Chapitre 282
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystère ◈
Épisode 281 : Chambre 204, Salle de mission — « Hôtel Cinéma » (5)
──────
— Yoo Song-i
Un événement surprise : un rendez-vous au zoo !
Mais cette intrigue ne s’était pas produite quand Elena était entrée dans le film, si ? Un bref malaise me saisit.
Le Prince héritier avait dû remarquer mon expression, car son visage s’assombrit. Il était vraiment facile à lire.
« Je considérerai l’invitation de Votre Altesse comme un honneur insigne. »
Je m’inclinai lentement, presque avec exagération, pour qu’il ne ressente pas la moindre gêne en ma présence.
« V-vous n’avez pas besoin d’en faire autant ! Nous sommes amis, maintenant ! »
Le garçon ne parvenait pas à dissimuler son sourire. Gellion, le serviteur à ses côtés, annonça qu’il enverrait bientôt quelqu’un pour organiser le rendez-vous.
Bien sûr, l’espace se mit à trembler dès que j’eus accepté.
* * *
« L’histoire prend une autre tournure ? Une invitation au palais impérial ? Ça ne s’était pas passé comme ça avec Elena… »
« On dirait que l’histoire change selon la façon dont on agit. C’est logique. C’est comme ça que certains obtiennent une bonne fin et d’autres une mauvaise. »
* * *
L’événement du « zoo du Prince héritier » qui suivit fut assez absurde.
Chaque fois que nous essayions d’observer un animal, le temps faisait brusquement un bond étrange. Cela semblait être une particularité du film : il passait sans vergogne sur les simples animaux pour consacrer son temps à la relation entre les deux protagonistes.
À vrai dire, j’étais un peu déçue.
J’aurais aimé voir au moins une fois les mystérieuses créatures venues d’autres mondes que le Prince héritier avait recueillies aux quatre coins du globe. Mais je n’étais pas entrée dans le film uniquement pour regarder des animaux, alors je laissai tomber. Il fallait que je suive le mouvement.
« Votre Altesse, n’y a-t-il pas un manège à proximité ? Est-ce que je pourrais voir Motian, le cheval dont vous m’avez parlé ? »
« … Motian ? Il ne se sent pas très bien, ces derniers temps. »
Je fus à deux doigts de soupirer devant le mensonge transparent du Prince héritier. Je comprenais qu’il ne veuille pas que la fille qui lui plaisait le voie tomber de cheval.
Mais j’avais mon propre plan, alors j’insistai un peu plus.
Sous prétexte que je voulais vérifier l’état du cheval, je lui rendis la tâche difficile : il ne pouvait pas facilement refuser. Après tout, dans le scénario du film, c’était un cadeau que mon père lui avait offert.
Comme je m’y attendais, Motian, le beau cheval qui ne reconnaissait pas son maître, avait une présence terrifiante.
— Hiii !
« A-ah ! Vous voyez ? Motian se comporte bizarrement, non ? Il doit être malade. »
« Un instant. »
Je tirai légèrement sur mon haut pour cacher le bracelet. Un éclat blanc, impossible à dissimuler, traversa Motian, qui frissonna. Heureusement, le Prince héritier derrière moi ne sembla rien remarquer.
Les chevaux étaient naturellement très craintifs. Quand l’un d’eux se montrait agressif, c’était souvent parce qu’il avait peur, et non parce qu’il était méchant.
La cause pouvait être n’importe quoi : certains vêtements portés par son maître, une odeur, sa carrure ou un bruit. Pour faire simple, je pensais que Motian se montrait agressif parce qu’il avait peur du Prince héritier.
Comment régler ce problème ?
Il y a bien longtemps, les dragons qui chevauchaient des chevaux et tiraient au mousquet recouraient à une méthode brutale pour dompter ceux qui ne supportaient pas les coups de feu. Ils rendaient les chevaux sourds. Parfois, bloquer un sens pour empêcher l’animal de percevoir ce qui déclenchait sa peur pouvait être la solution.
À l’instant, j’avais bouleversé les sens de Motian. J’avais recréé de mes propres mains le monde qu’il percevait.
« Quoi ? Pourquoi il se comporte comme ça, tout à coup ? »
« Il ne s’est pas calmé ? »
« Euh… si. Je n’ai jamais vu Motian aussi calme. »
« Pourquoi ne pas essayer de le monter, maintenant ? »
Le Prince héritier avait l’air inquiet, mais il ne pouvait pas refuser ma demande. C’était presque amusant de deviner aussi facilement ce qui lui passait par la tête.
Pitié ! Motian, je t’en prie ! Ne me fais pas tomber cette fois !
Un peu plus tard, mon plan réussit.
