Chapitre 310
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 309 : Chambre 204, Salle de mission — « Hôtel Cinéma » (31)
──────
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 135
Lieu actuel : Niveau 2, chambre 204, Salle de mission, « Hôtel Cinéma »
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Le film prit fin et l’écran s’éteignit. Un instant plus tard, il se ralluma, signalant que la personne suivante devait entrer. J’étais le dernier à avoir encore une chance.
Même maintenant, la plupart de mes compagnons ne comprenaient pas vraiment ce qui s’était passé à l’écran.
« Q-Qu’est-ce que c’était ? Pourquoi le film s’est-il arrêté ? Seung-yeop ne s’est pas échappé ? »
À la question déconcertée de Jin-cheol, le docteur répondit avec un air tout aussi perplexe.
« Le film s’est terminé sans montrer la scène du café. Ça veut dire qu’il a été éliminé en un instant ? Et si c’est le cas, qui s’en est pris à Seung-yeop ? Ce n’était quand même pas Dollyphant ? »
« Sang-hyeon, cet éléphant était assez loin de Seung-yeop. Et puis, vu son caractère, il l’aurait sûrement attrapé avec sa trompe pour s’amuser avec lui avant de le tuer, plutôt que de le prendre par surprise, non ? »
Elena et Song-i ne comprenaient pas non plus pourquoi le film s’était terminé juste après que Seung-yeop eut quitté le manoir.
Et moi…
J’avais vu l’être qui s’en était pris à Seung-yeop. J’avais compris de qui il s’agissait !
« Tout le monde, écoutez-moi. »
Après m’avoir entendu, mes compagnons restèrent bouche bée. Le docteur me demanda, stupéfait :
« Comment tu t’en es rendu compte ? Si ç’avait été Mademoiselle Eun-sol, j’aurais pensé qu’elle l’avait remarqué grâce à ses yeux, mais je suis surpris que tu l’aies vu, Ga-in. »
« Comme tu l’as dit, je n’ai pas une vue particulièrement perçante. J’ai juste vécu quelque chose de similaire. »
Une expérience similaire. Dès que j’en parlai, tout le monde hocha la tête.
Ensuite, je leur expliquai les questions qui m’étaient venues à l’esprit pendant la tentative de Seung-yeop, ainsi que la meilleure approche que j’avais imaginée. Nous passâmes un long moment à peaufiner le plan.
Song-i me demanda ce que je comptais emporter.
« Ga-in, tu vas prendre le Grimoire ou ta bénédiction ? Le Grimoire, évidemment ? »
La Bénédiction de la Sagesse, à elle seule, ne m’accordait que trois utilisations du Conseil du Sage et un Mode Filtre de protection mentale. Ce n’était pas mal, mais comme elle ne possédait aucune capacité active, le Grimoire était généralement un meilleur choix. Sans le filtre de protection mentale, son utilisation était limitée, mais même ainsi, le Grimoire restait plus utile que la bénédiction.
Mais…
« La bénédiction. Je ne pense pas que je devrais utiliser le Grimoire dans le film où je vais entrer. »
Song-i réfléchit un instant à ce que je voulais dire, puis acquiesça.
« Ah, c’est vrai. Au début de l’histoire, Cha Eun-pyo a dit que son histoire n’avait rien de spécial, non ? »
« Je pourrais faire passer l’Alerte au danger ou le Conseil pour de la chance, ou dire que j’ai eu une idée sur le moment, mais la Possession, ce serait trop. Ce serait déjà bizarre que Cha Eun-pyo se mette soudain à utiliser la Possession, et ce serait encore plus étrange qu’il en parle comme si de rien n’était après avoir vécu un truc pareil. »
Le docteur souleva un autre problème.
