Chapitre 517
Livre 5 : Chapitre 4 : Grande occasion
Cabinet de l’empereur, Ville de la Cour céleste, dynastie céleste Qian :
« Gongyang Sheng, nous vous avons confié l’organisation de la convention de la Voie de la calligraphie. Où en sont les préparatifs ?
Dans la partie extérieure du cabinet, Gongyang Sheng répondit avec respect : « Lors de la Convention des dix mille sages, chacun des arts culturels — musique, jeu de go, calligraphie et peinture — a sa propre convention. J’ai déjà achevé les préparatifs, à quelques détails mineurs près. Tout sera prêt pour l’ouverture de la Convention des dix mille sages. Toutefois, suis-je chargé uniquement de la convention de la Voie de la calligraphie ? Qu’en est-il de celles de la Voie de la musique, du jeu de go et de la peinture ? »
« Nous avons déjà choisi des responsables pour les Voies de la musique et du jeu de go, ainsi que pour la peinture. Vous n’avez pas à vous en préoccuper », répondit avec indifférence l’Empereur céleste de Qian.
« Oui ! » Gongyang Sheng hocha la tête.
« Avons-nous déjà reçu la réponse des différentes factions ? » demanda l’Empereur céleste de Qian.
« Oui, les trois terres saintes et les deux autres dynasties célestes ont déjà envoyé des lettres. Le Palais divin du Soleil dépêchera des représentants de la lignée de Suprême Genèse. La Secte de l’Ère des myriades enverra des membres de la lignée de Suprême Ascendant. La Terre sainte de la Montagne spirituelle enverra des représentants de la lignée du Bouddha du Futur. L’Empereur azuré de la dynastie céleste Yan conduira lui-même un groupe, tout comme l’Empereur Kong de la dynastie céleste Huang. Les autres grandes académies enverront également des représentants », rapporta respectueusement Gongyang Sheng.
[Note du traducteur : le Huang de la dynastie céleste Huang s’écrit avec un caractère différent de celui de la dynastie royale Huang, apparue pour la première fois au livre 3, chapitre 85. Ici, Huang signifie « jaune ». Dans le nom de la dynastie royale Huang, il signifie « brillant » : son caractère combine le radical du feu et le mot « royal ». Ce nom rend probablement hommage à leur bête nationale, la sauterelle de feu, car le caractère de « sauterelle » combine le radical de l’insecte et celui de « royal ».]
« Suprême Ascendant ? Suprême Genèse ? Le Bouddha du Futur ? L’Empereur azuré ? L’Empereur Kong ? Ha ! La Voie de la culture réunira vraiment une assemblée grandiose. » L’Empereur céleste de Qian tapota doucement le bureau.
« La Convention des dix mille sages se tient dans le royaume de Qian. Ce sera un grand événement pour le monde entier ! » renchérit Gongyang Sheng en hochant la tête.
L’Empereur céleste de Qian hocha la tête.
——
Dans une forêt montagneuse de la partie occidentale du Continent divin, où flottait une aura noble :
Des bâtiments s’élevaient sur la montagne. Dans chacun d’eux se tenait un groupe de gens vêtus en lettrés, qui baissaient les yeux vers la vallée en contrebas.
Une barrière insonorisante isolait la vallée, empêchant le moindre son d’en sortir. Mais tous pouvaient voir ce qui s’y passait. Des joueurs de cithare tenaient leurs instruments, le visage empreint de douleur.
Sur la montagne, les spectateurs semblaient perplexes.
« Quel duel musical à mort ! Ils se sont enfermés dans la barrière et refusent de l’ouvrir avant qu’un vainqueur soit désigné. Quand cela va-t-il s’arrêter ?
— Cet homme est vraiment incroyable. Même les maîtres de notre école de musique ne tiennent pas le coup. À quel point sa musique est-elle puissante ?
— Regardez ! Ce maître cithariste est complètement absorbé par sa musique. Ce morceau doit être extraordinaire, il va droit au cœur !
