Chapitre 16
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Abood
Relecteur : Ryuu
Discord :<a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://discord.com/yT4GsFAYRf"> </a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://discord.com/yT4GsFAYRf">
</a>
◈ Le Champ de bataille de Friedrich
Chapitre 16 : Entraînement quotidien (2)
Ce soir-là, une fois l’entraînement terminé, Friedrich se rinça et enfila des vêtements propres. À peine de retour dans la chambre qui lui avait été attribuée, il s’effondra sur le lit.
« C’est atroce… »
Dans cette pièce austère, meublée d’un simple lit, d’un bureau et d’une étagère, Friedrich fixa le plafond et laissa échapper la plainte qu’il avait retenue pendant l’entraînement. Il savait que ces exercices étaient nécessaires, mais cela ne les rendait pas moins éprouvants.
Gregor adaptait sans doute le programme pour que Friedrich parvienne tout juste à le suivre. Malgré cela, si c’était déjà aussi pénible, mieux valait ne pas imaginer à quel point ce serait dur dans un mois ou deux.
« Friedrich, j’entre. »
Il entendit la voix de Yurika de l’autre côté de la porte. Sa chambre se trouvait juste à côté de la sienne.
Sans attendre de réponse, elle ouvrit la porte et entra. Puis, sans hésiter, elle bondit sur le lit et l’enlaça.
« Beau travail, aujourd’hui, Friedrich. Tu t’es vraiment donné à fond. »
Elle lui murmura ces mots avec douceur, le visage chaleureux et espiègle. Friedrich esquissa un sourire ironique. Ces moments lui rappelaient les jours qu’ils avaient passés à Volga.
Voilà moins d’un mois qu’ils avaient quitté Volga, et pourtant ces jours-là lui semblaient déjà appartenir à un passé lointain.
« Franchement, maintenant que je me dépense autant, je me rends compte à quel point tu es incroyable. »
« Moi, je me bats, et toi, tu réfléchis. C’est comme ça qu’on a toujours fonctionné, non ? Alors ne t’inquiète pas. Tu es formidable, Friedrich. Bien plus que quelqu’un comme moi. »
Tandis que Yurika lui embrassait la joue et le cou, Friedrich se mit à réfléchir.
Il était choyé. Il n’y avait pas d’autre mot. Il n’avait même pas encore officiellement rejoint l’armée royale et n’était qu’un soldat à moitié formé ; pourtant, il partageait déjà de tels moments avec Yurika. Et c’était le comte Matthias qui leur permettait de vivre ainsi.
Matthias savait, bien entendu, que Friedrich et Yurika étaient en couple. Malgré cela, ils vivaient dans la même demeure, leurs chambres côte à côte. Yurika s’était glissée dans la sienne au beau milieu de la nuit plus d’une ou deux fois.
Si ce n’était pas être choyé, alors qu’est-ce que c’était ? C’était précisément parce qu’on lui accordait tant de liberté que Friedrich redoutait de décevoir ces attentes lorsqu’il intégrerait réellement l’armée royale.
« Friedrich, puis-je entrer ? »
À cet instant, une voix retentit derrière la porte.
C’était Doris, l’intendante de la maison Hosenfeld.
« O-oui, bien sûr ! »
Friedrich répondit précipitamment et tenta de se redresser. Mais Yurika s’accrochait toujours à lui ; il échoua et retomba sur le matelas.
Doris entra alors.
« Oh là là, je vous dérange ? »
En les voyant ainsi, Doris leur adressa un doux sourire. Elle avait à peu près l’âge d’Alma, mais, contrairement à l’attitude sévère et digne de cette dernière, elle dégageait une douceur chaleureuse.
« Non, euh… pardon… Yurika, tu pourrais peut-être… »
« Hé hé, pardon, Friedrich. »
Friedrich se dégagea de l’étreinte taquine de Yurika et parvint enfin à se relever. Doris, quant à elle, ne semblait pas le moins du monde préoccupée par leur comportement. Elle échangea plutôt un regard complice avec Yurika et rit doucement avec elle.
« Le dîner est prêt. Je suis venue vous en informer. Veuillez vous rendre dans la salle à manger. »
« O-oui… merci. Je ne m’attendais pas à ce que vous veniez vous-même, mademoiselle Doris. »
« Je vous en prie. Je tenais à venir moi-même. »
Tandis qu’elle parlait en avançant tranquillement dans le couloir, Doris avait tout d’une vieille dame bienveillante. Pourtant, c’était elle qui dirigeait toute la maison Hosenfeld en l’absence fréquente du comte Matthias. La gestion des finances du domaine, la supervision du personnel, les négociations avec les marchands et artisans de confiance : tout cela relevait de sa responsabilité.
Elle servait la maison depuis bien plus longtemps que Gregor ; même lui, le capitaine des hommes d’armes, se trouvait souvent incapable de s’opposer à elle. Friedrich se souvenait encore de l’avertissement que Gregor lui avait donné à son arrivée au domaine : « Ne la sous-estime pas sous prétexte qu’elle a l’air d’une vieille dame. »
« Oh, encore une chose. Ce soir, le maître aimerait dîner avec vous deux. Une fois que vous serez installés, j’irai le chercher. Veuillez donc patienter un instant. »
« Bien compris. »
Friedrich répondit, légèrement nerveux.
Ce serait la troisième fois qu’il partagerait un repas avec le comte Matthias. Les dîners étaient simples ; ils parlaient généralement un peu de l’entraînement ou de la vie dans la capitale. Pourtant, Friedrich n’y était toujours pas habitué.
