Chapitre 2 136
Les yeux de Sylas allaient et venaient, attentifs à leurs mouvements. Après la bataille contre Nosphaleen et Cassarae, il était certain de l'issue du combat. Mais l'écart de talent entre Cassarae et la Duchesse était bien plus réduit.
L'autre problème était que toutes deux semblaient capables de s'améliorer constamment.
La capacité de la Duchesse à insuffler toujours plus de sang dans ses intentions, renforçant son corps et décuplant sa vitesse, semblait sans fin.
En comparaison, Cassarae paraissait capable de puiser toujours plus profondément dans sa Volonté de l'Épée. Le monde continuait de gémir, de se déformer et de bouger, presque comme si elle contrôlait l'espace-temps plutôt que sa simple lame.
À un certain moment, elles semblèrent parvenir à une compréhension tacite. Elles ne prirent même plus la peine d'utiliser des compétences ou des techniques spéciales. C'était devenu une bataille de puissance brute, et elles ressemblaient à deux T-Rex femelles se heurtant sans cesse, fracassant la terre sous leurs pieds.
Le Champ de Bataille Doré derrière Sylas tremblait comme s'il allait s'effondrer d'un instant à l'autre ; l'impact de chaque coup porté ressemblait à une catastrophe naturelle cherchant à les réduire en pièces.
Sylas soupira de nouveau.
Il sentait que ce combat allait probablement durer un moment. À tout le moins, c'était un spectacle magnifique à contempler.
Il n'avait pas d'affection particulière pour la Duchesse, mais c'était une femme vraiment belle. Même en combattant nue comme elle le faisait, et malgré son style de combat violent et direct, il y avait une grâce somptueuse dans la façon dont son corps glissait à travers les airs.
Son expression était féroce et ne trahissait pas la moindre hésitation, mais la sueur qui scintillait le long de ses hanches et la fermeté de ses seins retenaient toute l'attention de Sylas.
En comparaison, Cassarae devenait elle aussi chaque jour plus parfaite. Plus sa Lignée s'élevait, et plus Sylas l'aidait à progresser, plus elle se rapprochait de la perfection.
Sylas aimait sa femme, au point que, peu importe son apparence, elle serait toujours la femme la plus parfaite à ses yeux. Il avait dit maintes fois quelles étaient les plus belles femmes qu'il ait jamais vues, et Cassarae n'avait jamais figuré dans cette liste, mais ce n'était pas parce qu'il la jugeait inférieure.
C'était parce qu'il plaçait sa propre femme dans une catégorie à part.
Sylas était quelqu'un de pragmatique et logique, peut-être même trop. L'objectivité était pratiquement sa maîtresse. Alors, malgré ce qu'il ressentait, il n'avait jamais prononcé ces mots à propos de Cassarae.
Sur Terre, avant l'Invocation, il ne faisait aucun doute que Cassarae comptait parmi les plus belles femmes de leur monde. Elle était grande, parfaitement galbée et aux proportions idéales.
Mais dans l'univers étendu, la concurrence dépassait tout ce que les mannequins de la Terre pouvaient espérer égaler.
Cependant, Sylas avait passé tellement de temps loin de Cassarae, et son amour pour elle obscurcissait son sens du détail à un tel point qu'il n'avait même pas réalisé quand elle avait commencé à devenir ce spécimen de femme véritablement magnifique.
Cassarae n'était plus une mortelle. C'était une Demi-Dieu d'une Lignée de rang A. Elle était bénie d'une base de beauté qui surpassait la plupart de celles présentes dans l'univers.
Si beaucoup des beautés que Sylas avait croisées avaient été dépouillées de leur rang de Lignée et forcées de devenir des Humains de rang F comme Cassarae l'avait été, combien d'entre elles auraient pu rivaliser avec elle ?
En observant sa femme maintenant… Sylas était convaincu que la réponse était zéro.
Elle s'était véritablement épanouie en la plus belle femme qu'il ait jamais vue, et il ne l'avait même pas remarqué avant d'avoir la Duchesse juste en face pour comparer.
Cela n'avait jamais été aussi évident.
Cette magnifique peau couleur caramel, ces yeux bleu vif, ce sourire féroce et sauvage sur son visage, et cette cascade de cheveux noirs dansant dans le même élan sauvage.
Ses mouvements n'étaient pas élégants comme ceux de la Duchesse ; ils étaient d'une franchise brutale et d'une directivité étouffante. Mais ils semblaient s'accorder au rythme de la nature elle-même, et lorsqu'elle bougeait, sa lame portait la puissance des montagnes et les rayons du soleil.
C'était comme si ce n'était pas Cassarae qui voulait la mort de ceux qui croisaient sa lame, mais comme si une loi dictée par l'univers lui-même les avait jugés dignes d'exécution.
BOUM. BOUM. BOUM.
La Duchesse écarta l'épée de Cassarae d'un coup de griffes fulgurant. Elle fit un pas en avant, comblant rapidement la distance alors que la lame passait au-dessus de son épaule opposée.
Saisissant les épaules de Cassarae, elle abattit son front, une masse tourbillonnante de pourpre suivant chacun de ses instants.
Cassarae eut un sourire carnassier et répondit par un coup de front identique.
BANG.
La tête de Cassarae partit en arrière. Sans son épée, dans une compétition de force pure, Cassarae ne gagnerait pas à tous les coups.
La Duchesse pensa pouvoir immédiatement tirer profit de cette erreur, pour réaliser que si la tête de Cassarae avait basculé, elle n'avait en réalité reculé d'aucun pas. En fait, dans ce bref échange, au moment même où la Duchesse pressait vers l'avant, Cassarae avait fait de même.
Dans leur bataille, Cassarae avait compris quelque chose. Si les choses continuaient ainsi, elles se battraient pendant des jours et des nuits, et finalement, la seule capable de reconstituer son endurance avec facilité l'emporterait… c'est-à-dire la Duchesse.
Mais la Duchesse, pour une raison quelconque, ne combattait qu'à l'instinct, avec vitesse et réflexes.
Elle n'était pas prête à un changement soudain de tactique faisant appel à l'esprit.
Les lèvres de Cassarae s'étirèrent en un sourire encore plus large, son épée — toujours au-dessus de l'épaule de la Duchesse — pressa vers le bas avec une puissance venue d'en haut.
PUCHI.
Le torse de la Duchesse fut entaillé, tranché jusqu'au cœur.
Une seule ouverture avait suffi.