Chapitre 664
Livre 5 : Chapitre 151 : Lu Ya
Le Souverain divin de la Grande Lumière poursuivit le vaisseau volant de Gu Hai. Mais il finit par perdre sa trace.
Suspendu dans le ciel, le Souverain divin de la Grande Lumière afficha une mine affreuse.
« Il a disparu ? Comment a-t-il pu s’évanouir ainsi ? Gu Hai est vraiment capable de m’échapper ? » Le Souverain divin de la Grande Lumière, plongé dans une incrédulité totale, arbora une expression sombre.
Pourtant, Gu Hai ne laissait aucune trace dans l’immensité du ciel, pas même la moindre aura.
« Estime-toi heureux. La prochaine fois que je te verrai, tu n’auras pas cette chance ! » lança le Souverain divin de la Grande Lumière en contemplant le ciel vide, l’esprit contrarié.
Fouich !
Au loin, les anges accoururent à leur tour.
Le Souverain divin de la Grande Lumière tourna vers eux un regard sombre. « Humph ! Bande de bons à rien ! »
Sa silhouette scintilla, puis se changea en un rayon de lumière azurée qui fila au loin.
Lu Fa fixa le rayon azuré qui s’éloignait et déclara : « Le Seigneur véritable avait vu juste. C’est bien le Souverain divin de la Grande Lumière. Il collabore avec Gu Hai. Retournez vite faire votre rapport au Seigneur véritable. »
——
Le Souverain divin de la Grande Lumière s’envola vers le Palais du Monarque de l’Est, embrasé de flammes.
« Je viens annoncer que le Souverain divin de la Grande Lumière demande audience au Monarque de l’Est ! » rapporta un garde.
« Qu’il entre ! » retentit la voix du Monarque de l’Est depuis la salle du palais.
Le Souverain divin de la Grande Lumière pénétra dans la salle.
À présent, les deux rangées d’esprits animaux dévisageaient le Souverain divin de la Grande Lumière en fronçant les sourcils.
Suprême Genèse et la Souveraine Wa se tenaient au premier rang.
Suprême Genèse dévisageait froidement le Souverain divin de la Grande Lumière. Il lui reprochait manifestement d’avoir assommé les deux anges à quatre ailes, l’empêchant ainsi de rentrer à temps et entraînant la prise en otage de ses deux fils.
De son côté, la Souveraine Wa regardait elle aussi le Souverain divin de la Grande Lumière d’un air glacial. À son retour, Suprême Genèse avait aussitôt rapporté l’affaire au Monarque de l’Est. Elle croyait certes que le Souverain divin de la Grande Lumière avait aidé Gu Hai, mais elle savait ce qu’il cherchait à faire : il ne voulait pas qu’elle apprenne la mort de Gu Hai.
« Souverain divin de la Grande Lumière, quel talent ! » lança froidement Suprême Genèse.
Le Souverain divin de la Grande Lumière en fut quelque peu surpris. « Suprême Genèse ? »
« Humph ! » Suprême Genèse fit claquer ses manches et détourna le regard du Souverain divin de la Grande Lumière. Il se tourna plutôt vers le Monarque de l’Est, entouré de flammes.
« Monarque de l’Est, Kong Xuan est votre subordonné. Ce n’est pas à moi de le punir. Pourtant, aujourd’hui, il a fait capturer mes fils et le Bassin de résurrection. Monarque de l’Est, je vous prie de me rendre justice ! » s’écria Suprême Genèse.
« Kong Xuan, est-ce vrai ? » demanda le Monarque de l’Est.
« Maître, je reconnais avoir arrêté deux anges à quatre ailes. Mais je rejette toutes les autres accusations. Tout est arrivé à cause de l’incompétence de Yanxuan, et il me rejette la faute dessus », répondit Kong Xuan.
À côté, la Souveraine Wa eut un rire froid. « Ha ha ha ha ! Kong Xuan ? Tu deviens bien audacieux. Voilà que tu t’en prends au Palais de Suprême Genèse et au Palais de la Souveraine Wa ? »
Les esprits animaux présents n’osèrent pas intervenir. Suprême Genèse fut quelque peu surpris. *Il s’en prend clairement à ma lignée de succession. Quel rapport avec celle de la Souveraine Wa ?* Puis, l’expression de Suprême Genèse changea tandis qu’il comprenait tout. Il se tourna vers la Souveraine Wa, stupéfait.
