Chapitre 731
Enkrid ne refusa pas la proposition de Balmung.
Personne, pas même le chef de maison, ne pouvait l’arrêter.
Comment essayer de le faire changer d’avis alors que ses yeux brillaient d’excitation à cette seule perspective ?
Alors, ils firent tout ce qu’ils pouvaient.
« Ragna est parti récupérer le Lever du jour. Il lui faudra encore quelques jours. Au maximum, ça pourrait prendre une quinzaine de jours. »
Tempest comprit qu’Enkrid ne s’intéressait pas particulièrement à ce qu’il racontait.
Le regard d’Enkrid était déjà fixé sur ce qui l’attendait.
« Ambition et défi. »
Pour nommer ce qu’on voyait dans ses yeux, il fallait donner un nom différent à chacun.
On aurait dit une fournaise attisée par la soif d’apprendre et le désir de progresser.
Enkrid était déjà tout à fait prêt à partir ; cela ne faisait aucun doute.
« Tu comptes vraiment partir devant ? »
Anne, qu’on pouvait aussi compter parmi ses bienfaitrices, prit la parole.
Elle ne semblait pas vouloir le retenir ; elle voulait seulement s’en assurer.
« Ouais. Emmène Ragna avec toi. Si tu le laisses venir seul, vous ne trouverez jamais la paix ensemble dans cette vie. »
« Je le sais aussi. »
À son ton, on comprenait qu’elle ne plaisantait pas : elle était sincèrement inquiète.
Il rangea dans son sac à dos la viande séchée et les fruits que les autres lui avaient préparés, ainsi que la potion spéciale de Mileschia.
« Tiens, prends ça. »
Le pingre Rhinox lui lança une de ses reliques.
C’était une tige un peu plus longue qu’une épée courte. Quand il la fit tournoyer dans les airs, elle s’allongea dans un clac et une lame jaillit à son extrémité.
« C’est une lance de jet de fortune. Elle est imprégnée d’un sort de perforation, alors elle devrait traverser presque n’importe quoi. Et elle peut aussi faire ceci ou cela. »
Rhinox lui expliqua la chose à voix basse, alors qu’il s’agissait manifestement d’un objet de grande valeur.
« Fais-en bon usage. »
Enkrid la prit sans faire d’histoires.
Il glissa la tige dans sa ceinture, attacha ses deux épées, passa son sac à dos et se retourna pour partir.
L’emblème tracé de lignes irrégulières sur la cape bleu marine qu’il portait par-dessus ses vêtements attirait le regard.
« Vous vous en sortirez tous les deux ? Si vous avez besoin de quoi que ce soit, dites-le-moi. Je viendrai vous chercher. »
Grida lança ces mots à Enkrid d’un ton désinvolte alors qu’il s’apprêtait à partir.
« Avec un trou dans le corps ? »
« Je suis le seul qui reste à Yohan ? Et puis, qui n’a jamais eu un ou deux trous dans le corps ? »
Sous les yeux de Tempest, Enkrid lui fit signe que tout allait bien.
Quand il plaisantait ainsi avec ses amis, il avait presque l’air d’un type ordinaire.
« Pas du tout. »
Mais il se détachait bien trop du lot pour qu’on puisse le dire ordinaire.
Les cheveux noirs, les yeux bleus aussi limpides qu’un lac immaculé, drapé dans une cape bleu marine… Il avait l’air d’un tableau.
Il était grand, avait de longs membres et un corps bien entraîné. Sa démarche assurée et équilibrée inspirait confiance à tous.
« N’importe quelle noble tomberait éperdument amoureuse de lui au premier regard. »
Mais quelque chose en lui était encore plus extraordinaire.
Sans rien demander, sans dire un mot, Enkrid s’éloigna. Tempest l’interpella pour l’arrêter.
« Pourquoi ne demandes-tu rien ? »
Il avait sauvé Yohan de la tragédie.
