Chapitre 350
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 349 : L’Enfer des Fantômes affamés (3)
──────
— Kim A-ri
Seule dans la voiture, je réfléchis aux forces qu’il me restait.
La situation était la même que lorsque j’avais autrefois offert la Prière pour le Repos de Mi-ro.
Mon Héritage était scellé, mais ma bénédiction était toujours là.
Je pouvais donc utiliser la Boussole ou la Fille quelconque.
Le combat direct serait compliqué, mais c’était idéal pour me faufiler sans me faire remarquer.
Je réfléchis ensuite aux problèmes de So-yeon.
D’abord, le harceleur qui lui envoyait des textos.
Retrouver un fan obsessionnel dérangé qui se cachait quelque part en Corée du Sud et le punir serait difficile.
Ça aurait peut-être été possible si j’avais été une agente du Bureau de gestion dans ce scénario, mais ce ne serait pas facile en étant une simple adolescente.
De plus, je ne pensais pas que la personne qui envoyait ces messages était à l’origine du problème.
So-yeon n’était pas une personne ordinaire. C’était une célébrité connue dans tout le pays et, si ses informations personnelles venaient à fuiter, il y aurait assez de harceleurs prêts à lui coller aux basques pour remplir dix bus, et même plus.
Est-ce que je devais chercher qui, dans l’entourage de So-yeon, continuait à divulguer son emploi du temps et son numéro de téléphone ?
Les gens concernés avaient probablement déjà essayé de le découvrir…
Ensuite, le mystérieux taré qui était apparu deux mois plus tôt.
Ce cas était en réalité bien plus grave que le premier.
Il ne s’était pas contenté de connaître le programme de So-yeon pour la journée. Il avait agi au moment précis où son garde du corps et son équipe étaient absents.
Il y avait de fortes chances que cette personne soit proche de So-yeon.
Un fan obsessionnel qui avait eu de la chance et obtenu son numéro ou son programme de tournage n’aurait pas pu faire ça aussi facilement.
Enfin, il y avait cette présence non identifiée qui était apparue tard dans la nuit chez So-yeon sans être captée par les caméras de surveillance.
Vu les circonstances, ça ressemblait à une sorte d’entité de légende urbaine, mais je ne savais pas comment m’y prendre.
S’il s’agissait d’un esprit maléfique incorporel, même un Héritage aurait du mal à régler le problème. Avec ma seule bénédiction, ce serait impossible.
Alors que je finissais de réfléchir à tout ça, So-yeon et Kang-hyeok rejoignirent le SUV.
« L’histoire qu’on a racontée à la radio aujourd’hui n’était pas complètement dingue ? »
« Je crois que c’est parce que tu acceptes trop de questions absurdes. »
« Mais non, je tenais le micro, et le producteur m’a dit de la lire ! »
« Je devrais aller lui coller une beigne ? »
« Oh, arrête. Tu plaisantes ! »
« Je vais laisser passer pour cette fois, à ce fils de pute de producteur. »
La plaisanterie de Kang-hyeok sembla apaiser un peu l’agacement de So-yeon.
« Beau travail, grande sœur ! »
« Merci ! Oh, Kang-hyeok. Le tournage de la pub de ce soir a été annulé. »
« Quoi ? Comment ça se fait… »
« Je t’expliquerai plus tard. Je suis fatiguée, alors rentrons d’abord. »
« Compris. Mais, madame, il est tard. On ne devrait pas raccompagner A-ri chez elle ? »
Pourquoi parlait-il soudain de rentrer ?
Ce brusque changement de situation me prit complètement au dépourvu.
À bien y réfléchir, même si j’étais une employée, à vingt-deux heures, ma journée de travail était terminée.
Et si j’étais davantage une petite sœur proche à qui on donnait de l’argent de poche qu’une employée, j’avais encore plus de raisons de rentrer.
Je cherchais quoi dire pour rester auprès de So-yeon, en mettant mes autres projets de côté pour le moment.
Mais le problème fut réglé aussitôt.
« A-ri ! Pourquoi tu ne dormirais pas chez moi ce soir ? »
« Hein ? »
« Je t’ai dit que j’avais aménagé une salle de cinéma chez moi, non ? »
Tu m’as dit ça, toi ?
« Je n’arrête pas de te dire que je te la montrerai, et ce soir, c’est l’occasion parfaite. »
Mieux valait rester avec So-yeon que me retrouver séparée d’elle. Je répondis donc sans hésiter :
« Ça me va ! »
« Alors je t’emmène directement chez elle ce soir. »
Le SUV traversait le centre de Séoul, toujours aussi illuminé qu’en plein jour malgré l’heure tardive, quand So-yeon prit la parole, l’air fatigué.