« Hue ! Ha ha ! Motian, pourquoi tu as été aussi hostile avec moi jusqu’ici, alors que tu es un si bon cheval ? »
« Il avait peut-être besoin d’un peu de temps pour s’habituer à un environnement inconnu. »
Les rires du Prince héritier résonnèrent d’abord dans l’écurie, puis dans le champ à ciel ouvert.
Bien plus tard, le Prince héritier revint vers moi, toujours avec un grand sourire.
« Vous vous y connaissez aussi en chevaux ! C’était vraiment amusant. C’est étrange, mais quand je suis avec vous, tout semble bien se passer. »
Les chevaliers qui attendaient à proximité semblaient eux aussi plus détendus, peut-être heureux d’entendre leur maître rire.
« Lady Crosibel ! Vous êtes très douée. En fait, Lady Evelyn est— »
« Rupert ! »
Le cri strident me vrilla presque les oreilles. Surprise, je me tournai vers le Prince héritier, et nos regards se croisèrent. Il m’avait observée, comme s’il cherchait à jauger ma réaction.
L’espace d’un instant, nous échangeâmes un regard, comme si nous essayions de deviner les pensées de l’autre, puis nous détournâmes les yeux.
« C-ce n’est rien. On dirait que Rupert a encore dit quelque chose qu’il ne fallait pas, alors ne vous en préoccupez pas. »
« … »
C’était quoi, cette ambiance ?
Le chevalier nommé Rupert gardait la tête basse, l’air accablé, tandis que le serviteur le fusillait du regard comme s’il allait le dévorer. Le Prince héritier tressaillit, puis surveilla ma réaction.
Tout cela avait été déclenché par un seul mot : « Evelyn ».
Evelyn… Je voyais à peu près qui elle était. C’était l’une des jeunes femmes présentes à la réception du premier événement. Elle était très belle, et A-ri la mentionnait souvent quand elle taquinait Ga-in pendant la réunion.
Très belle…
À peine m’attardai-je sur ce mot que je ressentis un étrange malaise.
Cet endroit n’était pas la réalité. C’était un film. Au cinéma, une femme très belle était quasiment synonyme d’« actrice qui coûte cher ». Les acteurs avaient déjà une apparence à laquelle les gens ordinaires ne pouvaient rivaliser, alors si quelqu’un se distinguait même parmi eux, on en restait bouche bée en la voyant dans la vraie vie.
Une fille pareille pouvait-elle vraiment n’être qu’une simple figurante ? Elle n’avait pas un rôle particulier ?
* * *
« L’analyse de Song-i me paraît convaincante. »
À ces mots d’Eun-sol, A-ri acquiesça.
« Cette Evelyn était vraiment trop belle pour n’être qu’une figurante. C’est une méchante ? On a déjà dépassé la moitié du film, elle devrait bientôt apparaître. »
« Hmm… Ta plaisanterie était peut-être tout simplement la vérité. »
« Une plaisanterie ? »
« Celle où tu disais que Ga-in aurait dû entrer dans le film et prendre possession d’Evelyn. On aurait eu moins de souci à se faire pour la méchante, s’il avait fait ça ? »
« Eun-sol, je n’ai jamais plaisanté. Ga-in entrera dans le prochain film, c’est sûr. »
« T-taisez-vous ! Ils vont révéler qui est Evelyn ! »
* * *
… Voilà donc quel était le rôle d’Evelyn.
Contrairement au chevalier et au Prince héritier, qui s’étaient évertués à me le cacher, le serviteur devait estimer qu’il était impossible de garder le secret. Il attendit le bon moment, puis me le révéla avec précaution.
J’eus à peine le temps de m’étonner de cette information inattendue que l’espace se mit à trembler, annonçant l’événement suivant.
Le prochain événement était la fête du Nouvel An de la ville.
Elena avait elle aussi vécu cet événement, mais il se déroula autrement. D’abord, le serviteur du Prince héritier ne me suivit pas en cachette pour m’enlever. Il vint plutôt me transmettre ouvertement la proposition attendrissante du Prince héritier.
« Il veut sortir comme les gens du peuple ? »
« Oui. Son Altesse dit que se promener parmi les gens du peuple et observer leur mode de vie fait aussi partie de ses devoirs de Prince héritier… »
Le serviteur continuait à s’étendre avec des détails superflus, mais l’idée était simple : nous porterions des vêtements sobres plutôt que des robes voyantes, nous nous ferions passer pour des gens du peuple, puis nous nous promènerions parmi eux pour profiter de la fête. Des gardes déguisés nous accompagneraient bien sûr de près.
Peut-être à cause des contraintes de durée du film, tout s’enchaîna très vite.
