Chapitre 339
Livre 3 : Chapitre 17 : L’Énergie karmique réparant le Ciel
Gu Hai poursuivait sa cultivation en retraite sur le navire volant, pratiquant sans relâche le Don douloureux du monde.
Le Don douloureux du monde était une technique de cultivation extrêmement complexe, plusieurs fois supérieure aux autres. Les autres techniques exigeaient une méthode différente pour chaque ouverture et chaque dantian. Mais le Don douloureux du monde permettait à Gu Hai de tout cultiver à la fois.
Il avait disposé autour de lui des piles de pierres spirituelles de qualité supérieure.
Fwoosh !
Soudain, le corps de Gu Hai devint un trou noir et aspira frénétiquement toute l’Énergie spirituelle contenue dans les pierres. En un instant, il vida dix mille pierres spirituelles de qualité supérieure, qui se réduisirent en poussière.
Une fois l’énergie de ces dix mille pierres entrée dans son corps, une partie se rua vers l’embryon naissant du palais de la divinité du feu. Mais la plus grande partie gagna son dantian.
Dans son dantian, l’énergie se transforma en Progéniteur spirituel et forma peu à peu un petit bassin violet. Celui-ci avait toutefois une forme étrange : il semblait composé de deux parties, semblables à deux bols collés dos à dos. Le bassin supérieur tournait dans le sens des aiguilles d’une montre, et celui du bas dans le sens inverse.
« Le bassin supérieur est celui de l’Énergie qui répare le Ciel, et celui du bas, celui de l’Énergie karmique ? Il s’est formé comme ça ? La première couche du Don douloureux du monde ne semble pas si difficile à atteindre. » Gu Hai ouvrit les yeux, l’air perplexe.
Après un instant de réflexion, il secoua la tête. « Non, ce n’est pas ça. C’est grâce à mes solides fondations. L’Essence véritable de mon dantian est formée à partir du Progéniteur spirituel. Celui-ci est la mère de toutes les Énergies spirituelles, leur origine. Voilà pourquoi j’ai formé si facilement le bassin de l’Énergie karmique réparant le Ciel. Mais ce n’est encore qu’une forme rudimentaire. »
Gu Hai poussa un long soupir, les yeux brillants d’impatience.
« Votre Majesté ! »
La voix de Tang Chu retentit soudain derrière la porte.
« Hein ? » Gu Hai, un peu perplexe, se leva et sortit de la salle du palais.
« Cri ! Cri ! Cri ! Cri ! Cri ! Cri ! Cri ! Cri ! Cri ! »
D’innombrables chauves-souris volaient au-dehors.
« Votre Majesté, regardez ! » lança Tang Chu, le visage sombre.
Gu Hai aperçut une nuée de chauves-souris survolant une grande ville et s’acharnant sur ses habitants.
« À l’aide ! »
« Ne me tuez pas ! »
« Des vampires ! À l’aide ! »
Des cris retentirent de toutes parts.
« Des vampires ? » Le visage de Gu Hai s’assombrit.
« Oui. On dirait qu’ils s’en prennent aux habitants », répondit Tang Chu, le visage toujours sombre.
Gu Hai baissa les yeux. Au loin, il distingua en effet vingt individus vêtus de robes noires.
« Ne vous inquiétez pas. Nous ne vous tuerons pas tous. Nous en laisserons dix en vie pour qu’ils puissent raconter à votre empereur ce qui s’est passé », déclara le chef en robe noire avec un sourire glacial.
« Vénérables de la race du sang, nous ne vous avons pas offensés ! » cria anxieusement un cultivateur, en contrebas.
« Vous ne m’avez pas offensé, mais Gu Hai, si. Allez le prévenir. Dites-lui de libérer Chang Ming. Sinon, nous massacrerons les villes les unes après les autres. Je ne crois pas que Gu Hai se moque du sort des citoyens du royaume de Han qui vivent hors des villes », lança froidement le chef en robe noire.