— Un échange musical ! Maîtres de l’école de musique de mon académie, à vous de jouer ! Vite, jouez quelque chose. La cultivation de ce cithariste est déjà scellée. Qu’est-ce qui vous inquiète ? »
Les gens sur la montagne observaient la scène étrange dans la vallée, l’air perplexe.
Un jeune homme agitait les mains et dansait tout en chantant dans la barrière insonorisante. Il semblait ivre de musique.
Pourtant, devant lui, un groupe de lettrés tenant des guqins se roulait par terre.
« Arrête de chanter ! Arrête ! Sauvez-moi !
— Va te faire foutre ! Qu’est-ce que c’est que ce chant ? Sauvez-moi ! Arrête de chanter !
— J’ai concentré mon énergie dans mes oreilles pour saisir chaque note que tu joues. Et c’est ça que tu nous fais entendre ? Arrête ! Arrête de chanter ! Sauvez-moi ! Je deviens sourd ! Je deviens sourd !
— Mon sens musical ! Mon sens musical ! Meurs ! Aaaah ! »
Les nombreux maîtres citharistes s’effondrèrent sous le regard du chanteur.
Celui qui chantait n’était autre que la cithare de rang céleste de Gu Hai : l’Interprétation captivante.
Il était rare que l’Interprétation captivante parvienne à achever un morceau. Lorsqu’il eut fini, il poussa un long soupir et déclara : « Ça fait du bien. Vous ne vouliez pas m’affronter ? Pourquoi ne jouez-vous pas de vos cithares ? Ma “Marche du général”, mon “Canon” et ma “Sonate pathétique” ne sont que passables. C’est mon chant qui est le meilleur. Qu’en dites-vous ? »
Les maîtres citharistes le dévisagèrent, médusés.
« Nous avions parlé d’un duel pour échanger nos connaissances sur la Voie de la musique. Où est donc la Voie de la musique dont nous étions convenus ? » demanda un vieux maître cithariste, les dents claquant.
Le visage de l’Interprétation captivante s’assombrit. « Quand j’ai joué pour les habitants du coin, ils étaient ravis. Pourtant, vous leur avez interdit d’écouter. De quel droit ? Et en plus, vous m’avez défié en duel musical en affirmant que si je perdais, je devrais me prosterner et présenter mes excuses à toute votre école de musique ! Eh bien, venez donc ! Qui a peur ? Jouez ! Laissez-moi m’humecter la gorge, et je vous chanterai un autre morceau ! Voyons qui est le plus fort ! »
L’Interprétation captivante but un peu de thé et sembla sur le point de chanter de nouveau.
« Non ! Non ! Surtout, ne chantez plus ! » crièrent tous les maîtres citharistes, au bord de l’effondrement.
Un duel musical ? Nous voulions seulement lui dérober sa « Marche du général », son « Canon » et sa « Sonate pathétique ». Nous comptions les lui voler pendant le duel. Mais dès qu’il s’est mis à chanter, nous n’avons plus été capables de jouer quoi que ce soit. Que jouer, maintenant ? Notre sens musical est en miettes. Comment pourrions-nous encore le défier ?
Quand il a chanté son « Petit radis », nous avons tous eu envie de vomir du sang.
Le vieux maître cithariste regarda les disciples à proximité, dont les oreilles saignaient, et afficha une expression horrifiée.
« Je vais… » L’Interprétation captivante ouvrit la bouche pour chanter.
« Arrêtez ! Nous reconnaissons notre défaite ! Arrêtez de chanter ! » s’écria le vieil homme.
À ces mots, personne ne chercha plus à tenir bon. Comment pouvait-on appeler cela écouter de la musique ? C’était un combat à mort !
« Vous reconnaissez déjà votre défaite ? » demanda l’Interprétation captivante, l’air surpris. Ses yeux trahissaient sa déception.