« Ga-in, ton corps et ton esprit sont tous les deux devenus extrêmement puissants, pour diverses raisons. »
« C’est vrai. Ces derniers temps, j’ai l’impression d’avoir développé une sorte de sens supplémentaire. »
« Grâce à ça, tu peux utiliser le Grimoire pendant un court moment, même sans la fenêtre de statut, Ga-in. Mais tu as dit qu’un humain ordinaire mourait dès qu’il ouvrait le Grimoire, non ? »
C’était vrai. J’avais même utilisé cette particularité pour transformer le Grimoire en arme d’attaque mentale.
« Ça me paraît très dangereux d’utiliser le Grimoire dans le corps de Kevin, alors que tu es un enfant. »
Quand nous eûmes fini de parler, je me dirigeai vers l’écran. Mon cœur se mit à battre la chamade avant même que j’y entre. J’étais le dernier. Il n’y avait plus personne derrière moi pour me sauver.
Mes compagnons ressentaient peut-être la même chose, car ils se mirent à trembler d’anxiété. Elena s’était mise à prier en silence, tandis que le docteur, à côté d’elle, joignait les mains. Song-i se rongeait les ongles et Jin-cheol gardait la tête baissée. Les voir ainsi me serra la poitrine, moi aussi.
…
Puis j’aperçus le perroquet qui picorait la tête de Song-i en réclamant des graines de tournesol, et un rire sans joie m’échappa. La tension retomba.
C’était sans doute le bon état d’esprit.
Je repensai à l’Humain primordial, qui avait progressé de façon encore plus décisive que le vrai Seung-yeop, un peu plus tôt. Parfois, l’hôtel était un endroit où il fallait adopter une attitude si téméraire qu’elle en paraissait insensée.
« J’y vais. Je choisirai la bénédiction. »
Le début se déroula comme pour A-ri et Seung-yeop. Après être arrivé au café et m’être excusé de mon retard, Cha Eun-pyo se mit bientôt à raconter son histoire.
« C’est une histoire qui remonte à mon enfance… »
* * *
— Maman, j’ai raté l’avion
« Kevin ! »
Après avoir écouté la mère de Kevin me faire la morale un moment, je levai la main.
« Maman, j’ai une question. »
« Hum ? »
« Est-ce qu’il y a des goûters à la maison ? »
« Bien sûr ! Euh… Mais tu ne devrais pas en manger trop. »
« Chérie, Kevin va rester seul à la maison cette fois. On devrait au moins lui laisser quelques goûters. »
« D’accord. Kevin, je vais te dire où se trouve la boîte de biscuits ! Tu sais qu’il ne faut pas en manger trop, hein ? Et pense à te brosser les dents après. »
« D’accord. »
Une fois mes parents partis, je pris un instant pour mettre de l’ordre dans mes pensées.
Après avoir vu la tentative de Seung-yeop, il y avait une chose que je ne comprenais pas. Voici comment Seung-yeop avait découvert qu’il fallait s’y prendre avec les jouets du manoir :
Se déplacer le dos au mur pour éviter les attaques de Happyhappy.
Déplacer les meubles à l’avance pour qu’il soit facile de sauter de l’un à l’autre, puis courir dessus afin d’échapper aux attaques de Thomas.
Modifier le contenu du livre sur l’étiquette du thé pour contrôler Dollyphant.
…
Comment un enfant de douze ans était-il censé faire tout ça ?
C’étaient des stratégies élaborées par des gens qui avaient observé les comportements des monstres depuis l’extérieur du film et s’étaient creusé la tête ensemble. On était censé croire qu’un gamin de douze ans avait trouvé tout ça sur le moment ? C’était Einstein, ou quoi ?
Même si le jeune Cha Eun-pyo — enfin, Kevin — était un génie capable de tout comprendre miraculeusement, cette rapidité d’esprit ne lui semblerait-elle pas insensée, une fois adulte, lorsqu’il repenserait à cette histoire ?
Pour plaisanter, on aurait dit le genre de vidéo qu’on pourrait passer à des funérailles. Pourtant, Cha Eun-pyo avait dit : « Mon histoire n’a rien de spécial. »
Ça signifiait que le vrai Kevin avait survécu d’une manière bien plus facile et simple. La vraie solution se cachait dans les gestes et les réflexions qu’un enfant aurait réellement eus.