« Quoi ? C’est vous qui avez massacré les trois villages voisins ? » s’exclamèrent les cultivateurs, en contrebas.
« Humph ! Si Gu Hai ne nous livre pas Chang Ming d’ici un jour, nous exterminerons toute vie sur son territoire. Si vous cherchez un coupable, blâmez Gu Hai », ricana le chef en robe noire.
Gu Hai les observa depuis les hauteurs. Une lueur glaciale brilla dans ses yeux. « C’est moi que vous cherchez ? »
La voix de Gu Hai, qui avait atteint le Royaume de l’Âme naissante, retentit avec une puissance extraordinaire. Le grondement fit aussitôt hésiter les chauves-souris, qui levèrent les yeux vers le ciel.
Les vingt hommes en robe noire, en contrebas, remarquèrent eux aussi Gu Hai.
« Hein ? Gu Hai ? » Le chef en robe noire parut surpris.
« Votre Majesté ! Votre Majesté, sauvez-nous ! » crièrent avec effroi les habitants attaqués par les chauves-souris.
Le regard de Gu Hai se fit glacial. L’embryon naissant de son palais de la divinité du feu libéra de l’énergie ; il agita alors doucement la main droite.
Boum !
Une flamme dévorante recouvrit aussitôt tout ce qui se trouvait en contrebas.
« Cri ! Cri ! Cri ! Cri ! Cri ! »
Les innombrables chauves-souris s’enfuirent, terrorisées.
« Quoi ? Quelle est cette flamme ? » s’écrièrent les hommes en robe noire, bouleversés ; le feu les brûlait eux aussi.
Gu Hai maîtrisait les flammes avec une précision exquise. Elles ne blessèrent pas un seul habitant et ne s’attaquèrent qu’aux chauves-souris et aux vampires. Bientôt, ces dernières brûlèrent en poussant des cris lamentables.
D’un geste de la main, Gu Hai réduisit en cendres plus d’un million de chauves-souris. Les habitants, témoins de la scène, affichèrent tous une expression stupéfaite.
Les soldats du royaume de Han, nombreux à se tenir sur le navire volant, restèrent bouche bée. Ils savaient tous que Gu Hai n’était encore que dans le Royaume du Noyau d’or.
« Sa Majesté a atteint le Royaume de l’Âme naissante ? »
« Mais… quelle est cette flamme ? Elle est d’une puissance incroyable ! »
Les soldats regardèrent Gu Hai avec stupeur.
La flamme semblait s’accrocher aux hommes en robe noire, qui ne parvenaient pas à l’éteindre.
« Ah ! C’est un feu divin ? Le feu divin de la foi que cultivent les esprits animaux ? La flamme divine inextinguible ? Gu Hai, vous avez raffiné une divinité du feu pour l’intégrer à votre corps ? » En contrebas, les vingt hommes en robe noire s’efforçaient frénétiquement d’éteindre les flammes.
« La flamme divine inextinguible ? Un feu divin qu’on ne peut éteindre que si l’on est un cultivateur du Royaume du Palais céleste ? Sa Majesté avait raffiné la Divinité des criquets de feu. Serait-ce à cause d’elle ? »
« Ça ne colle pas. Un feu divin ? Les humains ne peuvent pas le maîtriser, si ? Et même à son apogée, l’Énergie divine d’un esprit animal est limitée. À l’époque, la Divinité des criquets de feu n’avait pas réussi à produire la flamme divine inextinguible. Comment Sa Majesté… »
Les soldats observaient Gu Hai, perplexes.
Gu Hai lui-même fut surpris de ce qu’il venait de déclencher.
Après avoir répandu ses flammes en contrebas et brûlé d’innombrables chauves-souris, il parvint à les rappeler d’un geste.
*Je peux rappeler la flamme divine inextinguible ?*
Comment Gu Hai avait-il pu produire une flamme divine pareille ? Il comprit que c’était grâce au Don douloureux du monde.