Il avait tiré Yohan du danger.
« Deux épéistes et une jeune fille, à eux seuls. »
Bien sûr, ces trois-là n’avaient pas tout fait seuls.
Mais que se serait-il passé si cet homme n’avait pas été là ?
Il n’était pas nécessaire d’avoir beaucoup de perspicacité pour le comprendre.
Les choses se seraient déroulées exactement comme Hescal le souhaitait ou, si l’Empire était arrivé en retard, comme il l’avait sournoisement espéré — avec son habituelle attitude fuyante.
En théorie, il s’agissait d’une alliance tacite, mais en réalité, le mot « tacite » comptait davantage que le mot « alliance ».
« L’Empire cherche toujours une occasion d’engloutir Yohan tout entier. »
Mais Yohan ne le voulait pas.
Les individus en quête de réussite personnelle pouvaient partir, mais Yohan, en tant que groupe, ne voulait rien avoir à faire avec l’Empire.
À l’origine, le chien de chasse de l’Empire voulait enrôler cet homme, Enkrid.
Il aurait alors pu fixer son prix.
Il aurait pu tenter de placer l’épée de Yohan entre ses propres mains.
Même si les choses ne se passaient pas exactement comme il le souhaitait, il aurait au moins eu l’occasion d’essayer.
Et pourtant, Enkrid — le Garde-frontière, l’ami proche de Ragna et son Commandant — ne voulait rien.
Bien sûr, on rencontrait parfois des gens comme lui.
Les rares personnes qui se souciaient davantage de l’avenir lointain que du présent, et semblaient garder une dette en vue d’en tirer profit plus tard, étaient d’une autre trempe.
Mais, aux yeux du chef de maison, Enkrid se distinguait même de ceux-là.
Il ne semblait même pas vouloir réclamer son dû un jour.
C’était là le plus déconcertant.
« Qu’est-ce que je pourrais demander de plus ? »
Enkrid pencha simplement la tête, sincèrement perplexe. Malgré sa jambe douloureuse et la canne sur laquelle il s’appuyait, Tempest se redressa, les épaules en arrière et le torse bombé.
« Tu as sauvé Yohan. »
Inutile de tourner autour du pot. Il n’en était de toute façon pas capable. Laisser entendre ses intentions par des mots subtils n’était pas son genre. Cet homme comprenait la valeur de ce qu’il avait fait. Il était vif et perspicace. Et pourtant…
« J’ai déjà reçu bien plus qu’il ne m’en faut. »
Il n’ajouta rien. Était-ce une impulsion ? Ou une décision calculée, destinée à protéger Yohan en pensant à l’avenir ? Il n’en savait rien. Pour une fois, Tempest choisit de suivre le feu qui lui montait dans la poitrine plutôt que ses plans et ses calculs. En tant que chef de maison, il n’avait encore jamais prononcé ces mots à voix haute.
« Si jamais tu fais appel à nous, Yohan sera à tes côtés. Odincar, veille à ce que ma promesse soit tenue. » 1
« Bien sûr. »
Odincar, qui se tenait non loin, hocha la tête sans hésiter.
Était-ce parce qu’il avait vu l’homme nommé Enkrid avant Tempest ?
Odincar non plus n’hésita pas.
Les mots lui venaient facilement.
Son manque d’émotion était dû à une déficience propre au chef de maison.
Mais le sens de ses paroles était différent.
Pourtant, Enkrid ne fut pas surpris.
Vraiment ?
Après lui avoir brièvement jeté un regard, Enkrid hocha simplement la tête et se détourna.
« Alors… »
En voyant cela, le chef de maison prit la parole.
« Au Héros qui a sauvé la famille. »
Personne ne poussa de cris de joie ni ne versa de larmes.
Ils dégainèrent simplement leurs armes.
Clac-clac-clac-clac-clang.
Des dizaines d’épées se dressèrent vers le ciel pour saluer leur héros.