La Souveraine Wa avait parlé d’un ton glacial, une intention meurtrière dans le regard.
Sur son trône, le Monarque de l’Est comprit aussitôt les intentions de Kong Xuan. Celui-ci n’avait agi que pour cacher la vérité à la Souveraine Wa. Mais les choses avaient pris une tournure inattendue.
« Souveraine Wa, même si Kong Xuan a commis une faute, il a agi avec de bonnes intentions. Et ce n’est pas le moment d’en discuter. Il faut pourvoir ces places sans tarder. Vous feriez mieux de vous préparer au plus vite », dit le Monarque de l’Est.
La Souveraine Wa tourna la tête et plissa les yeux en direction du Monarque de l’Est, la Singularité suprême.
« Oh ? Cela signifie donc que vous approuvez ses actes ? » demanda froidement la Souveraine Wa.
Cette réplique insolente de la Souveraine Wa irrita la Singularité suprême.
« Souveraine Wa, comptez-vous renoncer à une place en semant le trouble à un tel moment ? » demanda froidement le Monarque de l’Est.
« Humph ! Je suis de mauvaise humeur. Vous pourriez m’offrir le monde entier, je n’en voudrais pas », rétorqua froidement la Souveraine Wa.
« Quelle audace ! » lança froidement le Monarque de l’Est.
« De l’audace ? Eh bien, ma lignée de succession n’a que faire de ces places. Gardez-les pour vous ! Humph ! » La Souveraine Wa renifla froidement, fit claquer sa manche et s’envola aussitôt hors de la salle.
Plusieurs esprits animaux présents dans la salle lui emboîtèrent aussitôt le pas.
Pendant que la Souveraine Wa se disputait avec la Singularité suprême, Kong Xuan se raidit. Il baissa la tête, n’osant pas prononcer un mot.
« Humph ! » La Singularité suprême renifla froidement et frappa de colère l’accoudoir de son trône.
Boum !
Les esprits animaux présents dans la salle n’osèrent pas ouvrir la bouche.
Suprême Genèse prit une profonde inspiration sans rien dire.
Ce ne fut qu’au bout d’un moment que la Singularité suprême se tourna vers Suprême Genèse et demanda : « Suprême Genèse, qu’a exigé Gu Hai en prenant tes deux fils en otage ? »
La demande de Gu Hai ? Il voulait que Bing Ji soit en sécurité. Mais Suprême Genèse ne voulait pas ébruiter l’affaire. Après tout, ses deux fils étaient toujours entre les mains de Gu Hai.
« Monarque de l’Est, soyez tranquille. Je peux m’en occuper », répondit Suprême Genèse avec indifférence.
« Très bien. » Le Monarque de l’Est hocha la tête, manifestement peu soucieux de l’affaire à présent.
——
Dans une vallée plongée dans les ténèbres, au sein du Palais divin du Soleil :
De nombreux esprits animaux se tenaient tout autour de la vallée, où ils gardaient une immense prison.
Bing Ji était assise en tailleur dans la prison.
Des volutes d’énergie glaciale s’élevaient de son corps. Elles flottaient au-dessus de sa tête et formaient lentement un corbeau de glace.
C’est alors qu’un homme en robe jaune entra d’un pas nonchalant dans la prison.
Vêtu d’une robe taoïste jaune et portant une grosse calebasse de la même couleur sur le dos, il avançait tranquillement.
« Salutations, Prince héritier ! » le saluèrent respectueusement les soldats esprits animaux alentour.
Sans prêter attention aux gardes, l’homme s’approcha de l’entrée de la prison.
Les soldats esprits animaux ouvrirent aussitôt la porte et le laissèrent entrer.
Son regard était froid et il affichait en toute circonstance un air arrogant.
Debout dans la prison, il baissa les yeux sur Bing Ji.
« Puisque tu es déjà réveillée, cesse de faire semblant », dit-il avec indifférence.
Bzzz ! Bing Ji ouvrit les yeux. Elle fixa froidement l’homme en robe jaune qui portait une calebasse.
