Chapitre 367
Livre 4, chapitre 43 : La situation se renversa
Autour de la montagne de glace :
« Aïe !
— Ah ! Mon ventre grossit encore ! Il grossit encore !
— Je ne veux pas accoucher. Je suis un homme !
Des cris de détresse résonnaient aux abords de la montagne de glace.
Les cent mille cultivateurs s’étaient tous effondrés, se tenant le ventre et affichant des mines désespérées, accablées et furieuses.
Même le Roi Bi-An était en nage.
Accoucher ? C’est la première fois que ça m’arrive. Je ne peux rien faire ? Il y a un petit Bi-An dans mon ventre ?
« Quelle bénédiction ! Quelle bénédiction ! C’est un immense bienfait ! » s’exclama avec enthousiasme Longévité, le maigre.
Subtilité pourpre, le gros, qui était ligoté et tentait de s’éloigner en traînant les pieds, lança un regard noir à Longévité. « Tu es fou ? Un immense bienfait ? On peut déjà s’estimer heureux s’ils ne nous tuent pas. Tu m’as fait souffrir comme ça pendant des années. Toute mon énergie a été drainée par la force vitale de tes peintures. Heureusement, j’ai pu raffiner ces embryons pour en faire de la graisse. Si toi, un homme, tu devais accoucher, est-ce que tu serais heureux ?
— J’en serais ravi. Mais les peintures n’ont aucun effet sur moi. Je ne peux pas accoucher moi-même. Tu n’imagines pas comme je suis jaloux ! » répondit Longévité avec enthousiasme.
Subtilité pourpre resta un instant interdit. « Tss !
Après avoir craché par terre, Subtilité pourpre continua de s’éloigner en traînant les pieds. Dès que ces gens reprendraient leurs esprits, ils seraient fichus.
Heureusement, pour l’instant, tout le monde cherchait par divers moyens à se débarrasser de l’embryon qu’il portait. Personne ne prêtait attention aux deux hommes.
Mais aucune de leurs tentatives ne fonctionnait. Les cris de détresse et de désespoir continuaient.
Plus grave encore, d’autres cultivateurs de la Ville de la Veine du dragon n’avaient pas vu la peinture. Ils entendirent alors les cris de détresse au loin.
Le niveau de cultivation de ces gens était trop faible : c’étaient de simples disciples des différentes sectes et clans, amenés ici pour effectuer des tâches ingrates. En entendant ces cris, ils accoururent aussitôt. Tous inspirèrent brusquement.
« Maître de secte, que vous est-il arrivé ? Pourquoi avez-vous le ventre si gros ?
— Chef de clan ? Pourquoi avez-vous le ventre si gros ? Comment… comment allez-vous expliquer ça à votre épouse ?
Des exclamations stupéfaites retentirent de toutes parts.
Les disciples moins puissants des différentes factions restèrent bouche bée.
« Aah ! Mon ventre me fait horriblement mal, il est tellement gonflé ! C’est insupportable ! Je vais accoucher !
— Je vais accoucher ! Moi aussi !
— Je suis un homme ! Comment pourrais-je accoucher ?!
Les cent mille cultivateurs se tenaient le ventre, tordus de douleur. Les embryons grandissaient à une vitesse folle ; l’accouchement était imminent.
Et surtout, comment ces cent mille cultivateurs allaient-ils accoucher ? La plupart étaient des hommes. Ils pouvaient certes tomber enceints, mais comment donneraient-ils naissance ? La physiologie masculine ne le permettait pas. C’était comme vouloir faire cuire des raviolis dans une théière : le bec était trop étroit, impossible d’en faire sortir les raviolis.
« Y a-t-il une sage-femme ? Une sage-femme ? » rugit de douleur un chef de clan au ventre énorme.
Une femme d’âge mûr afficha une mine amère. « Je sais faire accoucher, mais… mais je ne sais pas comment m’y prendre avec un homme !
— Aïe ! » D’innombrables cultivateurs se tinrent le ventre, désespérés.
Dans la montagne de glace :
Gu Hai et Fée Waner étaient restés bouche bée un bon moment. Ils n’avaient jamais vu une scène pareille.
« Enceinte… enceinte ? » balbutia Fée Waner, stupéfaite.
Gu Hai, lui, observait Subtilité pourpre et Longévité au loin.
Ces deux-là ?
Était-ce eux, le fléau dont Wanyu avait parlé ?
« Que faisons-nous maintenant ? » demanda Fée Waner, anxieuse.
« Laissez-moi faire », répondit Gu Hai après avoir pris une profonde inspiration.
« Hein ?
Gu Hai tendit la main et créa une force d’aspiration.
Bzzz ! Bzzz ! Bzzz ! Bzzz !
Soudain, l’énergie glaciale alentour se précipita dans le corps de Gu Hai.