« Argh ! Argh ! Argh ! » hurlèrent de douleur les vingt hommes en robe noire, en contrebas.
Ils avaient beau s’y prendre de toutes les façons, ils ne parvenaient pas à éteindre le feu.
« Gu Hai ! Je vais te tuer ! »
« Tuez Gu Hai et les flammes s’éteindront ! Tuez-le ! »
Les vingt hommes en robe noire s’élancèrent vers le ciel, malgré la douleur.
Gu Hai fit apparaître un sabre cramoisi d’un geste de la main.
Les vingt hommes en robe noire furent sur lui en un clin d’œil.
« Hmpf ! »
Gu Hai tendit la main et abattit son sabre.
Alors qu’il était encore dans le Royaume du Noyau d’or, Gu Hai pouvait déjà, grâce au sabre cramoisi, déployer la puissance d’un cultivateur du Royaume de l’Âme naissante. À présent, il se trouvait lui-même dans ce royaume.
Boum !
Gu Hai trancha en deux l’un des hommes en robe noire. Son corps s’embrasa rapidement.
Au moment où Gu Hai tua cet homme, il sentit une étrange énergie pénétrer dans son dantian. Plus précisément, elle entra dans le bassin de l’Énergie karmique.
« Non ! Pourquoi suis-je ici ? Suis-je mort ? » s’écria cette étrange énergie, horrifiée.
« Hein ? Les trois âmes spirituelles ? » Gu Hai en fut légèrement surpris.
Il avait aspiré dans le bassin de l’Énergie karmique les trois âmes spirituelles de l’homme en robe noire qu’il venait de tuer. Le bassin tournait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, comme pour broyer ces trois âmes.
« Argh ! Argh ! Non ! » Les trois âmes spirituelles poussèrent des cris de douleur tandis qu’elles s’effaçaient lentement dans le bassin de l’Énergie karmique.
Puis des volutes de brume à neuf couleurs apparurent lentement sur le bassin de l’Énergie qui répare le Ciel, tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. Elles étaient encore peu nombreuses.
« L’Énergie qui répare le Ciel ? » s’émerveilla Gu Hai.
« Il a tué Grand Frère ? Tuez-le ! Sinon, nous allons tous brûler vifs ! » Les hommes en robe noire encore debout se ruèrent sur Gu Hai.
Une lueur glaciale passa dans les yeux de Gu Hai tandis qu’il abattait son sabre cramoisi.
Rumble !
En un clin d’œil, Gu Hai tua quinze hommes en robe noire. Les trois âmes de chacun d’eux entrèrent dans le bassin de l’Énergie karmique et finirent par se transformer en Énergie qui répare le Ciel.
« Tous ceux que je tue ne peuvent pas se réincarner ? » Gu Hai analysa la situation, les yeux légèrement plissés.
Les cinq hommes en robe noire restants s’enfuirent, terrorisés.
Mais la flamme divine inextinguible recouvrait leurs corps, et ils ne parvenaient pas à l’éteindre. Après avoir fui un moment, ils finirent par tomber du ciel, morts.
Bien que les cinq hommes en robe noire eussent fui au loin, leurs trois âmes spirituelles et leur Énergie karmique pénétrèrent elles aussi dans le bassin de l’Énergie karmique.
Une lueur brilla dans les yeux de Gu Hai. Cette technique de cultivation était étrange et mystérieuse.
« Merci beaucoup, Votre Majesté ! »
« Vive Votre Majesté ! Puisse Votre Majesté vivre dix mille ans ! »
Les habitants de la ville s’agenouillèrent pour lui exprimer leur gratitude. Sans Gu Hai, les vampires auraient massacré toute la ville ce jour-là.
« Relevez-vous tous. C’est parce que nous manquons de puissance que cette racaille ose venir semer le trouble. Mais croyez-nous : le royaume de Han deviendra plus puissant. Un jour, tous nos ennemis trembleront rien qu’en entendant notre nom. Ils n’oseront plus troubler votre tranquillité ! » Gu Hai les rassura.