« La pub. »
« Ah, oui. Comment ça se fait qu’elle ait été annulée ? Le jour même du tournage ? »
« Le président les a contactés et m’a retirée du projet. »
« … »
« … »
« Seok-min a peut-être pensé que tu avais déjà trop de travail. »
« Tu le penses vraiment ? »
« … »
Le président devait être Kim Seok-min, le directeur de l’agence de So-yeon dont ils avaient parlé plus tôt.
Kang-hyeok avait dit qu’elle était devenue une star et qu’il lui obéissait au doigt et à l’œil, mais l’ambiance donnait une tout autre impression.
« Je devrais lui parler demain ? »
« Qu’est-ce que tu peux faire ? Tu crois que le président t’écouterait ? »
« … Désolé. Je vais me concentrer sur la route. »
So-yeon s’emportait pour un rien, et Kang-hyeok finit bientôt par se taire.
Quoi qu’il en soit, l’ambiance ne se prêtait pas du tout à une sortie cinéma avec sa petite sœur.
Qui sait ? Mais surtout, je commençais à m’inquiéter.
Le harcèlement par textos avait commencé sept mois plus tôt. Le taré qui était apparu alors qu’elle rentrait chez elle s’était manifesté deux mois auparavant, et le phénomène bizarre dans sa maison avait eu lieu trois jours plus tôt.
Tout ça s’était déjà produit. Alors pourquoi étais-je arrivée à ce moment précis ?
Ça ne voulait pas dire qu’il allait se passer quelque chose aujourd’hui ?
« Grande sœur. »
« … »
« Grande sœur. »
« Quoi ? »
« Quelque chose ne va pas ? »
« Tout va bien. »
« Tu n’en as pas l’air. »
« J’ai dit que tout allait bien. »
« Non. Si tu comptes faire cette tête-là, soit tu arrêtes de le montrer devant moi, soit tu arrêtes de répéter que tout va bien alors que c’est évident que quelque chose cloche. »
C’était déjà assez pénible de devoir employer des formules de politesse avec une fille bien plus jeune que moi. Est-ce qu’elle était obligée de me harceler comme ça ? Il fallait que je lui en colle une pour qu’elle se décide à parler ?
« Si tu continues, je rentre chez moi. »
C’était une erreur ? Je ne pouvais pas rentrer.
« … Ce n’est vraiment rien, mais tu en fais toute une histoire. »
Quand je parlai de rentrer chez moi, So-yeon eut un petit rire et m’expliqua qu’elle avait eu un léger désaccord avec le président.
Je restai tendue pendant le reste du trajet, mais rien ne se passa avant notre arrivée chez So-yeon.
Kang-hyeok nous accompagna jusqu’au parking avant de partir.
Il gara la voiture avec laquelle nous étions arrivées chez So-yeon, puis s’en alla. Il avait donc soit une autre voiture pour rentrer, soit il habitait assez près pour faire le trajet à pied.
* * *
Quelque chose clochait.
So-yeon passait pourtant par ce parking souterrain tous les matins, mais aujourd’hui, il lui semblait terriblement inquiétant.
On aurait dit qu’une chose tapie dans l’obscurité allait lui enrouler le cou et serrer.
« Les lumières sont vraiment faibles… Je devrais le signaler au gardien demain. A-ri, viens par là. »
« D’accord. »
So-yeon comprit alors ce qui alimentait son anxiété.
On aurait dit que la moitié du courant était coupée. Les néons n’arrêtaient pas de clignoter et une vieille machine grinçait.
— Clic !
Soudain, des pas irréguliers se rapprochèrent.
So-yeon tourna d’abord la tête, pensant qu’il s’agissait d’une autre personne qui utilisait le parking. Puis elle comprit que ce n’était pas un voisin et pâlit aussitôt.
La silhouette qui approchait semblait avancer lentement, mais c’était uniquement parce que la lumière ne l’éclairait pas bien.
Bientôt, A-ri et So-yeon aperçurent ses cheveux dressés dans tous les sens et ses yeux injectés de sang.
Dès qu’elle reconnut l’individu, So-yeon trouva on ne savait comment le courage de serrer la main d’A-ri et de la pousser derrière elle.
« Hein ? »
« Reste derrière moi un instant. »
A-ri trouva la situation étrange.
Si un homme inconnu apparaissait soudain dans un parking, une jeune femme d’une vingtaine d’années, célèbre ou non, ne devrait-elle pas crier et s’enfuir, ou s’effondrer sur place ?
