Chapitre 2 451
Chapitre 2451 : Des règles de compétition pour les points complètement folles
La deuxième manche.
Le combat le plus captivant opposa Huang Quan, un candidat très populaire, à Bai Ranran.
Ce fut effectivement un affrontement qui stupéfia d’innombrables spectateurs.
La vitesse de Huang Quan rivalisait avec celle du Boucher An. Son corps pouvait attaquer séparément. Sa tête, par exemple, pouvait voler seule et suivre son propre Dao. Il pouvait détacher ses bras, qui empruntaient alors la Grande Voie de la Force ; ses jambes rivalisaient avec les Ailes de la Cigale céleste, et son corps cultivait la Grande Voie du Sable immortel.
Le premier Esprit compagnon de Bai Ranran, un dragon blanc, possédait la puissance d’un véritable dragon. Mais face aux Grands Dao de la vitesse, du raffermissement corporel, de l’âme et de la brume de sable, il peinait à résister.
À court d’options, Bai Ranran libéra son deuxième Esprit compagnon, le Stylet marin, et copia les Grands Dao de vitesse et du Sable immortel de Huang Quan.
Le combat dura une demi-heure. Bai Ranran finit par perdre à cause de son état mental.
Cela montra toutefois à quel point Bai Ranran était redoutable. De plus, même si elle avait été vaincue, elle serait sans aucun doute ressuscitée lors de la manche de repêchage.
La finale du Royaume de l’Établissement de la Mer était une compétition où ces génies célestes de l’Établissement de la Mer dévoilaient toutes sortes d’atouts. Le spectacle était bien plus réjouissant que celui de la deuxième manche du Royaume de l’Ouverture céleste.
Les trois manches éliminatoires terminées, le classement de base fut établi en fonction des points accumulés lors des éliminatoires précédents et de ceux inscrits sur les Jetons de qualification.
Les participants de la moitié supérieure du classement choisissaient eux-mêmes les défis libres, et les personnes défiées n’avaient pas le droit de refuser.
Toutefois, pour éviter les combats à la chaîne, une même personne ne pouvait être défiée que trois fois au maximum. Et on ne pouvait la défier que lorsqu’elle était au sommet de sa forme.
Personne ne défia certains gros bonnets, comme les candidats en tête des listes de popularité : Zhang Daqian, Huang Quan, Jia Tian et Zhang Xuanyu.
Parmi les autres, Nezha fut défié deux fois, Feng Qingcheng deux fois et Bai Ranran une fois. Le Boucher An déploya la Technique de l’Avènement divin et les Ailes de la Cigale céleste, puis arracha de justesse la victoire. Les autres livrèrent des combats magnifiques qui captivèrent le public.
Han Fei profita de l’occasion pour parier plusieurs fois et gagna deux millions de kilomètres de ressources. Les règles du casino furent alors modifiées : chacun ne pouvait plus miser que cent mille kilomètres de ressources au maximum par pari. Le casino exhorta tout le monde à garder la tête froide et à ne pas se laisser prendre au jeu.
Voyant qu’il ne pourrait pas gagner beaucoup, et que les cotes de ces maîtres étaient assez proches, Han Fei renonça à parier.
Cependant, Zhang Xuanyu lui demanda de parier pour lui dès qu’il serait dans l’arène. Han Fei ne manquait pas de ressources, contrairement à lui. Han Fei ne refusa pas. Il savait qu’il était en réalité très difficile de se procurer des ressources, et Zhang Xuanyu ne lui en avait jamais demandé. Il savait que les forts ne comptaient pas sur les ressources, mais sur de véritables combats.
Le jeu, par exemple, était pour eux une occasion rare de faire fortune. C’était comme si l’argent leur tombait du ciel. Bien sûr, ils devaient saisir leur chance.
Moins de deux mois séparèrent les éliminatoires du Classement de l’Établissement de la Mer et la compétition des trente-deux meilleurs.
Quant à cette compétition, elle se déroulait sous la forme d’une course aux points, qui allait durer longtemps. Presque chacun devait affronter les trente et un autres. Si des participants finissaient ensuite à égalité, ils devaient d’abord s’affronter pour les départager.
Le règlement de cette compétition était relativement compliqué.
Premièrement, les combats de la course aux points ne se déroulaient pas au hasard. Le suivant n’entrait en lice qu’une fois que le participant en cours avait terminé ses trente et un combats.
Deuxièmement, chaque participant disposait de dix jours au total pour la course aux points. Chacun devait livrer trois combats par jour, puis quatre le dernier jour. S’il n’y avait pas de vainqueur, les combats se poursuivaient et ceux qui auraient dû avoir lieu le deuxième jour s’ajoutaient au programme. Autrement dit, si quelqu’un ne livrait qu’un seul combat le premier jour, il devrait en livrer cinq le deuxième, et ainsi de suite.
Quoi qu’il en soit, chacun n’avait que dix jours pour combattre. Il pouvait donc être judicieux de reconnaître sa défaite au bon moment.
En théorie, il suffisait de livrer trois combats par jour et de les terminer au plus vite pour pouvoir ensuite se reposer.
Plus important encore, personne ne se souciait qu’on soit grièvement blessé pendant un combat, tant qu’on n’était pas tué. Ainsi, si quelqu’un était gravement blessé, il devait envisager de perdre les deux combats suivants, mettre fin à sa journée et aller récupérer.
Les victoires consécutives rapportaient des points bonus. Trois victoires d’affilée donnaient un point supplémentaire. Six victoires d’affilée en rapportaient un, puis deux autres, soit trois au total. Et ainsi de suite, par tranches de trois : trente victoires consécutives rapportaient cinquante-cinq points supplémentaires. Bien sûr, dès que la série prenait fin, il fallait recommencer à accumuler les victoires.