L’immense montagne de glace fondit à toute vitesse. Gu Hai absorba l’énergie glaciale dans le palais divin de l’Eau et la mêla à son essence véritable de l’attribut Eau.
« C’est de l’eau divine indestructible, la glace de la foi ! Ce n’est pas de la glace ordinaire ! » s’exclama Fée Waner, stupéfaite.
« Je sais. Par hasard, j’ai moi aussi cultivé un palais divin de l’Eau », dit Gu Hai avec un sourire.
« Ah ? Alors vous auriez pu vous enfuir plus tôt ? Pourquoi… » s’exclama Fée Waner.
« Je peux absorber la glace, mais pas m’occuper de tous ceux qui sont ici », répondit Gu Hai en souriant.
« Vous faisiez semblant ? » Fée Waner haussa soudain les sourcils.
Boum !
Gu Hai absorba toute l’énergie glaciale de la montagne.
Gu Hai et Fée Waner retrouvèrent aussitôt leur liberté.
Toutefois, le pantin-cithare de Fée Waner avait été gravement endommagé.
Après l’absorption de l’énergie glaciale par Gu Hai, la montagne derrière lui trembla.
Les cultivateurs effondrés changèrent tous d’expression.
« Quoi ? Gu Hai va bien ?
— Il faisait semblant, tout à l’heure ?
— C’est fini ! C’est fini ! Nous sommes perdus !
Les cent mille cultivateurs au ventre énorme blêmirent aussitôt.
Un instant plus tôt, ils avaient tous fait pression sur Gu Hai et l’avaient forcé à leur obéir. Certains l’avaient même maudit et juré de le tuer. À présent, ils avaient presque tous perdu leur mobilité et gisaient au sol.
Gu Hai, lui, n’avait pas une égratignure.
Même le Roi Bi-An, tout près, changea d’expression.
À cet instant, le Roi Bi-An portait un embryon dans son ventre. Il semblait sur le point d’accoucher. C’était son moment de plus grande faiblesse ; il était si faible qu’il ne pouvait pas bouger.
Que ferait-il si Gu Hai voulait se venger de la pression qu’il lui avait fait subir tout à l’heure ?
En effet, Gu Hai esquissa un léger sourire en regardant les gens autour de lui.
« Arrêtez Gu Hai ! Arrêtez-le ! » s’écria un chef de clan.
Les disciples de second ordre des environs se ruèrent aussitôt sur Gu Hai.
Gu Hai sortit le Contrôleur de marionnettes d’un geste de la main.
Frouf !
Puis il le brandit.
« Ah ! Chef de clan, je ne peux plus bouger !
— Maître de secte, sauvez-moi !
Ces disciples crièrent tandis que Gu Hai les contrôlait à l’aide du Contrôleur de marionnettes.
Tous retinrent leur souffle.
« Gu Hai, qu’avez-vous l’intention de faire ?
— Si vous osez me toucher, mes enfants ne vous le pardonneront pas !
— Gu Hai, voulez-vous vous faire un ennemi de toute ma secte ?
Les nombreux cultivateurs regardèrent Gu Hai avec horreur.
La situation s’était renversée. Auparavant, tous faisaient pression sur Gu Hai et le forçaient à leur obéir ; ils tenaient son sort entre leurs mains. À présent, c’était Gu Hai qui décidait du sort de chacun.
Même le Roi Bi-An, au Royaume du Palais céleste intermédiaire, ne ferait pas le poids face à Gu Hai, maintenant.
Je suis fichu ? Je suis fichu ?
Gu Hai s’approcha à pas mesurés de Subtilité pourpre et de Longévité.
« Que… que voulez-vous ? » s’écria Subtilité pourpre, l’air effaré.
« Ne vous approchez pas. Je suis très puissant ! » cria Longévité à son tour.
Gu Hai sortit aussitôt un sabre de bronze, dont la lame brilla d’un éclat glacial.
« Ne me tuez pas, Monseigneur ! Je me mets à genoux ! » s’écria aussitôt Subtilité pourpre, le visage accablé.
« Moi aussi ! Je vous prendrai pour parrain ! Ne me tuez pas ! » cria Longévité, terrifié.
« Oui ! Oui ! Parrain ! Vous pourrez faire tout ce que vous voudrez, vraiment ! » promit aussitôt Subtilité pourpre.
Gu Hai s’assombrit.
Pour qui me prenez-vous ?
Chling !
Gu Hai abattit son sabre sur les deux hommes.
« Ah ! » hurlèrent-ils.
Mais Gu Hai avait déjà rengainé son sabre. D’un seul coup, il avait tranché les liens qui les retenaient.
« Hein ? » crièrent les deux hommes, avant de découvrir un instant plus tard qu’ils n’avaient rien.
Ils se relevèrent aussitôt, stupéfaits.
« Je… je n’ai rien ! C’est merveilleux ! Mon beau visage ! » s’écria Subtilité pourpre avec une joie folle en se touchant le visage.