« Miaou ! »
Alors que je me dirigeais vers le salon où se trouvaient les jouets de Kevin, le chat étendu par terre bâilla longuement. Il avait l’air sur le point de s’endormir.
« … À bien y réfléchir, ta simple présence était déjà un indice. »
Après la disparition des parents de Kevin, il y avait dans le manoir, outre Kevin, une chienne appelée Suzy et une chatte appelée Cassie.
Quand A-ri était entrée, puis quand Seung-yeop l’avait fait à son tour, Suzy avait retenu Happyhappy à chaque fois, faisant preuve d’une loyauté touchante en mourant à la place de sa maîtresse.
Alors, où était passée Cassie, cette chatte, pendant tout ce temps ? Elle n’avait même pas miaulé une seule fois. Rien que ça, c’était un autre indice.
Je m’approchai des boîtes à jouets et lus les descriptions collées dessus.
« Prépare des biscuits avec Dollyphant, pose les rails pour Thomas et ses amis, puis amuse-toi à jouer au chat avec Happyhappy. »
A-ri avait remarqué les deux premières phrases dès son entrée. Elle n’y avait simplement pas prêté grande attention. Après tout, il était difficile d’imaginer que des expressions aussi banales, inscrites sur des boîtes à jouets, aient une signification particulière.
J’essayai de me mettre à la place d’un garçon de douze ans.
* * *
「Kevin ! Je vais organiser une fête du Nouvel An rien que pour toi !」
C’était déjà la troisième fois. À l’annonce du début de la fête, le manoir se mit à trembler. Lorsque les secousses cessèrent enfin, les trois jouets s’animèrent.
「Happyhappy ! Kevin, à partir de maintenant, on joue au chat !」
「Thomas part en voyage ! Écartez-vous, je dois poser les rails !」
「Dolly Dolly ! C’est l’heure du thé ! Les enfants sages, montez au deuxième étage.」
— Boum !
Dans un grand fracas, le premier jouet, Happyhappy, apparut.
Qu’aurait fait Kevin, douze ans, en ouvrant avec enthousiasme un cadeau pour découvrir à l’intérieur une poupée clown aussi hideuse ? Il ne se serait pas mis en colère pour la casser ?
« À paaaartir de maintenaaaant, on jouuuuue au chaaat… »
« … Tu parles vraiment plus lentement, maintenant. »
Le cou de Happyhappy avait été tordu vers l’arrière quand je l’avais brisé sous sa forme de poupée, alors il parlait avec difficulté, très lentement. C’était comme le Happyhappy abîmé que Seung-yeop avait rencontré un peu plus tôt.
En y repensant, A-ri avait eu raison, lors de sa première tentative, de donner un coup de pied à Happyhappy sous le coup de la colère dès qu’elle avait ouvert la boîte et l’avait vu. Elle n’avait simplement pas frappé assez fort.
« Tiens ! »
— Paf !
Je repoussai la poupée endommagée qui avait surgi derrière moi. Qu’est-ce que ça voulait dire, qu’elle me parlait avec le cou tordu vers l’arrière ?
Ça voulait dire qu’elle me tournait le dos !
Avant même qu’il ait fini d’expliquer les règles du jeu, Happyhappy roula sur le sol après que je lui eus touché le dos.
« Tu m’as touché le doooos. Keeeevin a ga-gnééé ! »
« Moins fort. »
Après avoir neutralisé Happyhappy en trois secondes, je me déplaçai en tendant l’oreille pour guetter le sifflet. Dans quel état était Thomas ?
« Thomas, tu t’amuses bien ? »
« Bien sûr ! Kevin, merci d’avoir posé les rails ! »
Le jouet préféré de Kevin devait être son petit train Thomas. Alors, n’aurait-il pas été naturel qu’il ouvre la boîte dès qu’il l’avait trouvée, qu’il joue avec et pose les rails ?
