Chapitre 124
WeTried Translations
Traducteur : Nemui
Éditeur : Nemui
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le Champ de bataille de Friedrich
Chapitre 124 : Un nouveau héros (2)
──────
À ces mots, tous les présents quittèrent la tente, à l’exception de Friedrich.
On en referma l’entrée, laissant le père et le fils seuls.
« Friedrich. »
À cet appel, Friedrich s’approcha de Matthias et s’agenouilla près de lui.
« … Je ne sais toujours pas si t’avoir entraîné sur la voie des armes et fait de toi mon fils adoptif a vraiment été une bonne chose pour toi. Il m’est arrivé de me demander si je ne t’avais pas jeté une malédiction. »
Friedrich réfléchit un instant, puis sourit.
« J’ai toujours pensé que le fait que vous ayez reconnu mon talent était à la fois le plus grand événement et la plus grande chance de ma vie. Je ne pourrai jamais vous remercier assez. »
À cette réponse, les traits de Matthias s’adoucirent.
« Il est vrai que je te croyais assez talentueux pour porter le nom des Hosenfeld… Mais il est tout aussi indéniable que je t’ai adopté parce que je souhaitais retrouver une famille. Je ne m’en suis rendu compte qu’après t’avoir accueilli, et cette certitude n’a fait que grandir depuis. »
Puis le héros, dont le visage n’était plus que celui d’un homme ordinaire, reprit doucement :
« J’ai… perdu Annemarie, perdu Rudolf et, tandis que les gens continuaient de m’appeler le héros vivant d’Edelstein, j’ai vécu en incarnant l’image du héros qu’ils exigeaient de moi. Je pensais vivre ainsi et mourir ainsi. Mais lorsque j’ai fait de toi mon nouveau fils, j’ai compris quelque chose. »
Tout en parlant, Matthias posa la main sur la joue de Friedrich. Un geste de père qui chérissait simplement son enfant.
« Au fond, je voulais que ma famille m’accompagne dans mes derniers instants. Je ne voulais pas partir en n’étant jugé que comme un soldat, un noble et un héros. Je voulais mourir en homme, en confiant la suite à ma famille. Grâce à toi, ce souhait s’est réalisé. Tu connais mes souvenirs d’Annemarie et de Rudolf. Tu sais combien je les aimais et comment j’ai vécu après leur disparition. Les pensées que je n’ai jamais révélées à personne d’autre, toi seul les connais, mon fils… »
Pour empêcher son sourire de se teinter de tristesse, Friedrich hocha la tête.
Matthias lui avait souvent parlé des souvenirs qu’il gardait de sa famille et de l’amour qu’il lui avait voué. À présent, Friedrich était la seule personne qui fût sa famille.
« Friedrich. Je suis heureux que ce soit toi, mon héritier, qui m’accompagnes dans mes derniers instants. Du fond du cœur, je te suis reconnaissant d’être devenu mon nouveau fils et de m’avoir offert ces jours. »
« … Je suis heureux d’avoir pu devenir votre fils. C’est moi qui vous suis reconnaissant, du fond du cœur… Merci, père. »
À ces mots, Matthias afficha le même sourire tendre que lorsqu’il avait accueilli Friedrich comme son fils adoptif.
Puis il ferma doucement les yeux, et la lumière de sa vie s’éteignit.
Son visage, à la fin, était serein.
Père.
J’aurais dû vous appeler ainsi plus tôt, et bien plus souvent.
Friedrich prit la main de Matthias, qui avait glissé de sa joue, et pleura en silence.
・・・・・・
Lorsque Friedrich ouvrit l’entrée de la tente, le ciel commençait à s’éclaircir. Yurika fut la première à l’accueillir.
Elle se tenait tout près de lui. Friedrich se tourna vers les autres.
Gregor, Oliver, Romilda, le chevalier Rüdiger et les autres commandants s’étaient également rassemblés. Tous regardaient Friedrich.
« … Mon père nous a quittés. Sa fin a été paisible. »
Le regard fixé sur Gregor, qui avait soutenu Matthias plus longtemps que quiconque, Friedrich prit la parole.
Les personnes réunies se raidirent, poussèrent un discret soupir ou baissèrent les yeux, accablées par le chagrin. Gregor, lui, se contenta de hocher la tête en silence. Puis il posa un genou à terre et inclina la tête.