***
C’était l’été, la saison où le soleil brillait de tout son éclat et où la nature verdoyait à profusion.
Ragna ne comprit qu’après avoir cligné des yeux plusieurs fois qu’il ne s’agissait pas de la réalité.
« Lever du jour. »
Il était venu ici pour s’emparer de l’épée.
Le Lever du jour était à la fois une précieuse relique familiale et un artefact transmis de génération en génération dans la lignée de Yohan.
La forme de l’épée n’était pas fixe, et même son nom, « Lever du jour », changeait parfois.
C’était tout ce que Ragna savait.
Le reste, c’était ce que son père lui avait appris.
« C’est simple. Si tu parviens à vaincre la volonté persistante qui habite l’épée, la lame sera à toi. Si quelqu’un qui n’en est pas digne la saisit, il finira idiot. »
« Vraiment ? »
Ragna ne montra ni doute ni peur. Il ne demanda même pas ce que signifiait « digne ». Rangée dans une banale boîte en bois, l’épée était rouillée et son tranchant ébréché ; elle n’avait même pas l’air d’une lame précieuse. C’était peut-être là la meilleure des protections. Quel voleur la déroberait en croyant qu’elle avait de la valeur ? Si la saisir de la mauvaise manière pouvait rendre fou, on pouvait difficilement la qualifier d’arme « sacrée ». L’épée posée à côté, avec sa poignée en argent pur que Rhinox avait rapportée il y a longtemps, paraissait deux fois plus précieuse.
« Je ne l’ai brandie que deux fois. À l’époque, l’épée s’appelait Coucher du soleil », avait dit son père.
En repensant aux paroles de son père, Ragna leva les yeux. Trois silhouettes se tenaient devant lui : deux hommes et une femme. La chevelure de cette dernière était d’un rouge si vif qu’on aurait dit des flammes dansant sur sa tête. Elle lui adressa un sourire radieux et prit la parole.
« Si tu sous-estimes une volonté persistante, elle te tuera. »
« On n’a pas le temps, alors finissons-en », dit un autre.
Ragna leur répondit aussitôt sur le même ton.
Plus tard, pendant le combat, il entendit aussi que ces gens avaient autrefois reçu l’aide d’un ami nommé Akker, mais il n’y prêta pas attention.
Quant à leurs menaces — s’il prenait trop de temps, son vrai corps dépérirait et mourrait —, il ne les entendit même pas.
« T’es vraiment quelque chose, toi. »
Parmi les trois, seule la femme prit la parole.
Elle disait qu’Akker ne lui avait pas correctement enseigné la technique, mais Ragna n’en avait rien à faire non plus.
Ce qu’il voulait, c’était uniquement le trésor de famille : une arme-sceau transmise de génération en génération et capable de changer de forme selon la volonté de son maître.
« Tu n’as donc aucun respect pour tes ancêtres ? »
Même quand ils lui disaient des choses pareilles, il les ignorait et abattait son espadon sans réfléchir davantage.
Il avait observé de près ceux qui, confrontés à leurs limites, les brisaient et continuaient d’avancer.
« Moi aussi, je peux le faire. »
Il devait se battre contre eux trois.
Mais cela ne comptait pas le moins du monde à ses yeux.
Ceux qui sont prêts à abandonner trouvent toujours une excuse.
Ceux qui croient pouvoir y arriver trouvent toujours un moyen.
C’était ainsi que Ragna fonctionnait.
Il se battit avec acharnement, convaincu de pouvoir y arriver.
Tout le monde pensait qu’il lui faudrait au moins une quinzaine de jours, mais Ragna se réveilla au bout de trois jours seulement.
« Il est parti avant moi ? »
Il apprit qu’Enkrid était parti le premier, mais cela ne le troubla pas.
Enkrid avait peut-être l’air du genre à tout calculer et à peser le pour et le contre avant d’agir, mais, à force de le côtoyer, Ragna avait commencé à comprendre une partie de sa véritable nature.