Thomas avait l’air heureux, filant sans fin sur le circuit circulaire que j’avais installé à l’avance.
Après tout, le rôle d’un train était de rouler sur les rails, pas de les poser. Peut-être que Thomas aussi en avait eu assez de poser des rails.
Une fois certain que le train avait retrouvé la paix dès qu’il s’était mis en marche, je montai au deuxième étage pour voir où en était le troisième jouet.
「Dolly Dolly ! C’est l’heure du thé ! Les enfants sages, montez au deuxième étage.」
Je gagnai aussi vite que possible le petit salon du deuxième étage, où se trouvait Dollyphant.
« Dolly Dolly ! »
« Dolly Dolly ! »
« Kevin ! Je ne pensais pas que tu arriverais si vite ! Tu es malin, Kevin, pas vrai ? »
« Tu trouves ? »
« Très bien ! Viens t’asseoir ici ! »
Un peu plus tôt, je m’étais demandé comment m’y prendre avec Dollyphant.
La boîte de Dollyphant contenait un petit livret intitulé L’Étiquette du thé pour les gentlemen anglais. Puisqu’on avait découvert que Dollyphant suivait à la lettre les consignes du livre, en modifier le contenu à l’avance était une solution possible.
Mais je n’avais pas touché au livre. À bien y réfléchir, ouvrir ce livre et y écrire en tout petits caractères était loin d’être le genre de chose qu’un garçon de douze ans ferait normalement.
« Kevin, attends un instant. Tu es arrivé très tôt, je n’ai pas encore fini de préparer le thé. »
« D’accord. »
Dollyphant inclina prudemment une théière bouillante et se mit à verser le thé. Ses pattes épaisses ne devaient pas beaucoup l’aider ; il semblait avoir du mal à tout faire avec sa seule trompe.
Quand il eut fini, Dollyphant me regarda d’un air réjoui.
« Bois ! Je suis sûr que ce sera délicieux ! »
Je pris une gorgée et répondis :
« C’est un peu amer. »
« Quoiiii ? Kevin, tu veux dire que mon thé noir a un goût bizarre ? »
« Bien sûr que non ! Le thé noir est censé être un peu amer. Le problème, ce n’est pas le thé. C’est autre chose. »
« Le problème, c’est autre chose ? »
« C’est l’heure du thé, mais il n’y a pas de goûter. Le thé noir est amer, alors il faut le boire avec des douceurs. »
Le vrai Kevin aurait-il dit ça avec plus d’arrogance ? Ou pas ? Il avait peut-être été plus timide, effrayé d’avoir vu un éléphant parler.
Peu importait son attitude. Pour les enfants, le thé n’était rien d’autre que de l’eau amère. Bien sûr, boire ça leur donnait envie de grignoter quelque chose.
« D-Des douceurs ? »
« Il devrait y avoir des douceurs pour l’heure du thé, non ? »
Dollyphant fixa attentivement L’Étiquette du thé pour les gentlemen anglais et remarqua bientôt que, sur toutes les illustrations, il y avait des douceurs ou du pain à côté des tasses.
« Tu as raison ! Kevin, tu es vraiment malin ! Le thé noir se boit avec des douceurs ou du pain ! »
« Tu n’as pas de goûter ? »
« … Il n’y en a pas. Qu’est-ce qu’on va faire ? »
« Si on fouille le manoir, on devrait en trouver quelque part. Tu veux chercher avec moi ? »
« D’accord ! »
Dollyphant se redressa bientôt et se mit à fouiller le manoir. Bien sûr, il n’allait pas être facile pour lui de trouver des biscuits.
Parce que Suzy et moi les avions tous mangés un peu plus tôt !
Sérieusement, quel garçon de douze ans qui savait où se trouvaient les goûters se serait retenu ? Il les aurait tous dévorés sur-le-champ, évidemment !
« Maintenant que je me suis plus ou moins occupé des jouets… »
Il était temps de découvrir le secret du véritable responsable de toutes ces étrangetés : la maison elle-même.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>