Quatrièmement, terminer un jour plus tôt rapportait un point supplémentaire. Deux jours plus tôt, on en gagnait un, puis deux autres, soit trois au total. Et ainsi de suite. Si les trente et un combats étaient achevés en une seule journée, on pouvait obtenir quarante-cinq points supplémentaires.
Autrement dit, le score maximal de la finale de cette compétition était de trente et un points, plus cinquante-cinq, plus quarante-cinq, soit cent trente et un points au total.
Ce règlement était tout bonnement insensé.
Lorsque l’arbitre annonça les règles de la compétition, tout le monde trouva qu’elles étaient complètement folles. Qui pouvait bien obtenir cent trente et un points ?
Il fallait donc remporter trente et un combats en une journée, sans concéder la moindre défaite.
En entendant les règles, le public, y compris les participants qualifiés parmi les trente-deux meilleurs, resta stupéfait. Dans une telle compétition, même une série de six victoires semblait hors de portée, sans parler d’enchaîner trois victoires.
Bien sûr, personne ne doutait que certains puissent remporter dix combats d’affilée, voire davantage.
De plus, pour garantir l’équité, chaque participant devait affronter à nouveau les trente et un autres à son tour, même s’il en avait déjà combattu certains. Sinon, le dernier à passer n’aurait pas pu livrer trois combats par jour.
Malgré tout, le système restait quelque peu injuste, car un participant risquait fort de révéler ses atouts dès le début et de voir ses adversaires trouver comment les contrer s’il les utilisait à nouveau.
Mais on n’y pouvait rien. C’était le règlement. Il semblait déjà déraisonnable ; qu’il le devienne encore plus, et alors ? De toute façon, personne ne protesterait. La plupart des gens se contentaient de regarder les combats. Seuls trente-deux participants prenaient part à la compétition : même s’ils faisaient du bruit, cela ne provoquerait pas grand-chose.
À présent que les trente-deux meilleurs étaient qualifiés, l’ordre de passage avait été fixé. Xiang Qian, qui ne figurait pas parmi les candidats populaires, fut le premier à entrer en lice. Parmi les dix premiers à passer, un seul faisait partie des dix candidats les plus populaires : Jia Tian, sixième. Puis Shui Dongze, lui aussi parmi les dix candidats les plus populaires, passerait en onzième. Nezha serait le seizième, suivi du Boucher An, de Hua Lingyue et de Feng Qingcheng, qui passeraient respectivement en dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième position. Zhang Daqian entrerait en lice en vingt-sixième, et Zhang Xuanyu en vingt-huitième.
À vrai dire, lorsque l’ordre fut annoncé, les autres n’y prêtèrent pas grande attention.
Mais seuls les participants pouvaient sentir à quel point cela changeait la donne.
À cet instant, Nezha et Zhang Xuanyu discutaient.
Zhang Xuanyu lança : « Il y a forcément des manigances derrière la dernière course aux points. Réfléchis : plus on passe près du milieu, plus on est avantagé. Les premiers à entrer en lice sont tous faibles. À part Jia Tian, aucun ne pourra probablement enchaîner beaucoup de victoires. En revanche, ils pourront révéler les atouts de nombreux participants. Une fois ces atouts dévoilés, ceux qui passent au milieu auront tout le loisir de les étudier et de trouver une parade. Les plus mal lotis, c’est moi et Ye Fengliu. Dans cet ordre de passage, on va devoir affronter presque tous les candidats les plus populaires. On a donc peu de chances d’enchaîner les victoires. Dès que notre série s’arrêtera, ce système de points rendra chaque victoire plus difficile à obtenir. Et si les plus forts passent après nous, on aura encore moins de chances de poursuivre notre série… »
Les yeux de Han Fei brillèrent. « Il y a effectivement un problème, mais il ne vient sans doute pas du règlement lui-même : c’est l’ordre de passage qui pose problème. »
Zhang Xuanyu fronça légèrement les sourcils. « Pourquoi tu dis ça ? »
Han Fei répondit : « Ce règlement vise à pousser les participants à combattre vite et efficacement, et à remporter autant de victoires que possible. On dirait qu’ils cherchent à nous faire donner le maximum de nos forces. Ceux qui ont établi les règles se moquent bien de savoir qui passe en premier ou en dernier. De toute façon, on doit tous entrer en lice. Mais si quelqu’un contrôle l’ordre de passage et possède assez de puissance, il peut effectivement entraîner de nombreux bouleversements imprévus dans la course aux points. Shui Dongze sera le deuxième des dix candidats les plus populaires à passer. Il a toujours fait profil bas, mais il semblerait que son identité ne soit pas ordinaire. »
Zhang Xuanyu s’exclama, surpris : « Tu crois que c’est lui ? »
Han Fei répondit : « Dans les mêmes conditions, celui qui en tire le plus grand avantage est le plus suspect. Et tu crois qu’ils se soucient de nos soupçons ? À leur place, je m’en moquerais. Je veux juste obtenir la récompense qui m’intéresse. Tu m’accuses d’avoir triché ? Eh bien, j’ai triché ! Qu’est-ce que tu peux y faire ? »
Zhang Xuanyu ouvrit de grands yeux. « Vraiment ? »
Han Fei se rappela que Zhou Run et les autres avaient directement soudoyé quelqu’un pour intégrer son équipe. Ce n’était pas de la triche, ça ?
Han Fei jugea donc que Shui Dongze était forcément derrière tout ça, et qu’il se moquait qu’on le découvre.
Plus important encore, personne n’avait de preuves.
Han Fei lança : « Hé hé ! Même si je me fiche de cette histoire, je veux voir qui est derrière tout ça. »