Chapitre 365
Livre 4, chapitre 41.2 : La carte au trésor, deuxième partie
Subtilité pourpre afficha une expression horrifiée. « Non ! Ne la dépliez pas ! Non ! »
L’effroi extrême de Subtilité pourpre surprit tout le monde. Pourquoi était-il si terrifié à l’idée qu’on regarde une peinture ?
Frouf !
Xi Yan s’apprêtait à saisir le parchemin quand une silhouette noire jaillit.
Au moment crucial, Gu Hai passa à l’action. Il se précipita à toute vitesse et s’empara aussitôt du parchemin en peau de bête, empêchant la peinture de se déplier.
« Oh ! Ouf ! C’était moins une ! » Subtilité pourpre poussa un grand soupir.
« Gu Hai, qu’est-ce que tu fais ? » demandèrent le Roi Bi-An et les autres cultivateurs en le fusillant du regard.
Avant que Gu Hai ait pu répondre, Subtilité pourpre, le gros, se tourna vers lui avec gratitude. « Mon petit, tu dois être mes parents réincarnés ! Merci ! Merci ! Merci d’avoir rattrapé cette peinture. »
« Hein ? » Tout le monde regarda le gros Subtilité pourpre, perplexe.
« Qu’est-ce que c’est que cette peinture ? » demanda Xi Yan en le dévisageant.
« Une peinture que j’ai faite », répondit fièrement Longévité.
Tu l’as faite ? Tu crois que tu vas nous faire gober ça ? Si c’était toi, pourquoi ce gros serait-il si inquiet ?
Il est très inquiet, il ne veut pas qu’on la voie. Est-ce que ce serait…
« Une carte au trésor ! » lança soudain Gu Hai avec un sourire.
« Hein ? » Les yeux de tous s’illuminèrent.
Seuls Subtilité pourpre et Longévité restèrent perplexes.
Une carte au trésor ? Qu’est-ce qui se passe ?
Gu Hai observa les gens autour de lui en tenant la peinture.
« Gu Hai, donne-moi cette peinture », dit froidement le Roi Bi-An.
« Gu Hai, donne-moi cette peinture. »
« Donne-la-moi ! »
Les cultivateurs alentour prirent tous un air grave en fixant la peinture que tenait Gu Hai.
C’est ce gringalet qui l’a faite ?
Personne n’y croyait.
Une carte au trésor ? Gu Hai dit-il vrai ?
« Tout le monde, je n’ai pas l’intention de garder cette peinture. Mais puisque je l’ai trouvée, vous pourriez nous laisser partir, non ? » Gu Hai leur sourit.
« Hein ? Tu ne peux pas partir ! » Xi Yan le fusilla du regard.
J’ai eu tant de mal à vous attirer dans la Ville de la Veine du dragon. Comment pourrais-je vous laisser partir ?
Xi Yan refusa, mais les autres n’y virent pas d’inconvénient. L’essentiel était d’avoir trouvé quelque chose.
Qu’ils partent, s’ils le souhaitent. Et ce serait encore mieux s’ils ne s’intéressaient pas au trésor.
« Donne-moi la peinture et je te laisserai partir », dit le Roi Bi-An.
« Merci beaucoup, Roi Bi-An. Malheureusement, je reste un peu inquiet. Et si Qin Zibai arrivait ? Me garantirez-vous ma sécurité ? » demanda Gu Hai avec un sourire.
« Hein ? Tu ne me fais pas confiance ? » demanda froidement le Roi Bi-An.
« Tout le monde, je n’ai aucun différend avec vous. Cette fois, je me suis servi de vous pour garantir ma sécurité. Gu Hai vous en est infiniment reconnaissant. Mais toute chose a un début et une fin. Laissez-moi partir d’abord, et je vous donnerai cette carte au trésor dès que j’aurai quitté la ville », cria Gu Hai.
