Chapitre 455
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ S’évader de l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 454 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui renaît après cent jours (17)
──────
— Yoo Song-i
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je repensai à ce qui s’était passé lors de la deuxième tentative.
Quel genre d’homme était le maire Leon Kadyrov ?
Quelqu’un qui croyait pouvoir sacrifier les citoyens des classes inférieures au nom de la ville, à tout moment.
Quelqu’un qui ne faisait réellement confiance à personne, pas même à ses propres parents.
Ce n’était certainement pas un homme bon.
Mais quand il s’agissait de la ville, il avait un sens du devoir écrasant.
Étrangement, il ressemblait à un agent du Bureau de gestion.
Le Progéniteur, qui était plus proche du statut de véritable agent, avait pourtant paru aussi humain que n’importe qui sur le plan émotionnel…
Quoi qu’il en soit, pour prendre le contrôle de la ville sans entrer en conflit avec le maire, nous devions remplir deux conditions.
Premièrement, révéler que le maire lui-même était en phase terminale.
Deuxièmement, prouver que j’étais capable de faire tenir la ville.
Quelle pourrait être une troisième condition intéressante ?
« Papa. J’ai quelque chose à te dire. »
« Tu as quelque chose à me dire ? »
Ça y est.
« Il y a quelques jours, j’ai rencontré un survivant de l’Ordre de la Raison qui était remonté des profondeurs. »
« … Comment connais-tu ce nom ? »
« Cet homme a dit que le Paradis était en danger et qu’il devait rencontrer la personne responsable de la ville. »
« Ridicule ! Le Progéniteur a dit que les contacts avec les profondeurs avaient cessé depuis plus de cent ans. Comment pourrait-il rester un survivant après tout ce temps ? »
Comme je m’y attendais, le maire ignorait tout du décalage temporel dans les profondeurs.
« … À proprement parler, il n’était pas vivant. »
« Quoi ? »
* * *
— Frouu !
Le vent salé me chatouilla le nez.
« Waouh ! Cette fois, c’est la plage ? On est où ? »
« … »
C’était sans doute la plage de Jumunjin, à Gangneung.
Je me souvenais y être souvent venue avec ma famille quand j’étais petite.
À l’époque, mes parents s’entendaient encore bien.
« C’est chouette, il n’y a personne ! On pourrait même se baigner. »
« … »
C’était l’endroit le plus secret au monde : un rêve.
Il n’aurait même pas dû y avoir quelqu’un d’autre ici !
Cet Hôtel maudit avait transformé jusqu’aux rêves, ce dernier refuge, en un lieu où l’on ne pouvait pas baisser sa garde.
« Euh… Song-i ? »
« … »
« C-ce n’est pas un raz-de-marée, hein ? Je veux dire, un tsunami sur une plage coréenne… Aaaah ! Song-iii ! »
Mon petit monde répondit à ma colère en déclenchant un tsunami.
À cause de ça, Ga-in, qui se trouvait à côté de moi, s’accrocha à un arbre pour ne pas être emporté.
« P-pourquoi est-ce que moi seul me fais emporter ? Tu es juste à côté de moi… »
« Parce que c’est mon rêve. Ha ! Arrête ! »
« … ? »
« Hein ? Pourquoi le raz-de-marée ne s’arrête pas ? »
« Aaaah ! »
* * *
Flash !
Je me réveillai dans un lit, encore traversée par cette sensation.
« … »
Le lit penchait vers la droite.
Parce que quelqu’un de plus lourd que moi était allongé à côté.
Ga-in se prit la tête entre les mains et se plaignit.
« On s’était mis d’accord avant d’entrer, cette fois. Alors pourquoi il y a eu un raz-de-marée ? »
« Tu ne le sais peut-être pas, mais mes rêves sont généralement remplis de raz-de-marée infernaux et de collisions de météorites. »
« Mais qu’est-ce que tu racontes… »
« La prochaine fois, ce sera des volcans et des dinosaures. »
« J’aimerais bien voir les dinosaures. »
« … »
À partir de maintenant, j’allais transformer mon monde onirique en enfer.
Comme ça, cet homme dont je ne pouvais pas me méfier à la légère ne viendrait plus s’incruster dans mes rêves !