À vrai dire, c’était tellement rapide que j’en fus un peu déconcertée. Trois secondes plus tôt, je discutais avec le serviteur, mais quand je clignai des yeux, mes vêtements avaient changé et je me trouvais au milieu d’une ville en pleine fête !
« M-Milady Song-i ! Par ici… »
« Votre Altesse. »
« Hum ? »
Elena savait bien créer ce genre d’atmosphère. Je devrais peut-être l’imiter un peu. Non, franchement, arrête de penser à ce genre de choses !
Je ferais mieux de me dire que j’imitais Ga-in. C’était le meilleur au monde pour prendre soudain un air cool et embobiner les gens avec des phrases bizarres. En plus, il était beau, alors même ses absurdités avaient l’air impressionnantes. Non, franchement, arrête d’avoir des pensées aussi étranges !
* * *
« Song-i se fait vraiment une drôle d’idée de moi. Embobiner les gens ? »
A-ri lui lança un regard incrédule.
« Ga-in, baisse cette main. Je sais que tu souris. »
Eun-sol marmonna, l’air effrayé.
« Je n’ai vraiment pas envie d’entrer dans un film… »
* * *
J’essayai de prendre l’air le plus élégant possible.
« Pourriez-vous m’appeler Song-i, aujourd’hui ? »
Le visage du Prince héritier rougit. Il murmura timidement : « … Appelez-moi Joshua. »
La suite de l’événement fut plutôt agréable. Ce Prince héritier commençait à me sembler assez attendrissant. Nous promener dans les rues, regarder les spectacles et manger des plats de rue, c’était vraiment amusant.
Mais mon esprit commençait à s’emballer.
« Ça ne peut pas continuer à se passer aussi bien… »
« Quoi ? »
« Rien. Jo, si on allait au centre, cette fois ? »
« Au centre ? C’est là que les gens dansent, non ? Je n’ai pas vraiment envie de danser. »
Pourquoi ce gamin n’aimait-il donc rien ?
« Jo, je ne dis pas qu’on doit danser. Je propose qu’on regarde. »
Arrivés sur la place centrale, le cœur de la fête du Nouvel An, où les couples se réunissaient pour danser, le Prince héritier et moi restâmes tous deux silencieux.
Un homme et une femme d’une beauté stupéfiante se tenaient au milieu de la place. Ils semblaient si parfaits qu’ils auraient pu être le couple principal de ce monde.
* * *
« Waouh… Mais qu’est-ce que c’est que ce rebondissement ? »
Eun-sol en resta bouche bée, et A-ri répondit d’un air ébahi.
« C’est une tournure intéressante. Je suis contente de ne pas y être entrée… »
« Song-i, je t’en prie ! Tu dois aller jusqu’au bout ! Je t’en supplie ! »
À côté, Sang-hyeon observait Ga-in, qui priait avec ferveur, et laissa échapper un rire sans joie.
« Je suis déjà curieux de savoir à quoi ressemblera le prochain film. »
* * *
Une musique mélodieuse emplissait la place. Tant de couples tournoyaient qu’il était impossible de les embrasser tous du regard. Un couple en particulier semblait entouré de toute la lumière du monde.
Le grand et bel homme aux traits acérés : le Jeune duc Pendleton.
La jeune femme aussi belle qu’une déesse de la nuit, incarnant la beauté du ciel nocturne : Lady Evelyn.
Leur danse était si mystérieuse et si noble qu’on aurait dit qu’ils appartenaient à un tout autre genre. Pourtant, quelqu’un ne pouvait pas se contenter d’admirer cette scène magnifique, pareille à un film dans le film.
Je jetai un coup d’œil au garçon timide, à côté de moi.
Le Prince héritier se tenait là, tremblant comme s’il venait d’être frappé par la foudre, les yeux rivés sur la place. Dans son regard, son expression et ses gestes, je percevais la tempête d’émotions qui le ravageait, sans même avoir besoin du bracelet. Qu’est-ce qu’il pouvait bien ressentir, à cet instant ?
…
J’avais du mal à imaginer ce que l’on pouvait ressentir en regardant son ex-petite amie danser dans les bras de l’homme dont on était le plus jaloux.
À cet instant, Evelyn nous remarqua et s’approcha avec un léger sourire. Pendleton l’accompagnait, un sourire idiot aux lèvres. S’il ignorait la situation, c’était un imbécile qui ne voyait rien. S’il la connaissait, c’était un imbécile qui n’avait pas la moindre idée de ce qu’était le tact.
« Oh, je ne savais pas que Votre Altesse était aussi venue à la fête. Et la jeune femme à vos côtés… Comment s’appelait-elle, déjà ? »
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