Chapitre 2 207
[Bonus grâce à rikstingray <3]
Le rugissement de Sylas résonna à travers le système stellaire, mais ceux qui pouvaient l'entendre de loin eurent la chance de réaliser que le monde des Efivara avait emprisonné ses effets dans son propre domaine, forçant la puissance du cri à se multiplier pour anéantir tout ce qui se trouvait sur son passage.
L'Appel du Vide s'était renforcé par le passé, mais même alors, il était seulement passé de la capacité de tuer ceux dont la Volonté n'était pas formée à celle de tuer ceux dont la Volonté était faible. Au mieux, il ne pouvait abattre que ceux possédant une Volonté en cours de Façonnage ou déjà Façonnée.
Mais à présent, il tuait même ceux dotés d'une Volonté Éclairée.
Cela tenait un peu, mais pas uniquement, à l'amélioration de la Vraie Volonté Infinie de Sylas. Et cela n'avait presque rien à voir avec l'Aile du Vide elle-même.
Pour Sylas, l'Aile du Vide était devenue bien trop faible pour servir de monture de combat ces derniers temps. Même une fusion entre lui et elle n'en valait plus la peine.
Il fallait se rappeler qu'habituellement, Sylas ne pouvait fusionner avec l'Aile du Vide que lorsqu'il utilisait les Bandages du Mépris pour masquer la vision du système. En tant que monture, il n'était pas censé pouvoir fusionner avec elle.
À cet instant, Sylas en était capable sans les Bandages du Mépris car il s'était libéré du système.
Pourtant, le rapport coût-bénéfice n'était plus là, alors Sylas n'avait pas pris la peine d'utiliser l'Aile du Vide depuis très longtemps.
Mais maintenant, alors que sa Compréhension de la mort augmentait et qu'il sentait certaines caractéristiques de l'Aile du Vide s'aligner avec elle, il savait exactement ce qu'il devait faire pour maximiser sa puissance.
Et au moment où Sylas fusionna avec l'Aile du Vide, le dévorant constant que les Runes de Mort exerçaient sur son corps cessa totalement.
Au lieu de le ronger, cela le rendit plusieurs fois plus fort. Déjà puissant auparavant, il était désormais dix fois plus fort, et sa force semblait ne faire que croître.
Sur une partie lointaine de l'hémisphère opposé, Gogo leva les yeux de son carnage et rugit en retour. Mais ce rugissement fut rapidement éclipsé par celui de Sylas.
Gogo fit la moue et frappa le sol de sa queue, agacé. Toutes ses proies étaient mortes. Il s'amusait tellement, et voilà que Sylas les avait toutes tuées sans son aide ni son intervention.
Le plus énervant, c'est que Sylas venait de dire qu'il lui laisserait cette moitié du monde.
Gogo fit un petit caprice, se tortillant un peu dans le sable avant que ses pupilles ne se contractent et que sa tête ne se redresse brusquement.
Après un long moment, le regard de Gogo se détendit et il laissa échapper un reniflement sec.
Puisque Sylas voulait jouer au « superman » et tuer tout le monde lui-même, alors il pouvait aussi gérer ça tout seul. Gogo ne l'aiderait pas.
À la place, il allait s'enterrer ici et faire une petite séance de bronzage. Il devait rester en pleine forme. Après tout, il aurait bientôt une femme à aller chercher.
Pour un Roi Basilic, 50 ans ne représentaient qu'un battement de cils. Il avait donc besoin que Sylas arrête d'être agaçant et le laisse se battre. Sinon, sa force progresserait trop lentement.
Quant à tous ces meurtres, Gogo était une bête et s'en souciait encore moins que Sylas. Mais si Gogo devait désigner des gens qui méritaient la mort, les Efivara en faisaient assurément partie.
Tous irradiaient l'odeur de la mort, et ce n'était pas seulement une question de lignée.
Ils participaient tous à la mort. Activement.
Gogo n'avait pas besoin d'être là pour deviner ce qui avait dû arriver aux derniers résidents natifs de ce monde…
Il y avait une raison pour laquelle l'Esprit du Monde voulait qu'ils disparaissent tous.
Les derniers échos du rugissement de Sylas s'estompèrent, puis la planète trembla. Une puissance déferlante remplit le ciel et des piliers de sable jaillirent vers le haut, comme pour percer les nuages.
Une silhouette apparut au milieu de tout cela. Mais ce qui était étrange, c'est qu'il traînait derrière lui des cadavres enchaînés.
Mosun. Le Chef de Clan.
Les yeux de Mosun étaient rouges, mais ils ne semblaient pas irradier de fureur, du moins pas de la manière la plus commune que l'homme puisse connaître.
Plutôt que de la fureur, c'était presque comme s'ils étaient… humides. Mais les larmes n'étaient ni de rage ni de tristesse, elles semblaient être un mélange étrange de… joie ? Et de légers soupçons d'appréhension ?
Il leva la tête et sentit toute la mort dans le monde, son esprit vide face à une marée infinie de pensées qui ne semblaient pas être les siennes.
Mais lentement, ces pensées étrangères s'estompèrent jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un homme. Un seul homme.
Les cadavres qu'il traînait se changèrent en cendres, puis un sourire sauvage s'étala sur le visage de Mosun alors que son regard se posait sur Sylas.
Une puissance rayonnante émanait de lui dans toutes les directions, menaçante et oppressive d'une manière impossible à décrire.
Le regard de Sylas ne changea pas le moins du monde. En effet, ces gens étaient vraiment uniques.
C'était bien de la joie qui se reflétait dans les yeux de Mosun. Son peuple venait d'être massacré, déchiqueté et mis en pièces, mais il souriait, non pas à l'idée de mettre Sylas en pièces — bien qu'il le souhaitât certainement aussi — mais à la réalisation qu'il aurait une chance de se baigner dans la vraie mort.
« Le Dieu d'Efivara a fait briller Son sourire sur moi. » Sa voix tonna.
De larges panaches de cendres s'élevèrent, s'attachant à sa peau et la teintant du gris de la mort.
Des panaches de plus en plus grands jaillirent de toute la planète, et à mesure qu'il le faisait, son aura grandit, puis grandit encore… Jusqu'à ce qu'elle perce une barrière, un plafond qui maintenait tant de gens sous le talon de l'oppression.
Mosun brisa la barrière du rang S, son aura se propageant en vagues et manquant de plaquer Sylas au sol.