« Quoi ? Pourquoi tes vêtements sont aussi sales ? Tu es couvert de terre. »
« Tu ne savais pas ? J’ai dormi dehors. »
« Comment ça… Ah. »
Maintenant que j’y pensais, il ne devait pas pouvoir utiliser le Royaume des Rêves dans le rayon d’action de la Raison indomptable.
Ga-in était-il sorti du Paradis par le passage dont il avait appris l’existence lors de la tentative précédente ?
Il avait dû utiliser le Royaume des Rêves en dormant dehors, d’où son état lamentable.
Cette peinture était problématique à bien des égards, mais c’était un outil incroyablement utile.
Et si nous n’avions pas eu le Royaume des Rêves ?
Rien que pour faire entrer Ga-in dans le Manoir flottant, ça aurait été un sacré défi.
« Attends un peu. On va bientôt rencontrer le maire, alors tu dois avoir l’air digne… »
« Non, je viens d’avoir une bonne idée. Allons-y tout de suite. »
« … D’accord. »
* * *
— Grincement !
La porte s’ouvrit. Leon, qui avait passé une partie de la nuit à examiner des documents, leva les yeux.
« Que se passe-t-il à une heure pareille ? »
« … Cet homme est apparu. »
« Quoi ? Le système de sécurité n’a détecté aucune intrusion. Comment a-t-il pu surgir comme ça… »
Même le grand maire fut décontenancé à l’idée qu’un mystérieux individu se prétendant survivant de l’Ordre soit entré par effraction dans le manoir.
Je pris la parole aussi calmement que possible.
Comme une jeune fille qui cachait un secret, je m’efforçai de prendre l’air le plus mystérieux possible.
Comme A-ri.
« Pourquoi es-tu si surpris ? Ne bouge pas. Il sera bientôt là. »
Peut-être avait-il perçu quelque chose d’inhabituel chez sa fille, qu’il croyait immature. Le regard du maire vacilla lorsqu’il me fixa.
Un homme imposant, chargé de garder le manoir, entra alors par une autre porte.
« Robert ! »
« … »
« Song-i vient de me prévenir. Elle dit qu’un intrus est entré dans le manoir. Active le système de sécurité immédiatement… »
« Maire, vous vivez dans un endroit agréable. »
Une voix étrange, comme une broche de fer qu’on raclait contre du métal.
À l’évidence, ce n’était pas la voix de Robert.
Il devait avoir utilisé le Grimoire pour prendre le contrôle du corps de Robert, mais qu’est-ce que c’était que cette voix ?
Avait-il appris une technique vocale répugnante auprès d’Elena ?
« … Qui êtes-vous ? »
« Comme je vous envie ! Nous vivions dans un endroit pire que l’enfer, où nous prenions la souffrance pour une douceur. Comment se fait-il que vous seul puissiez profiter d’un tel luxe ? »
Le visage du maire pâlit légèrement.
Son attitude se fit naturellement plus respectueuse.
Si cet homme venait vraiment de l’Ordre, il était pratiquement le supérieur du maire.
« S-si vous venez de l’Ordre, je vous en prie, comportez-vous comme un être humain. Vous n’avez rien à gagner à me menacer. »
« Rien à gagner ? Vous le croyez vraiment ? »
« Qu’est-ce que vous… »
— Crac !
« Guh ! »
L’instant d’après, l’homme se jeta brusquement en avant et saisit le maire à la gorge.
Des gestes imprévisibles, une force surnaturelle, une présence démoniaque.
Même en sachant que tout cela n’était qu’une mise en scène, j’étais impressionnée.
Si je ressentais ça, le maire devait avoir du mal à garder son sang-froid.
« Quel corps vigoureux ! Ton cœur qui bat est si tentant ! »
« Ghh ! P-pitié, calmez-vous… »
« Mon enfant, j’ai servi l’humanité toute ma vie. J’ai pourri dans un abîme privé de lumière, sans richesse ni honneur. »
« V-vous avez beaucoup souffert. Je comprends, alors… »
« Dans ce cas, ne devrais-tu pas m’offrir ton corps, toi aussi ? »
« Mmgh ! »
… Waouh !
On se serait cru dans un film d’horreur.
Le maire l’ignorait, mais nous avions aussi envisagé que Ga-in prenne possession de son corps.
Nous avions écarté cette possibilité.
Pas parce que nous voulions respecter les exploits d’un maire qui avait consacré sa vie à faire tenir le Paradis.
