Chapitre 362
Livre 4 : Chapitre 39 : Matrice rituelle de longévité du Dragon de sang
Le Roi Bi-An, Qin Zibai, Xi Yan et un groupe d’experts escortèrent le navire volant de Gu Hai jusqu’à la Ville de la Veine du dragon.
Gu Hai activa une matrice rituelle d’isolation sonore à bord du navire volant, empêchant les personnes à l’extérieur d’entendre leur conversation.
« Monsieur Gu, ce que vous avez dit tout à l’heure était-il vrai ? La veine draconique est fausse ? » demanda Sima Feng avec anxiété.
Gu Hai inspira profondément et répondit : « Je n’en sais rien. »
« Hein ? Vous n’en savez rien ? » s’étonna Sima Feng.
« J’ai seulement dit cela pour stabiliser la situation et m’accorder un peu de répit », expliqua Gu Hai avec un sourire.
« Mais… mais n’êtes-vous pas encore plus en danger, maintenant ? Une fois entré dans la Ville de la Veine du dragon, s’ils découvrent que vous avez menti, ils… » dit Sima Feng, inquiet.
Gu Hai secoua doucement la tête. « Tant que nous allons bien, nous aurons toujours une chance de nous enfuir. N’est-ce pas ? »
« Euh… » Sima Feng paraissait tendu.
« De plus, il se peut que mon hypothèse soit juste », ajouta Gu Hai en plissant légèrement les yeux.
« Hein ? »
« Qin Zibai, Xi Yan et les autres sont venus dans la Ville de la Veine du dragon pour une raison. La Vallée funéraire de la Mort se trouve sous la ville. Il doit y avoir quelque chose là-bas. Mais j’ignore si c’est une bonne chose ou un désastre. » Gu Hai secoua la tête.
« Vous n’en savez rien ? Alors, comment allez-vous trouver ce qu’il y a là-bas ? » demanda Sima Feng avec un sourire amer.
« Ce n’est pas parce que je ne peux pas le trouver que Wanyu en est incapable », rétorqua Gu Hai en souriant.
« Moi ? Comment pourrais-je le trouver ? Beau-frère, j’ai déjà utilisé ma prédiction mensuelle tout à l’heure. Je ne pourrai plus voir l’avenir avant un mois », répondit Long Wanyu, inquiète.
« Ce n’est pas grave. Tu peux bien distinguer les présages funestes des présages favorables, non ? Nous allons parcourir la Ville de la Veine du dragon et en explorer tous les recoins. Je chercherai des occasions de fuir. Toi, tu repéreras tous les endroits extrêmement funestes ou extrêmement favorables. Même s’il faut creuser un mètre sous terre, nous devons trouver ce que nous cherchons », déclara Gu Hai avec sérieux.
« D’accord ! » Long Wanyu hocha la tête, toujours perplexe.
Peu après, le groupe arriva dans la Ville de la Veine du dragon.
La Ville de la Veine du dragon avait presque la taille d’une ville ordinaire et s’étendait sur des dizaines de montagnes.
Gu Hai plissa légèrement les yeux. « Ha ! Pourquoi bâtir une ville aussi immense dans un endroit pareil ? Je suis maintenant encore plus certain que mon hypothèse est juste. »
« Gu Hai, nous sommes arrivés. Alors, dites-le-moi ! Où est-ce ? » lança soudain Qin Zibai.
Tout le monde se tourna vers lui.
Gu Hai agita la main et dissipa la matrice rituelle d’isolation sonore du navire volant.
« Ha ! Qin Zibai, pourquoi tant d’empressement ? Je n’ai même pas commencé à chercher que vous avez déjà mauvaise conscience ? » ricana Gu Hai.
« Hum ! Voyons donc comment vous allez trouver quoi que ce soit ! » ricana Qin Zibai.
Le navire volant pénétra lentement dans la Ville de la Veine du dragon.
« Activez les matrices rituelles ! Ne laissez pas Gu Hai s’échapper ! » cria Qin Zibai.