« Oui ! Oui ! Grand maître, votre maîtrise de la Voie de la musique est sans égale. Nous ignorions qu’il existait un monde si vaste. Je vous en prie, cessez de chanter. Personne ici ne peut vous égaler. C’est vrai : face à vous, nous ne sommes que des lucioles qui prétendent rivaliser avec le soleil et la lune ! » s’écria le vieil homme.
L’Interprétation captivante parut contrarié, puis soupira : « Très bien. Quel dommage, il me reste encore des dizaines de morceaux. »
« Hein ? » Les maîtres citharistes changèrent tous d’expression.
« J’ai même un morceau capable de faire gronder le tonnerre céleste. Ha… Il est vraiment difficile de trouver un adversaire à ma mesure. » Tandis que l’Interprétation captivante soupirait, les maîtres citharistes essuyaient leur sueur froide.
« Mais peu importe. Votre Voie de la musique peut encore progresser. Je vais rester quelque temps et vous guider. Inutile de me remercier. » Les yeux de l’Interprétation captivante s’illuminèrent aussitôt.
Bzzz !
Les esprits de tous les maîtres citharistes bourdonnèrent.
Quoi ? Il allait rester pour les guider ?
« Grand maître, tous les citharistes du monde se rendent à la Convention des dix mille sages. Vous devriez peut-être y aller. Les experts y sont nombreux, et tous ont atteint le sommet de la Voie de la musique. Rester ici ne ferait que vous faire perdre votre temps », lança aussitôt le vieux maître cithariste.
« En effet ! En effet ! » approuvèrent les citharistes d’un signe de tête.
« Hein ? La Convention des dix mille sages ? » L’Interprétation captivante parut légèrement surprise.
« En effet. Elle se tient dans la Ville de la Cour céleste de la dynastie céleste Qian. Tenez, nous avons ici une invitation à la Convention des dix mille sages. Nous savons que nous n’avons aucun talent ; autant vous la donner. Nous espérons que vous ferez honneur à votre art et remporterez la victoire à la Convention des dix mille sages ! » Le vieil homme lui tendit l’invitation à la hâte.
C’était une invitation de la dynastie céleste Qian, un objet d’une valeur inestimable. Autrefois, ils n’auraient même pas laissé qui que ce soit la regarder. Mais cette fois, personne ne retint le vieil homme : tous voulaient renvoyer au plus vite cette calamité démoniaque.
« Très bien. Quel dommage ! Je ne pourrai pas rester pour vous guider », soupira l’Interprétation captivante.
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« Ce n’est rien, ce n’est rien. Nous ne voudrions pas vous empêcher de briller. Quand tous les citharistes du monde se réuniront à la Convention des dix mille sages, ils vous rendront certainement hommage ! » s’exclama le vieil homme, enthousiaste.
« Très bien. Je vais donc accepter, à contrecœur », soupira l’Interprétation captivante en recevant l’invitation avec joie.
Le groupe de citharistes s’essuya le front.
Un vainqueur avait été désigné : la barrière s’ouvrit.
En voyant l’expression horrifiée des maîtres citharistes, les gens sur la montagne furent stupéfaits.
« Cette Interprétation captivante a réussi à soumettre tous les maîtres de l’école de musique avec un seul morceau ? » s’exclamèrent-ils, ébahis.
Mais l’Interprétation captivante, serrant l’invitation contre lui, prit joyeusement la direction de la dynastie céleste Qian.
——
Dans un cabinet, Capitale céleste sans frontières, dynastie céleste Han :
Gu Hai regarda le vieil homme tortue noire, Miao Chen, qui se tenait devant lui.
« Ancien Miao, savez-vous ce qui est arrivé à Shangguan Hen ? » demanda Gu Hai.
« Oui. De façon inattendue, Prime avait jadis une part maléfique. L’Ancêtre Tortue noire maléfique est toujours en vie », répondit Miao Chen, le visage grave.
« Nous avons déjà envoyé des gens à la recherche de Shangguan Hen. Pour l’instant, nous n’avons aucune nouvelle. Mais quelle sera votre position lorsque le mauvais Ancêtre Tortue noire réapparaîtra ? » Gu Hai regarda Miao Chen.