C’était parce que prendre la place du maire nous aurait obligés à perdre un temps fou dans des tâches administratives sans intérêt.
Je le savais par expérience.
Il était temps que j’intervienne.
— Flash !
Une lumière froide et acérée jaillit de mon bracelet et transperça le bureau.
Comme si elle allait chasser sur-le-champ la folie d’un sorcier corrompu !
L’instant d’après, le géant qui tenait le maire par le col tordit tout son corps et ouvrit de grands yeux.
« Hein ? Hein ? M-maire ! Qu’est-ce que… »
« Ghh ! R-Robert ! Si tu as repris tes esprits, lâche-moi… »
À quel point Robert devait-il être perdu ?
Il avait seulement fait de son mieux pour protéger le manoir, mais après avoir perdu connaissance, il s’était réveillé en train d’étrangler presque son supérieur à mort.
Malheureusement, sa terrible journée n’était pas terminée.
« A-ah ! Ma main… Ma main ! »
La main droite de Robert se contorsionnait comme un ver frétillant.
En voyant sa main bouger contre sa volonté, Robert blêmit.
D’abord sa main droite, puis son poignet, et bientôt son épaule droite et le haut de son corps.
Comme le venin d’un serpent qui se répandait depuis sa main dans tout le haut de son corps, la partie qu’il ne parvenait pas à contrôler s’étendait peu à peu.
On aurait dit qu’un démon jouait avec un humain.
Dans ce genre de situation, beaucoup réagissaient de la même manière.
« D-Dieu ! Progéniteur ! »
Parce qu’ils ne pouvaient pas y faire face par leurs propres moyens.
Parce que c’était un désastre qui dépassait leurs capacités.
Tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était prier une grande entité transcendante.
Heureusement, Robert fut sauvé une fois encore.
— Flash !
Lorsque le bracelet brilla de nouveau, le bras de Robert redevint normal.
Le maire et Robert tournèrent les yeux vers moi, qui semblais contenir un démon grâce à un mystérieux pouvoir.
« Mademoiselle Song-i ! »
« Song-i ! Tu maîtrises ce monstre avec ton bracelet ? »
Le bracelet pouvait-il contenir le pouvoir du Grimoire ?
Il pouvait sans doute détecter une Possession, mais au-delà, ça semblait difficile.
De toute façon, tout ça n’était qu’une comédie.
Je pris donc un air encore plus convaincant.
« Oui. Ne bougez pas, tous les deux. Hoo… Cain ! »
Aucune réponse.
Bien sûr. Un être démoniaque devait agir avec gravité.
« Cain, tu comptes te battre contre moi ? Montre-toi, maintenant. »
— Grincement !
La porte du bureau s’ouvrit une nouvelle fois et un homme entra.
Je vis le regard du maire trembler dans tous les sens et compris.
Cet homme avait peur de Ga-in.
Il était submergé par une terreur surnaturelle.
Tout ce que nous lui avions montré jusque-là visait à lui inspirer ce sentiment.
* * *
— Kim Sang-hyeon
Il y avait une contradiction concernant le Roi démon.
Les archives laissées par l’Ordre, qui avait scellé le Roi démon malgré ses lacunes, et le vécu de Ga-in, qui avait affronté son pouvoir sans jamais pouvoir rivaliser, avaient un point commun.
Le Roi démon ressemblait davantage à une catastrophe naturelle cosmique, incapable de communiquer, qu’à un être doté d’une personnalité.
Alors, comment un tel être pouvait-il avoir des fidèles ?
Il se pouvait que ses fidèles le servent de leur propre chef.
Les humains avaient toujours vénéré comme des dieux des phénomènes naturels tels que les typhons et les éclairs.
Mais un typhon ne pouvait pas accorder une Révélation aux humains.
Lors de la deuxième tentative, le Roi démon avait révélé à ses fidèles que Han Ga-in était un faux prophète.
Le Roi démon était-il réellement capable de communiquer ?
Ou bien le Culte cachait-il un autre secret, indépendant du Roi démon ?
L’une de ces deux possibilités devait être vraie.
J’avais l’intention de découvrir ce secret.
* * *
« Kadyrov nous a trompés ! Il nous a condamnés à un cycle de souffrances sans fin… »
— Clic !
Dans la caverne souterraine du Paradis, où le rassemblement battait son plein, quelqu’un s’approcha de moi.
