondra au sol en crachant du sang.
Frère Gang s’alarma. « Ça ne va pas. Ce gamin est au sommet du niveau six. Laissez-moi faire. »
Le gros abattit une barre de fer sur Han Fei. À sa grande surprise, le bras de celui-ci s’engourdit. Son visage changea légèrement. *Ce type est pêcheur de niveau sept ?*
Frère Gang fut lui aussi stupéfait. « Tu es plutôt fort, mais tu ne sais pas du tout de quoi un expert de niveau sept est capable. Bâton de l’Éclair balayant ! »
Une Ceinture-serpent sembla aussitôt s’enrouler autour du gros. L’instant d’après, ses capacités au combat augmentèrent considérablement. Il était deux fois plus rapide.
Han Fei en resta stupéfait. *Comment un type aussi gros peut-il être aussi rapide ?*
Clang ! Clang ! Clang ! BAM !
Pour la première fois, Han Fei fut contraint de reculer. Même s’il ne se sentait pas moins fort que le gros, il ne pouvait pas encaisser ses six attaques consécutives d’un seul coup.
« Kof… »
Le bras de Han Fei était engourdi et du sang coulait sur ses lèvres.
Frère Gang ricana. « Les experts de niveau sept peuvent s’approprier la puissance des poissons démoniaques. Tu croyais que je n’avais aucun pouvoir ? À genoux, et donne-moi toutes tes affaires… Enfin, puisque tu n’as rien, cède-moi cette cour et je t’épargnerai. »
Han Fei prit une profonde inspiration. Il avait encore sa capacité de récupération, même si elle était bien moins efficace qu’avant.
Il sourit. « C’est tout ce dont les experts de niveau sept sont capables ? Qu’est-ce que tu es faible ! »
« Aaaaaah… ! »
Une énergie spirituelle sans fin jaillit de Han Fei. Lui et sa canne s’illuminèrent tandis qu’il bondissait et frappait de nouveau.
Clang…
Frère Gang déclara : « Petit, tu cours à ta perte. Tu n’es qu’un pêcheur de niveau six. Remplir ton corps d’énergie spirituelle te coûte à lui seul un tiers de tes réserves. Combien de fois peux-tu encore frapper ? »
Han Fei répondit : « Tu parles vraiment trop… »
Clang ! Clang ! Clang !
Han Fei le frappa six fois de suite avec une fureur insensée. Il reçut un coup en retour, qui lui fit mal à la poitrine.
Le gros respirait bruyamment. Ses premières attaques n’avaient infligé qu’une blessure superficielle à Han Fei, mais le gamin avait déchaîné plusieurs coups supplémentaires. Quelle quantité d’énergie spirituelle avait-il en réserve ?
Han Fei ne s’arrêta pas là. Il balaya l’air de sa canne, et l’énergie spirituelle se propagea en ondulations.
Boum ! Boum ! Boum !
Pouf…
Les cannes s’entrechoquèrent dans un fracas assourdissant. Frère Gang cracha du sang et lâcha sa barre de fer.
Ses yeux s’emplirent d’incrédulité. *Comment est-ce possible ? Combien de fois ce gamin a-t-il frappé en concentrant son énergie spirituelle dans son corps ? Ça a dû lui coûter plus de deux cents points d’énergie spirituelle !*
BAM !
Han Fei dispersa son énergie spirituelle et fouetta le gros avec sa canne. Tous les autres voyous restèrent pétrifiés. Frère Gang avait perdu ?
Han Fei s’accroupit devant Frère Gang et sourit. « Tu me réclames encore le droit de protection ? »
En nage, Frère Gang répondit : « C’est un malentendu. Frère, tout ça est un malentendu. »
BAM ! BAM ! BAM !
Han Fei asséna trois coups à Frère Gang et le plaqua au sol. « Un malentendu ? Tu en es sûr ? »
Frère Gang grimaça de douleur, mais n’osa pas riposter. « Frère, je peux te dédommager. Je te promets que je ne viendrai plus te chercher des noises. »
BAM ! BAM ! BAM !
Han Fei cria : « Qui est ton frère ? »
Frère Gang répondit : « Maître Han ! Je vous en prie, pardonnez-moi, Maître Han ! »
BAM ! BAM ! BAM !
