Chapitre 656
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 655 : Chambre 301, Salle maudite – « L’Origine des espèces » (2)
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– Yoo Song-i
« Song-i ? Où tu vas ? »
« Je vais voir une amie ! »
« Hein ? Pourquoi tu emmènes Pero… Song-i ! »
À peine le petit déjeuner terminé, j’embarquai Pero et sortis.
Bien sûr, ma principale raison était de faire avancer le scénario…
Mais j’étais aussi extrêmement mal à l’aise à l’idée de me retrouver en face de Maman.
« … »
Mal à l’aise.
Déconcertée.
Gênée.
Après avoir appris la vérité sur le monde, je n’aurais jamais cru revoir un jour mes vrais parents.
Je pensais qu’ils avaient disparu depuis longtemps, engloutis par les Boucles qui se répétaient à l’infini et par le cours du temps.
Mais qu’est-ce que c’était que cette situation, au juste ?
Était-ce la Boucle même que j’avais vécue avant d’arriver à l’Hôtel ?
Si c’était le cas, le concept du troisième étage était peut-être le voyage dans le temps.
Retourner dans la Boucle que nous avions vécue autrefois et résoudre la crise de la Fin des temps ?
Une question en entraînait une autre.
Je n’étais pas la seule à être entrée dans la chambre 301. Eun-sol avait reçu le même verdict que moi.
Ce monde était-il aussi la Boucle qu’Eun-sol avait vécue ?
Eun-sol et moi avions-elles vécu dans la même Boucle ?
Mais si c’était vrai, je ne croyais pas que nos souvenirs du monde concordaient parfaitement.
Je n’en savais rien.
Les points d’interrogation s’accumulaient dans ma tête, mais aucun ne s’accompagnait d’une réponse facile.
Je dus finalement me décider et mettre fin à ces pensées confuses.
« … Song-i. Ce n’est pas le moment. On pourra éclaircir tout ça avec les autres une fois sorties ! »
Pour l’instant, je devais me concentrer sur la Salle maudite.
C’était comme ça que nous survivrions, moi et tous les autres !
* * *
La première chose à laquelle je pensai fut de trouver comment contacter Eun-sol.
Si j’avais su que nous retournerions dans une Boucle passée, j’aurais échangé nos numéros de téléphone avant notre arrivée à l’Hôtel !
Je ne m’y attendais pas du tout, alors je n’avais rien fait de tel.
Résultat : nous ne connaissions ni nos numéros de téléphone, ni nos adresses e-mail, ni rien d’autre.
— Bip ! Bip !
« Tais-toi. Je suis occupée. »
Contrairement à moi, Eun-sol était la benjamine d’une famille de chaebol, et tout le monde la connaissait. Une recherche sur son nom faisait apparaître toutes sortes d’informations.
« Son adresse ? Non, ça ne marchera pas. »
Même si je me rendais chez elle, est-ce que je pourrais la voir ?
Et puis ce serait gênant si sa famille apprenait mon existence.
« L’adresse e-mail du secrétariat ? C’est mieux. »
— Bip !
Le perroquet répondit comme s’il approuvait.
J’étais contente d’avoir quelqu’un à qui parler, mais j’avais l’impression que Pero me faisait encore plus souvent parler toute seule.
Alors que j’allais envoyer le mail, je me dis que la secrétaire d’Eun-sol risquait de l’ignorer.
Je lui envoyai donc quelque chose qu’elle ne pourrait pas faire semblant de ne pas voir.
— Dring !
« C’est fait ! »
Maintenant que je l’avais contactée, il était temps de découvrir à ma façon ce qui se passait dans la chambre 301.
* * *
Je me tenais devant une clinique vétérinaire à la décoration tape-à-l’œil, en plein cœur de Gangnam.
「Clinique vétérinaire Yoo Happyhappy」
Les gens le savaient-ils ?
Le « Yoo » devant Happyhappy était censé s’adresser aux clients en leur disant « you », mais c’était aussi le nom de famille du vétérinaire, Yoo Jeong-ho.
Autrement dit, c’était un double sens : les clients, « you », devaient être happyhappy, et le vétérinaire lui-même, Yoo Jeong-ho, devait l’être aussi.
Petite, je n’y avais jamais vraiment prêté attention, mais en revoyant ce nom, je le trouvai franchement nul !