Grrr… !
La tour de la porte de la ville activa soudain une barrière qui recouvrit le ciel au-dessus de la Ville de la Veine du dragon.
Gu Hai observa la barrière en fronçant les sourcils, puis contempla la ville désormais close.
La Ville de la Veine du dragon était divisée en de nombreux quartiers, chacun comprenant plusieurs bâtiments habités. Le groupe de Gu Hai atterrit au sommet d’une montagne.
« Il y a tant de monde ! » s’exclama Long Wanyu.
« C’est normal. Dès qu’une veine draconique apparaît, de nombreuses sectes, de nombreux clans et des cultivateurs indépendants se rassemblent. Toutes les factions de la région amènent leurs disciples ou leurs armées privées : elles convoitent toutes la veine draconique », expliqua Gu Hai avec un sourire froid.
« Très bien, Gu Hai. Commencez vos recherches. Je vous accompagnerai », déclara froidement le Roi Bi-An.
Le Roi Bi-An n’était pas le seul. Les chefs de clan des environs, les maîtres de secte et les divers cultivateurs indépendants observaient tous Gu Hai d’un air sombre. À mesure que le temps passait, d’autres experts apprirent la nouvelle et le surveillèrent, de près ou de loin.
Les regards tournés vers Gu Hai n’avaient rien d’amical.
Gu Hai les observa et sourit. « Tout le monde, il est impossible de trouver un trésor du premier coup. À partir de maintenant, cela prendra du temps. Si vous manquez de patience, inutile de me suivre. »
« Hum ! »
Les nombreux cultivateurs reniflèrent avec mépris.
« Dans ce cas, je vais commencer mes recherches, quartier par quartier », annonça Gu Hai en souriant.
« Je vous en prie », répondit froidement le Roi Bi-An.
« Wanyu, viens avec moi », appela Gu Hai.
Après avoir fait venir Long Wanyu, le groupe se mit à explorer le quartier.
« Creusez cette montagne. » Gu Hai en désigna une.
« Pourquoi me regardez-vous ? » demanda un maître de secte en fronçant les sourcils.
« Vous me suivez parce que vous voulez tous une part du trésor. Est-ce si difficile de contribuer ? » Gu Hai le fixa.
Le maître de secte fronça les sourcils. « Hum ! Si vous ne trouvez rien, je vous donnerai une leçon ! »
Il ordonna aussitôt aux disciples de sa secte de creuser la montagne.
À mi-chemin des fouilles, Long Wanyu secoua la tête.
Gu Hai hocha la tête et reprit sa route.
« Creusez cette montagne ! » ordonna Gu Hai à un chef de clan.
« Hein ? »
Le chef de clan prit un air sombre, puis répondit d’un ton glacial : « Je vais coopérer. Mais, Gu Hai, si vous ne trouvez pas le trésor, je vous donnerai une leçon ! »
Gu Hai l’ignora et resta simplement à l’écart avec Long Wanyu, sans s’en soucier.
Le chef de clan fit creuser la montagne par son armée privée.
Gu Hai ne cessa de donner des ordres aux chefs de clan et aux maîtres de secte, comme s’il cherchait délibérément à les exaspérer.
De temps à autre, Gu Hai jetait un regard à Xi Yan, qui se trouvait non loin.
Xi Yan ricana en le voyant. Il avait d’abord craint que Gu Hai ne cherche à flatter ces cultivateurs pour les pousser à se retourner contre lui. Mais voilà que Gu Hai s’attirait lui-même des ennuis. S’ils ne trouvaient pas le trésor, ils tueraient Gu Hai sous le coup de la colère. Xi Yan n’aurait même pas besoin de lever le petit doigt.
Maintenant que les matrices rituelles de la Ville de la Veine du dragon étaient activées, il n’y avait plus aucun moyen de s’enfuir.
« Tiens ? Xi Yan, où est Qin Zibai ? » demanda Gu Hai, perplexe.