« Espèce de salaud ! » Un des cultivateurs sembla vouloir se jeter sur lui pour la lui arracher.
Frouf !
Une grande flamme enveloppa Gu Hai en un clin d’œil. Il semblait prêt à brûler la carte au trésor si l’un des cent mille cultivateurs faisait le moindre geste inconsidéré.
« Toi ! » Les experts alentour s’arrêtèrent, mais continuèrent de fusiller Gu Hai du regard.
« Sima Feng, emmène Wanyu d’abord. Sortez de la ville, quelqu’un vous attendra là-bas. Allez », dit Gu Hai.
« Je ne pars pas. Je partirai avec mon beau-frère », insista aussitôt Long Wanyu avec entêtement.
« Wanyu, pars vite ! » ordonna Gu Hai en fronçant les sourcils.
« Princesse, nous devrions partir les premiers. Cet endroit est trop dangereux », tenta de la convaincre Sima Feng.
« Non. Nous, nous sommes en sécurité, mais pas mon beau-frère. Cet endroit est dangereux, je le sens. C’est encore plus dangereux qu’avant. Je ne peux pas le laisser ici. Je partirai avec lui », déclara obstinément Long Wanyu.
Son refus fit légèrement froncer les sourcils à Gu Hai.
« Wanyu, écoute-moi. Sois heureuse ! » dit Gu Hai avec gravité.
« Sois heureuse ? » Les innombrables cultivateurs alentour parurent perplexes.
Il pense encore à être heureux, dans une situation pareille ?
« Je ne veux pas ! » s’entêta Long Wanyu.
« Sois heureuse ! » insista Gu Hai avec urgence.
Grâce à cette peinture, Gu Hai pouvait s’échapper sain et sauf. Mais si Long Wanyu et les siens l’accompagnaient, un accident risquait facilement de se produire. Il fallait qu’ils partent d’abord.
« Je… » Long Wanyu avait l’air contrariée.
« Qu’est-ce que tu m’as promis ? Sois heureuse ! » dit Gu Hai en la fusillant du regard.
Encore être heureuse ?
Les cultivateurs autour de lui dévisagèrent Gu Hai, sans voix.
« Sois heureuse » était le mot de passe que Gu Hai avait convenu avec Long Wanyu. Dès qu’il le prononçait, elle devait lui obéir.
Long Wanyu était contrariée.
« Sois heureuse ! » Gu Hai la fusilla du regard.
« D’accord ! Je pars ! Méchant beau-frère ! » Long Wanyu détourna la tête, vexée.
« Sima Feng, veille sur Wanyu », dit Gu Hai.
« Merci beaucoup, Monsieur Gu ! » répondit joyeusement Sima Feng.
D’un revers de main, Sima Feng fit apparaître un navire volant et fit monter Long Wanyu à bord. Puis ils filèrent aussitôt vers les portes de la ville.
En voyant Long Wanyu partir, Gu Hai poussa intérieurement un soupir de soulagement.
« Très bien. Je vous donnerai la carte au trésor. Veuillez me laisser passer. » Gu Hai s’envola lentement hors du palais souterrain.
Le palais souterrain comportait manifestement encore des portes latérales menant ailleurs. Tout le monde les avait remarquées, mais la peinture que tenait Gu Hai les intéressait davantage. Après tout, le palais souterrain n’allait pas s’enfuir. En revanche, ce serait fâcheux si la carte au trésor disparaissait. Si le palais souterrain renfermait des trésors, pourquoi ces deux pervers ne les avaient-ils pas pris ? Pourquoi tenaient-ils tant à cette peinture ?
« Te laisser passer ? Ha ha ! Laisser partir tes gens, c’est déjà te faire une faveur. Gu Hai, donne-moi cette peinture », dit froidement le Roi Bi-An.
« Je vous la donnerai. Attendez un peu, je vous la remettrai dès que je serai sorti. » Gu Hai secoua la tête, bondit hors du palais souterrain et s’éloigna lentement.