So-yeon ne réagissait pas comme ça. Elle n’avait pas l’air particulièrement courageuse. Surtout, elle semblait savoir qui il était.
« Tu es venu jusqu’ici, maintenant ? »
« Comment aurais-je pu faire autrement ? »
A-ri comprit qu’ils se connaissaient.
« Je ne t’ai jamais appelé… »
« C’était quoi, ce mail ? Tu as demandé conseil à un avocat ? »
« … »
« Tu vas vraiment continuer comme ça ? Tu crois que l’annulation de la pub d’aujourd’hui, c’est tout ce que je peux faire ? »
À ce moment-là, A-ri comprit qui était l’homme qui avait fait irruption chez So-yeon, furieux.
Kim Seok-min, le président de l’agence avec qui elle était récemment en conflit.
« Je te l’ai déjà dit, non ? Ne sois pas trop ambitieuse ! »
« Ouf… La personne de tout à l’heure, c’était quelqu’un que tu avais envoyé ? Un employé ? Je ne la connaissais pas. »
« Tu sais bien que j’ai beaucoup de gens sous mes ordres. »
« N’approche pas ! »
« Qu’est-ce que tu racontes ? On dirait que tu ne m’entends pas quand je te parle d’ici. »
Le président se fit de plus en plus menaçant en s’approchant de So-yeon, sans se soucier le moins du monde d’A-ri, qui se tenait à côté d’elle.
A-ri ne comprenait pas ce qui donnait à ce salaud l’assurance d’agir aussi violemment alors qu’une villa haut de gamme comme celle-ci devait forcément être équipée de caméras de surveillance.
« Monsieur, je devrais appeler la police ? »
« A-ri, va là-bas. Ce n’est pas une histoire dans laquelle une gamine devrait se mêler ! »
« Ce fils de pute ne veut rien entendre. »
« … Quoi ? Qu’est-ce que… »
À l’insulte cinglante d’A-ri, So-yeon et le président se tournèrent tous les deux vers elle.
« Fille quelconque, activation. »
L’instant d’après, tous deux relevèrent la tête comme si rien ne s’était passé et se concentrèrent de nouveau l’un sur l’autre.
« Président, si vous ne partez pas tout de suite, je vous dénonce ! »
« Très bien ! Dénonce-moi. Je prendrai un avocat pour rupture de contrat, alors n’oublie pas ça ! »
— Bang !
« Ah ! »
« Et toi, So-yeon, depuis quand tu me réponds aussi violemment, putain ? Tu as un peu de succès et tu crois soudain que le monde entier t’appartient ? »
Il était déjà arrivé juste à côté d’elle et avait frappé le mur de la main. So-yeon faillit s’effondrer sans même s’en rendre compte.
Je ne dois pas le laisser m’intimider, pensa So-yeon.
Kim Seok-min avait beau être complètement fou, ils n’étaient pas perdus au milieu d’une montagne isolée. Ils étaient en plein Séoul ; il ne pouvait pas lui faire de mal.
Alors, quelque chose qu’aucun d’eux n’aurait pu imaginer se produisit.
— Vroum ! Crac !
Le lourd SUV bondit soudain en avant et fonça droit sur eux !
« Ah ! »
« M-Mais qu’est-ce que ce taré est en train de foutre ?! »
Le SUV s’arrêta près d’eux et Seok-min jura en s’approchant.
« Hé ! T’es qui, putain ? Sors tout de suite ! »
« Oh là là, que j’ai peur. »
« Qu’est-ce que… Hein ? A-ri ? »
« Désolée. Grande sœur a dit qu’elle m’apprendrait à conduire aujourd’hui. »
« Toi, je t’avais dit d’aller là-bas tout à l’heure… »
— Vroum !
L’instant d’après, le SUV sembla reculer tout naturellement, puis fonça droit sur Seok-min sans hésiter !
« Argh ! »
Même en voyant le SUV lui foncer dessus, Seok-min pensa :
Elle va s’arrêter.
Bien sûr qu’elle va s’arrêter.
Même si cette salope d’A-ri est complètement folle, elle s’arrêtera avant d’aller trop loin !
— Crac !
La Porsche ne s’arrêta pas.
Le pare-chocs percuta Seok-min, le projeta en arrière et l’écrasa contre le mur du parking.