« Je n’ai pas à vous rendre compte des déplacements du seigneur Qin, si ? » ricana Xi Yan.
Gu Hai regarda le Roi Bi-An, qui fronça légèrement les sourcils et se mit lui aussi à examiner les environs.
En effet, Qin Zibai avait disparu.
« Gu Hai, accélérez. Combien de temps comptez-vous mettre à ce rythme ? » lança froidement Xi Yan.
« Ha ! » Gu Hai eut un sourire froid et l’ignora.
——
Qin Zibai et un enfant vêtu de blanc se tenaient à l’entrée d’une salle palatiale de la Ville de la Veine du dragon.
« Héhéhéhéhé ! Gu Hai ? Oh, et cette petite fille ? Ils sont donc venus se jeter dans la gueule du loup ? Héhéhéhé ! » L’enfant vêtu de blanc prit un air féroce en regardant au loin.
L’enfant vêtu de blanc n’était autre que le cultivateur de longévité qui avait autrefois aidé le duc Lu Yang : Monsieur Dongfang. Gu Hai l’avait tué par le passé, mais son corps principal l’avait ramené à la vie. À présent, Monsieur Dongfang était apparu dans la Ville de la Veine du dragon.
« Monsieur Dongfang, l’arrivée de Gu Hai risque-t-elle de compromettre notre plan ? » demanda Qin Zibai d’un air sombre.
« Impossible. Toute la Ville de la Veine du dragon est une matrice rituelle de longévité. Une fois entré, Gu Hai ne pourra pas s’échapper. Héhéhé ! Il tombe à point nommé ! À point nommé ! Le destin fait vraiment se croiser les ennemis ! » dit Monsieur Dongfang d’un air féroce.
« Le nombre de personnes est-il encore insuffisant ? » demanda Qin Zibai en fronçant les sourcils.
« Il en manque encore un peu. Ne vous inquiétez pas. D’autres personnes entreront dans ma Matrice rituelle de longévité du Dragon de sang ! » répondit Monsieur Dongfang avec un sourire froid.
« Qu’y a-t-il en dessous ? Gu Hai a dit qu’il y avait un trésor. C’est vrai ? » demanda Qin Zibai, curieux.
« Un trésor ? Ha ha ! Peut-être. Contentez-vous de coopérer avec moi », répondit Monsieur Dongfang avec indifférence.
« Mais Gu Hai… »
« Ha ! Ne vous inquiétez pas. Personne ne peut découvrir ma Matrice rituelle de longévité du Dragon de sang. L’Empereur impérial Xi Yu a promis que vous coopéreriez avec moi. Contentez-vous de coopérer. Inutile de poser tant de questions », dit froidement Monsieur Dongfang.
Qin Zibai fronça légèrement les sourcils, visiblement contrarié.
« Inutile de me regarder ainsi. Ha ! Cette fois, ce n’est pas seulement moi : mon corps principal a lui aussi promis à l’Empereur impérial Xi Yu de l’aider à s’occuper du cultivateur de longévité du royaume de Qian. Vous devriez vous estimer heureux ! » lança froidement Monsieur Dongfang.
——
Dans un palais souterrain sous la Ville de la Veine du dragon :
Deux personnes vivaient dans ce palais : Subtilité pourpre, gros comme une montagne, et Longévité, maigre comme un squelette.
Ce jour-là, Subtilité pourpre tenait plusieurs pinceaux à deux mains dans une vaste salle du palais souterrain. Chaque fois que les pinceaux fendaient l’air, on aurait dit qu’ils trempaient dans l’encre.
Tandis que Subtilité pourpre se déplaçait dans le palais souterrain, des éclaboussures d’encre fusaient de ses pinceaux.
Quand l’encre noire touchait le sol, elle se transformait aussitôt en une myriade de caractères talismaniques.
Bzzz !
Le sol du palais souterrain rougit soudain, comme du fer chauffé à blanc. On aurait dit que des flammes sans fin allaient en jaillir.