Tous les autres suivirent son exemple. Friedrich se tourna sur le côté et vit que Yurika aussi s’était agenouillée devant lui.
Gregor prit alors la parole.
« Seigneur comte Friedrich Hosenfeld. Nous, membres du Régiment Ferdinand, sommes vos fidèles subordonnés. Nous sommes prêts à combattre et à donner notre vie sous vos ordres. De son vivant, le seigneur comte Matthias Hosenfeld vous a désigné comme prochain commandant de régiment, et la Maison royale a approuvé cette nomination. À compter de ce jour, vous êtes le deuxième commandant du Régiment Ferdinand. »
Comme si les paroles de Gregor allaient de soi, tous ceux qui avaient incliné la tête demeurèrent immobiles.
Seigneur comte. Commandant de régiment. En entendant ces titres s’adresser à lui, Friedrich resta un moment figé, l’air interdit. Le premier allait de soi, et il n’était pas comme s’il n’avait jamais envisagé le second. Malgré tout, se les entendre attribuer à présent le prenait au dépourvu.
« … Est-ce vraiment moi qui dois prendre cette place ? »
« Avec tout le respect que je vous dois, personne d’autre que vous, qui avez hérité du nom des Hosenfeld, ne peut diriger ce régiment. En ce moment, l’armée du royaume, son peuple et le royaume lui-même ont besoin de celui qui succédera au héros vivant d’Edelstein. Non, ils ont besoin d’un nouveau héros. Sa Majesté avait prévu qu’une telle situation pourrait se présenter après la mort de votre père ; c’est pourquoi il a approuvé la décision de ce dernier… Et nous, qui vous suivrons désormais, sommes convaincus que vous êtes digne de lui succéder. »
Toujours agenouillé, Gregor releva la tête, regarda Friedrich droit dans les yeux et lui répondit.
« La décision de votre père, qui vous a trouvé et gardé auprès de lui, en est la preuve. Plus encore, vos exploits militaires jusqu’à présent et votre détermination en tant que soldat du royaume le prouvent. Seigneur comte Friedrich Hosenfeld. Notre commandant. Conduisez-nous, nous vous en prions. »
À présent, tous avaient relevé la tête et regardaient Friedrich.
Accueillant leurs regards et leur appel, Friedrich prit une profonde inspiration et leva les yeux vers le ciel.
Ah.
Depuis ce jour où, dans sa ville natale de Volga, il avait élevé la voix sur un coup de tête, il avait parcouru tant de chemin.
Un nouveau héros. Il ne pensait pas avoir encore accompli assez pour mériter ce titre. Pourtant, il ne le quitterait sans doute plus jamais. Les héros naissaient parce que tous les réclamaient. Ils vivaient à l’image de ce que chacun exigeait d’eux.
Matthias aussi, son père aussi, avait été transformé en héros par un grand exploit militaire et avait tenu ce rôle toute sa vie.
Et maintenant, après l’avoir découvert et désigné comme son successeur, son tour à lui était venu de devenir un héros.
Je veux devenir quelqu’un.
Sans connaître le poids de la mission qui l’attendait, il avait poursuivi ce rêve et l’avait désormais accompli. Il ne pourrait jamais revenir en arrière. Il ne serait jamais libéré. Comme son père.
Il aurait dû le comprendre depuis le début.
« … Tout le monde, debout. »
Friedrich baissa les yeux et s’adressa à eux. Sa voix portait une résolution nouvelle.
Gregor se releva. Yurika se releva. Puis tous les autres en firent autant.
« … Je suis le successeur de Matthias Hosenfeld. Celui qui a hérité de tout ce que possédait le héros vivant d’Edelstein. J’assumerai chaque rôle qu’a tenu mon père. J’accomplirai mon devoir à la tête du Régiment Ferdinand et celui de héros chargé de protéger ce pays. Je le ferai, quoi qu’il arrive. Suivez-moi, je vous prie. »
« À vos ordres, mon seigneur. »
Tous répondirent à Friedrich en le saluant.
Le héros était parti, et un nouveau héros venait de naître.
La lueur de l’aube illumina sa chevelure cramoisie et embrasa ses yeux rouges d’un feu nouveau.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>