Chapitre 249
Alors que la vie quittait la bête, son corps cessa de trembler. Axel expira bruyamment, à bout de souffle. Après une minute, il commença à en extraire le noyau. Il n'avait pas besoin de vendre la dépouille ; il pourrait s'en servir plus tard pour fabriquer une arme ou des accessoires. Mais le noyau avait une autre utilité, il devait donc le récupérer.
Une fois terminé, il fit apparaître une fiole de potion depuis son anneau spatial d'une simple commande mentale. Il l'avala pour récupérer son mana ; 30 % était bien trop peu. Il alimentait à peine son épée, et cela seul avait épuisé toutes ses réserves. Il ne pouvait ni renforcer ses circuits magiques, ni ses yeux runiques, ni ses armes runiques.
Mais alors qu'il venait d'avaler la moitié de la fiole, sa vigilance atteignit son paroxysme. Ses instincts le mirent en garde contre un danger imminent. En une fraction de seconde, il repéra un projectile : une flèche noire. Il rejeta précipitamment la tête en arrière. La flèche percuta la fiole, la faisant voler en éclats.
Des fragments lui griffèrent le visage, la bouteille étant juste devant sa bouche. Heureusement, il ferma les yeux au bon moment, sinon la situation aurait été encore plus périlleuse. Les yeux clos, Axel concentra toute son attention sur ses autres sens, bien qu'ils fussent affaiblis par son état. Même ses compétences Sens de l'énergie et Sens du mana étaient actuellement hors service.
Malheureusement, ses oreilles ne captaient même pas le sifflement du vent. Pourtant, ses instincts hurlèrent à nouveau au danger. D'autres flèches arrivaient. Il s'élança, les yeux grands ouverts, bondit et plongea, tordant son corps dans des angles improbables alors qu'une pluie de flèches tombait de toutes parts. Trop de lumière agressait sa vision, et les flèches ne faisaient pas le moindre bruit en fendant l'air. Il ne pouvait ni les voir ni les entendre. Seuls les instincts innés de sa lignée démoniaque l'empêchèrent d'être transpercé vivant.
Plus inquiétant encore, il ressentait un danger réel émanant de ces maudites flèches noires, ce qui l'obligeait à esquiver plutôt qu'à les dévier avec son épée. Comment ces projectiles pouvaient-ils le menacer à ce point ? Il ne comprenait pas, et n'avait pas le temps d'y réfléchir.
Le temps passait, et les flèches se multipliaient, venant d'angles de plus en plus vicieux. Il n'eut d'autre choix que d'utiliser son épée pour les dévier ; il ne pouvait même pas puiser dans son mana. Il venait de boire la moitié d'une fiole, et il lui en fallait au moins trois pour régénérer sa réserve complète. Ce n'est qu'une fois celle-ci rétablie qu'il pourrait à nouveau utiliser ces 30 %.
Les archers étaient trop éloignés pour qu'il puisse les distinguer. Il était épuisé par son combat contre le Tigre Morphine. Inévitablement, quelques flèches finirent par l'atteindre. Une douleur intense et une faiblesse soudaine se propagèrent dans son corps ; il le sentit immédiatement.
Il lâcha, à bout de souffle : « Du poison ? »
Son visage se crispa. Quel genre de poison pouvait l'affecter ainsi ? En tant que porteur d'une lignée démoniaque, il devrait être presque immunisé. Son corps devint lourd, et son état anormal, où il n'avait pratiquement plus d'énergie pour protéger ses organes internes, commença à empirer. Il tint bon, continuant de bloquer et de dévier les flèches avec toute sa volonté, bien que son corps protestât contre chaque effort.
Les tirs commencèrent à diminuer, mais pas avant qu'il ne s'effondre. À mesure que les flèches l'atteignaient, le poison s'accumulait, décomposant ses organes. Un sang rouge sombre s'écoula de ses yeux, de sa bouche et de son nez. Il tomba à genoux, incapable de bouger. Serrant les dents jusqu'à risquer de les briser, il haleta, les yeux virant au noir. Il restait prostré, luttant pour ne pas perdre connaissance, à quatre pattes.
Quelques flèches supplémentaires vinrent se planter dans son dos, ses mains et ses jambes. Mais Axel avait perdu toute sensibilité cutanée. Son corps réagit pourtant violemment à ces blessures, et il vomit une gorgée de sang noir.
Respirer devenait un calvaire. Sa vision s'assombrit ; la lumière insupportable qui l'aveuglait commença à faiblir. Au moins, cela lui faisait du bien. Son seul sens fonctionnant encore à peu près était l'ouïe. Alors que son esprit était au bord de l'effondrement, il entendit plusieurs pas s'approcher. Ils ne cherchaient même pas à être discrets.
Marchant avec assurance, ses agresseurs apparurent dans son champ de vision. Bien qu'il ne voie pas clair, leurs pas résonnaient de plus en plus fort. Il fit un effort surhumain pour rester concentré et calculer la menace. Il y avait probablement vingt Chercheurs ou plus qui s'avançaient vers lui, tous au sommet de la 1re phase.
Ah-ha-ha-HA ! Ah-ha-ha-HA ! Ah-ha-ha-HA-HA-HA ! Ah-HA-HA-HA—HA ! Ah-ha-ha-HA !
Un rire dément, empreint de joie et de mépris, résonna aux alentours. C'était le rire d'un fou, débordant de fureur et de plaisir, prêt à tout pour tuer sa cible. Tous les pas s'arrêtèrent, sauf un, qui continua de se rapprocher, tout comme ce rire exaspérant, battant la mesure comme un tambour annonçant l'arrivée de la Faucheuse, signalant la présence de son bourreau.
Axel reconnut cette voix instantanément. Comment aurait-il pu l'oublier ? C'était la voix de l'un des êtres qu'Axel Nomrad haïssait le plus au monde, le fils de la femme qui avait causé la mort de sa mère, la voix de KEN DUSKER.