Il avait probablement agi sur un coup de tête.
Rien d’étonnant, donc.
À ce stade, Ragna était le seul à ne pas être surpris. Tous les autres l’étaient.
Il prit la route, son lourd espadon à la main, sans avoir perdu la raison.
« Le Lever du jour n’était pas une Épée longue ? »
Odincar pencha la tête, perplexe.
C’était ce que la plupart des gens croyaient savoir.
« Si elle reconnaît son maître, elle peut changer de forme », répondit le chef de maison.
En y regardant de près, on aurait vu que ses yeux étaient un peu plus grands ouverts que d’habitude — preuve de son étonnement.
Seule une personne partageant son lit, comme Alexandra, aurait pu remarquer un tel changement.
***
« Tout dépend du flux. Du flux », déclara Valfir Balmung, Chevalier impérial. Les gens avaient râlé en apprenant qu’il voyagerait seul avec cet homme, mais, malgré tout, le voyage s’avérait fort agréable.
« Le flux… Les jeunes Chevaliers canalisent leur Volonté dans leur lame et la transforment en technique. Puis, quand on atteint un certain niveau en tant que Chevalier, on commence à manier sa Volonté naturellement. Enfin, pour vraiment maîtriser ce flux naturel, il faut insuffler une nouvelle fois son intention dans sa Volonté. »
Ces paroles pouvaient sembler vagues et absurdes, mais l’ayant expérimenté lui-même, Enkrid en comprit aussitôt le sens. L’explosion ou la retenue de la Volonté, tout cela revenait à insuffler naturellement son intention dans sa Volonté.
« Transformation de la nature de la Volonté. »
C’était censé être le prochain défi d’Enkrid, mais il semblait l’avoir déjà relevé, d’une manière ou d’une autre.
C’est pourquoi, quand Tempest Yohan lui avait parlé, il avait répondu qu’il avait beaucoup appris.
Yohan avait partagé son savoir sans réserve, et Enkrid en était pleinement satisfait.
« J’ai énormément appris. »
Ce sentiment n’avait pas changé.
Enkrid n’avait jamais ressenti le besoin de réclamer quoi que ce soit sous prétexte qu’il les avait sauvés ; pour lui, c’était tout naturel.
Et s’il essayait de tirer Yohan de sa position singulière, Yohan cesserait d’être Yohan.
« Yohan peut se consacrer à l’entraînement précisément parce qu’il est isolé. »
C’était ainsi qu’ils étaient devenus ce qu’ils étaient aujourd’hui. Un entraînement sans fin : un groupe qui ne faisait que manger, dormir, se réveiller et brandir son épée. Leur isolement les préservait des ingérences extérieures. En ce sens, les Trois Villages servaient presque d’armure à Yohan. Ils géraient les affaires extérieures et laissaient Yohan se concentrer sur l’entraînement. Le système était simple.
« C’est probablement le groupe restreint le plus fort du continent. »
Dans les grandes batailles qui secouaient le continent, où l’issue se jouait entre des troupes d’élite soudées, la puissance de Yohan ne pouvait certainement pas être qualifiée de négligeable.
Balmung en savait long et continua à partager ses histoires l’une après l’autre. Après avoir parcouru une longue distance à vive allure, ils commençaient à transpirer sérieusement. Ils venaient de décider de poursuivre leur route sans s’arrêter tant que le soleil était levé. Ils suivaient un sentier étroit dans les bois, gravissant parfois une pente ou la dévalant, et sautant même par-dessus des ruisseaux. Tous deux dépassaient les limites humaines ; franchir un cours d’eau assez large pour que trois ou quatre personnes s’y allongent côte à côte ne leur posait aucun problème. Après avoir traversé l’eau, ils descendirent une portion en pente douce, et Balmung prit la parole.