« K-Keuh ! T’es vraiment cinglée… ! »
« Ah ! »
« Pourquoi vous criez ? »
« Monsieur ! Je suis désolée. »
« Q-Quoi ? »
« Je ne sais pas très bien distinguer l’accélérateur du frein. »
« Q-Quelle connerie complètement dingue… »
« Le frein est à droite ? C’est ça, non ? »
— Vroum !
« Aaaah ! »
« Ou pas ? »
« P-Pitié, calmez-vous ! Pourquoi vous faites ça ? »
« C’est un virage à droite ? Attention ! »
« Guh ! C-Comment vous comptez assumer les conséquences d’un truc pareil… ? »
« Vous me déconcentrez, monsieur. »
« Mais de quoi tu parles, putain ?! »
« Vous parlez trop. Vous parlez tellement que je n’arrive pas à me concentrer sur la conduite. Si vous continuez à remuer la langue comme ça, mon pied risque d’appuyer sur l’accélérateur sans que je m’en rende compte. »
« Toi… Espèce de… »
« L’accélérateur ! L’accélérateur ! Vroum ! »
« … »
« Vous avez déjà entendu ce dicton ? »
« … »
« Se faire renverser par une voiture et mourir, c’est en fait une mort naturelle. Si vous aviez la vingtaine et des réflexes rapides, président, vous pourriez ouvrir grand les yeux, esquiver la voiture qui arrive et survivre. »
« M-Mais quelles conneries tu racontes… »
« Ouvrez la bouche ! Voilà votre mort naturelle ! »
— Vroum !
À ce moment-là, Seok-min capitula et se mit à courir.
« Espèce de cinglée ! »
« Mort natureeeelle ! »
« Aaaah ! »
Seok-min finit par quitter le parking en courant et s’engouffra dans la ruelle. Ce n’est qu’alors que le SUV s’arrêta.
* * *
— Kim A-ri
Une fois le tumulte retombé, So-yeon s’approcha de moi, l’air hagard.
Tout à l’heure, elle avait essayé de me cacher ses problèmes avec le président. Peut-être avait-elle changé d’avis, car elle me raconta toute l’histoire d’un seul coup.
En l’écoutant, j’eus l’impression d’avoir déjà entendu ça.
Avant que So-yeon ne devienne une star et ne connaisse le succès, le contrat qu’elle avait signé avec son agence ressemblait apparemment à un contrat d’esclave.
Avant sa réussite, l’agence avait eu l’essentiel du pouvoir, alors elle avait accepté de supporter un contrat pareil. Mais désormais, elle ne pouvait plus le tolérer.
Quand elle avait proposé de renégocier, le président était entré dans une colère noire. Ils s’étaient disputés plusieurs fois et restaient engagés dans un bras de fer.
Qui avait raison ou tort dans un litige contractuel ?
Je n’en savais rien.
So-yeon disait que l’ancien contrat était un contrat d’esclave et qu’il leur fallait désormais un accord équitable, mais si j’interrogeais le président, il y avait fort à parier que j’entendrais une version complètement différente.
Le président avait clairement eu tort de débarquer chez So-yeon et de la menacer aujourd’hui, mais c’était une autre affaire que le litige concernant le contrat avec l’agence.
Peu importe.
Je n’avais sûrement pas à régler le conflit juridique de So-yeon.
Si l’Hôtel comptait me faire faire ça, il aurait au moins pu me donner le rôle d’une brillante avocate sortie d’une grande faculté de droit, non ?
Le problème que je devais régler, c’était ce président cinglé qui s’était pointé chez So-yeon et avait fait un scandale. Et j’avais réussi à m’en sortir.
So-yeon continuait de me regarder, abasourdie, tandis que je hochais la tête pour moi-même.
« A-ri… »
« Oui ? »
« D-D’abord, merci ! Merci infiniment. Mais comment tu as pu faire une chose pareille ? Quand as-tu appris à conduire ? Et où as-tu trouvé les clés de la voiture ? »
« Ce n’est rien. »
Ce n’était vraiment rien. De toute façon, je n’avais pas l’intention de rester longtemps dans tes souvenirs.
Quel avantage pouvait avoir une étrangère entrée par possession sur les gens qui vivaient dans ce monde ?
Inutile de nous préoccuper de la suite.
Que la police m’attrape et me fasse juger bientôt ne m’importait pas. Je comptais tout terminer avant que ça arrive.
« Bon, le problème de ce mystérieux taré qui a commencé à apparaître il y a deux mois est réglé ! »
« Quoi ? »
« Dépêchons-nous d’aller chez toi, grande sœur. Il faut qu’on règle ce phénomène digne d’une histoire de fantômes qui s’est manifesté chez toi. »
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>