Frère Gang trembla. *Pourquoi tu continues à me frapper ? Je vais finir estropié si tu ne t’arrêtes pas !*
Frère Gang implora sa pitié. « Maître, épargnez-moi ! Je peux vous donner ma petite amie… »
Han Fei ne sut que répondre.
BAM…
D’un ton morose, Han Fei déclara : « Laisse ton argent et ta barre de fer ici, puis déguerpis. »
Frère Gang pleurait. Comment aurait-il pu imaginer que les choses tourneraient ainsi ? Pourquoi ce type avait-il fait semblant d’être si faible, quelques jours plus tôt ?
Frère Gang dit : « Maître, je n’ai qu’une barre de fer… La voilà. S’il vous plaît, ne la pointez pas vers moi. J’ai peur. »
Han Fei répondit : « J’ai gaspillé trop d’énergie spirituelle à cause de toi. Ta barre de fer ne suffit même pas à compenser ma perte. Tu ferais mieux de déguerpir au plus vite. »
« Oui, bien sûr. Qu’est-ce que vous faites encore là ? Allez ! »
Han Fei fut secrètement surpris de voir le gros se relever et détaler avec agilité. *C’était donc ça, le pouvoir des poissons démoniaques dont il parlait ? Si le gros avait eu assez d’énergie spirituelle en réserve, l’issue du combat aurait pu être différente. Son pouvoir étrange doublait sa force. Han Fei ne l’avait vaincu que parce qu’il avait beaucoup plus d’énergie spirituelle que son adversaire.*
*Non, j’ai sous-estimé les pêcheurs de rang supérieur. S’ils sont considérés comme tels, ce n’est pas pour rien. Le gros a perdu contre moi faute d’énergie spirituelle. Qu’en aurait-il été s’il avait été pêcheur de niveau huit ?*
Pour la deuxième fois, Han Fei eut l’impression de progresser trop lentement. Même un voyou pouvait atteindre le niveau sept. Combien de types comme lui y avait-il dans ce monde où tout le monde pratiquait la cultivation ? Il n’était qu’un monsieur Tout-le-monde et devait travailler dur pour changer cela.
Han Fei entra dans la pièce et vit un mot laissé par Tang Ge sur la table.
« Je ne rentrerai pas pour le moment. Il y a quelque chose à cet endroit que tu connais. On se retrouvera à l’Épreuve de pêche. »
Han Fei déchira le mot et gagna l’arrière de la maison.
Derrière la maison se dressait une falaise, au flanc de laquelle serpentait un sentier de moins d’un demi-mètre de large. Une chaîne de fer y était suspendue. Han Fei s’y agrippa et descendit prudemment sur une dizaine de mètres. Une grotte discrète, dont l’entrée était dissimulée par des buissons, apparut alors devant lui.
La grotte existait déjà avant la construction de la maison. Chaque fois que Tang Ge trouvait quelque chose de précieux, il le cachait dans la grotte plutôt que dans la maison, de peur qu’on ne le lui vole.
La grotte faisait quatre mètres de profondeur sur trois mètres de large. Elle contenait un petit lit et une cuve en pierre où se trouvaient des dizaines de palourdes.
Sur le lit, Han Fei aperçut un petit paquet.
À peine l’eut-il ouvert que Han Fei retint son souffle. Deux perles de qualité moyenne en roulèrent d’abord. C’était sans doute tout l’argent que Tang Ge possédait.
Outre les deux perles de qualité moyenne, il y avait aussi deux livres, une boîte en fer et une bouteille.
Han Fei retint de nouveau son souffle en découvrant les titres des deux livres : Art de la nage et Technique du corps mystique. Un simple coup d’œil lui suffit pour comprendre leur valeur. La plupart des pêcheurs du Village de l’Eau céleste pratiquaient des arts du bâton. Même si la bibliothèque de l’école contenait des livres sur d’autres arts, ils ne devaient pas être nombreux. Quels que soient les arts décrits dans ces deux livres, ils ne pouvaient pas être pires que le Bâton Balayant.
Hein ? Une Pilule de Restauration de l’Esprit ?
Han Fei prit la bouteille et sourit. Il se dit : « J’ai vraiment un bon frère. »