« Lu Ya ? Que fais-tu ici ? » Bing Ji écarquilla les yeux.
« Gu Hai est venu tout à l’heure », dit froidement Lu Ya.
« Quoi ? Tu mens. » L’expression de Bing Ji changea.
« Mentir ? Qu’est-ce que j’aurais à y gagner ? Gu Hai a fait un beau grabuge dans la Ville céleste. Il a capturé Yehua et Yanxuan pour empêcher Suprême Genèse de te marier à quelqu’un. Ha ! On dirait que ton amant ne sert pas tout à fait à rien », dit Lu Ya avec indifférence.
« Pourquoi me racontes-tu ça ? » demanda froidement Bing Ji.
« Aucune raison. Nous sommes tous deux les enfants de Père. Comme je suis assez fort, personne ne peut m’entraver. Toi, tu es faible, alors on ne fait que profiter de toi. N’est-ce pas ? » répondit Lu Ya avec indifférence.
« Humph ! Où veux-tu en venir ? » demanda froidement Bing Ji.
« Tu es une anomalie dans la lignée des corbeaux d’or. Qui aurait cru que tu formerais un corbeau de givre, une âme lunaire ? Nous autres possédons tous une âme solaire. Ta cultivation est certes différente, mais tu as une qualité particulière. Père ne se soucie pas de toi, mais moi, si. Suis-moi et je te ferai sortir de cette prison. Obéis-moi et je t’aiderai à faire progresser ta cultivation à pas de géant », dit Lu Ya.
« T’obéir ? Ha ! Ha ha ha ha ! J’ai obéi à la Singularité suprême à cause de Mère et fait des choses que je détestais. Qu’est-ce que ça changerait, maintenant, de t’obéir ? Peux-tu ramener Mère à la vie ? » demanda froidement Bing Ji.
« La ramener à la vie ? C’était un mensonge de Suprême Genèse. Tu l’as vraiment cru ? Père a dévoré les âmes spirituelles de ta mère il y a longtemps et les a assimilées à son corps », répondit Lu Ya avec indifférence.
Bing Ji se mordit les lèvres. Une lueur douloureuse traversa son regard.
« Père s’est servi de ta mère comme d’un otage pour te manipuler et te faire accomplir des choses que tu détestais ? Ha ! Quelle loyauté, quelle piété filiale ! Je me demande si ce Gu Hai peut te faire recommencer », dit froidement Lu Ya.
« Qu’as-tu dit ? » L’expression de Bing Ji se glaça.
« Je dis que si tu ne m’obéis pas, je tuerai Gu Hai. Tu me crois ? » dit Lu Ya avec indifférence.
Les paupières de Bing Ji tressaillirent violemment. Des gouttes de sueur froide lui perlèrent aussitôt au front.
Lu Ya ne la pressa pas et attendit patiemment.
« Pourquoi devrais-je t’obéir ? » demanda Bing Ji en se mordant les lèvres.
« Le solaire est le Yang extrême et le lunaire, le Yin extrême. C’est la Grande Voie de l’harmonie entre le Yin et le Yang, qui mène au chaos primordial. Si je parviens à en percer le secret, je pourrai créer un autre Palais divin du Soleil », dit Lu Ya.
Les pupilles de Bing Ji se contractèrent.
« As-tu pris ta décision ? » Lu Ya la regarda froidement.
« Je ne te fais pas confiance. » Bing Ji secoua la tête.
« Ah ? »
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« Je ne crois pas en tes capacités. Si tu parviens à capturer Gu Hai vivant, je t’obéirai. Qu’en dis-tu ? » demanda Bing Ji, les dents serrées et les yeux injectés de sang.
« C’est entendu. » Lu Ya esquissa un sourire, puis tourna les talons et quitta la prison.
Les soldats esprits animaux alentour n’osèrent rien dire. Ils n’osèrent même pas rapporter à leurs supérieurs l’arrogance de Lu Ya.
Lu Ya était le sixième des dix princes héritiers du Palais divin du Soleil. C’était le plus féroce et le plus impitoyable des princes héritiers corbeaux d’or. À lui seul, il avait autrefois détruit deux dynasties impériales.
Après le départ de Lu Ya, Bing Ji s’affaissa soudain au sol.