Miao Chen fronça les sourcils. « L’Ancêtre Tortue noire maléfique possède le corps de Shangguan Hen. Je pense qu’il réapparaîtra bientôt. Il rassemblera alors les anciens gardiens des tortues noires. Beaucoup de tortues noires le suivront. Même s’il est son incarnation maléfique, il reste Prime. »
« Et vous ? Le suivrez-vous ? » demanda Gu Hai.
Miao Chen garda le silence un moment, puis secoua la tête. « Pour l’instant, je préfère rester dans la Capitale céleste sans frontières. »
« Oh ? » Gu Hai parut intrigué.
« La part maléfique ? Il doit s’agir de celle dont Prime s’est séparé autrefois. Ce n’est que la part maléfique de Prime, pas le véritable Prime. Je ne reconnais que le Prime juste. Je n’aurais rien à dire si la Divinité Tortue noire le reconnaissait. Mais elle reconnaît Shangguan Hen, alors je suivrai la divinité », répondit gravement Miao Chen.
Gu Hai hocha la tête. « Je me souviens que Shangguan Hen avait autrefois dévoré la tête de serpent de l’ancien Ancêtre Tortue noire, près de la Ville de la Lune d’argent. Peut-être que la conscience de la part maléfique se trouvait dans cette tête. »
« Votre Majesté, puis-je vous demander si vous pouvez sauver Shangguan Hen ? » demanda gravement Miao Chen.
« Je le peux. Et je le sauverai, sans faute ! » assura Gu Hai en hochant la tête.
« Dans ce cas, les tortues noires que je commande resteront la bête nationale du royaume de Han. Nous attendrons le retour de Shangguan Hen », déclara Miao Chen avec sérieux.
Gu Hai le regarda un moment, puis hocha la tête. « Nous ferons tout notre possible ! »
« Merci, Votre Majesté ! » dit Miao Chen avec gratitude.
Tandis que Miao Chen et Gu Hai discutaient, la voix d’un garde retentit à l’extérieur du cabinet.
« Votre Majesté, le Prince héritier demande audience ! » annonça le garde avec respect.
« Oh ? Faites-le entrer ! » répondit Gu Hai, intrigué.
Je n’ai pas convoqué Gu Qin. Pourquoi est-il ici ?
Peu après, Gu Qin entra dans le cabinet, le visage rayonnant.
« Père impérial, j’ai une bonne nouvelle ! Une excellente nouvelle ! Deux émissaires sont arrivés tout à l’heure dans ma Capitale céleste sans frontières », annonça Gu Qin avec enthousiasme.
« Oh ? » fit Gu Hai.
« Depuis la mort de l’Empereur impérial Xi Yu, les fiefs de la dynastie impériale Yuan sont sans maître. Avec le temps, la dynastie céleste Qian pourrait naturellement tous les conquérir. Pourtant, le Prince Shenwu semble étrangement pressé. Au lieu d’apaiser les différentes villes, il a envoyé des soldats les attaquer, ce qui a poussé de nombreux habitants du royaume de Yuan à se révolter. Les émissaires de deux villes ont apporté des lettres de leurs seigneurs ainsi que des requêtes de leurs citoyens : ils sont prêts à rejoindre la dynastie céleste Han et à en devenir les sujets », expliqua Gu Qin avec enthousiasme.
« Des requêtes des citoyens ? » Gu Hai parut légèrement surpris.
« Oui. Père impérial, vous avez promis au Prince Shenwu et à Monsieur Mo de ne pas envoyer un seul soldat attaquer les villes du royaume de Yuan. Mais ces villes souhaitent rejoindre la dynastie céleste Han. Pourquoi les refuser ? Nous n’avons envoyé aucun soldat ! » déclara Gu Qin avec enthousiasme.
« Excellent ! » Gu Hai sourit, tout aussi satisfait.