« Ma patience a des limites ! » dit froidement le Roi Bi-An.
« N’approchez pas. Si quelqu’un avance, je la brûle ! » lança Gu Hai.
« Ma peinture a donc tant de succès ? » s’étonna Longévité en voyant tous ces regards braqués sur son œuvre.
« Du succès, mon œil. Après, ils voudront tous te tuer ! » répliqua Subtilité pourpre en le fusillant du regard.
« N’importe quoi ! Ils vont l’aimer. Ma peinture déborde de vitalité ; c’est une peinture de la vie. La regarder peut aider à atteindre la longévité », déclara Longévité.
« La longévité, mon œil. Ce serait plutôt une vie écourtée ! » l’injuria Subtilité pourpre en le fusillant du regard.
Gu Hai recula lentement sous les regards des cultivateurs alentour.
Le Roi Bi-An l’observa froidement. Comme Gu Hai osait se montrer aussi insolent devant lui, il eut un sourire glacial et forma un mudra sous sa manche.
« Oh non ! Attention ! » cria soudain Fée Waner au milieu de la foule.
Aussitôt, Fée Waner et sa marionnette-cithare se précipitèrent vers Gu Hai.
À cet instant, une immense quantité de glace jaillit de nulle part et encercla Gu Hai. Elle repoussa même la flamme divine inextinguible que Gu Hai avait libérée.
La glace prit de l’élan avant de foncer sur Gu Hai. Mais la marionnette-cithare s’interposa.
Boum !
Une détonation retentit tandis que la marionnette-cithare protégeait Gu Hai et Fée Waner. Puis la glace les projeta contre une montagne.
La glace envahit aussitôt les lieux et gela la forêt alentour.
Crac ! Crac ! Crac ! Crac ! Crac !
Même la montagne où se trouvait Gu Hai se transforma aussitôt en montagne de glace.
Bien que la marionnette-cithare eût protégé Fée Waner et Gu Hai et bloqué l’attaque glaciale, ils se retrouvèrent emprisonnés dans une montagne de glace, seules leurs têtes dépassant.
« Qu’est-ce que… ? » s’exclama Gu Hai, stupéfait.
« Tu as beau posséder la flamme divine inextinguible, le Roi Bi-An détient l’eau divine indestructible. Nous sommes prisonniers. Heureusement que la marionnette-cithare a bloqué cette attaque de froid extrême », dit amèrement Fée Waner.
Crac ! Crac ! Crac ! Crac !
De nombreuses fissures apparurent sur la marionnette-cithare qui les protégeait.
« La marionnette-cithare va se briser. Elle est du niveau du Royaume inférieur du Palais céleste », dit amèrement Fée Waner.
« Le Royaume inférieur du Palais céleste ? » Gu Hai changea d’expression. Il comprit enfin la puissance de l’attaque du Roi Bi-An.
La montagne de glace emprisonnait la marionnette-cithare, Gu Hai et Fée Waner.
Plus tôt, Gu Hai avait lâché la peinture, qui s’était envolée au loin.
À l’attaque du Roi Bi-An, tout le monde avait changé d’expression. Mais, l’instant d’après, la peinture accapara leur attention.
« Gu Hai, qui aurait cru que tu finirais ainsi ! Ha ha ha ! Cette carte au trésor est à moi ! À moi ! » Xi Yan se précipita aussitôt pour saisir la peinture et la déplier.
« Comment oses-tu ! » Le visage du Roi Bi-An se glaça.
« C’est fini. Ils ont vu ta peinture. Nous sommes fichus. » Subtilité pourpre changea d’expression.
« Qu’est-ce qu’elle a, ma peinture ? Peut-être qu’ils vont l’admirer ? » demanda Longévité, contrarié.
« Dis-moi, qu’est-ce qu’ils nous feront quand ils seront tous enceintes ? » demanda Subtilité pourpre, désespéré.