« Oui ! » répondirent les habitants.
Gu Hai hocha la tête, puis fit signe au navire volant de reprendre sa route vers la Ville de Chaoge.
Gu Hai venait d’éliminer sans effort une bande de vampires. Les soldats du royaume de Han qui avaient assisté à la scène en furent stupéfaits.
L’empereur devenait de plus en plus mystérieux.
Gu Hai retourna dans la salle du palais où il s’était retiré pour cultiver. Il en ferma les portes et sortit le Contrôleur de marionnettes brisé par Fée Waner.
Fée Waner avait tranché le Contrôleur de marionnettes en deux, le détruisant complètement.
Gu Hai rapprocha les deux morceaux du Contrôleur de marionnettes. Le regard grave, il tendit un doigt et effleura leur jointure, libérant du bout du doigt l’Énergie qui répare le Ciel qu’il venait de raffiner.
L’Énergie qui répare le Ciel prit la forme d’une brume. Au contact de la jointure, elle s’y infiltra. Lorsque Gu Hai retira son doigt, toute la brume avait pénétré dans la fissure. L’objet enchanté était alors entier, réparé de manière inexplicable.
Toute l’Énergie qui répare le Ciel libérée un instant plus tôt avait disparu en un clin d’œil. Gu Hai en resta stupéfait.
« C’est fait ? Le Contrôleur de marionnettes est réparé ? » Gu Hai contempla l’objet enchanté avec stupeur.
L’endroit où l’objet enchanté s’était brisé était parfaitement lisse, comme s’il n’avait jamais été endommagé. Il paraissait neuf.
Gu Hai, encore sous le choc, y insuffla son énergie pour l’activer.
Bzz !
Le Contrôleur de marionnettes émit une faible lueur dorée, et Gu Hai sentit des fils transparents qui n’attendaient que son geste pour être lancés.
« L’Énergie qui répare le Ciel… Elle est vraiment étrange. Elle a réparé le Contrôleur de marionnettes comme ça ? » s’émerveilla Gu Hai en contemplant l’objet enchanté dans sa main.
——
Cinq jours plus tard :
Un trône avait été installé à l’avant du pont du navire volant.
Tang Chu et les autres fonctionnaires et soldats du royaume de Han se tenaient derrière le trône. Ils étaient ravis de rentrer dans la capitale après avoir pris douze villes.
Gu Hai était assis sur le trône. Les bras posés sur les accoudoirs, il contemplait les bénédictions au-dessus de la Ville de Chaoge.
« Votre Majesté, nous sommes arrivés à la Ville de Chaoge », annonça Tang Chu avec un sourire.
——
Dans une forêt montagneuse, aux abords de la Ville qui répare le Ciel :
Ding ! Ding ! Ding !
Une mélodie de cithare retentit, tandis que des fées dansaient dans les airs. Battant des ailes, elles s’envolèrent vers une vallée d’où provenait la musique.
Fée Waner pinçait doucement les cordes de sa cithare, assise sur un grand rocher propre, au fond de la vallée. Des fées l’entouraient.
« J’ai franchi un palier ? Ma cultivation a progressé, et ma Voie de la musique aussi ? Je peux maintenant faire apparaître des fées ? » Fée Waner semblait stupéfaite.
« Mon maître ne m’avait-il pas dit que, à cause de la technique que je cultive, je ne devais pas perdre mon essence Yin, sous peine de voir ma cultivation régresser considérablement ? Alors pourquoi, après Gu Hai et moi… pourquoi ma cultivation s’est-elle améliorée au lieu de régresser ? C’est surtout le cas de cette âme naissante qui est entrée dans le corps de Gu Hai avant de revenir. Pourquoi est-elle devenue tellement plus forte ? Pourquoi ? » se demanda Fée Waner, déconcertée.