« Tu sais pourquoi Tempest Yohan et Rhinox ne m’aiment pas ? »
« Aucune idée. »
« C’est simple. Je me fiche des moyens que j’emploie pour gagner. »
Les méthodes et les moyens pouvaient avoir un sens différent selon les gens. Par exemple, Enkrid exploitait lui aussi le terrain ou provoquait son adversaire sans se soucier des moyens. Mais Yohan et les autres n’étaient pas du genre à se plaindre de ce genre de choses. Eux aussi étudiaient les tactiques et aimaient se battre. Balmung devait donc parler d’autre chose, probablement de pratiques plus sournoises.
« Je n’ai rien à me reprocher. Qu’est-ce qu’il y a de mal à exploiter le point faible de quelqu’un ? »
En plus, Enkrid était tolérant et généreux. Il n’avait aucune raison de critiquer Balmung. Même si ses méthodes étaient un peu brutales et déplaisantes, Enkrid pouvait les accepter. Ils traversèrent des broussailles épaisses, leurs bottes couvertes de boue sur un sentier ravagé par ce qui aurait pu être un glissement de terrain. Enfin, la pente prit fin et une route plane apparut. Ils croisèrent parfois des monstres en chemin, mais aucun n’était assez stupide pour s’en prendre longtemps à eux. Rien ne pouvait ralentir leur progression.
À chaque fois, Enkrid observait attentivement la technique de Balmung.
Balmung ne prenait même pas la peine de dégainer son arme. Il frappait les monstres à la tête avec les brassards d’acier qui lui entouraient les bras.
Une fois, une bête massive semblable à un sanglier, plus grande encore qu’un géant et se déplaçant à quatre pattes, chargea sur eux. Ils durent lever les yeux pour contempler son imposante masse. Balmung pivota avec légèreté et lui fracassa le crâne d’un revers de la main.
Le monstre-sanglier, le crâne écrasé, tituba encore de quelques pas, puis s’effondra sans vie.
Plus tard, ils tombèrent aussi sur un groupe de cadavres noyés que plusieurs jours de fortes pluies avaient ramenés à la surface. Même alors, Balmung ne dégaina pas son arme.
Ce n’était pas qu’il cherchait à rivaliser, mais Enkrid aussi s’était absorbé ces derniers temps dans la création de nouvelles techniques d’épée. Lui aussi se débarrassait donc des monstres à mains nues.
« On dit que les monstres ont commencé à se battre en formation, pas vrai ? »
Balmung dit cela après qu’ils eurent tué quelques monstres.
« De quoi se demander qui les avait entraînés. »
« Rien d’extraordinaire. On voit ça tout le temps près du Domaine démoniaque. Ça arrive assez souvent depuis quelques années. »
Le Domaine démoniaque.
Comme Enkrid l’écoutait attentivement, Balmung poursuivit.
« De même que les humains apprennent de nouvelles techniques en observant les monstres, je pense qu’il est temps que les monstres apprennent aussi les méthodes des humains. Les deux camps ont quelque chose à apprendre l’un de l’autre. »
Plusieurs raisons expliquaient le plaisir qu’Enkrid ressentait sans cesse. L’une d’elles tenait à la tension discrète qui régnait, puisqu’ils n’étaient que tous les deux.
Mais Balmung abordait aussi des sujets qu’on ne pouvait pas entendre n’importe où.
Même quand il n’avait pas un sou en poche, Enkrid était du genre à payer un barde juste pour entendre une histoire. Il avait un faible pour les récits.
« Qu’est-ce qu’ils apprennent ? »
« Tu ne le savais pas ? L’Intimidation vient à l’origine des monstres. En fait, on peut dire que la technique appelée Volonté a été développée en s’inspirant d’eux. »
Pour Enkrid, Balmung, le Chevalier impérial, était aussi un conteur fascinant.
Et maintenant encore, il lui racontait des histoires qui le faisaient dresser l’oreille.
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