C’était ça, le chef-d’œuvre de Papa en matière de noms ?
« … »
— Ding dong !
J’ouvris la porte d’entrée et fis quelques pas à l’intérieur. Le personnel de l’accueil apparut devant moi.
« Vous avez rendez-vou… »
« Oh là là ! Song-i ! »
Je me rappelais vaguement être venue quelques fois au travail de Papa. C’était peut-être pour ça qu’une employée plus âgée me reconnut.
Cette personne était si chaleureuse avec moi, alors que moi, qui avais vécu tant de choses à l’Hôtel, je ne me souvenais même pas de qui elle était.
Ça me rendit étrangement amère.
« Papa est là ? »
« Si vous parlez du directeur, il est en consultation. Oh là là ! »
Sans un mot de plus, j’entrai dans la salle d’examen.
Je savais que c’était impoli, mais cet endroit était à la fois le monde où j’avais vécu et, selon l’Hôtel, une Salle maudite.
Autrement dit, la Fin des temps approchait dans ce monde.
Je n’avais pas le temps de me soucier de l’emploi du temps de la clinique.
Quelques employés, surpris, tentèrent de m’attraper par le bras, mais…
Si je me laissais arrêter pour une broutille pareille, toute l’expérience acquise à l’Hôtel n’aurait servi à rien, non ?
Je n’eus même pas besoin d’utiliser un Héritage.
— Bang !
J’ouvris brusquement la porte. Un homme d’âge mûr, assis devant un ordinateur, leva les yeux, surpris.
« Qui… Hein ? »
« Papa. »
« S-Song-i ? Qu’est-ce qui se passe ? Il y a eu un problème à la maison ? »
Du point de vue de Papa, sa fille venait de débarquer à son travail sans même l’appeler.
C’était tellement inattendu qu’au lieu de me gronder, il semblait craindre qu’il ne soit arrivé quelque chose de grave.
« Faites en sorte que les employés ne s’approchent pas de nous. »
« … D’accord. »
Étonnamment, Papa s’exécuta aussitôt.
Il avait l’air de s’être déjà fait sa propre idée de la situation. Il se trompait complètement, mais je ne pris pas la peine de le corriger.
« Ouf… Song-i. On dirait que tu as appris quelque chose de bouleversant… »
« Tais-toi et réponds à mes questions. »
« Hum ? »
« Tu as eu plus de patients que d’habitude, ces derniers temps ? »
« Pourquoi tu me demandes ça tout à coup… »
« Réponds-moi, c’est tout. Réponds ! »
Papa ne parvenait pas à cacher sa confusion, mais il répondit, comme intimidé par mon ton.
« I-Il y en a eu quelques-uns de plus. »
« Il y avait des animaux bizarres ? Des animaux malades, physiquement ou mentalement ! »
« Song-i, c’est une clinique vétérinaire. Bien sûr qu’on reçoit des animaux malades, physiquement ou mentalement. »
« Je veux dire, des animaux différents de ceux qu’on voit d’habitude… Des patients inhabituels ? »
C’était pour ça que j’étais venue à la clinique de Papa.
La seule chose que je savais sur la chambre 301, c’était qu’un vieux Golden Retriever avait parlé comme un humain quand j’étais petite.
Un vétérinaire renommé ne serait-il pas parmi les premiers à remarquer des phénomènes étranges impliquant des animaux ?
« Raconte-moi un peu. »
« Un animal qui parle comme une personne, par exemple ? »
« Tu veux dire, un perroquet ? »
« Ça pourrait être un chien ou un chat. »
« Si un animal comme ça existait, les gens le signaleraient au Bureau de gestion au lieu de l’amener ici. »
C’était vrai.
Personne n’amènerait son chien chez le vétérinaire s’il se mettait soudain à parler comme un humain.
Tout le monde le signalerait au Bureau de gestion.
Et ensuite ?
« Les animaux emmenés par le Bureau de gestion finissaient généralement par mourir, non ? »
« Hein ? Eh bien, dès qu’il parle, ce n’est plus un animal normal. L’abattage devient inévitable, non ? »
Papa parlait d’abattage comme si c’était évident.
C’était le bon sens dans ce monde.
Une fois que je m’en rendis compte, une idée me vint.
Même si un animal parvenait d’une façon ou d’une autre à acquérir une intelligence humaine, la plupart d’entre eux la cacheraient !