Cependant, les dizaines de milliers de caractères talismaniques émirent une éblouissante lumière noire et étouffèrent aussitôt le feu.
« Du calme ! Ouf, c’était moins une. J’ai failli ne pas tracer les talismans à temps, cette fois. Tout ça, c’est la faute de ce paresseux de Longévité. Sans lui, je n’aurais pas fini rôti comme un morceau de viande séchée. » Subtilité pourpre poussa un long soupir de soulagement.
Puis il examina son travail avec satisfaction avant de traîner son gros ventre vers une porte latérale de la salle palatiale.
Après avoir franchi la petite porte, il entra dans une autre salle palatiale.
Là, Longévité, maigre comme un clou, tenait plusieurs pinceaux dans sa main droite et s’appliquait à peindre quelque chose sur un parchemin en peau de bête.
« Quoi ? Longévité, qu’est-ce que tu fabriques ? » cria soudain Subtilité pourpre en fronçant les sourcils.
« Ah ? » Longévité cacha aussitôt le parchemin derrière son dos.
« R-rien. Héhé ! » Longévité eut un rire nerveux.
« Espèce d’idiot ! Tu peins encore ? C’est à cause de toi que je suis aussi gros ! C’est ta faute ! Et tu continues à peindre ? À peindre ?! » Subtilité pourpre entra dans une colère noire.
« Je t’ai vu tracer des talismans tout à l’heure, alors ça m’a démangé. Juste un peu », dit Longévité d’un ton penaud.
« Un peu, mon œil ! À cause de tes démangeaisons, je vais y laisser ma peau ! Je vais te combattre jusqu’au bout ! » Subtilité pourpre se précipita vers lui en le fusillant du regard.
« Tu… tu ! N’approche pas ! Si tu t’approches, je te montrerai le dessin ! » cria Longévité.
« Tu vas me le montrer ? Alors montre-le-moi ! Vas-y, montre-le. Tu crois que je vais te réciter des poèmes ?! » Subtilité pourpre fonça sur lui.
« Non ! Non ! Grand frère ! S’il te plaît, grand frère, ne récite pas. Je suis déjà si maigre. Si tu les récites, je vais mourir ! Je ne te montrerai pas mon dessin ! Jamais ! » cria Longévité, horrifié.
[Note du traducteur : en chinois, « grand frère » est ici une façon de se soumettre, l’équivalent de crier grâce.]
« N’importe quoi ! Je ne te crois pas. Tu dis ça à chaque fois, et je tombe dans le panneau à chaque fois ! »
Bam !
Subtilité pourpre attrapa Longévité à la gorge.
« Et toi, tu fais pareil ! Chaque fois que je trace des talismans, tu ne récites pas des poèmes, toi aussi ?! » Longévité serra à son tour la gorge de Subtilité pourpre.
« N’importe quoi ! Tu n’as qu’à ne pas faire attention à moi et ne pas m’écouter ! »
« Ne pas t’écouter, mon œil ! Ta voix traverse tout, même si je me bouche les oreilles ! »
« Espèce d’idiot ! Je vais te battre à mort ! Ça te démange, hein ? Ça te démange les mains ? »
« Et toi, ce n’est pas pareil ? »
Les deux roulèrent sur le sol du palais souterrain en se battant.
Grrr… !
Soudain, des bruits retentirent à l’extérieur.
« Qu’est-ce que c’est que ce bruit ? » Subtilité pourpre tressaillit.
Les deux cessèrent de se battre et tendirent l’oreille.
« Beau-frère, tu ne peux pas creuser plus loin ! On ne peut plus creuser ! Partons vite d’ici ! Dépêche-toi ! » La voix inquiète de Long Wanyu retentit.
« Quelqu’un nous a trouvés ? » Longévité ouvrit de grands yeux.
« Nous sommes sauvés ? Quelqu’un ! Creusez, je vous en prie ! Vite ! » s’écria aussitôt Subtilité pourpre, tout excité.