Chapitre 388
Chapitre 388
Chapitre 388 - Turkish Airlines, l’ultime étape II
Traduction: Moonkissed
« C’est vraiment ennuyeux de rester assis dans une chambre toute la journée. Et le temps semble passer incroyablement lentement », déclara Fatih en s’adossant à sa chaise, la tête désormais tournée vers le plafond de sa chambre d’hôtel.
Il se laissa lentement aller en arrière, soulevant les deux pieds avant de la chaise, puis commença à se balancer d’avant en arrière.
« Il ne reste plus qu’une journée, alors tiens bon. Après ça, tu pourras enfin te défouler et conduire autant que tu veux », répondit Rümeysa depuis l’autre côté de l’écran de l’ordinateur portable.
Elle essayait d’encourager son fils et de lui rappeler que cet ennui était nécessaire s’il voulait pouvoir prendre le volant le lendemain et obtenir son permis.
« Je sais, je sais. Mais ça ne rend pas ça moins chiant », répondit Fatih, toujours en train de se balancer.
« Oui, c’est vrai… »
Mais avant même que Rümeysa puisse terminer sa phrase, sa mère l’interrompit.
« Si tu attrapes le COVID, tu perdras au minimum un mois entier. Alors mieux vaut t’ennuyer que finir cloué au lit. Maintenant, arrête de te plaindre et dis-moi quel est le programme de demain. Je veux savoir à quelle heure je dois commencer à regarder. »
Fatih, désormais privé de toute possibilité de se plaindre juste pour tuer le temps, reposa les pieds avant de sa chaise au sol et commença à leur expliquer le programme.
« Pour le permis de conduire, grâce aux circonstances particulières, on m’a autorisé à remplir à l’avance toutes les exigences, comme l’examen théorique et le reste. Il ne me reste donc plus que l’épreuve pratique finale de trente-cinq minutes, que je peux passer dès que j’ai dix-huit ans. »
« À l’origine, je devais me rendre à un endroit précis pour passer l’examen, mais avec les changements de situation et le confinement qui a supprimé la majorité des voitures sur les routes, ils ont modifié l’épreuve. »
« Maintenant, le test commencera directement à l’hôtel et se terminera au circuit. Si je le réussis, il sera considéré comme valide et j’aurai officiellement mon permis au moment où nous arriverons sur la piste. »
« Et si tu échoues ? Tout le reste sera annulé ? » demanda sa grand-mère.
Elle savait que, si c’était réellement le cas, même conduire une voiture ordinaire deviendrait extrêmement difficile.
La pression serait immense.
Un événement ayant nécessité des millions de dollars de préparation risquerait d’être annulé uniquement à cause de cette épreuve.
Mais ses inquiétudes disparurent rapidement lorsque Fatih répondit :
« Non. Le test des 300 kilomètres aura quand même lieu. Je devrai simplement repasser l’examen de conduite dans les jours suivants. Donc il n’y a aucun problème de ce côté-là. »
Puis un sourire confiant apparut sur son visage.
« Et de toute façon, j’ai plutôt confiance en ma conduite. »
Cette confiance n’était pas seulement destinée à rassurer sa grand-mère.
Apollo l’avait même forcé à enregistrer une voiture normale dans le système.
Il lui avait ensuite fait passer une heure entière à conduire sur différents circuits, tout en utilisant son contrôle du système pour y ajouter des feux de circulation, des trottoirs, des marquages au sol et de nombreux autres éléments.
Apollo était même allé jusqu’à jouer lui-même le rôle de l’examinateur.
Puis celui d’un conducteur imprudent.
Et encore bien d’autres situations.
Fatih pouvait donc affirmer avec confiance qu’il était un bon conducteur.
Ils continuèrent à discuter jusqu’à 22 heures.
Puis Rümeysa força Fatih à aller dormir en lui rappelant la grande journée qui l’attendait.
Elle lui précisa également qu’ils célébreraient son anniversaire une fois que tout serait terminé.
Fatih ne protesta pas.
Il suivit simplement ses instructions.
Avant de dormir, il comptait tout de même effectuer encore 300 kilomètres sur le circuit en préparation pour le lendemain, puis terminer par une dernière session au volant d’une voiture normale avant son examen.
Le lendemain, après son réveil, il prit une demi-heure pour se préparer.
Puis il ouvrit la porte au médecin venu lui faire passer son dernier test.
Lorsque le résultat revint négatif, il reçut officiellement le feu vert pour participer à l’événement.
Heureusement, les membres de sa famille présents sur place avaient eux aussi tous obtenu des résultats négatifs.
Lorsqu’ils sortirent de l’ascenseur et entrèrent dans le hall, ils durent tous s’arrêter un instant devant ce qui se déroulait à l’extérieur de l’hôtel.
Huit voitures de police attendaient, gyrophares allumés.
Deux fourgons de médias étaient également présents.
Ainsi que cinq Honda Civic Sedan, modèles FC5 Eco, fournies par Honda Türkiye, qui avait travaillé en collaboration avec Red Bull.
Vural Ak, président d’Intercity, l’entreprise exploitant le circuit et qui possédait également une immense activité de location de voitures et de gestion de flottes, avait voulu utiliser ses propres véhicules.
Mais Red Bull avait refusé.
L’équipe voulait profiter de l’occasion pour promouvoir son partenaire.