Dès qu’ils se dévoileraient, le Bureau de gestion les emmènerait, leur ferait subir toutes sortes d’expériences et finirait par les tuer. Ils ne se mettraient jamais à parler comme des humains à la légère.
Comme Som-i quand j’étais petite, ils ne prendraient la parole que vieux et proches de la mort, incapables de contenir leur rancœur plus longtemps.
« Tu as vu des animaux qui se comportaient autrement que des animaux ? »
« Hmm… »
Papa semblait essayer de se souvenir de quelque chose.
« Un comportement inhabituel… Une des employées, hum, nourrit les chats errants. »
« Oui. »
« Elle m’a dit avoir vu plusieurs fois un chat bizarre. Il l’avait tellement marquée qu’elle ne pouvait pas l’oublier… »
Après avoir recueilli quelques informations supplémentaires, je me levai.
« Désolée d’avoir débarqué comme ça. »
« Ça ne me dérange pas que tu sois venue, mais il y a vraiment un problème ? Au cas où, Happy ou Ringring se comportent bizarrement ? »
« … Non. »
« Et pourquoi tu as amené Pero ? Il n’est pas malade, au moins ? »
La situation devait sembler étrange à Papa, mais il n’arrêtait pas de poser des questions et ça commençait à m’agacer.
J’envisageais d’utiliser mon bracelet pour régler le problème.
Papa ouvrit alors la bouche, incapable de cacher son hésitation.
« Je… hum… je pensais que… puisque tu m’avais demandé de faire sortir les employés… »
« … »
« Je pensais que tu avais vu quelque chose… d’assez bouleversant. »
Je commençai à avoir un léger mal de tête.
Des souvenirs désagréables que j’avais oubliés se remirent à remuer au fond de mon esprit.
Une chaleur inexplicable monta en moi.
« Je comptais tout te dire… quand le moment serait venu… »
« Que vous préparez votre divorce ? »
« … »
« Ou que vous voyez tous les deux quelqu’un d’autre ? »
« C-C’est… »
« Ça va. C’est arrivé il y a longtemps, pour moi. »
Je laissai Papa derrière moi, déconcerté par mes paroles, et sortis de la clinique.
C’était quelque chose qui s’était passé il y a longtemps.
Je m’en souvenais à peine et, de toute façon, ce n’était pas si grave.
Ça ne me dérangeait pas.
Vraiment pas.
…
Ensuite, je rencontrai l’employée dont Papa m’avait parlé. Elle me décrivit le « chat bizarre » et m’indiqua où il avait l’habitude de traîner.
Heureusement, ce n’était pas très loin de la clinique.
* * *
Il était déjà presque midi.
Quand j’avais entendu parler du chat bizarre à la clinique de Papa, je pensais le trouver rapidement.
Mais même après avoir tourné en rond avec Pero pendant au moins trois heures, je ne l’avais toujours pas aperçu.
« Il ressemble à un British Shorthair, tout gris. Il lui manque une oreille et il boite de la patte arrière gauche… Sérieusement, comment je suis censée le retrouver avec ça ? »
— Bip !
« Toi aussi, tu crois ? Mais Pero, même si moi je ne le trouve pas, toi, tu devrais pouvoir, non ? Tu peux voler dans le ciel ! »
J’aurais peut-être dû le signaler au Bureau de gestion et demander leur aide. J’en sais rien !
C’était toujours pareil. Le début d’une Salle maudite était le plus difficile.
Je ne savais même pas ce que j’étais censée faire !
Dans ces moments-là, Ga-in oppa m’indiquait la bonne direction, ou alors je suivais Seung-yeop partout !
J’étais là à soupirer quand…
— Bip ! Biiiiip ! Bip !
Pero se mit soudain à me tirer frénétiquement les cheveux.
« Aïe ! Pourquoi tu… Ah. »
Un étrange spectacle attira soudain mon regard.
Un chat gris se tenait immobile au milieu de la route.
Le conducteur d’une voiture qui arrivait l’aperçut à temps et klaxonna. Le chat s’écarta, puis retourna au milieu de la route quelques instants plus tard.
J’entendis alors une voix, aussi fugace qu’une hallucination.
‘J’ai peur. J’ai mal. Je souffre. Sortez-moi de là.’