« Depuis que vous êtes venus séjourner au domaine, je suis ravie de voir le maître rentrer plus souvent au lieu de passer la nuit au palais royal. Sir Gregor est également plus présent ces derniers temps, et la maison est devenue si animée. C’est vraiment un plaisir. »
« …Même si nous avons été accueillis comme hommes d’armes, nous n’avons fait que nous entraîner tous les jours. Je suis désolé de ne pas vous avoir été plus utile. »
« Oh, ne vous en faites pas. Après tout, vous vous préparez à devenir soldats. Je comprends très bien que votre devoir, pour l’heure, soit de vous entraîner et que vous soyez appelés à combattre le moment venu. »
Puis Doris ajouta avec un doux sourire :
« Et puis, prendre soin des jeunes est un bonheur en soi. Cela me rappelle le temps où maître Rudolf était encore parmi nous. »
« … »
Rudolf Hosenfeld. Friedrich avait déjà entendu ce nom. Il avait été tué au combat huit ans auparavant : c’était le fils unique de Matthias.
Le maître avait perdu son seul enfant, et la maison, son héritier. Cette demeure portait la marque d’un tel passé. En entendant Doris, Friedrich s’en souvint une fois encore.
・・・・・・
À la table des Hosenfeld, on n’imposait ni règles strictes ni leçons de savoir-vivre à tout bout de champ.
Friedrich et Yurika, qui avaient grandi ensemble, avaient tous deux appris les bonnes manières auprès d’Alma. Pour des gens du peuple, ils se tenaient très bien à table. Depuis leur arrivée au domaine, personne ne leur avait jamais fait de reproches, même lorsqu’ils dînaient en présence du comte Matthias.
Pour Friedrich et Yurika, qui avaient grandi à la campagne dans une famille du peuple, les repas servis ici semblaient d’un luxe inouï, surtout lorsqu’ils dînaient avec Matthias.
Le pain tout juste sorti du four était tendre et sans garniture. La soupe, riche et généreusement garnie. Et chaque jour, on leur servait de la viande qui n’était ni salée ni fumée. Il y avait même parfois du bœuf.
L’entraînement était éprouvant, mais, devant de tels repas, Friedrich se sentait sincèrement reconnaissant d’avoir été accueilli dans cette maison.
« Comment se passe votre entraînement à tous les deux ? Tout va comme prévu ? »
« Je crois que ça se passe bien, mais, pour être honnête, certaines choses sont difficiles. Chaque jour me rappelle à quel point je me suis reposé sur mon intelligence jusqu’ici, et combien je manque de force physique. »
« C’est ce qu’il me semble. Par rapport à notre dernier dîner, il y a quatre jours, tu as l’air nettement plus épuisé. Cela signifie que Gregor fait bien son travail. »
Matthias observa le visage de Friedrich et esquissa un sourire.
Pour mémoire, Gregor, le capitaine des hommes d’armes, ne dînait pas avec eux. Selon lui, il n’était pas dans les usages qu’un maître partage ses repas avec ses hommes, sauf en une occasion particulière. Si le comte Matthias invitait Friedrich et Yurika à dîner, c’était sans doute parce qu’il gardait un œil attentif sur eux.
« Moi, tout va très bien. »
« Yurika s’entraîne presque deux fois plus que moi, mais jusqu’ici, elle s’en sort sans difficulté. »
Friedrich ajouta cette précision tandis que Yurika parlait la bouche pleine de viande.
« Je vois. Il sera intéressant de voir combien de temps elle gardera cette assurance. Si Gregor se met sérieusement à la tâche, même Yurika pourrait avoir du mal… Enfin, passons à autre chose. »
Matthias prit une gorgée de vin, puis poursuivit.
« Le magistrat de votre ancienne ville, Volga… Il s’appelait Hermann, n’est-ce pas ? Son sort a été décidé. Il a été démis de ses fonctions et muté comme surveillant dans l’une des fermes exploitées directement par le vicomte Dofen. »
Il expliqua que le suivi de l’affaire des bandits lui était parvenu par les voies officielles.
« On dirait une rétrogradation en bonne et due forme. Il a tout de même de la chance de ne pas avoir été puni plus sévèrement. »
« Il serait apparemment un parent du vicomte Dofen actuel. J’imagine que celui-ci avait peu envie de sanctionner sa propre famille. De plus, c’est grâce à son rapport que le Régiment Ferdinand a pu intervenir à temps. Cela a au moins joué en sa faveur. »
Pendant que Matthias parlait, une servante s’avança et remplit discrètement son verre de vin.
« Friedrich, tu as l’air soulagé qu’il n’ait pas été puni. Pourtant, c’était le magistrat qui t’a abandonné, toi et les autres habitants. »
« …En temps de paix, de notre point de vue, ce n’était pas un mauvais fonctionnaire. Oui, c’était un lâche qui s’est enfui dès que la situation a tourné au vinaigre, mais, au bout du compte, nous avons été sauvés. Alors, personnellement, je ne lui en veux pas. Si nous n’avions pas été sauvés, en revanche, je serais probablement en train de le maudire depuis l’au-delà. »
« Ha, je vois. »
Matthias laissa échapper un petit rire aux mots de Friedrich.
La conversation se poursuivit ensuite sur des sujets légers et sans conséquence, tandis que le repas avançait.
Friedrich eut l’impression de dîner moins avec un noble qu’en face d’un père. Non qu’il eût la moindre expérience des repas de famille ; il ne connaissait cela que par les livres et par son imagination.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>