Un caméraman se tenait juste à l’extérieur des portes tournantes de l’hôtel.
Une petite lumière rouge brillait sur sa caméra.
La diffusion avait donc déjà commencé.
Par précaution, il portait une tenue qui le faisait presque ressembler à un infirmier ou à un médecin dans un hôpital, puisqu’il allait prendre place dans la même voiture que la famille.
Il recula lentement jusqu’à la Honda Civic rouge.
Fatih, désormais séparé du reste de son groupe, sortit de l’hôtel et se dirigea directement vers la voiture.
Il adressa un bref signe de la main à la caméra avant de monter.
Son beau-père et les membres de son équipe furent répartis dans les autres Honda Civic situées derrière eux au sein du convoi.
Fatih salua l’examinateur installé dans la voiture, désormais séparé de lui par une paroi transparente.
Il salua ensuite le policier et le caméraman qui venaient eux aussi de monter.
Le policier avait pour mission d’assurer la communication avec les autres véhicules du convoi afin que leurs mouvements puissent être adaptés selon les besoins de l’examen de Fatih.
Après avoir attaché sa ceinture, Fatih s’immobilisa un instant.
Un hélicoptère bourdonnait dans le ciel.
Il se retourna vers le caméraman derrière lui et demanda :
« Ils sont avec nous ? »
Il pointa le toit de la voiture.
Comme le bruit de l’hélicoptère se rapprochait de plus en plus, il était évident de quoi il parlait.
« Oui », répondit maladroitement le caméraman sous tout son équipement médical.
L’examinateur regarda Fatih.
« On commence ? »
« Oui. »
Fatih se frotta brièvement les mains afin de chasser sa nervosité.
Puis il inspira profondément et murmura :
« Bismillah. »
Il appuya sur la pédale de frein avant d’atteindre le bouton de démarrage du moteur.
Celui-ci répondit immédiatement.
Il ajusta son rétroviseur.
Vérifia les environs.
Puis il klaxonna pour signaler aux véhicules du convoi qu’ils pouvaient commencer à avancer.
Au moment où les voitures se mirent en mouvement et qu’un espace se libéra devant lui, Fatih abaissa le bouton du frein de stationnement électronique.
Puis il déplaça son pied vers l’accélérateur.
Son examen pratique final venait de commencer.
.......
Comme le trajet devait les faire passer par une autoroute, l’examinateur observait calmement Fatih et chacun de ses gestes.
Sa main droite serrait fermement un stylo.
La gauche tenait son dossier.
Il se tourna vers le policier installé à l’arrière.
« Scénario un. »
Le policier saisit immédiatement sa radio et contacta les autres véhicules du convoi.
La voiture située devant eux ralentit jusqu’à 80 km/h sur la voie centrale de l’autoroute.
L’examinateur se tourna alors vers Fatih.
« Dépassez-le. »
Fatih ne répondit pas.
Il activa simplement son clignotant gauche tout en regardant dans son rétroviseur.
Dès que le clignotant eut clignoté trois fois, il tourna doucement le volant et passa sur la voie de gauche.
Puis il accéléra progressivement jusqu’à 115 km/h.
Seulement 5 km/h sous la limitation de vitesse de l’autoroute.
Il activa ensuite son clignotant droit avant de revenir en douceur sur la voie du milieu.
Cette fois, il maintint exactement 115 km/h.
Comme il avait déjà pratiqué toutes ces situations à l’avance, il enchaîna les scénarios avec une grande fluidité.
On aurait dit qu’il possédait déjà plusieurs années d’expérience.
La retransmission en direct alternait entre plusieurs angles.
La caméra embarquée dans la voiture.
Le caméraman assis à l’arrière.
Une prise de vue frontale depuis l’un des fourgons de presse, dont la porte arrière était ouverte afin qu’une caméra puisse filmer directement la voiture de Fatih.
Et enfin…
L’hélicoptère.
Celui-ci montrait l’ensemble du convoi avançant sur une autoroute presque fantomatiquement vide.
Ce n’était pourtant que l’examen de son permis de conduire.
Mais les gens coincés chez eux, sans grand-chose à faire, suivaient la scène avec une concentration absolue.
Malgré l’heure très matinale, la tension entourant cet examen suffisait à captiver énormément de spectateurs.
Les commentateurs contribuaient d’ailleurs parfaitement à maintenir cette tension.
Ils expliquaient clairement à tous ceux qui regardaient ce qui se passait.
Sachant à l’avance que cet examen aurait lieu, ils avaient même invité un examinateur travaillant pour le ministère turc de l’Éducation nationale, le MEB.
Celui-ci les aidait à expliquer les différentes épreuves actuellement demandées et à analyser la performance de Fatih.
Ils utilisaient toutes les données recueillies directement depuis la voiture, notamment sa vitesse et d’autres paramètres, afin de comprendre exactement ce qu’il faisait.
Ils projetaient également son niveau de réussite au fur et à mesure de l’épreuve.
Le résultat était étonnamment divertissant, même pour les personnes qui ne s’intéressaient pas à la Formule 1.
Après tout, elles pouvaient voir de leurs propres yeux comment se déroulait l’un des examens de conduite réputés parmi les plus difficiles, stricts et stressants d’Europe.
Et surtout…
Pourquoi il avait acquis une telle réputation.