« … »
À quel point était-ce douloureux, pour un esprit humain, d’être prisonnier d’un corps animal ?
Même l’être humain le plus misérable aurait fait envie à un animal sale, qui pourrissait dans la rue.
S’il s’était agi d’un véritable animal, il n’aurait même pas pu reconnaître sa propre misère.
Mais comme il avait un esprit humain, sa souffrance était d’autant plus vive.
Pouvait-il demander de l’aide ?
Révéler son intelligence par la parole ou ses actes était extrêmement dangereux.
Le Bureau de gestion risquait fort de le capturer aussitôt pour le « soumettre à des recherches, puis l’abattre ».
Une chaîne sans fin de désespoir et de douleur.
La conclusion à laquelle de nombreux êtres intelligents finiraient forcément par arriver dans une telle situation.
« … Le suicide. »
Ce chat essayait de se tuer.
Il s’était jeté sur la route parce qu’il voulait mourir, mais en voyant la voiture arriver, il n’avait pas réussi à vaincre sa peur instinctive et avait reculé.
Puis, serrant les dents, il s’était de nouveau élancé sur la route.
Une fois que j’eus compris, je donnai un ordre à Pero.
« Amène-le ici. »
Pero fila comme l’éclair et attrapa le chat gris par la peau du cou, juste au moment où il allait se précipiter une nouvelle fois sur la route.
Paniqué, le chat tenta de s’enfuir. Puis les regards de deux êtres intelligents se croisèrent.
Je sentis la Télépathie s’activer !
* * *
La douleur de se coucher chaque nuit le ventre vide et de fouiller dans les déchets pour trouver à manger.
Le souvenir d’avoir mordu dans de la viande pleine d’asticots et d’en avoir eu la nausée.
La chaleur accablante du soleil le jour, puis le froid mordant de la nuit, sans rien pour s’en protéger.
Personne au monde n’était de mon côté, et les gens me traitaient comme un insecte.
Une vie plus misérable que celle du plus misérable des humains.
Pourquoi m’était-ce arrivé ?
Si j’étais devenu comme ça à cause des péchés commis dans une vie antérieure…
Je vous en prie, accordez-moi une seule chance.
Il n’y avait qu’une seule façon de sortir de cette prison : la mort.
* * *
J’entendis une voix emplie de désespoir.
Au même instant, une voix tout autre me parvint.
Un être merveilleux.
Un ange descendu du ciel.
Mon salut et ma déesse, une bouée de sauvetage dans ce destin misérable.
Le seul être capable de me comprendre.
« … Je t’ai trouvé. Viens ici. »
Une voix qui m’atteignait.
L’affection débordante que l’autre être éprouvait pour moi.
L’Affinité et la Télépathie fonctionnaient !
« Cet individu » était précisément celui que je cherchais.
Je serrai contre moi la créature misérable, tremblant de tout mon corps comme si la foudre m’avait frappé.
À cet instant, j’étais la déesse et la sauveuse de quelqu’un.
« Allons-y. On a beaucoup de choses à se raconter. »
* * *
– Lee Eun-sol
Je parcourais frénétiquement des documents et rassemblais des informations quand on frappa à la porte, qui s’ouvrit.
« Quoi ? »
« D-Directrice exécutive ! »
« Je vous ai dit de ne pas me déranger… »
« C’était un mail tellement bizarre que je n’avais pas le choix ! »
« Un mail bizarre ? »
« Au début, j’ai cru à une publicité pour des produits agricoles, mais le contenu… »
« Des produits agricoles ? Le contenu ? »
« … Il y avait plusieurs lignes d’informations sensibles sur la caisse noire du président. »
« C’est du chantage ? »
« Vous comprendrez en le lisant, mais il est écrit que ce mail doit être remis à “Eun-sol unni”. Et que si nous ne le transférons pas, il sera envoyé à un journaliste d’ETS… »
Dès que j’entendis « Eun-sol unni », je devinai à peu près de qui il s’agissait.
Mais en lisant le contenu du mail, je ne pus m’empêcher de rire.
« Pff ! »
« D-Directrice exécutive ? »
« Inutile de vous inquiéter. Ce n’est pas le mail de chantage que vous imaginez. »
010 - xxx - xxxx
+ Veuillez vous assurer que ce message parvienne à Eun-sol unni.
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