Les fidèles à proximité s’inclinèrent devant elle, le visage légèrement ému.
C’était logique.
Pour les croyants ordinaires, A-ri était la preuve vivante de l’existence d’un dieu.
A-ri s’arrêta devant moi.
« … »
« … »
Son regard me posa une dernière question.
Tu veux vraiment aller jusqu’au bout du plan ?
Quand nous en avions discuté dehors, A-ri s’était opposée à mon plan jusqu’au bout.
Je lui répondis du regard, moi aussi.
Allons-y.
Alors, une petite main jaillit comme l’éclair et m’attrapa par le col.
« Je t’ai eu ! »
À sa voix perçante, les gens autour de nous se mirent à murmurer. Même le prédicateur nous dévisagea, surpris.
« Q-qu’est-ce que… M-mademoiselle A-ri ? Qu’est-ce que… »
« Tout le monde, attentionnn ! J’ai attrapé l’espion de Kadyrov ! »
Les membres du Culte du Roi démon réunis dans la caverne souterraine ne craignaient et ne haïssaient personne autant que le maire.
À la mention d’un espion envoyé par ce maire, tout le monde fut bouleversé.
Les gens qui s’étaient attroupés autour de moi me ligotèrent dans la confusion, tandis qu’A-ri fouillait mes vêtements et trouvait ma carte d’identité.
« Regardez tous ! Citoyen de deuxième classe, Kim Sang-hyeon ! »
Le Culte du Roi démon ne faisait aucune discrimination entre ses fidèles selon leur classe. Être un citoyen de deuxième classe n’était donc pas un problème en soi.
Le problème, c’était la mention suivante.
« Un agent d’inspection qui travaille directement pour le maire ! Vous voyez ? »
Je faillis rire.
A-ri ne trouvait-elle pas elle aussi la situation absurde ?
Pour A-ri, un agent du Bureau de gestion, et pour moi, qui avais servi dans les forces spéciales, cette histoire était si invraisemblable qu’elle s’effondrait au bout de trois secondes de réflexion.
Quel agent secret assez idiot se promènerait avec ses papiers aussi négligemment ?
« Urgh, c-c’est vrai ! C’est l’agent d’inspection du maire ! »
« C’est qui, ce connard ? »
« Espèce de fils de pute… »
« Je ne savais pas qu’il était comme ça… »
Ça suffisait tout de même à tromper les gens ordinaires.
Mais pouvait-on vraiment parler de tromperie ?
Dans le cadre de la chambre 206, j’étais bel et bien un agent secret.
— Boum ! Paf !
Les fidèles furieux continuèrent à me rouer de coups.
A-ri semblait un peu désemparée en essayant de les arrêter, mais il n’était pas facile de les calmer.
Ce n’était pas grave. Même avant d’arriver à l’Hôtel, j’avais connu pire.
Heureusement, les dirigeants du Culte arrivèrent, l’air décontenancé, en moins de dix minutes.
« Un agent d’inspection ? Quelle absurdité ! »
« Vermine ! On va t’écorcher vif… »
« Attendez ! »
Une voix sèche fit taire la foule.
C’était Raymond, le plus haut placé parmi les anciens du Culte.
Il avait également été le premier à comprendre que Ga-in était un imposteur lors de la tentative précédente.
« Nous devrions l’interroger avant de le tuer. Ce salaud… »
« Je vais l’interroger. »
À la voix calme d’A-ri, les anciens s’agitèrent.
Je l’avais déjà remarqué lors de la tentative précédente : le rang d’A-ri n’était pas aussi élevé que je l’aurais cru dans les réunions des hauts responsables du Culte.
C’était probablement parce que, selon le scénario, elle était une jeune fille.
« C’est moi qui l’ai attrapé, non ? Vous connaissez le pouvoir du sang ? »
C’était pour ça qu’A-ri avait dû jouer cette comédie en faisant semblant de m’attraper.
Au moins dans cette situation, A-ri devait avoir davantage d’influence.
« … Fais comme tu veux. »
Ça commence.
…
À cet instant, une pression indescriptiblement puissante pesa sur mon cœur.
Avec l’expérience accumulée à l’Hôtel et l’aide d’A-ri, tromper les humains du Culte ne serait pas difficile…
Mais comment le Roi démon réagirait-il à une tentative de contact de la part des participants ?
Je n’en savais rien.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>