Gu Hai resta sans voix devant ce visage gonflé et luisant de graisse.
« Vous… vous n’allez pas nous tuer ? » demanda Longévité, surpris.
« Je suis Gu Hai, de la dynastie céleste Han. Le destin nous a réunis. Merci pour votre peinture de tout à l’heure : elle m’a permis de surmonter le danger qui me menaçait », dit Gu Hai avec un sourire.
« Ah ? La peinture ? » Subtilité pourpre parut quelque peu déconcerté.
« La peinture ? Ma peinture ? Ha ha ! Subtilité pourpre, tu vois ? J’ai toujours su que je rencontrerais une âme sœur. En voilà une ! Quelqu’un finirait bien par me remercier. Cette bande de rustres ne sait pas apprécier mes peintures. » Longévité s’approcha brusquement et saisit la main de Gu Hai, comme s’il venait de rencontrer son meilleur ami.
« Hein ?! » Gu Hai retira sa main, abasourdi.
« Gu Hai ? Monsieur Gu, merci d’apprécier ma peinture. Puisqu’elle vous plaît, je vous en ferai une spécialement. Non, dix ! Vous pourrez les admirer ! » Longévité parlait avec tant d’enthousiasme qu’il en perdait le fil.
Les admirer ?
Gu Hai tourna la tête vers les cent mille cultivateurs effondrés.
Encore une peinture ?
Son expression se figea et il dut se forcer à sourire. « Ce ne sera pas nécessaire. Inutile. Gardez-les plutôt pour ceux qui en ont davantage besoin. »
« Oh ? Eux, c’est eux ; Monsieur Gu, c’est Monsieur Gu. Un jour, mes peintures feront sensation dans le monde entier ! » déclara Longévité avec assurance.
Gu Hai conserva son sourire forcé.
En effet, elles avaient fait sensation dans le monde entier. Pas besoin d’attendre un jour : cette journée avait déjà été assez mouvementée.
« Messieurs, puis-je vous interroger sur ce palais souterrain ? » Gu Hai se tourna vers le palais.
« Ah ? Ce palais souterrain ? Oh non ! C’est grave. Maintenant qu’il est endommagé, est-ce que le sceau… » L’expression de Subtilité pourpre changea soudain.
« Monsieur Gu, partez vite. Nous devons quitter cet endroit au plus vite. Je… je vais partir le premier », dit Longévité, horrifié.
Gu Hai haussa les sourcils.
Le palais souterrain est dangereux ? Le grand présage funeste dont Long Wanyu a parlé ne s’est pas encore manifesté ?
Subtilité pourpre et Longévité, paniqués, voulaient s’enfuir de la ville.
« Messieurs, attendez, je vous prie ! » lança Gu Hai en secouant la tête.
« Dépêchez-vous ! Nous devons partir au plus vite. Monsieur Gu, nous nous reverrons !
— Nous nous reverrons, Monsieur Gu !
Subtilité pourpre et Longévité, terrifiés, se retournèrent et coururent vers les portes de la ville, au loin.
Gu Hai se tourna vers Fée Waner.
« Fée Waner, veuillez quitter la ville sans tarder. L’endroit est dangereux. Vous devriez partir vite », dit Gu Hai d’un ton grave.
« Vous ne partez pas aussi ? » demanda Fée Waner en fronçant les sourcils.
« Je partirai après avoir réglé quelques affaires. Partez la première. Ne m’attendez pas. » Gu Hai secoua la tête.
« Humph ! Qui vous attend, à votre avis ? Ne vous faites pas d’idées ! » renifla froidement Fée Waner. Puis elle s’envola au loin avec son pantin-cithare.
Frouf !
Fée Waner, Subtilité pourpre et Longévité disparurent en un clin d’œil.
Gu Hai, à lui seul, pouvait tenir en respect tous les cultivateurs de cette zone, à l’extérieur du palais souterrain.
Tous les cultivateurs alentour le regardaient avec horreur.
Gu Hai ne s’en va pas. Veut-il se venger ? Je vais accoucher, mais je ne peux pas. Cette douleur est insupportable. Et s’il voulait me tuer ?
Puis Gu Hai se dirigea lentement vers le Roi Bi-An.
« Gu Hai va chercher le Roi Bi-An pour se venger ? C’est vrai, c’est surtout le Roi Bi-An qui lui a fait pression tout à l’heure. Le Roi Bi-An sera sa première cible ?
Tous se réjouirent d’abord. Puis ils se rappelèrent que leur tour viendrait bientôt. Gu Hai les tuerait tôt ou tard. Ils étaient fichus.
Le Roi Bi-An, qui se tenait le ventre tandis que la sueur lui coulait du front, regarda Gu Hai s’approcher pas à pas.
« Ha ! Ha ha ! Vous voulez me tuer ? » Le Roi Bi-An éclata de rire, l’air résigné.