« Votre Majesté, ce n’est pas que je vous envoie un puissant ennemi. Mais dès que Lu Ya prend quelqu’un pour cible, il le tue à coup sûr. De plus, il connaît quantité de techniques étranges et il est difficile de s’en prémunir. Je l’ai envoyé vous capturer, pas vous tuer. Ainsi, vous aurez l’occasion de faire sa connaissance. Vous pourrez forcément vous occuper de lui. Je suis certaine que vous en êtes capable », dit Bing Ji, les poings serrés, le regard plein d’inquiétude.
——
Le sud du Continent divin appartenait au territoire de la Secte de l’Ère des myriades.
Dans une forêt montagneuse luxuriante :
Xuan En menait un groupe de disciples de la Voie de l’Ascendant suprême et observait une salle de palais sur la montagne au loin.
Xuan En plissa légèrement les yeux. « Vous en êtes sûrs ? »
« Oui, Ancien Xuan En. Nous n’avons pas osé agir pendant votre méditation en retraite. Il y a un mois, la Grand Mohiste est apparue comme une personne ordinaire. À ce moment-là, un esprit-loup est devenu fou et s’est jeté sur elle. Elle ne s’est pas défendue et a été terrassée sans ménagement. Sans l’intervention de la Sainte Fille Waner, les griffes de cet esprit-loup auraient tué la Grand Mohiste ! » dit l’un des disciples de la Voie de l’Ascendant suprême.
« Cet esprit-loup n’était qu’au Royaume inné. Rien que le Royaume inné ! Même moi, votre disciple, j’aurais pu l’écraser du bout des doigts. Pourtant, la Grand Mohiste s’est retrouvée dans un état lamentable face à lui. Ancien, c’est… »
Les quelques disciples de la Voie de l’Ascendant suprême repensèrent aux diverses scènes qui s’étaient déroulées au cours du mois écoulé.
« Son cœur du Dao s’est brisé et sa cultivation a chuté ? La Grand Mohiste ? Elle n’est plus digne de ce titre ! » déclara Xuan En, les yeux plissés.
« En effet. Elle n’est plus digne d’être la Grand Mohiste. Ancien Xuan En, avez-vous encore progressé ? » Une lueur froide passa dans les yeux d’un disciple de la Voie de l’Ascendant suprême.
Xuan En comprit naturellement ce que sous-entendait ce disciple. Pourtant, un frisson le parcourut sans raison apparente tandis qu’il se remémorait soudain le visage de Gu Hai, débordant d’intentions meurtrières.
« Attendons encore un peu ! » Xuan En serra le poing.
——
Dans cette salle de palais, sur cette montagne :
Fée Waner regardait la Grand Mohiste de la Voie de l’Ascendant suprême, assise en tailleur sur un tapis de prière.
« Maître, comment vous sentez-vous ? » demanda Fée Waner avec inquiétude.
« Je n’en sais rien. Plus je résistais, plus ma cultivation déclinait vite. Il y a un mois, elle avait presque entièrement disparu. Si tu ne m’avais pas aidée, ton maître aurait… » La Grand Mohiste fit une grimace.
« Pourtant, ces deux derniers jours, j’ai cru sentir que votre cultivation avait… » dit Fée Waner, perplexe.
« En effet. J’ai retrouvé le Royaume du Noyau d’or. Et ma cultivation se rétablit rapidement, de jour en jour », dit la Grand Mohiste en fronçant les sourcils.
« Pourquoi ? » demanda Fée Waner, intriguée.
La Grand Mohiste secoua la tête.
« Waner, va me chercher ma cithare », lui ordonna la Grand Mohiste.
« Très bien. » Fée Waner hocha la tête et sortit de la salle.
La Grand Mohiste resta seule. En contemplant le vaste ciel bleu par la fenêtre, elle esquissa un sourire amer. « Ma cultivation se rétablit rapidement ? J’avais déjà accepté mon sort et cessé de résister à cette image démoniaque dans mon cœur. Mais pourquoi ma cultivation est-elle revenue dès que j’ai cessé de lutter ? Me serais-je trompée de voie autrefois ? L’indifférence de l’Ascendant suprême ne signifie donc pas qu’il est dépourvu d’émotions et de compassion ? »
Chapitres de juillet : 16 / 30